Confiture de grenade, amandes et sésame

Recette Confiture de grenade, amandes et sésame La grenade, avec ses petits grains rubis et son goût délicatement acidulé, se prête aussi aux préparations maison. Cette confiture simple met à l’honneur un fruit de saison, accompagné de deux ingrédients familiers de nos tables, l’amande et le sésame. Ingrédients 1 kg de graines de grenade bien mûres 500 g de sucre 100 à 150 g d’amandes grillées, grossièrement concassées 50 à 80 g de graines de sésame grillées Le jus d’un demi-citron, facultatif Préparation Déposer les graines de grenade dans une casserole avec le sucre et laisser reposer une trentaine de minutes afin qu’elles libèrent naturellement leur jus. Faire cuire à feu moyen, puis laisser mijoter doucement en remuant régulièrement jusqu’à ce que la préparation prenne la consistance d’une confiture. En fin de cuisson, ajouter éventuellement quelques gouttes de jus de citron. Retirer du feu et laisser refroidir complètement. Pendant ce temps, faire légèrement griller les amandes et le sésame séparément. Une fois refroidis, concasser grossièrement les amandes. Lorsque la confiture est froide, incorporer délicatement les amandes et les graines de sésame grillées. Une recette toute simple où la grenade garde sa personnalité, tandis que l’amande et le sésame apportent leur parfum et leur croquant. Une manière gourmande de prolonger la saison de ce fruit emblématique de l’automne tunisien. Lire également Grenade tunisienne: une saison 2026 entre récolte, terroir et nouvelles ambitions pour la filière Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Dr Fatma Rebai: Le menu enfant a-t-il oublié le goût? septembre 25, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Déclinaison régionale : Méditerranée, Afrique du Nord, Tunisie – (Partie II) septembre 16, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Diagnostic ENSO global (bulletins CCSR/IRI du 19 août et OMM du 1ᵉʳ-3 septembre 2026) – (Partie… septembre 16, 2026/Agrohealth Quand les marchés se vident, faut-il réapprendre l’art de l’âoula? septembre 11, 2026/Agrohealth Actuhealth Salwa Ben Youssef – Le laboratoire à l’heure de One Health : Quand la qualité éclaire la décision septembre 23, 2026 La chriha tunisienne: ce que la figue séchée apporte réellement à notre santé septembre 21, 2026 Yaourt nature ou yaourt grec: entre douceur, nutrition et équilibre digestif septembre 14, 2026 Load More Élevage La dinde en Tunisie, une filière discrète devenue incontournable septembre 24, 2026 Le dromadaire tunisien: le sage du désert septembre 5, 2026 Élevage équin: le cheval tunisien peut-il enfin devenir une véritable filière agricole? août 30, 2026 Load More
Quand Testour se met à rougir de plaisir

Actuagro Quand Testour se met à rougir de plaisir Par Mariem Zouari – À la fin de septembre, Testour retrouvera l’une de ses plus belles couleurs, celle du rouge profond de la grenade. Du 27 Octobre au 1 Novembre 2026, la ville accueillera la dixième édition du Festival de la Grenade, une étape symbolique qui vient marquer une première décennie de célébration autour de ce fruit généreux. Il suffit d’ouvrir une grenade pour comprendre ce qui fait son charme. Sous une écorce discrète se cachent des centaines de petits grains rouges, juteux, brillants, doux et légèrement acidulés. Un fruit à la fois simple et précieux, apprécié pour son goût mais aussi pour sa richesse nutritionnelle. À Testour, la grenade raconte cependant une histoire plus grande que celle d’un fruit de saison. Elle s’est enracinée dans les paysages, dans les savoir-faire et dans la vie de la ville jusqu’à devenir une véritable identité territoriale. Elle accompagne les saisons, rassemble les producteurs et donne à Testour une signature reconnaissable bien au-delà de ses vergers. C’est cette histoire que le festival fait vivre. Une histoire de terre, de culture, de gourmandise et de transmission, où la grenade devient un lien entre les habitants, les visiteurs et un territoire fier de ses richesses. Pour sa dixième édition, le rendez-vous promet ainsi de retrouver cette atmosphère particulière où l’on vient découvrir, goûter, partager et surtout redécouvrir Testour à travers son fruit emblématique. Du 27 Octobre au 1 Novembre 2026, Testour ouvrira ses portes à la grenade… et à tous ceux qui aiment les histoires que les terroirs savent raconter. Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Dr Fatma Rebai: Le menu enfant a-t-il oublié le goût? septembre 25, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Déclinaison régionale : Méditerranée, Afrique du Nord, Tunisie – (Partie II) septembre 16, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Diagnostic ENSO global (bulletins CCSR/IRI du 19 août et OMM du 1ᵉʳ-3 septembre 2026) – (Partie… septembre 16, 2026/Agrohealth Quand les marchés se vident, faut-il réapprendre l’art de l’âoula? septembre 11, 2026/Agrohealth Actuhealth Salwa Ben Youssef – Le laboratoire à l’heure de One Health : Quand la qualité éclaire la décision septembre 23, 2026 La chriha tunisienne: ce que la figue séchée apporte réellement à notre santé septembre 21, 2026 Yaourt nature ou yaourt grec: entre douceur, nutrition et équilibre digestif septembre 14, 2026 Load More Élevage La dinde en Tunisie, une filière discrète devenue incontournable septembre 24, 2026 Le dromadaire tunisien: le sage du désert septembre 5, 2026 Élevage équin: le cheval tunisien peut-il enfin devenir une véritable filière agricole? août 30, 2026 Load More
Dr Fatma Rebai: Le menu enfant a-t-il oublié le goût?

