Noureddine Nasr: Pour une agriculture tunisienne compatible avec One Health

Actuagro Noureddine Nasr – Pour une agriculture tunisienne compatible avec One Health Par Dr. Noureddine NASR – Ancien chercheur à l’IRA de Médenine, Ancien Cadre au CGIAR (Bioversity International) et aux Nations Unies (PNUD et FAO) . La Déclaration de Carthage : One Health Dix pays de la région Afrique du Nord Moyen-Orient (MENA) ont lancé «Une déclaration de Carthage» (Tunis 14 et 15 Juin 2025) appelant à intégrer l’approche Santé globale (One Health) dans leurs politiques publiques nationales, renforcer les systèmes de surveillance et de protection, partager les données et investir dans la recherche. Ils ont souligné l’impératif d’impliquer la société civile, de créer des organes de gouvernances coordonnés et la mise en place à partir de Tunis d’une plateforme d’échange d’expériences et de bonnes pratiques, le développement des compétences professionnelles et le renforcement des systèmes de contrôle. Leaders, 16.6.2025 1. La révolution verte n’a pas éradiqué la faim, mais a détruit l’environnement En 1996, le Sommet mondial de l’alimentation fixait l’objectif de réduirede 800 millions à 400 millions le nombre de personnes souffrant de la faimd’ici 2015. En 2025, on estime qu’environ 645 millions de personnes souffraient de la faim dans le monde, soit 7,8% de la population mondiale (rapport SOFI, FAO 2026). Plus grave encore: la révolution verte n’a pas seulement échoué à éliminer la faim; elle a détruit les bases écologiques de l’agriculture. La FAO rapporte une perte de 70 % de la biodiversité au cours du siècle dernier, causée par la transition radicale vers des systèmes agricoles fondés sur l’usage intensif d’engrais chimiques, de pesticides, d’hormones, d’hybrides et d’organismes génétiquement modifiés (OGM), avec un recours à un nombre; limité de variétés et de races. L’échec de ce modèle est structurel: La révolution verte a traité l’agriculture comme une chaîne d’approvisionnement industrielle, en externalisant les coûts sanitaires et environnementaux vers les travailleurs et travailleuses agricoles, les familles rurales, les nappes phréatiques et les générations futures. L’approche ‘One Health’ propose une rupture: reconnaître que la santé humaine, animale, végétale et celle des écosystèmes forment un continuum indissociable. 2. Le problème tunisien Dépendance et défaillances du contrôle La Tunisie ne produit pas de pesticides et dépend entièrement des importations surtout d’Inde, Chine, Japon, Union Européenne, Afrique du Sud, Etats Unis d’Amérique et de Suisse. En 2022, la Tunisie a importé 4 161,2 tonnes de pesticides (Gharbi, 2025). Toutefois, le contrôle présente encore des faiblesses majeures: non-respect des textes législatifs à plusieurs niveaux (application des pesticides, résidus, protection, gestion des emballages vides); efforts insuffisants de sensibilisation et d’orientation des petits et moyens producteurs ; et surtout existence d’un marché parallèle. Un problème qui dépasse la toxicité intrinsèque Les risques liés aux pesticides en Tunisie ne se résument pas à la dangerosité d’une molécule. Ils résultent aussi de la vente sans conseil agronomique suffisant, du surdosage et de la répétition des traitements, du non-respect des délais avant récolte, du mélange de plusieurs produits, de l’exposition des ouvriers et des ouvrières (plus vulnérables), de l’élimination inadéquate des emballages qui sont souvent utilisés à d’autres fins, et de l’absence de données nationales continues sur les intoxications et les résidus. Des données de contamination confirmées Une étude portant sur des échantillons de raisins collectés dans les régions de Grombalia et Bouargoub a montré que 90 % des échantillons contenaient au moins une substance active, majoritairement des fongicides (62 %). Une autre étude tunisienne sur le raisin, menée entre 2015 et 2017 sur 64 échantillons, a révélé la présence de 4 à 24 résidus de pesticides par échantillon, avec une moyenne de 11,6 résidus, et des concentrations élevées (Bouagga et al, 2019). Gharbi 2025, donne un autre exemple qui est celui de la culture de la tomate qui est susceptible de recevoir 29 types de substances actives classées pesticides extrêmement dangereux (HHP[1]). Une étude réalisée dans le gouvernorat de Sousse en 2018 a trouvé des résidus de chlorpyrifos dans les fruits de tomates à des taux élevés, atteignant 80 % et 312 % de la dose de référence aiguë (ARfD[2]) pour les adultes et les enfants respectivement. Face aux risques sanitaires et environnementaux du modèle conventionnel, la Tunisie dispose d’un potentiel agroécologique avéré et d’un secteur biologique en pleine expansion, bien qu’encore caractérisé par des fragilités structurelles. Le pays comptait en 2024 environ 235.000 hectares certifiés bio et plus de 6.269 producteurs et transformateurs (CTAB, 2025). Cependant, ce secteur souffre d’un déséquilibre majeur: il est fortement concentré sur l’oléiculture (représentant près de 67,5 % des superficies certifiées) et polarisé géographiquement dans les régions du Centre-Est et du Centre-Ouest (Sfax, Mahdia, Kairouan, Kasserine) qui regroupent plus de 70 % des surfaces bio. Les autres filières à fort impact nutritionnel et écologique — telles que le maraîchage, l’arboriculture, les dattes, les plantes aromatiques et médicinales et l’élevage biologique — restent marginales et privent le marché national d’une offre régulière en aliments sains, exempte de résidus chimiques [1] HHP : Highly Hazardous Pesticides [2] ARfD : Acute Reference Dose 3. Importation des produits interdits ailleurs : la valeur de la santé humaine est-elle égale partout dans le monde? Le double standard De nombreux pays industrialisés, notamment en Europe, ont reconnu les menaces posées par les pesticides hautement dangereux et ont interdit leur production et leur utilisation sur leur territoire. Mais cette interdiction ne s’applique pas aux pays en développement, dont la Tunisie, qui a continué d’importer des substances provenant d’Europe et dont leur utilisation est interdite en Europe. D’après Gharbi, en 2018 et 2019, 240,5 tonnes de pesticides interdits ou restreints dans l’Union européenne auraient été exportées vers la Tunisie. En 2020, 45 substances actives “non approuvées” par l’UE auraient été expédiées par des pays européens vers la Tunisie, d’après la liste des pesticides homologués en Tunisie. Ces produits proviennent surtout d’Espagne, des Pays Bas du Royaume Uni, Allemagne, France, Grèce et d’Italie (Inkyfada, 2021). Tunisie et mesures réglementaires récentes En juillet 2023, les autorités tunisiennes ont annoncé l’interdiction de pesticides hautement dangereux: 33 pesticides auraient été concernés, dont
Mohamed Boughanmi – Agriculture biologique en Tunisie : produire autrement, consommer mieux, construire demain

