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Élevage

Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression

Dans les campagnes tunisiennes comme aux abords des grandes villes, les bâtiments d’élevage de volailles font désormais partie du paysage quotidien.


Souvent discrets, ils jouent pourtant un rôle fondamental dans l’alimentation de millions de Tunisiens.


Derrière chaque poulet ou chaque œuf vendu sur les marchés se trouvent des femmes et des hommes qui travaillent toute l’année pour approvisionner le pays en produits accessibles et indispensables à la consommation quotidienne.


Au fil des décennies, la viande de volaille s’est progressivement imposée dans les habitudes alimentaires des ménages tunisiens. Plus abordable que la viande rouge, elle constitue aujourd’hui l’une des principales sources de protéines animales pour de nombreuses familles. Les œufs occupent également une place importante dans l’alimentation grâce à leur valeur nutritive et à leur prix relativement accessible.


Cette évolution a favorisé le développement d’une filière avicole qui occupe aujourd’hui une place stratégique dans l’agriculture tunisienne.


L’élevage de poulets présente en effet un avantage majeur : son cycle de production est relativement court. En quelques semaines seulement, les volailles atteignent leur poids commercial, permettant aux éleveurs de renouveler rapidement leurs élevages et de générer des revenus plus fréquents que dans d’autres productions animales.


Partout dans le pays, des milliers d’exploitations participent à cette activité.

Certaines sont de petite taille et constituent un complément de revenu pour les familles rurales.

D’autres appartiennent à des structures plus importantes intégrant plusieurs étapes de la production, depuis les couvoirs jusqu’à l’abattage et à la commercialisation. Cette diversité contribue à faire vivre toute une chaîne économique génératrice d’emplois dans les zones rurales comme urbaines.


Mais derrière cette importance économique se cache une réalité souvent plus difficile. Depuis plusieurs années, les éleveurs sont confrontés à une hausse continue des coûts
de production.


L’alimentation des volailles repose largement sur des matières premières importées, notamment le maïs et le soja.


Les fluctuations des marchés internationaux ont fortement impacté les prix de ces intrants, augmentant considérablement les charges des exploitations.


À cela s’ajoutent les dépenses liées à l’énergie, au transport, aux équipements et aux soins vétérinaires.

Pour de nombreux éleveurs, cette situation réduit les marges bénéficiaires et fragilise
la viabilité économique des exploitations. Certains se retrouvent confrontés à des périodes où les prix de vente ne couvrent que difficilement les coûts engagés.


Cette instabilité du marché demeure l’une des principales préoccupations des professionnels du secteur.

Les défis ne sont pas uniquement économiques. Comme partout dans le monde, la filière
avicole doit également répondre à des exigences sanitaires de plus en plus strictes.


La prévention des maladies aviaires, le respect du bien-être animal, la maîtrise de l’usage des médicaments vétérinaires et la gestion des déchets d’élevage sont devenus des enjeux majeurs.


Ces questions concernent à la fois la santé animale, la santé publique et la préservation de l’environnement.


Les défis ne sont pas uniquement économiques. Comme partout dans le monde, la filière
avicole doit également répondre à des exigences sanitaires de plus en plus strictes.


La prévention des maladies aviaires, le respect du bien-être animal, la maîtrise de l’usage des médicaments vétérinaires et la gestion des déchets d’élevage sont devenus des enjeux majeurs.


Ces questions concernent à la fois la santé animale, la santé publique et la préservation de l’environnement.


Malgré ces difficultés, l’aviculture demeure l’un des piliers de la sécurité alimentaire tunisienne. La filière assure une part importante de l’approvisionnement national en viande et répond à la totalité ou à la quasi-totalité des besoins du pays en œufs de consommation.


Elle contribue également à la création de valeur dans le secteur agricole et constitue une source de revenus essentielle pour de nombreuses familles.


L’avenir de cette activité dépendra toutefois de sa capacité à renforcer sa résilience face aux crises économiques et climatiques.


Les spécialistes soulignent régulièrement l’importance d’une meilleure organisation des filières, du soutien aux petits éleveurs, de la modernisation des équipements et d’une réduction progressive de la dépendance aux matières premières importées.

Ainsi, derrière chaque œuf posé sur une table familiale ou chaque poulet vendu sur un

marché tunisien se dessine l’histoire d’une filière essentielle.


Une filière qui nourrit le pays, fait vivre des milliers de familles et continue d’avancer malgré des défis économiques, sanitaires et environnementaux de plus en plus complexes.


Sources


  • Groupement Interprofessionnel des Produits Avicoles et Cunicoles (GIPAC) 
  • Observatoire National de l’Agriculture (ONAGRI) 
  • Office de l’Élevage et des Pâturages (OEP) 
  • Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) 
  • Analyse sectorielle de la filière avicole tunisienne