Chronique Dr Fatma Rebai: Le menu enfant a-t-il oublié le goût? Par Dr Fatma Rebai. Médecin ORL – Frites, nuggets, boissons sucrées: comment nos restaurants participent-ils à construire les préférences alimentaires de nos enfants? «Un menu enfant, s’il vous plaît.» Dans beaucoup de restaurants, cette phrase déclenche presque automatiquement la même proposition: quelques nuggets, des frites, parfois un petit hamburger, une boisson sucrée et, pour finir, un dessert très sucré. Le scénario est devenu tellement habituel qu’il nous paraît presque naturel. Mais pourquoi un menu destiné à un enfant ressemble-t-il si souvent à cela? Pourquoi les légumes, les légumineuses, le poisson, les fruits frais ou les préparations simples sont-ils encore trop souvent absents des menus enfants? Et surtout, quelles conséquences cette répétition peut-elle avoir sur la construction du goût chez l’enfant ? La question mérite d’être posée, car manger ne consiste pas seulement à apporter des calories et des nutriments à notre organisme. Manger, c’est aussi apprendre. Dès les premières années de vie, l’enfant découvre progressivement les saveurs, les odeurs, les textures et les couleurs des aliments. Son cerveau construit peu à peu une «bibliothèque sensorielle» qui lui permettra de reconnaître les aliments et de développer ses préférences. Le goût de l’enfant n’est pas figé Contrairement à une idée très répandue, un enfant n’arrive pas au monde en sachant qu’il aime les frites et qu’il déteste les légumes. Certaines préférences sont bien sûr présentes très tôt, notamment une attirance naturelle pour le goût sucré et, dans une certaine mesure, pour le goût salé. Mais une grande partie des préférences alimentaires se construit avec l’expérience. C’est ici que la notion d’apprentissage alimentaire devient importante. Plus un enfant est exposé à une variété d’aliments, de saveurs et de textures, plus il a l’occasion de les découvrir et éventuellement de les accepter. À l’inverse, lorsque son environnement alimentaire lui propose toujours les mêmes profils sensoriels (croustillant, salé, gras, très aromatisé) son répertoire alimentaire risque de rester plus limité. Une revue systématique consacrée à la néophobie alimentaire chez l’enfant montre d’ailleurs que la variété de l’alimentation, les habitudes familiales et les caractéristiques sensorielles des aliments jouent un rôle important dans les comportements de sélection alimentaire. Et l’ORL dans tout cela? C’est ici que la médecine ORL rencontre directement l’agroalimentaire. Lorsque nous parlons de goût, nous parlons en réalité de plusieurs sens qui travaillent ensemble. La langue détecte principalement cinq grandes saveurs: le sucré, le salé, l’acide, l’amer et l’umami. Mais lorsque nous reconnaissons le goût d’une fraise, d’un fromage, d’une tomate ou d’un poulet rôti, notre cerveau utilise également notre odorat. Une grande partie de ce que nous appelons communément le goût, correspond donc à la perception des arômes par voie rétronasale: lorsque nous mâchons un aliment, les molécules aromatiques remontent de la bouche vers le nez par l’arrière des fosses nasales et stimulent notre système olfactif. Pour un médecin ORL, cette relation entre le nez et l’alimentation est fondamentale. Un enfant qui mange n’est pas seulement en train de goûter : il sent, mâche, salive, perçoit une texture, une température, une sensation de croquant ou de fondant. L’expérience alimentaire est donc profondément multisensorielle. C’est également pour cette raison qu’une perte de l’odorat peut donner l’impression que les aliments n’ont plus de goût. Le nez participe directement à notre expérience alimentaire. Pourquoi les frites et les nuggets plaisent-ils autant? Il serait trop simple de dire que les enfants aiment naturellement les nuggets et les frites. Leur succès s’explique par plusieurs mécanismes. D’abord, leur profil sensoriel est particulièrement efficace: le croustillant, le gras, le salé et les arômes sont facilement identifiables et immédiatement gratifiants. Ensuite, ces aliments sont familiers. Or, chez l’enfant, la familiarité joue un rôle important dans l’acceptation alimentaire. Enfin, ils sont extrêmement pratiques pour le restaurant: ils sont faciles à stocker, rapides à préparer, faciles à portionner et généralement appréciés par une grande majorité d’enfants. Le menu enfant devient alors un produit qui doit répondre à plusieurs contraintes commerciales: satisfaire rapidement l’enfant, rassurer les parents et simplifier le travail en cuisine. Le problème n’est donc pas une frite ou un nugget consommé occasionnellement. Le véritable sujet est la répétition et la standardisation du modèle. Lorsqu’un enfant sort régulièrement au restaurant et que le choix qui lui est présenté est systématiquement «nuggets-frites», on ne lui donne pas seulement un repas. On lui donne aussi un environnement sensoriel particulier, dans lequel certaines saveurs deviennent familières et d’autres restent peu explorées. Le risque: construire un enfant qui «n’aime rien»? Il faut ici être précis. On ne peut pas affirmer qu’un menu enfant composé de frites et de nuggets va, à lui seul, provoquer chez un enfant une préférence durable pour les aliments ultra-transformés ou une aversion pour les légumes. Le comportement alimentaire est beaucoup plus complexe. Il dépend de la famille, de la culture, des habitudes alimentaires, du contexte social, de l’éducation, du prix des aliments, de l’accessibilité et bien sûr des caractéristiques propres à chaque enfant. Mais nous savons que l’environnement alimentaire influence les choix. L’OMS souligne notamment que le marketing des aliments riches en graisses saturées, en sucres ou en sel influence les préférences, les demandes des enfants et leurs comportements alimentaires. La question devient alors intéressante pour l’agroalimentaire: quel environnement voulons-nous créer autour de l’enfant? Le problème n’est pas seulement nutritionnel Lorsque l’on critique les menus enfants classiques, on pense immédiatement aux calories, aux graisses, au sel ou aux sucres. Ces aspects sont évidemment importants. Une alimentation très riche en aliments de faible densité nutritionnelle peut contribuer, lorsqu’elle devient habituelle, à une alimentation déséquilibrée. Mais il existe un autre enjeu, plus discret : celui de la diversité alimentaire. Un enfant qui découvre régulièrement différentes variétés de légumes, des poissons, des œufs, des légumineuses, des céréales, des fruits, des herbes aromatiques et des épices douces construit une expérience sensorielle beaucoup plus riche. L’OMS insiste justement sur l’importance d’une
Le cognassier en Tunisie: une petite filière, mais un patrimoine fruitier à mieux connaître