Actuagro Mohamed Boughanmi – Agriculture biologique en Tunisie : produire autrement, consommer mieux, construire demain Par Mohamed Boughanmi. Ingénieur d’État en génie biologique – De la terre au consommateur, l’agriculture biologique ouvre de nouvelles perspectives pour la Tunisie. Mieux valoriser les productions, préserver les ressources naturelles, développer l’industrie agroalimentaire et proposer des produits certifiés: le biologique peut contribuer à construire une agriculture plus durable et plus compétitive. Dans un contexte marqué par la raréfaction de l’eau, la préservation des sols, les préoccupations liées à la qualité des aliments et les effets d’un usage inapproprié des produits phytosanitaires, cette approche apparaît comme une voie de développement à la fois agricole, économique et environnementale. La Tunisie dispose déjà d’une expérience importante dans ce domaine. Selon le Centre Technique de l’Agriculture Biologique (CTAB), près de 235 000 hectares étaient consacrés à l’agriculture biologique en 2024. L’olivier, les dattes, les plantes aromatiques et médicinales, les arbres fruitiers et les parcours figurent parmi les principales filières porteuses. Préserver les ressources et repenser les pratiques L’agriculture biologique repose sur une logique de prévention: rotation des cultures, biodiversité, fertilisation organique, lutte biologique et réduction du recours aux produits chimiques de synthèse. Cette démarche répond notamment aux enjeux liés à l’utilisation des pesticides et des fertilisants. Une étude tunisienne sur l’exposition alimentaire aux résidus de pesticides a identifié 21 substances quantifiables parmi 170 recherchées, tout en concluant que les doses journalières acceptables n’étaient pas dépassées dans les conditions étudiées. Ces résultats soulignent surtout l’importance du contrôle, de la surveillance et du respect des bonnes pratiques agricoles. Le développement du biologique peut également favoriser une meilleure valorisation des ressources locales. Compost issu des résidus agricoles et des déchets organiques, fumier, engrais verts, légumineuses et rotations culturales peuvent contribuer à maintenir la fertilité des sols. Ces pratiques nécessitent toutefois un accompagnement technique, de la formation et des solutions économiques adaptées aux producteurs. De la production à la création de valeur Le potentiel du biologique ne se limite pas à la production agricole. Il concerne l’ensemble de la chaîne agroalimentaire: transformation, certification, analyses, conditionnement, commercialisation et exportation. L’huile d’olive, les dattes, les plantes aromatiques et médicinales, les fruits et légumes ainsi que leurs produits transformés offrent des possibilités de diversification et de création de valeur. La transformation locale et le développement de marques tunisiennes pourraient notamment permettre de dépasser la simple exportation de matières premières. Pour les entreprises, les produits biologiques peuvent répondre à une demande de certains marchés et favoriser une offre à plus forte valeur ajoutée. Pour les agriculteurs, la certification peut ouvrir l’accès à des marchés spécifiques et permettre une meilleure valorisation de certaines productions. Certification et traçabilité: des conditions deconfiance La croissance du secteur dépend aussi de la confiance des consommateurs. Un produit biologique doit être certifié, identifiable et traçable. Les mentions telles que «naturel», «traditionnel» ou «zéro résidu de pesticides» ne constituent pas, à elles seules, une certification biologique. La traçabilité peut aujourd’hui être renforcée par les outils numériques. QR codes, plateformes de données et, dans certains cas, technologie blockchain peuvent faciliter l’accès aux informations relatives à l’origine, aux pratiques agricoles, à la transformation et au parcours d’un produit. Ces technologies ne remplacent cependant ni la certification ni les contrôles officiels. Elles peuvent les compléter en rendant les informations plus accessibles et en renforçant la transparence de la chaîne de valeur. Un marché intérieur à développer Le consommateur tunisien joue également un rôle dans cette évolution. Le développement du marché intérieur passe notamment par une meilleure disponibilité des produits, les circuits courts, la vente directe, les marchés locaux, les magasins spécialisés et une présence accrue dans les réseaux de distribution. Le prix demeure néanmoins un facteur important. L’information du consommateur est donc essentielle: il s’agit de lui permettre de comprendre ce que signifie réellement «biologique», de reconnaître un produit certifié et de comparer les offres en connaissance de cause. Transformer le potentiel en stratégie La Tunisie dispose de plusieurs atouts pour renforcer son secteur biologique: une longue tradition agricole, une importante production oléicole, des terroirs diversifiés, un savoir-faire reconnu et une expérience dans la certification et l’exportation. L’enjeu est désormais de consolider ces acquis et de mieux structurer la chaîne de valeur. Cela passe par la formation des agriculteurs, l’accompagnement technique, un accès plus facile à la certification, le soutien à la recherche, le développement de la transformation locale et l’amélioration de la commercialisation. Les pouvoirs publics, organisations professionnelles, chercheurs, entreprises, laboratoires, organismes de certification et distributeurs ont chacun un rôle à jouer. L’agriculture biologique tunisienne possède ainsi une base déjà solide. En renforçant la certification, l’innovation, la formation et la traçabilité, la Tunisie peut mieux valoriser ses productions et développer des produits biologiques identifiables, compétitifs et à plus forte valeur ajoutée. L’objectif n’est plus seulement de produire biologique, mais de construire une véritable chaîne de valeur tunisienne, du champ au consommateur. Mohamed Boughanmi Ingénieur d’État en génie biologique Références bibliographiques Centre Technique de l’Agriculture Biologique (CTAB). (2025). Statistiques de l’agriculture biologique en Tunisie – données 2024. Direction Générale de l’Agriculture Biologique, Tunisie. Landoulsi, A., et al. (2020). “Dietary exposure of Tunisian adult population aged from 19 to 65 years old to pesticides residues”. Food Additives & Contaminants: Part A, 37(7), 1165–1179. Article scientifique – PubMed Paull, J. (2024). “Organic Agriculture in Tunisia, Africa”. European Journal of Agriculture and Food Sciences, 6(1). DOI : 10.24018/ejfood.2024.6.1.774. Mtimet, N., Souissi, A. & Mhamdi, N. (2020). “Tunisian consumers’ perception and behavior towards organic food products”. New Medit, 19(1), 3–18. République Tunisienne. (1999). Loi n° 99-30 du 5 avril 1999 relative à l’agriculture biologique. Journal Officiel de la République Tunisienne. IFOAM – Organics International & FiBL. (2026). The World of Organic Agriculture: Statistics and Emerging Trends 2026. Research Institute of Organic Agriculture (FiBL). Organisation mondiale de la Santé (OMS). Résidus de pesticides dans les aliments. Organisation mondiale de la Santé. OMS – Résidus de pesticides dans les aliments. Laissez un commentaire
Café: l’histoire d’un grain, d’un parfum et d’un moment partagé