Actuagro Le cognassier en Tunisie: une petite filière, mais un patrimoine fruitier à mieux connaître Par Agrohealth – Du Nord au Cap Bon, le cognassier reste discret dans le paysage agricole tunisien. Pourtant, derrière ce fruit d’automne à la chair ferme et au parfum caractéristique se trouve une culture ancienne, adaptée à plusieurs territoires et porteuse d’un potentiel encore peu valorisé. En 2026, les données agricoles nationales permettent de mieux suivre cette espèce, même si les chiffres détaillés de la campagne en cours restent encore difficiles à consolider dans les sources publiques. Le cognassier, Cydonia oblonga, appartient à la même famille botanique que le pommier et le poirier. En Tunisie, il n’occupe évidemment pas la place des grandes cultures fruitières comme l’olivier, les agrumes, les dattes ou les grenades. Il appartient plutôt à ces espèces fruitières secondaires qui ont pourtant conservé une place particulière dans les vergers, les jardins familiaux et les traditions alimentaires. Cette discrétion explique aussi pourquoi les statistiques consacrées au cognassier sont moins abondantes que celles des grandes filières. Le portail national des données ouvertes recense néanmoins un jeu de données du ministère de l’Agriculture intitulé «Suivi de la culture de cognassier», consacré aux superficies et à la production par gouvernorat. Le ministère a également publié en 2026 un jeu de données consacré à la production, aux superficies et au nombre d’arbres fruitiers par espèce, dans lequel le cognassier figure sous le terme arabe سفرجل. Où pousse le cognassier en Tunisie? Le cognassier est surtout associé aux régions du Nord tunisien et au Cap Bon. Une ancienne étude nationale sur la biodiversité végétale indiquait que l’espèce était cultivée en mélange avec d’autres arbres fruitiers dans le Nord et au Cap Bon. Elle signalait également sa présence spontanée à Djebba, sous forme de buissons et de haies. Cette implantation n’est pas surprenante. Le cognassier apprécie les conditions relativement tempérées et peut s’intégrer à différents systèmes arboricoles. Il est également connu pour sa rusticité et sa capacité d’adaptation à différents sols. Une publication consacrée au cognassier tunisien souligne notamment sa faible exigence en eau et sa bonne résistance générale aux maladies et aux parasites. Le Nord-Ouest présente ainsi un intérêt particulier pour cette espèce. Des documents consacrés aux produits de terroir de cette région mentionnent le cognassier parmi les arbres fruitiers présents dans les territoires du Nord-Ouest tunisien. Il faut toutefois éviter d’établir, sans les tableaux statistiques détaillés du ministère, un classement définitif des gouvernorats producteurs en 2026. La présence d’une espèce dans un gouvernorat ne signifie pas nécessairement que celui-ci représente une part importante de la production nationale. Des superficies modestes à l’échelle agricole nationale Les chiffres disponibles montrent clairement que le cognassier demeure une culture de dimension limitée. Une étude tunisienne sur la biodiversité végétale estimait autrefois la superficie consacrée au cognassier à environ 700 hectares, pour une production d’environ 3 000 tonnes. Une estimation plus récente publiée en septembre 2024 avançait, quant à elle, environ 450 hectares et une production proche de 4 000 tonnes, avec une concentration importante dans le gouvernorat de Nabeul, qui représenterait près de la moitié de la production nationale. Cette même source estimait le rendement moyen autour de 9 tonnes par hectare. Ces deux séries de chiffres montrent surtout une chose : les estimations disponibles ne sont pas parfaitement homogènes selon les années et les sources. Il serait donc incorrect de présenter automatiquement 450 ha ou 4 000 tonnes comme les chiffres officiels de 2026. Pour AgroHealth, cette distinction est importante. Le chiffre publié doit correspondre à l’année et à la source indiquées, surtout lorsqu’il s’agit d’une filière agricole de petite taille où quelques centaines d’hectares peuvent modifier sensiblement les ratios. Que disent les données disponibles pour 2026? Le portail national des données ouvertes constitue aujourd’hui la référence la plus intéressante pour poursuivre le suivi statistique. Le ministère de l’Agriculture y a publié en 2026 un fichier intitulé «Production, superficies et nombres des arbres fruitiers par espèces». Le jeu de données comprend notamment le cognassier, identifié par le mot-clé arabe سفرجل. Une autre ressource concerne les arbres fruitiers irrigués par espèce. Le portail confirme également l’existence de données régionales récentes sur l’arboriculture, notamment dans plusieurs gouvernorats. Par exemple, des jeux de données concernant le Kef, Kairouan et Tunis ont été mis à jour en 2026. Tableau de référence — cognassier tunisien Indicateur Valeur disponible Année / période Source / statut Superficie nationale ≈ 450 ha estimation publiée en 2024 estimation secondaire Production nationale ≈ 4 000 t estimation publiée en 2024 estimation secondaire Rendement moyen ≈ 9 t/ha estimation publiée en 2024 estimation secondaire Rendement potentiel 20–25 t/ha référence agronomique selon variété et conduite Superficie historique ≈ 700 ha donnée ancienne étude biodiversité Production historique ≈ 3 000 t donnée ancienne étude biodiversité Données officielles 2026 disponibles dans les jeux de données du ministère 2026 à extraire du fichier XLSX Nombre d’arbres 2026 fichier officiel référencé 2026 valeur détaillée non récupérée dans la version publique consultable Répartition par gouvernorat fichier officiel référencé 2026 données à consolider Lecture importante : ce tableau ne présente donc pas les 450 ha et 4000 tonnes comme une production 2026. Les chiffres 2026 doivent être extraits directement du fichier statistique du ministère avant publication comme données de campagne. Le portail national confirme que ces données existent et sont référencées. Un rendement qui peut fortement varier Le rendement du cognassier n’est pas une donnée fixe. La publication de 2024 estime le rendement moyen tunisien à environ 9 t/ha, tout en indiquant qu’un verger correctement conduit pourrait atteindre 20 à 25 t/ha. Cette différence est considérable. Elle montre l’importance de la variété, de l’irrigation, de l’âge des arbres, de la fertilisation, de la taille et, plus largement, de la conduite du verger. Autrement dit, la superficie seule ne permet pas d’évaluer le potentiel réel de la filière. Deux vergers de même superficie peuvent présenter des productions très différentes. Le
La dinde en Tunisie, une filière discrète devenue incontournable

Élevage La dinde en Tunisie, une filière discrète devenue incontournable Par AgroHealth –Longtemps restée moins visible que le poulet dans l’univers de l’aviculture tunisienne, la dinde occupe aujourd’hui une place importante dans la production nationale de viande. Derrière une escalope ou une cuisse vendue chez le boucher se trouve en réalité une filière structurée, qui relie élevage, alimentation animale, couvoirs, abattage, découpe, transformation et distribution. En Tunisie, cette évolution s’est construite progressivement au fil des années. L’élevage de la dinde s’est développé autour d’une chaîne de production de plus en plus structurée, réunissant l’élevage, l’abattage, la découpe et la transformation. Cette organisation a permis à la filière de passer d’une activité essentiellement liée à l’élevage à un véritable secteur agroalimentaire, où plusieurs métiers interviennent successivement avant que le produit n’arrive sur le marché. Une production qui a fortement progressé La production tunisienne de viande de dinde a connu une progression importante au cours des dernières années. Elle est passée de 42,3 mille tonnes en 2010 à 78 mille tonnes en 2024, soit une hausse de près de 85 % en quatorze ans. Cette évolution n’a toutefois pas été régulière. Après avoir atteint 75,4 mille tonnes en 2022, la production a reculé à 69,7 mille tonnes en 2023, avant de retrouver une nette progression en 2024. Au-delà des variations annuelles, cette évolution traduit l’importance progressivement prise par la dinde dans l’aviculture tunisienne. La production mobilise aujourd’hui une chaîne qui s’étend de l’élevage et de l’alimentation animale jusqu’à l’abattage, à la découpe, à la transformation et à la distribution. La dinde est ainsi devenue bien plus qu’un simple produit disponible sur le marché. Elle représente désormais une activité agricole et économique qui fait intervenir de nombreux acteurs et différents métiers tout au long de la chaîne. Du couvoir à l’assiette La chaîne de production de la dinde commence bien avant l’élevage. Elle repose notamment sur la disponibilité des reproducteurs et des dindonneaux, sur l’alimentation animale ainsi que sur les infrastructures nécessaires à l’élevage. L’éleveur constitue ensuite un maillon essentiel de cette chaîne. En Tunisie, la production est particulièrement présente dans plusieurs régions, notamment dans le Sahel, à Sfax et au Cap Bon. Selon le mode d’organisation adopté, les éleveurs peuvent commercialiser directement leur production ou travailler dans le cadre de systèmes d’intégration qui les relient aux entreprises chargées des étapes suivantes. Après l’élevage viennent l’abattage, la découpe et, selon les circuits, la transformation en différents produits. Chaque étape intervient dans la construction de la valeur du produit final et relie progressivement le monde de l’élevage à celui de l’agroalimentaire. Quand la dinde devient un produit transformé La transformation a joué un rôle important dans le développement de la dinde sur le marché tunisien. L’escalope, la cuisse et les produits de charcuterie permettent de valoriser différentes parties de la carcasse tout en diversifiant l’offre proposée aux consommateurs. Cette évolution industrielle a progressivement intégré la dinde aux habitudes de consommation des familles tunisiennes, notamment à travers les produits découpés et conditionnés. Une filière sensible aux coûts de production Comme l’ensemble des élevages avicoles, la production de dinde dépend de plusieurs facteurs qui influencent directement son coût. L’alimentation animale occupe une place importante, mais elle n’est pas le seul élément à prendre en compte. L’énergie, les équipements, les soins vétérinaires, le transport et les conditions d’élevage participent également aux charges supportées par les producteurs. Ces différents coûts se répercutent tout au long de la chaîne, de l’élevage jusqu’à l’abattage, à la découpe et à la commercialisation. Les variations du prix des matières premières destinées à l’alimentation animale peuvent ainsi avoir des conséquences sur l’équilibre économique de toute la filière. Pour les producteurs tunisiens, l’enjeu consiste donc à maintenir une production régulière tout en maîtrisant les charges et en préservant la qualité. Cette équation devient d’autant plus importante dans un secteur où les conditions d’élevage, l’approvisionnement et les fluctuations des coûts peuvent rapidement modifier les équilibres économiques. La question sanitaire et la qualité Le développement d’une filière animale ne se mesure pas uniquement en tonnes produites. Il dépend également de la qualité des élevages, de la biosécurité, du contrôle vétérinaire, de l’hygiène lors de l’abattage et de la chaîne du froid. La traçabilité devient ainsi un élément essentiel. Elle permet de mieux suivre le produit depuis son origine jusqu’à sa commercialisation et contribue à renforcer la confiance entre producteurs, transformateurs et consommateurs. Dans ce domaine, l’objectif ne devrait pas être de présenter la viande de dinde comme un aliment parfait ou, à l’inverse, de susciter une inquiétude générale autour de la production. L’enjeu est plutôt de comprendre comment une filière peut garantir une production régulière, sûre et correctement contrôlée. Et demain, quelle place pour la dinde tunisienne? Avec une production qui a atteint 78 mille tonnes en 2024, la dinde représente désormais un maillon important de l’aviculture tunisienne. Son avenir dépendra cependant de plusieurs facteurs. La maîtrise des coûts de production, la disponibilité des aliments, la modernisation des élevages, la biosécurité, la valorisation des sous-produits et la réduction de l’impact environnemental seront autant de questions à suivre. L’économie circulaire pourrait notamment offrir de nouvelles pistes autour de la valorisation des déchets organiques issus de l’élevage et de la transformation. La gestion de l’eau, de l’énergie et des effluents mérite également davantage d’attention à mesure que la filière se développe. La dinde tunisienne raconte finalement une histoire assez particulière. Partie d’un élevage longtemps moins visible que celui du poulet, elle est devenue une véritable filière agricole et industrielle. Derrière un produit aujourd’hui familier se trouve tout un monde de producteurs, de techniciens, de vétérinaires, d’entreprises et de travailleurs. C’est précisément là que se situe l’intérêt d’une approche AgroHealth. Comprendre ce que nous mangeons commence souvent par comprendre comment cela est produit. AgroHealth Sources Office de l’Élevage et des Pâturages — évolution de la production de viande GIPAC — secteur avicole et filière dinde Portail national des données ouvertes — données GIPAC ROSE BLANCHE Group — SOPAT / MLIHA Lire également Élevage de poules en Tunisie: une
Qui est Salwa Ben Youssef, Assistante en Chef à l’Université de Jendouba