Chronique Café: l’histoire d’un grain, d’un parfum et d’un moment partagé Par AgroHealth – Le 1er octobre, le monde célèbre le café. Derrière cette tasse sombre et fumante se cachent une plante, des territoires, des millions de producteurs, des savoir-faire et une longue histoire. Mais le café est aussi autre chose : une odeur qui réveille, une saveur qui reste en bouche, une pause dans une journée pressée et parfois un souvenir qui revient dès la première gorgée. Il suffit parfois de très peu de choses pour reconnaître le café. Le bruit des grains que l’on moud. La vapeur qui s’élève d’une tasse. Puis cette odeur chaude, profonde, légèrement grillée, qui envahit doucement la pièce. Avant même de le goûter, le café est déjà là. Il évoque le matin, les retrouvailles, une conversation autour d’une table, une pause entre deux tâches ou simplement quelques minutes de silence. Dans de nombreuses cultures, proposer un café est aussi une manière d’accueillir, de prendre le temps et de partager un moment. Mais derrière cette simplicité apparente se trouve une véritable histoire agricole et scientifique. Avant la tasse, il y a un fruit Le café ne commence pas dans une tasse, ni même dans un paquet de grains torréfiés. Il commence sur un arbre. Le caféier produit de petits fruits appelés couramment «cerises de café» . Lorsqu’ils arrivent à maturité, ils prennent généralement une teinte rouge, même si certaines variétés peuvent présenter d’autres couleurs. À l’intérieur du fruit se trouvent habituellement deux graines : les futurs grains de café. Ces graines doivent ensuite être séparées du fruit, puis séchées, triées et préparées avant d’être torréfiées. La production du café dépend fortement des conditions naturelles. Température, altitude, pluviométrie, sols, maladies et pratiques agricoles influencent la croissance du caféier et la qualité de sa production. La FAO estime qu’en 2024, la production mondiale de café a dépassé 11 millions de tonnes. Le secteur fait vivre jusqu’à 25 millions d’agriculteurs et leurs familles, tandis que les petites exploitations représenteraient jusqu’à 80 % des plantations de café dans le monde. Ainsi, derrière une simple tasse se trouve une longue chaîne humaine qui commence dans une plantation. Arabica et Robusta: deux grands visages du café Lorsque l’on parle de café, deux noms reviennent souvent: Arabica et Robusta. Il ne s’agit pas de marques commerciales, mais des deux principales formes de café cultivées et échangées dans le monde. L’Arabica correspond à Coffea arabica, tandis que le Robusta est principalement associé à Coffea canephora. L’Arabica représente environ 60 % de la production mondiale selon la FAO. Il est généralement cultivé dans des environnements plus frais et souvent à des altitudes plus élevées. Le Robusta, de son côté, supporte davantage la chaleur et des conditions différentes de culture. Mais ces différences ne se résument pas à l’agriculture. Elles se retrouvent aussi dans la tasse. Les cafés issus de l’Arabica sont souvent associés à des profils aromatiques plus complexes, tandis que le Robusta donne généralement une tasse plus corsée et plus amère et contient davantage de caféine. Le café que nous connaissons est donc le résultat d’une rencontre entre la génétique de la plante, son environnement, les méthodes de production, la transformation et la torréfaction. C’est à la torréfaction que le café commence véritablement à parler Un grain vert n’a pas encore le parfum familier du café. C’est la torréfaction qui transforme profondément ses caractéristiques. Sous l’effet de la chaleur, le grain change de couleur, perd une partie de son eau et développe une multitude de composés aromatiques. C’est alors que peuvent apparaître des notes rappelant le cacao, les fruits secs, le caramel, les épices ou encore certains fruits et fleurs. Voilà pourquoi deux cafés peuvent avoir une apparence proche et pourtant raconter des histoires complètement différentes. Le goût dépend de nombreux paramètres: l’espèce, la variété, le terroir, la maturité des fruits, la méthode de traitement, la torréfaction et enfin la préparation de la boisson. Et puis il y a l’odeur. Elle est peut-être la première chose qui nous séduit. Le parfum du café fraîchement moulu possède cette capacité particulière à réveiller quelque chose en nous avant même que la première gorgée ne soit prise. Ce n’est pas uniquement une impression subjective : l’arôme du café résulte d’un ensemble complexe de molécules volatiles produites notamment pendant la torréfaction. Le nez participe alors pleinement à l’expérience. Nous ne «goûtons» donc pas le café avec la langue seulement. Nous le percevons avec tout un ensemble de sensations : l’odorat, le goût, la température, la texture et même le souvenir. Pourquoi le café nous plaît-il autant? La popularité du café ne peut pas être expliquée uniquement par la caféine. Certes, la caféine est un stimulant du système nerveux central. Elle peut augmenter la vigilance et diminuer la sensation de somnolence. Mais il y a aussi le rituel. On ne boit pas toujours un café parce que l’on est fatigué. On le boit parfois parce que quelqu’un nous l’a proposé. Parce que le repas est terminé. Parce qu’une réunion vient de finir. Parce qu’il pleut dehors. Parce qu’on retrouve un ami. Ou simplement parce que l’on aime ce petit moment qui nous appartient. Le café s’est ainsi installé dans les habitudes humaines bien au-delà de son effet stimulant. Il accompagne les conversations, les rencontres et les moments de solitude. Il peut être servi dans une petite tasse après un repas, préparé lentement à la maison ou partagé dans un lieu où l’on vient autant pour discuter que pour boire. C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles il existe tant de manières de préparer et de consommer le café à travers le monde. La boisson change, mais le rituel demeure. Le café et la santé: entre plaisir et mesure Le café a longtemps été au centre de nombreuses discussions concernant ses effets sur la santé. Les recherches
Pr. Dhia Bouktila – Le nexus eau, énergie, alimentation: penser les ressources autrement pour mieux agir

Actuagro Pr. Dhia Bouktila – Le nexus eau, énergie, alimentation: penser les ressources autrement pour mieux agir Par Pr. Dhia Bouktila. Professeur de Génétique à l’Université de Monastir – Dans un monde marqué par le changement climatique, les tensions géopolitiques et la raréfaction des ressources, l’eau, l’énergie et l’alimentation ne peuvent plus être pensées séparément. Leurs interdépendances forment un système dont chaque décision peut produire des effets en chaîne sur les autres ressources. Pour la Tunisie, comprendre ces interactions et les intégrer dans les choix de gestion devient essentiel pour renforcer la résilience des territoires et construire des réponses plus durables. 