Biographies Qui est Salwa Ben Youssef, Assistante en Chef à l’Université de Jendouba Salwa Ben Youssef est Assistante en Chef à l’Application et à la Recherche à l’Université de Jendouba, rattachée à l’Institut Supérieur de Biotechnologie de Béja. Active depuis vingt ans dans les laboratoires de recherche et d’enseignement universitaires, elle s’intéresse particulièrement à la culture du laboratoire et à sa diffusion au-delà de l’espace académique. À travers son expérience, elle œuvre à rapprocher le monde des laboratoires de la société, en considérant le laboratoire non seulement comme un lieu de production de connaissances, mais aussi comme un levier de construction d’une société du savoir, capable de renforcer les liens entre science, société et innovation. Son parcours est également marqué par sa contribution à plusieurs initiatives et démarches de certification des laboratoires, témoignant de son engagement en faveur de la qualité, de la structuration et de la valorisation de l’activité scientifique universitaire. Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Dr Fatma Rebai: Le menu enfant a-t-il oublié le goût? septembre 25, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Déclinaison régionale : Méditerranée, Afrique du Nord, Tunisie – (Partie II) septembre 16, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Diagnostic ENSO global (bulletins CCSR/IRI du 19 août et OMM du 1ᵉʳ-3 septembre 2026) – (Partie… septembre 16, 2026/Agrohealth Quand les marchés se vident, faut-il réapprendre l’art de l’âoula? septembre 11, 2026/Agrohealth Actuhealth Salwa Ben Youssef – Le laboratoire à l’heure de One Health : Quand la qualité éclaire la décision septembre 23, 2026 La chriha tunisienne: ce que la figue séchée apporte réellement à notre santé septembre 21, 2026 Yaourt nature ou yaourt grec: entre douceur, nutrition et équilibre digestif septembre 14, 2026 Load More Élevage La dinde en Tunisie, une filière discrète devenue incontournable septembre 24, 2026 Le dromadaire tunisien: le sage du désert septembre 5, 2026 Élevage équin: le cheval tunisien peut-il enfin devenir une véritable filière agricole? août 30, 2026 Load More
Salwa Ben Youssef – Le laboratoire à l’heure de One Health : Quand la qualité éclaire la décision

Actuhealth Salwa Ben Youssef – Le laboratoire à l’heure de One Health : Quand la qualité éclaire la décision Par Salwa Ben Youssef. Assistante en Chef à l’Application et à la Recherche- Un résultat de laboratoire peut orienter un diagnostic médical, déterminer la sécurité d’un aliment, révéler une contamination de l’eau ou du sol, ou encore guider une décision en agriculture. Mais derrière chaque analyse se pose une question essentielle: qui garantit que le résultat mérite notre confiance? À l’heure où les santés humaine, animale, végétale et environnementale sont étroitement liées, la fiabilité des données analytiques devient un enjeu stratégique. Normes, traçabilité et accréditation constituent l’infrastructure invisible de cette confiance scientifique, sur laquelle repose désormais une véritable approche One Health. La confiance se mesure Dans le monde de la santé, de l’agriculture et de l’agroalimentaire, le laboratoire n’est plus un simple lieu où l’on réalise des analyses. Il est devenu un maillon essentiel de la décision. Diagnostic médical, contrôle microbiologique d’un aliment, analyse d’un sol, identification d’un agent pathogène en santé humaine, animale ou végétale, ou évaluation de la qualité d’une production agricole: derrière chacune de ces situations se trouve une donnée analytique appelée à orienter une décision, parfois avec des conséquences sanitaires, économiques ou environnementales importantes. Or, un laboratoire moderne doit pouvoir démontrer la fiabilité de ce qu’il produit. C’est précisément ici qu’interviennent les normes de compétence et de qualité : elles ne créent pas la science, elles en garantissent la lisibilité, la reproductibilité et la comparabilité. Les normes de qualité ont précisément pour fonction de rendre maîtrisée, documentée et vérifiable la chaîne qui conduit à la production d’un résultat. Elles établissent un cadre exigeant dans lequel la fiabilité des résultats repose sur des méthodes appropriées, des compétences démontrées, des équipements maîtrisés et des processus reproductibles. Malgré une grande diversité de normes, toutes répondent à une même exigence : transformer un résultat analytique issu d’un laboratoire en une donnée sur laquelle on peut raisonnablement fonder une décision. C’est là que commence véritablement la confiance dans le laboratoire. Les normes de compétence analytique: garantir la fiabilité du résultat Au-delà de la diversité des laboratoires et de leurs domaines d’activité, se dessine une architecture normative commune. Les référentiels diffèrent selon les secteurs, mais ils répondent à une même exigence: établir que le résultat produit par un laboratoire repose sur une compétence démontrée, des méthodes maîtrisées, des équipements appropriés et une chaîne analytique traçable. C’est cette dimension de compétence analytique qui nous intéresse ici : celle qui conditionne directement la fiabilité de l’information sur laquelle s’appuiera le décideur. ISO 15189: la compétence au service de la décision clinique La norme ISO 15189 constitue le référentiel spécifique des laboratoires de biologie médicale. Elle couvre l’ensemble du parcours du résultat, du prélèvement à sa validation et à sa communication, avec une exigence essentielle: la finalité clinique. Un résultat biologique peut contribuer à établir un diagnostic, à orienter un traitement ou à adapter la prise en charge d’un patient. La compétence du laboratoire ne repose donc pas uniquement sur la qualité de l’analyse. Elle implique également la maîtrise des étapes préanalytiques et postanalytiques, ainsi qu’une communication fiable et pertinente du résultat. ISO/IEC 17025: la compétence au service de la fiabilité analytique La norme ISO/IEC 17025 constitue la référence internationale pour les laboratoires d’essais et d’étalonnage. Son champ d’application est beaucoup plus transversal et concerne notamment les laboratoires intervenant dans les domaines agricole, alimentaire et environnemental. L’enjeu est de pouvoir démontrer que le laboratoire est techniquement capable de produire des résultats valides et fiables. La norme encadre notamment la compétence du personnel, la pertinence et la validation des méthodes, la maîtrise des équipements, la traçabilité métrologique et l’évaluation des performances analytiques. Ces exigences prennent une portée particulière lorsque le résultat produit par l’analyse de laboratoire déclenche une décision: détection d’un agent pathogène en santé animale ou végétale, libération ou retrait d’un lot alimentaire, contrôle de la conformité d’un intrant agricole, décision concernant la sécurité d’un aliment pour animaux, qualification d’une eau ou surveillance d’un milieu contaminé. Dans tous ces cas, la décision repose sur la fiabilité du résultat. ISO/IEC 17043 et ISO 17034: l’infrastructure qui rend la compétence vérifiable Mais cette confiance ne se construit pas entièrement à l’intérieur du laboratoire. Elle repose également sur une infrastructure métrologique qui permet de confronter, de vérifier et de consolider ses performances. C’est notamment le rôle de la norme ISO/IEC 17043, qui encadre les essais d’aptitude destinés à évaluer les performances des laboratoires. Plusieurs laboratoires analysent un même échantillon selon un protocole défini, puis leurs résultats sont comparés. Cette évaluation externe permet à chaque laboratoire de vérifier la fiabilité de ses performances, d’identifier d’éventuels écarts et de renforcer ainsi la confiance dans ses résultats. Elle complète l’évaluation de la compétence requise dans le cadre de l’accréditation ISO/IEC 17025. À un autre niveau intervient la norme ISO 17034, qui établit les exigences relatives à la compétence des producteurs de matériaux de référence. Ces matériaux jouent un rôle important dans l’assurance de la qualité analytique en fournissant aux laboratoires des références adaptées à leurs mesures et à leurs méthodes. De la qualité d’un laboratoire à la santé d’un territoire Cette architecture prend une dimension nouvelle lorsqu’on la regarde à travers le prisme de One Health. L’approche «Une seule santé» repose sur une idée devenue incontournable: la santé humaine, la santé animale, la santé des plantes et la santé environnementale sont profondément interconnectées. Les risques qui affectent l’un de ces compartiments peuvent se répercuter sur les autres et nécessitent, par conséquent, des réponses coordonnées. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) ont fait de cette approche un cadre commun pour renforcer l’action en faveur de la santé humaine, animale et environnementale. Dans cette perspective, le laboratoire ne doit plus être considéré comme une structure isolée. Il devient l’un des points d’appui d’un système de surveillance
Quand le climat change, l’assiette tunisienne change aussi

Actuagro Quand le climat change, l’assiette tunisienne change aussi Par Agrohealth – En Tunisie, le changement climatique ne se mesure pas seulement en degrés supplémentaires ou en millimètres de pluie perdus. Il commence aussi à se lire dans les champs, dans les vergers, sur les côtes et, plus discrètement, dans les marchés et dans nos assiettes. Certaines productions deviennent plus difficiles à maintenir dans leurs conditions traditionnelles. Les saisons agricoles se déplacent. La disponibilité de l’eau devient une contrainte centrale. Dans le même temps, de nouvellescultures apparaissent dans les expériences agricoles tunisiennes et certaines espèces marines autrefois inhabituelles prennent une place croissante dans les activités de pêche. La Tunisie semble ainsi entrer dans une période de transition alimentaire où la question ne sera plus seulement de savoir combien nous produirons, mais aussi ce que nous produirons, à quelle saison, dans quelles régions et avec quelles ressources. Le climat redessine progressivement les conditions de production Les projections officielles tunisiennes indiquent une hausse des températures moyennes de 1 à 1,8 °C à l’horizon 2050 selon le scénario RCP 4.5, et de 2 à 3 °C à la fin du siècle. Les précipitations annuelles devraient également diminuer, avec une baisse estimée de 5 à 10 % à l’horizon 2050. Pour l’agriculture, une telle évolution ne signifie pas simplement moins d’eau. Les plantes ont besoin d’un équilibre entre température, disponibilité hydrique, humidité, durée du froid hivernal et rythme des saisons. En Tunisie, le ministère de l’Environnement identifie déjà parmi les principales vulnérabilités climatiques une baisse des rendements et une réduction des superficies de certaines cultures arboricoles, notamment l’olivier, ainsi qu’une diminution des rendements céréaliers, une dégradation des sols et une pression croissante sur les ressources en eau. Le changement climatique peut donc modifier progressivement la carte des cultures. Le cas du pommier à Kasserine Kasserine offre un exemple particulièrement parlant. La région reste l’un des grands territoires tunisiens de production de pommes. Des variétés comme Golden et Richard dominent encore la production, tandis que Gala et Royal Gala ont connu une extension récente. Mais les producteurs doivent désormais composer avec des conditions climatiques plus difficiles. En septembre 2026, des responsables du secteur ont signalé que les effets du changement climatique et des vagues de chaleur avaient affecté les rendements et la coloration des fruits. Des travaux scientifiques consacrés à la production de pommes à Kasserine soulignent également le rôle de la baisse des précipitations, des variations brutales de température et de la diminution des ressources hydriques. Une étude publiée en 2025 rappelle que la production de pommes dans le gouvernorat serait passée d’environ 75 000 tonnes en 2020 à 60 000 tonnes en 2023, selon les données du CRDA de Kasserine citées par les chercheurs. Plus largement, une étude consacrée aux vergers tunisiens a montré que le réchauffement pourrait réduire la disponibilité du froid hivernal nécessaire à plusieurs espèces fruitières et à certains fruits à coque. Cette évolution pourrait affecter leur production à moyen et long terme. Le changement climatique touche donc parfois le fruit avant même qu’il n’arrive sur l’étal. Il peut agir sur la quantité récoltée, mais aussi sur son développement, son calendrier et certaines caractéristiques de sa qualité. Toutes les cultures ne suivent pourtant pas la même trajectoire Il serait cependant trompeur de raconter une histoire dans laquelle toutes les cultures tunisiennes seraient en déclin. Les données sur le maraîchage montrent justement une réalité plus complexe. Entre 2010 et 2024, les superficies consacrées à plusieurs cultures maraîchères ont diminué, notamment celles de la tomate, alors que celle de l’artichaut a légèrement progressé. D’après les données de l’ONAGRI rapportées par WMC, les changements climatiques font partie des facteurs expliquant les évolutions observées, aux côtés de la pression foncière, de la disponibilité limitée de l’eau et de l’augmentation des coûts de production. C’est un point essentiel pour comprendre la transformation en cours. Le climat ne produit pas partout le même effet et sur toutes les espèces de la même manière. Certaines cultures peuvent reculer, d’autres résister, certaines s’adapter grâce à de nouvelles techniques et d’autres encore trouver de nouvelles opportunités. Quand de nouveaux fruits entrent dans le paysage tunisien C’est peut-être l’un des signes les plus surprenants de cette transformation. En 2025, à Grombalia, des agriculteurs et des professionnels présentaient le fruit du dragon, ou pitaya, comme une culture alternative face à la raréfaction de l’eau et aux difficultés rencontrées par les vergers d’agrumes. Des expériences concernaient également la papaye. Un an plus tard, en septembre 2026, la presse tunisienne rapportait également la production locale d’ananas ainsi que des expériences de culture de mangues et le développement du jojoba et de la papaye. Ces exemples ne permettent pas de dire que le changement climatique est l’unique cause de l’introduction de ces cultures. Les marchés, la recherche de nouvelles rentabilités, les techniques agricoles et la disponibilité de l’eau jouent également un rôle. Mais ils témoignent d’une évolution intéressante. Certaines productions autrefois associées principalement aux régions tropicales ou aux importations commencent à faire partie des expérimentations agricoles tunisiennes. Selon l’analyse rapportée par La Presse, la hausse des températures et la réduction des périodes froides pourraient contribuer à modifier progressivement les cycles de développement des plantes et la composition des cultures disponibles. La question devient alors presque culturelle. Que considérera-t-on comme un fruit «tunisien» dans vingt ou trente ans ? La mer n’échappe pas à cette transformation La même question se pose sous la surface de la Méditerranée. Dans le golfe de Gabès, le ministère tunisien de l’Environnement indique une tendance historique à la hausse de la température de l’eau, estimée à environ 0,12 °C par décennie. Le ministère précise cependant que le nombre de points de données disponibles reste limité et que cette valeur doit donc être considérée comme indicative d’une tendance à long terme. Le réchauffement