1. Quand les ressources deviennent interdépendantes Il suffit parfois d’ouvrir un robinet, de faire ses courses ou de regarder le prix des carburants pour prendre la mesure des transformations qui affectent notre rapport aux ressources essentielles. Derrière ces gestes ordinaires se cachent des systèmes complexes, mobilisant de l’eau, de l’énergie, des terres, des infrastructures et des chaînes d’approvisionnement souvent invisibles pour le consommateur. Lorsque l’eau vient à manquer, les conséquences ne se limitent pas à l’approvisionnement des ménages. L’agriculture, l’industrie, la production énergétique et les écosystèmes sont également concernés. Lorsque l’énergie devient plus coûteuse ou moins accessible, les effets se répercutent sur l’irrigation, le transport, la conservation des aliments et, finalement, sur le contenu de nos assiettes. Ces interactions prennent une importance particulière en 2026, dans un contexte marqué par les dérèglements climatiques, les tensions géopolitiques, les incertitudes sur les marchés énergétiques et la fragilité de nombreuses chaînes d’approvisionnement. Pour comprendre ces transformations, un concept développé dans les travaux internationaux sur la gestion durable des ressources mérite une attention particulière: le nexus eau–énergie–alimentation[1]. Derrière cette expression encore peu familière au grand public se trouve une idée fondamentale : l’eau, l’énergie et l’alimentation ne constituent pas trois enjeux indépendants, mais les composantes interdépendantes d’un même système dont dépend notre sécurité collective. Pour la Tunisie, où les contraintes hydriques, les besoins alimentaires et les dépendances énergétiques se croisent de manière particulièrement étroite, comprendre ce nexus n’est plus seulement une question scientifique. C’est une nécessité pour penser l’avenir du développement. 2. Qu’est-ce que le nexus eau – énergie – alimentation? Le terme anglais nexus signifie lien, connexion ou interdépendance. Dans le domaine de la gestion des ressources, il désigne une approche qui cherche à comprendre comment les systèmes de production et d’utilisation de l’eau, de l’énergie et de l’alimentation interagissent, se renforcent ou entrent en concurrence. La FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, a largement contribué à formaliser et à opérationnaliser cette approche, notamment à travers ses travaux sur la sécurité alimentaire et l’agriculture durable. L’objectif est de rendre visibles les conséquences qu’une décision prise dans un secteur peut avoir sur les autres, afin d’améliorer la cohérence des politiques publiques et la gestion des ressources. Pour bien comprendre le concept, il faut partir d’une évidence souvent négligée: aucune de ces trois ressources ne peut être mobilisée durablement sans les deux autres. L’eau est indispensable à la production alimentaire, mais aussi à de nombreuses activités énergétiques. L’énergie est nécessaire pour extraire, pomper, traiter et distribuer l’eau,tout comme elle intervient à toutes les étapes de la chaîne alimentaire. L’alimentation, enfin, dépend directement des ressources hydriques et énergétiques, mais elle influence également leur utilisation à travers les choix agricoles, les régimes alimentaires et les modes de production. Le nexus ne signifie donc pas simplement que l’eau, l’énergie et l’alimentation sont toutes importantes. Il invite à examiner leurs relations, leurs éventuelles concurrences et les possibilités de bénéfices communs. Une politique agricole qui augmente les superficies irriguées peut accroître la production alimentaire, mais aussi la demande en eau et en énergie. Une politique énergétique qui privilégie certaines filières peut modifier les besoins hydriques ou l’utilisation des terres. Une stratégie de dessalement peut renforcer la disponibilité en eau, tout en augmentant la demande électrique et les coûts de fonctionnement. Un même projet peut ainsi générer des bénéfices dans un secteur tout en créant des coûts ou des vulnérabilités dans un autre. C’est pourquoi la FAO associe aujourd’hui de plus en plus fréquemment à ce nexus une quatrième dimension : celle des écosystèmes. L’eau, l’énergie et l’alimentation dépendent en effet de la biodiversité, des cycles naturels et de la capacité des milieux à renouveler leurs ressources. On parle alors du nexus eau–énergie–alimentation–écosystèmes, souvent désigné par le sigle WEFE[2]. 3. Comment le nexus fonctionne-t-il concrètement? Trois exemples L’intérêt du concept apparaît particulièrement bien lorsqu’on examine des situations concrètes. Les interactions entre eau, énergie et alimentation sont parfois directes, parfois indirectes, mais elles sont presque toujours déterminantes pour l’efficacité des décisions. Exemple 1 – Irriguer davantage: produire plus, mais à quel coût? L’irrigation peut stabiliser les rendements et réduire la vulnérabilité de certaines cultures aux précipitations irrégulières. Mais l’eau doit être prélevée, transportée et distribuée, souvent grâce à des équipements consommant de l’électricité ou des carburants. L’irrigation peut ainsi accentuer la pression sur les nappes et accroître la facture énergétique. Une augmentation des surfaces irriguées ne garantit donc pas, à elle seule, une amélioration durable de la sécurité alimentaire. Exemple 2 – Dessaler l’eau de mer: une solution hydrique qui dépend de l’énergie Le dessalement peut diversifier les sources d’approvisionnement et contribuer à sécuriser l’eau potable dans les régions côtières. Mais il exige de l’énergie, des investissements et une gestion environnementale rigoureuse. Son efficacité doit donc être évaluée à travers le coût complet de l’eau produite, sa destination et la disponibilité d’une énergie fiable. Le nexus invite à considérer le dessalement comme une composante d’une stratégie hydrique globale, et non comme une réponse isolée à une pénurie. Exemple 3 – Réduire les pertes alimentaires: économiser aussi l’eau et l’énergie Lorsqu’une récolte est perdue à cause de mauvaises conditions de stockage, de transport ou de commercialisation, ce ne sont pas uniquement des aliments qui disparaissent. L’eau utilisée pour
Octobre Rose: un mois pour mieux comprendre, prévenir et agir

Actuhealth Octobre Rose: un mois pour mieux comprendre, prévenir et agir Chaque année, le mois d’octobre est associé à une mobilisation internationale autour du cancer du sein. Connue sous le nom d’Octobre Rose, cette campagne vise à sensibiliser le public à cette maladie, à encourager l’information et à rappeler l’importance de la prévention et du dépistage. Le cancer du sein demeure l’un des cancers les plus fréquents chez la femme. Pourtant, son évolution n’est pas identique d’une personne à l’autre et les possibilités de prise en charge dépendent notamment du type de cancer, de son stade au moment du diagnostic et de différents facteurs individuels. Au-delà du symbole du ruban rose, Octobre Rose constitue donc une occasion de mieux comprendre la maladie et les moyens disponibles pour la prévenir ou la détecter plus tôt. L’information joue ici un rôle essentiel: connaître les facteurs de risque, être attentive aux changements inhabituels et comprendre les modalités du dépistage permettent de mieux participer à sa propre santé. La prévention ne repose toutefois pas sur un seul geste. Elle s’inscrit dans une approche plus globale de la santé, associant habitudesde vie, alimentation équilibrée, activité physique, suivi médical adapté et accès à une information fiable. Il est également important de rappeler que certains facteurs de risque ne peuvent pas être modifiés, notamment l’âge ou certains antécédents familiaux. Pour AgroHealth, Octobre Rose est aussi l’occasion d’ouvrir une réflexion plus large sur les liens entre **santé, nutrition et prévention**. Quels sont les facteurs qui peuventinfluencer le risque de cancer du sein ? Quelle place peut avoir l’alimentationdans une démarche globale de prévention? Ces questions méritent des réponses fondées sur les données scientifiques et les recommandations des organismes de santé. Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Dr Fatma Rebai: Le menu enfant a-t-il oublié le goût? septembre 25, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Déclinaison régionale : Méditerranée, Afrique du Nord, Tunisie – (Partie II) septembre 16, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Diagnostic ENSO global (bulletins CCSR/IRI du 19 août et OMM du 1ᵉʳ-3 septembre 2026) – (Partie… septembre 16, 2026/Agrohealth Quand les marchés se vident, faut-il réapprendre l’art de l’âoula? septembre 11, 2026/Agrohealth Actuhealth Plantes médicinales: quand le naturel peut devenir un risque pour le système digestif et la santé octobre 1, 2026 Salwa Ben Youssef – Le laboratoire à l’heure de One Health : Quand la qualité éclaire la décision septembre 23, 2026 La chriha tunisienne: ce que la figue séchée apporte réellement à notre santé septembre 21, 2026 Load More Élevage La dinde en Tunisie, une filière discrète devenue incontournable septembre 24, 2026 Le dromadaire tunisien: le sage du désert septembre 5, 2026 Élevage équin: le cheval tunisien peut-il enfin devenir une véritable filière agricole? août 30, 2026 Load More
Plantes médicinales: quand le naturel peut devenir un risque pour le système digestif et la santé

Actuhealth Plantes médicinales: quand le naturel peut devenir un risque pour le système digestif et la santé Infusions, poudres, gélules, extraits ou mélanges de plantes sont souvent associés à une image de naturalité et d’innocuité. Pourtant, «naturel» ne signifie pas nécessairement sans danger. Certaines plantes médicinales peuvent provoquer des troubles digestifs, perturber l’équilibre hydrique et minéral de l’organisme, interagir avec des médicaments ou encore affecter le foie et les reins. Le risque dépend notamment de la plante utilisée, de sa partie consommée, de la dose, de la durée d’utilisation et de la composition réelle du produit. Les plantes médicinales contiennent des molécules biologiquement actives. C’est précisément cette activité qui peut expliquer leurs effets recherchés, mais également certains effets indésirables. Une plante capable de stimuler le transit intestinal, par exemple, n’agit pas uniquement comme un produit permettant de «nettoyer» l’organisme: elle modifie réellement le fonctionnement du tube digestif. Le système digestif en première ligne L’une des idées les plus répandues consiste à considérer certaines plantes comme des «détoxifiants» ou des «draineurs» capables d’éliminer les déchets accumulés dans l’organisme. Or, cette présentation simplifie considérablement la physiologie humaine. Le foie, les reins, les poumons et le tube digestif participent déjà à l’élimination et à la transformation de nombreuses substances. Lorsqu’une plante stimule fortement le transit, l’effet observé peut simplement résulter d’une accélération du fonctionnement intestinal. C’est notamment le cas du séné (Senna alexandrina), une plante utilisée comme laxatif stimulant. Ses composés, les anthraquinones, favorisent les mouvements intestinaux et modifient l’absorption de l’eau et des sels dans l’intestin. L’Agence européenne des médicaments reconnaît son utilisation à court terme dans la constipation occasionnelle, mais précise que son emploi prolongé peut provoquer des douleurs abdominales, des spasmes, des diarrhées ainsi que des perturbations de l’équilibre hydrique et électrolytique. Le problème apparaît notamment lorsque ces plantes sont utilisées quotidiennement dans le cadre de cures présentées comme des programmes de «détox». Une diarrhée répétée ne signifie pas que l’organisme se débarrasse de «toxines» . Elle peut au contraire entraîner une perte excessive d’eau et d’électrolytes, notamment de potassium. L’utilisation prolongée de laxatifs stimulants peut également perturber le fonctionnement normal du côlon et favoriser une dépendance à leur effet laxatif. Le séné n’est donc pas une simple tisane anodine lorsqu’il est consommé régulièrement. Aloe, séné et autres plantes: la dose compte L’aloe constitue un autre exemple intéressant. Il faut distinguer le gel interne d’Aloe vera du latex ou du suc contenant des composés anthraquinoniques. Le latex d’aloe consommé par voie orale peut provoquer des douleurs abdominales, des crampes et des diarrhées. Des cas d’atteintes hépatiques ont également été rapportés après la consommation orale de certains extraits d’aloe. Cette distinction montre pourquoi le simple nom d’une plante ne suffit pas pour évaluer son innocuité. La partie utilisée, la méthode d’extraction et la concentration en principes actifs peuvent modifier considérablement l’effet du produit. Une infusion préparée avec une faible quantité de feuilles n’est pas nécessairement comparable à un extrait concentré placé dans une gélule. Dans le second cas, la quantité de substances biologiquement actives peut être beaucoup plus importante. Le foie: un organe particulièrement exposé Le foie joue un rôle essentiel dans la transformation de nombreuses substances étrangères à l’organisme. Il est donc également susceptible d’être exposé aux composés présents dans certaines préparations végétales. La littérature scientifique décrit des cas d’atteintes hépatiques associées à différents produits à base de plantes. Les manifestations peuvent aller d’une simple élévation des enzymes hépatiques jusqu’à des hépatites, des cholestases, des lésions hépatiques sévères et, dans certains cas, une insuffisance hépatique aiguë. Cela ne signifie évidemment pas que toutes les plantes médicinales sont hépatotoxiques. Le risque concerne certaines plantes ou certains produits, et l’établissement d’une relation de causalité peut être complexe. La composition du produit, les autres substances consommées et les caractéristiques individuelles peuvent intervenir. La difficulté est également liée au fait que certains produits contiennent plusieurs plantes. Lorsqu’une personne consomme simultanément plusieurs extraits différents, il devient beaucoup plus difficile d’identifier précisément quelle substance est responsable d’un éventuel effet indésirable. Les plantes peuvent modifier l’action des médicaments Un autre danger souvent sous-estimé concerne les interactions entre plantes et médicaments. Certaines molécules végétales peuvent modifier l’activité d’enzymes ou de transporteurs impliqués dans le métabolisme et l’absorption des médicaments. Le système enzymatique CYP450, notamment, joue un rôle important dans le métabolisme de nombreux médicaments. Une plante peut stimuler ou inhiber certaines de ces voies et ainsi modifier la quantité de médicament disponible dans l’organisme. L’Organisation mondiale de la Santé recense plusieurs exemples d’interactions entre plantes et médicaments. Le gingembre, l’ail, le ginkgo, le thé vert ou encore certaines préparations traditionnelles peuvent, selon les produits et les conditions d’utilisation, modifier l’effet ou la concentration de médicaments. Le cas du séné illustre également ce phénomène. Une utilisation prolongée peut provoquer une baisse du potassium sanguin. Cette perturbation peut ensuite modifier les effets de certains médicaments cardiaques ou antiarythmiques et aggraver les déséquilibres électrolytiques provoqués par certains diurétiques. Ainsi, l’interaction ne vient pas nécessairement d’une toxicité directe de la plante. Elle peut résulter de la manière dont celle-ci modifie le fonctionnement de l’organisme ou le devenir d’un