Pomme tunisienne 2026: une récolte en hausse, mais un fruit confronté aux nouvelles contraintes du climat

Actuagro Pomme tunisienne 2026: une récolte en hausse, mais un fruit confronté aux nouvelles contraintes du climat Par Agrohealth – À l’arrivée de l’automne, les pommes tunisiennes retrouvent progressivement les étals et les marchés. Pourtant, cette année, certains consommateurs remarquent des fruits dont l’aspect, la fermeté ou la peau semblent parfois différents des années précédentes. Derrière cette impression se trouve une réalité agricole plus complexe: en 2026, la filière pomme affiche une production importante, particulièrement à Kasserine, mais elle évolue dans un contexte marqué par les fortes chaleurs, les variations de l’humidité, les épisodes pluvieux et les difficultés de conservation. La pomme tunisienne a donc beaucoup à raconter cette année. Elle raconte d’abord une récolte qui progresse, mais aussi les nouvelles contraintes auxquelles doivent faire face les producteurs. Kasserine, cœur de la pomme tunisienne Lorsqu’on parle de pomme en Tunisie, le regard se tourne naturellement vers le gouvernorat de Kasserine. La région occupe depuis plusieurs années la première place nationale pour cette production, avec des vergers particulièrement importants dans les délégations de Sbiba et Foussana. Pour la campagne 2026, la récolte de Kasserine est estimée à environ 75 000 tonnes, contre 62 000 tonnes lors de la campagne précédente, soit une progression d’environ 13 000 tonnes. Selon les données communiquées par la Direction régionale du développement agricole, cette évolution s’explique notamment par l’entrée en production de jeunes plantations. Le potentiel de la région est considérable : environ 10 400 hectares de vergers et 4,8 millions de pommiers sont recensés à Kasserine. Les variétés Golden et Richard occupent une place importante, tandis que Gala et Royal Gala se développent progressivement afin de diversifier l’offre et de répondre à l’évolution de la demande. Cette progression n’est donc pas seulement le résultat d’une bonne année ponctuelle. Elle traduit également l’arrivée à maturité de plantations plus récentes et l’évolution progressive du verger tunisien. Une production en hausse, mais une campagne loin d’être simple Derrière ces chiffres encourageants, les producteurs doivent toutefois composer avec des conditions de production de plus en plus difficiles. La campagne 2026 a été marquée par des épisodes de chaleur et par des conditions climatiques qui peuvent agir directement sur le développement, le rendement et surtout la qualité commerciale des fruits. À Kasserine, les autorités agricoles ont également signalé des problèmes liés aux ravageurs et aux maladies ainsi que des difficultés de stockage frigorifique, de commercialisation et d’organisation de la filière. L’Institut national de la météorologie avait, pour l’été 2026, annoncé des températures supérieures aux normales saisonnières, particulièrement dans le Centre et le Sud, avec des précipitations estivales restant irrégulières. Pour l’automne, l’INM prévoit encore des températures supérieures aux normales et une reprise des précipitations, notamment avec des épisodes orageux de fin d’été. Pour un pommier, ces changements ne sont pas anodins. Le fruit se développe pendant plusieurs mois dans un environnement où température, disponibilité de l’eau, humidité de l’air, nutrition minérale et rayonnement solaire évoluent constamment. Lorsque ces paramètres deviennent plus irréguliers, le résultat peut être visible directement sur la pomme. Pourquoi certaines pommes semblent-elles différentes après les pluies? C’est probablement l’une des questions les plus intéressantes de cette saison. Une pluie après une période chaude et sèche ne signifie pas automatiquement que la pomme va se détériorer. Cependant, lorsque le fruit est proche de la maturité, une variation brutale de la disponibilité de l’eau et de l’humidité peut favoriser certains désordres physiologiques. L’un des phénomènes connus chez le pommier est le craquelage du fruit. Il peut commencer par de minuscules fissures de la cuticule, cette fine couche protectrice qui recouvre la peau de la pomme. Lorsque les tissus internes du fruit se développent ou absorbent de l’eau plus rapidement que la peau ne peut s’adapter, la tension mécanique augmente et des microfissures peuvent apparaître. Le phénomène peut être particulièrement favorisé par une succession de conditions sèches, suivies d’une augmentation rapide de l’humidité ou de pluies. La pomme absorbe alors davantage d’eau tandis que les tissus de la peau peuvent avoir perdu une partie de leur élasticité sous l’effet des conditions chaudes et sèches. Certaines variétés sont par ailleurs plus sensibles que d’autres. La sensibilité au craquelage dépend notamment de la génétique de la variété, de l’état de la cuticule, du stade de maturité et des conditions climatiques précédant la récolte. Des variétés telles que Gala, Fuji, Golden Delicious ou Pink Lady figurent parmi celles pour lesquelles une sensibilité au craquelage est documentée. Ainsi, lorsqu’un consommateur remarque cette année une pomme présentant une peau moins régulière, de petites fissures ou certaines marques superficielles, il ne faut pas immédiatement conclure à un problème de sécurité alimentaire. Il peut s’agir d’un désordre physiologique lié aux conditions de croissance. En revanche, une fissure profonde peut devenir une porte d’entrée pour des agents pathogènes et favoriser ensuite le développement de pourritures. C’est pourquoi l’état de la peau et les conditions de conservation restent importants après la récolte. De la pluie à la qualité: tout dépend aussi de la variété et du verger Il serait toutefois trop simple d’attribuer les différences observées cette année aux seules pluies. La qualité d’une pomme dépend d’un ensemble de facteurs: variété, porte-greffe, âge de l’arbre, charge en fruits, irrigation, fertilisation, température, ensoleillement, date de récolte et conditions de conservation. La nutrition minérale intervient également dans la résistance des tissus. Le calcium, par exemple, joue un rôle important dans la structure des tissus végétaux et a été étudié pour son influence sur la résistance de la peau et la qualité post-récolte. Cependant, les effets des applications de calcium sur le craquelage ne sont pas systématiquement identiques et dépendent des conditions et du contexte de production. C’est donc l’interaction entre tous ces éléments qui permet de comprendre pourquoi deux pommes provenant de deux parcelles voisines peuvent présenter des différences d’aspect ou de conservation. Une différence visible ne signifie pas forcément une seule cause Les pommes observées