médicament. Le danger peut aussi venir du produit lui-même La plante n’est pas toujours l’unique problème. La qualité du produit constitue un autre élément essentiel. L’OMS souligne plusieurs causes possibles d’effets indésirables liés aux médicaments à base de plantes: erreur d’identification de l’espèce végétale, mauvais dosage, contamination, présence de métaux toxiques ou de résidus de pesticides, contamination microbiologique et adultération par des substances médicamenteuses non déclarées. Deux produits portant un nom similaire peuvent donc ne pas présenter exactement la même composition. Cette variabilité est particulièrement importante pour les préparations artisanales, les mélanges de plantes dont les quantités ne sont pas clairement indiquées et certains compléments fortement concentrés. L’usage des plantes médicinales doit être encadré Face à ces différents risques, l’utilisation des plantes médicinales à visée thérapeutique ne devrait pas reposer uniquement sur les conseils trouvés sur les réseaux sociaux, les habitudes familiales ou l’idée selon laquelle une plante serait forcément sans danger parce
Safran en Tunisie: une culture délicate entre terroir, savoir-faire et potentiel agricole

Actuagro Safran en Tunisie: une culture délicate entre terroir, savoir-faire et potentiel agricole Par AgroHealth – De la plantation des cormes à la récolte manuelle des stigmates, le safran exige précision, patience et maîtrise de l’eau. En Tunisie, quelques expériences montrent que cette culture à forte valeur ajoutée pourrait trouver sa place dans certains terroirs, à condition d’adapter les pratiques culturales aux conditions locales. Reconnaissable à ses fleurs violettes et à ses trois stigmates rouges, le safran (Crocus sativus L.) occupe une place particulière parmi les plantes cultivées. L’épice commercialisée correspond uniquement aux stigmates séchés de la fleur. Cette particularité explique en grande partie la faible quantité produite par unité de surface et le travail important nécessaire à sa récolte. Le safran est une plante géophyte vivace de la famille des Iridacées. Contrairement à de nombreuses plantes cultivées, il ne se multiplie généralement pas par graines. La plante produit des cormes, parfois appelés bulbes dans le langage courant, qui assurent sa multiplication végétative. Son cycle est également particulier: la floraison intervient principalement en automne, généralement en octobre-novembre, puis la plante développe ses feuilles pendant l’hiver et le printemps avant d’entrer progressivement en dormance durant la saison chaude. Un cycle cultural adapté aux régions méditerranéennes Le safran apprécie les climats relativement secs et les sols qui évacuent correctement l’eau. Son développement végétatif intervient durant les mois les plus frais, tandis que les cormes passent une partie de l’été en dormance. Cette particularité permet à la culture de s’inscrire dans des systèmes agricoles de régions méditerranéennes et semi-arides. Le sol constitue cependant un facteur déterminant. Un terrain lourd, compact ou soumis à l’engorgement peut compromettre le développement des cormes. À l’inverse, une texture suffisamment légère et un bon drainage favorisent leur croissance. Des travaux expérimentaux ont montré que la texture du sol et la fréquence des irrigations peuvent avoir une influence importante sur la production de fleurs, de stigmates et de nouveaux cormes. Avant toute plantation, une analyse du sol permet donc de vérifier sa texture, son pH, sa fertilité et surtout son niveau de salinité. Cette étape est particulièrement importante dans les régions où les ressources en eau sont limitées ou peuvent présenter une certaine salinité. Des cormes de qualité pour commencer la culture La réussite d’une plantation dépend en grande partie de la qualité du matériel végétal. Les cormes doivent être sains, suffisamment développés et exempts de symptômes de maladies ou de pourriture. Leur calibre peut également influencer la floraison et le rendement. Des travaux menés sur plusieurs systèmes de culture ont montré que la taille des cormes, la profondeur de plantation et l’irrigation peuvent avoir un effet significatif sur la production. Dans cette étude, les cormes de taille moyenne et une plantation autour de 10 cm ont notamment donné de meilleurs résultats quantitatifs dans les conditions étudiées. Ces résultats restent toutefois à adapter au climat, au sol et au matériel végétal utilisé dans chaque région. La plantation intervient généralement durant l’été, avant la reprise automnale. Le producteur doit alors préparer soigneusement le terrain, assurer un bon drainage et installer les cormes à une profondeur adaptée. La densité de plantation doit également être raisonnée afin de permettre à la fois la floraison et la multiplication des cormes au cours des années suivantes. L’eau: peu, mais au bon moment Le safran est souvent présenté comme une culture peu exigeante en eau. Cette caractéristique ne signifie pas pour autant qu’il puisse être cultivé sans apport hydrique dans toutes les situations. Dans les régions semi-arides, la disponibilité de l’eau au moment approprié peut influencer directement la floraison et la qualité de la production. Des recherches récentes soulignent que les besoins en irrigation dépendent fortement de la répartition des pluies, du type de sol, du climat et du stade de développement de la plante. Un déficit hydrique pendant certaines phases critiques peut réduire la floraison, tandis qu’un excès d’eau peut également être préjudiciable. L’objectif consiste donc moins à apporter de grandes quantités d’eau qu’à assurer une humidité suffisante au moment où la plante en a besoin. Cette gestion est particulièrement importante avant la floraison, pendant la période de croissance et pour favoriser le développement des cormes de remplacement. Une récolte entièrement manuelle La floraison constitue le moment le plus spectaculaire, mais aussi l’une des périodes les plus exigeantes de la culture. Les fleurs apparaissent sur une période relativement courte et doivent être récoltées manuellement. Chaque fleur possède trois stigmates rouges. Après la cueillette, les fleurs sont triées et les stigmates séparés délicatement des autres parties florales. Ils sont ensuite séchés selon un procédé maîtrisé afin de préserver leurs propriétés organoleptiques et leur qualité. Cette succession d’opérations explique pourquoi le safran demande beaucoup de main-d’œuvre malgré une faible consommation d’espace. La quantité d’épice obtenue est très faible par rapport au nombre de fleurs récoltées. La FAO Ecocrop indique, à titre de référence générale, qu’environ un million de fleurs peuvent produire autour de 10 kg de safran séché, mais ces valeurs sont indicatives et les rendements réels varient fortement selon les conditions de culture. Les études scientifiques montrent d’ailleurs une grande variabilité des rendements. Une expérimentation menée en Italie du Sud a obtenu, selon les combinaisons de site et d’origine des cormes, des rendements de 23,9 à 28,1 kg de stigmates secs par hectare lors de la deuxième année. Ces résultats illustrent surtout l’importance du matériel végétal et des conditions pédoclimatiques ; ils ne constituent pas une référence directe pour la Tunisie. Une culture déjà expérimentée en Tunisie En Tunisie, le safran reste une culture de niche, mais des expérienceslocales montrent qu’elle peut être envisagée dans certains territoires. À Foussana, dans le gouvernorat de Kasserine, une expérience de culturebiologique menée depuis 2020 à Al Afrane constitue un exemple particulièrement intéressant. Selon les informations publiées en février 2025, l’exploitation s’est appuyée sur
Pr. Dhia Bouktila – Sidi Bouzid, la fertilité à l’épreuve de l’aridité [La Tunisie fertile (6)]

Actuagro Pr. Dhia Bouktila – Sidi Bouzid, la fertilité à l’épreuve de l’aridité [La Tunisie fertile (6)] Par Pr. Dhia Bouktila. Professeur de Génétique à l’Université de Monastir – Il existe des territoires dont la fertilité saute aux yeux. D’autres obligent à regarder plus longtemps. Sidi Bouzid appartient à cette seconde catégorie. Au cœur de la Tunisie, dans un environnement marqué par la faiblesse et l’irrégularité des précipitations, le gouvernorat a progressivement construit une agriculture capable de produire malgré l’aridité. Plaines céréalières, oliveraies, vergers, parcours et périmètres irrigués composent aujourd’hui un territoire agricole d’une remarquable diversité. À Regueb, l’irrigation a favorisé l’essor d’une agriculture spécialisée et connectée aux marchés ; à Jelma, Meknassy et ailleurs, d’autres combinaisons entre cultures, élevage et arboriculture ont façonné les paysages et les systèmes de production. Cette diversité n’est pas le fruit d’une seule vocation agricole. Elle résulte d’une transformation progressive du territoire. Sidi Bouzid raconte ainsi une autre histoire de la Tunisie fertile: celle d’une fertilité qui n’attendait pas simplement d’être révélée, mais qui s’est progressivement construite. Mais cette construction atteint aujourd’hui un point critique. Comment continuer à faire fructifier la terre lorsque la ressource qui a permis l’intensification agricole devient elle-même la principale limite? Bienvenue à Sidi Bouzid. 1. De la céréaliculture à l’arboriculture: construire une agriculture adaptée Sidi Bouzid occupe une position singulière dans la géographie tunisienne. Le gouvernorat se situe au Centre-Ouest, entre plusieurs ensembles géographiques et climatiques. Cette position de transition se lit dans ses paysages: les grandes plainescultivées alternent avec les reliefs, les steppes et les espaces pastoraux. La pluviométrie y est faible et irrégulière ; dans le bassin de Regueb, lesprécipitations annuelles sont de l’ordre de 200 à 300 mm, tandis quel’évapotranspiration potentielle est élevée. Dans un tel contexte, l’agriculture ne peut être pensée comme dans les régions humides du Nord. La pluie est une ressource intermittente. L’espace, lui, est immense. Entre les deux s’est construite une agriculture dont l’histoire est aussi celle d’une adaptation. Pendant longtemps, l’agriculture de Sidi Bouzid s’est structurée autourde deux grands piliers : la céréaliculture en sec et l’élevage ovin extensif. Les céréales occupaient de vastes superficies, mais leur production restait étroitement dépendante des précipitations et donc très variable d’une année à l’autre. Les troupeaux, eux, s’appuyaient largement sur les parcours quiconstituaient une composante essentielle du système pastoral. Puis est venue l’arboriculture. L’arbre représentait une autre manière de faire avec l’aridité. Là où une culture annuelle devait recommencer chaque année son cycle sous la menace de la sécheresse, un arbre installé dans le sol pouvait inscrire la production dans le temps long. Dès les années 1970, l’arboriculture fruitière s’est développée de manière importante dans le gouvernorat. Les programmes de développement de l’agriculture en sec ont notamment encouragé l’amandier, le pistachier, l’olivier et les plantations fourragères. Ce choix n’était pas anodin. Il signifiait déjà que l’avenir de l’agriculture de Sidi Bouzid résiderait dans le choix d’espèces capables de transformer une contrainte climatique en possibilité de production. L’arbre allait devenir l’un des grands architectes du paysage. 2. L’arbre, une réponse à l’aridité Aujourd’hui, aucune lecture de Sidi Bouzid ne peut ignorer l’olivier. Les chiffres donnent la mesure de cette transformation: environ 307 000 hectares d’oliveraies, soit près de 45% de la superficie du gouvernorat et 93% de ses superficies arboricoles, avec un patrimoine de plus de 23 millions d’oliviers, selon les données régionales communiquées en 2025 [1]. L’olivier n’est donc plus seulement une culture parmi d’autres. Il structure le paysage et soutient toute une économie de production, de transformation et de commercialisation. Lors de la campagne 2024-2025, Sidi Bouzid avait déjà enregistré 282 000 tonnes d’olives récoltées à la fin février 2025 [2]. Le gouvernorat figurait par ailleurs au premier rang national, avec uneproduction représentant environ 19 % du total national. Mais derrière ces chiffres impressionnants se cache une histoire plus profonde. L’olivier a permis à Sidi Bouzid de transformer son espace sans reposer sur les mêmes besoins en eau que les cultures irriguées intensives. Avec l’amandier et le pistachier, il appartient à cette arboriculture du sec qui a progressivement redessiné le territoire. Des espèces différentes, mais une même logique: installer une production durable dans un environnement où l’eau demeure rare et irrégulière. L’amandier, traditionnellement bien adapté aux conditions de l’agriculture en sec, demeure l’une des composantes de la diversité arboricole de Sidi Bouzid. Les données du CRDA montrent sa présence dans plusieurs délégations du gouvernorat, aux côtés de l’olivier, du pistachier et d’autres arbres fruitiers [3]. Le pistachier constitue une autre composante remarquable de cette arboriculture adaptée au sec. Les données agricoles récentes montrent qu’il est largement présent dans plusieurs délégations du gouvernorat, aux côtés de l’olivier et de l’amandier [3]. Son implantation durable dans le paysage agricole de Sidi Bouzid illustre ainsi le rôle des espèces arboricoles adaptées aux conditions semi-arides dans la diversification des productions. C’est là que la biologie rejoint l’économie. Une espèce végétale n’est pas seulement une production. Elle peut aussi devenir une stratégie territoriale. Choisir un arbre plutôt qu’une culture annuelle, une espèce plutôt qu’une autre, un système pluvial plutôt qu’un système fortement irrigué, c’est déjà choisir une manière de composer avec le climat. L’arbre devient alors bien plus qu’un élément du paysage: il devient l’un des grands architectes du territoire agricole de Sidi Bouzid. Figure 1. L’olivier, architecte du paysage agricole de Sidi Bouzid. Source: Hamiddou, Wikimedia Commons. 3. Les agro-territoires de Sidi Bouzid: composer avec l’eau, l’aridité et la diversité 3.1. Le Nord : céréales et systèmes agro-pastoraux Vers le nord du gouvernorat, notamment à Jelma et Cebalet Ouled Asker, la céréaliculture occupe une place importante, notamment le blé dur et l’orge, dans des systèmes encore largement dépendants des précipitations. Ces territoires associent cultures céréalières, oliviers et élevage, auxquels s’ajoutent de vastes espaces de parcours qui perpétuent la vocation pastorale ancienne de la région [4]. 3.2.