La chriha tunisienne: ce que la figue séchée apporte réellement à notre santé

Actuhealth La chriha tunisienne: ce que la figue séchée apporte réellement à notre santé Par Agrohealth – Il suffit parfois d’un fruit séché pour faire revenir toute une saison à la mémoire. Dans les maisons tunisiennes, la chriha, préparée à partir de figues séchées, appartient à cette tradition ancienne de la mouna, où l’on cherchait à conserver les produits de l’été pour les retrouver plusieurs mois plus tard. Mais derrière ce geste traditionnel se cache aussi un aliment particulièrement intéressant sur le plan nutritionnel. La figue, une fois séchée, perd une grande partie de son eau et concentre ainsi plusieurs de ses constituants, notamment les sucres, les fibres et certains minéraux. Elle contient également différents composés bioactifs, parmi lesquels des composés phénoliques et des flavonoïdes étudiés pour leur activité antioxydante. La question mérite donc d’être posée: que se passe-t-il réellement lorsque la figue devient chriha, et quelle place peut-elle avoir dans une alimentation favorable à la santé ? Une petite portion, mais une alimentation concentrée La première particularité de la chriha vient de son mode de préparation. Le séchage élimine une grande partie de l’eau présente dans le fruit frais. Le résultat est un aliment plus petit, plus dense et naturellement plus sucré au même poids. Des travaux expérimentaux comparant les figues fraîches et séchées montrent effectivement que le séchage modifie de manière importante leur composition en sucres, en acides organiques et en composés phénoliques. Le procédé utilisé, qu’il soit solaire ou thermique, peut également influencer la concentration de certains composés. Cette concentration explique à la fois l’intérêt et la prudence nécessaires avec la chriha. Elle peut apporter une quantité appréciable de nutriments dans une petite portion, mais elle représente également une source d’énergie et de sucres plus concentrée que la figue fraîche. Autrement dit, quelques morceaux de chriha peuvent être intéressants dans une alimentation équilibrée, mais le fait qu’il s’agisse d’un fruit ne signifie pas qu’il faut en consommer sans tenir compte des quantités. Les fibres, un atout pour l’alimentation quotidienne La figue fait partie des fruits qui apportent des fibres alimentaires. Ces dernières jouent un rôle important dans le fonctionnement normal du système digestif et participent également à la sensation de satiété. Les recherches consacrées aux figues fraîches et séchées soulignent leur intérêt comme source de fibres et de plusieurs micronutriments. Cependant, les chercheurs insistent aussi sur une limite importante: les données disponibles sur les effets spécifiques de la consommation de figues chez l’être humain restent moins nombreuses que les données portant sur leur composition ou leurs effets observés en laboratoire. Il est donc plus juste de dire que la chriha contribue aux apports alimentaires en fibres, plutôt que de lui attribuer un effet thérapeutique précis. Des composés antioxydants qui attirent l’attention La figue contient différents composés phénoliques et flavonoïdes. Leur concentration varie selon la variété, la couleur du fruit, son degré de maturité, la partie analysée et le procédé de transformation. Une revue scientifique consacrée aux figues fraîches et séchées rapporte notamment la présence d’acides phénoliques et de flavonoïdes tels que l’acide gallique, l’acide chlorogénique, la rutine et certains dérivés de la quercétine. Elle souligne également que la peau contribue fortement à la teneur totale en composés phénoliques. Ces substances sont étudiées pour leur activité antioxydante. Mais là encore, il faut garder une distinction essentielle: une activité antioxydante mesurée dans un aliment ou en laboratoire ne signifie pas automatiquement qu’un aliment prévient ou traite une maladie chez l’être humain. C’est précisément pour cette raison que les revues scientifiques récentes appellent à davantage d’études cliniques bien contrôlées portant directement sur la consommation de figues. Le séchage change-t-il la valeur nutritionnelle? Oui, et c’est l’un des aspects les plus intéressants de la chriha. Le séchage ne fait pas simplement «disparaître l’eau». Il modifie la composition du fruit. Une étude expérimentale publiée dans le Journal of Agricultural and Food Chemistry a montré que le séchage pouvait augmenter la concentration de certains composés phénoliques et l’activité antioxydante mesurée, tout en modifiant fortement la teneur en sucres et en acides organiques. Les résultats variaient également selon la méthode de séchage. Une étude publiée en 2025 sur différentes variétés de figues fraîches et séchées a également observé, après séchage solaire, une augmentation de certains constituants mesurés, notamment les composés phénoliques et certains minéraux, tandis que d’autres paramètres, comme la vitamine C et certains flavonoïdes, diminuaient. La leçon est donc simple: le séchage permet de conserver le fruit, mais il transforme aussi son profil nutritionnel. Et pour les personnes qui surveillent leur glycémie? C’est probablement l’une des questions les plus importantes lorsqu’on parle de fruits séchés. La chriha reste un fruit, mais sa déshydratation concentre les sucres. Une portion relativement petite peut donc représenter une quantité non négligeable de glucides. Cela ne signifie pas qu’une personne qui surveille sa glycémie doit nécessairement supprimer tous les fruits séchés de son alimentation. En revanche, la portion et le contexte du repas deviennent particulièrement importants. Il est donc préférable d’éviter de présenter la chriha comme un aliment «antidiabétique». Les recherches sur les figues suggèrent certaines pistes intéressantes concernant le métabolisme et la santé cardiovasculaire, mais les auteurs des revues scientifiques soulignent que les preuves humaines restent encore insuffisantes pour attribuer à la figue des effets thérapeutiques établis. Une bonne idée pour une collation? Dans certaines circonstances, oui. La chriha peut constituer une petite source d’énergie intéressante, notamment lorsqu’elle est consommée en quantité raisonnable et intégrée dans une alimentation diversifiée. Pour rendre la collation plus équilibrée, elle peut par exemple être associée à un aliment apportant des protéines ou des lipides de bonne qualité, comme un yaourt nature ou quelques fruits à coque non salés. L’idée n’est donc pas de multiplier les portions, mais de retrouver la logique alimentaire traditionnelle: un produit simple, consommé avec mesure et dans le cadre d’une alimentation variée. Une tradition ancienne qui retrouve un sens moderne La