Qui est Mohamed Boughanmi, ingénieur d’État en génie biologique

Biographies Qui est Mohamed Boughanmi – ingénieur d’État en génie biologique Mohamed Boughanmi est ingénieur d’État en génie biologique. Depuis 2014, il occupe le poste de Responsable du Laboratoire de Contrôle Qualité du Groupe CHO. Au cours de son parcours professionnel, il a développé une expertise dans les domaines de l’analyse et du contrôle qualité des produits agroalimentaires, avec une attention particulière portée au secteur de l’huile d’olive. Son expérience l’a également conduit à s’investir dans l’amélioration des pratiques analytiques, le renforcement des démarches qualité ainsi que dans la transmission de son savoir-faire aux nouvelles générations de professionnels. Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Dr Fatma Rebai: Le menu enfant a-t-il oublié le goût? septembre 25, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Déclinaison régionale : Méditerranée, Afrique du Nord, Tunisie – (Partie II) septembre 16, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Diagnostic ENSO global (bulletins CCSR/IRI du 19 août et OMM du 1ᵉʳ-3 septembre 2026) – (Partie… septembre 16, 2026/Agrohealth Quand les marchés se vident, faut-il réapprendre l’art de l’âoula? septembre 11, 2026/Agrohealth Actuhealth Salwa Ben Youssef – Le laboratoire à l’heure de One Health : Quand la qualité éclaire la décision septembre 23, 2026 La chriha tunisienne: ce que la figue séchée apporte réellement à notre santé septembre 21, 2026 Yaourt nature ou yaourt grec: entre douceur, nutrition et équilibre digestif septembre 14, 2026 Load More Élevage La dinde en Tunisie, une filière discrète devenue incontournable septembre 24, 2026 Le dromadaire tunisien: le sage du désert septembre 5, 2026 Élevage équin: le cheval tunisien peut-il enfin devenir une véritable filière agricole? août 30, 2026 Load More
Mohamed Boughanmi – L’huile d’olive tunisienne: l’or vert au cœur de la Méditerranée

Actuagro Par Mohamed Boughanmi – L’huile d’olive tunisienne: l’or vert au cœur de la Méditerranée Par Mohamed Boughanmi. Ingénieur d’État en génie biologique – Entre patrimoine millénaire, richesse en polyphénols et diversité des terroirs, l’huile d’olive tunisienne possède une identité originale qui mérite une reconnaissance à la hauteur de sa qualité. La Tunisie possède une histoire oléicole millénaire. Du Nord au Sud, l’olivierfaçonne les paysages et fait partie intégrante du patrimoine agricole et culturel du pays. En effet, la richesse de l’huile d’olive tunisienne ne se limite pas uniquementaux volumes de production. Elle repose également sur une diversité remarquable des variétés notamment des variétés autochtones très adaptés, la richesse et la diversité des terroirs ainsi que des climats et profits climatiques uniques. Lorsqu’elle est issue d’olives saines, récoltées au bon moment et correctement extraites, l’huile d’olive vierge extra tunisienne peut réunir qualité nutritionnelle, richesse en composés phénoliques et importante complexité aromatique. Les plypénoles: marqueurs de la richesse et de la qualité de l’huile d’olive L’huile d’olive vierge extra contient principalement des acides gras, mais également une fraction de composés mineurs particulièrement intéressante: les polyphénols. Parmi eux figurent notamment l’hydroxytyrosol, le tyrosol et différents dérivés de l’oleuropéine. Ces composés contribuent notamment à la stabilité de l’huile et font l’objet de nombreuses recherches scientifiques. Leur concentration n’est cependant pas fixe. Elle dépend de la variété, duterroir, du climat, de la maturité des olives et des conditions d’extraction. Des chiffres qui révèlent la diversité tunisienne Les études scientifiques montrent des écarts importants entre les variétéstunisiennes. Dans une étude comparative, les huiles étudiées présentaient environ 158 mg/kg de polyphénols totaux pour la Chemlali, contre 395 mg/kg pour la Chétoui. D’autres travaux consacrés à la Chemlali ont mesuré jusqu’à 1 059 mg/kg de phénols totaux dans certaines conditions de culture. Plus remarquable encore, une étude portant sur plusieurs variétés tunisiennes a rapporté environ 1 400 mg/kg de phénols totaux pour la variété Betsijina. Ces chiffres ne constituent pas des valeurs universelles pour chaque variété. Ils illustrent surtout l’extraordinaire diversité phénolique du patrimoine oléicole tunisien. La maturité: un facteur déterminant La composition de l’olive évolue de manière progressive au cours de sa maturation, notamment en ce qui concerne la teneur et la nature des composés phénoliques sus mentionnés. Des recherches réalisées sur plusieurs variétés autochtones, notamment Zelmati, Chemchali, Chemlali et Chétoui ont mis en évidence des variations significatives de la composition phénolique au cours de développement et de la maturation du fruit. La date de récolte devient ainsi un véritable choix qualitatif: une récolte plusprécoce peut favoriser une huile plus végétale et expressive, tandis qu’unematurité plus avancée peut conduire vers des profils plus mûrs et plus ronds. Pourquoi l’huile tunisienne possède-t-elle un goût original? L’originalité de nos huiles résulte de l’association entre la variété, le terroir, le climat, la disponibilité en eau, la maturité du fruit, la date de récolte et le savoir-faire du moulin s’inscrivant dans un patrimoine oléicole ancestral riche et profondément enraciné. Cette combinaison explique pourquoi deux huiles produites en Tunisie peuventprésenter des personnalités très différentes. La véritable richesse tunisienne réside donc dans cette diversité d’expressions. La variété: première signature de l’huile La Chemlali, largement présente dans le Centre et le Sud, peut donner des huiles fruitées, équilibrées et parfois relativement douces. La Chétoui, particulièrement cultivée dans le Nord, offre souvent une expression plus végétale et aromatique. À ces deux grandes variétés s’ajoutent notamment Oueslati, Zalmati, Zarrazi, Chemchali et Gerboui, ainsi que de nombreuses variétés locales encore insuffisamment valorisées. Cette richesse génétique constitue une véritable bibliothèque de goûts et d’arômes. Le terroir et le climat: une signature invisible Le Nord tunisien, le Centre semi-aride et les régions plus arides du Sud offrent àl’olivier des conditions très différentes. L’ensoleillement, les températures, la pluviométrie et la disponibilité en eau influencent le développement du fruit et la composition de l’huile. Des travaux scientifiques ont notamment montré que la composition chimique pouvait contribuer à différencier des huiles tunisiennes selon leur origine géographique. Le terroir devient ainsi une signature invisible mais perceptible dans le verre. Une palette aromatique qui raconte la Tunisie Selon la variété et le stade de récolte, l’huile tunisienne peut exprimer des notesd’herbe fraîche, de feuille d’olivier, d’artichaut, de tomate, d’amande ou de fruits verts. Les recherches consacrées à la Chétoui du Nord tunisien ont notamment montré des différences de profils aromatiques entre les zones de production. Certaines huiles présentent davantage de notes de tomate, tandis que d’autres expriment plus fortement l’herbe et la feuille. Cette diversité aromatique constitue l’un des grands atouts de l’huile tunisienne. Amertume et piquant: une question d’équilibre L’amertume et le piquant font partie des attributs caractéristiques d’une huile vierge extra. Leur intensité varie notamment selon la variété, la maturité et les conditions deproduction. Une grande huile n’est donc pas forcément la plus douce ni la plus puissante. Elle est avant tout équilibrée, expressive et harmonieuse. Du champ au moulin: le savoir-faire fait la différence La qualité finale ne dépend pas uniquement du patrimoine génétique de l’olivier. La récolte, la manipulation des olives, le délai avant trituration, la propreté des fruits et la maîtrise du procédé d’extraction jouent un rôle essentiel. La technologie moderne doit ainsi accompagner le savoir-faire traditionnel afin de préserver au mieux les qualités du fruit. La qualité commence dans l’oliveraie, se construit au moulin et se préservejusqu’à la bouteille. Une reconnaissance internationale qui ne cesse de progresser La qualité tunisienne est aujourd’hui de plus en plus visible sur la scène internationale. En 2025, lors de l’Afro-Asian International Extra Virgin Olive Oil Competition à Abu Dhabi, la Tunisie a obtenu 60 médailles d’or et 4 médailles d’argent, se classant première. Parmi les médailles d’or, 53 concernaient la qualité et 7 la catégorie «healthy». À Genève, lors de l’European International Olive Oil Competition, les huiles tunisiennes ont remporté 79 médailles, dont 56 médailles d’or pour la qualité, 19 pour la catégorie santé et 4 médailles d’argent, plaçant la Tunisie en tête du classement.