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La Tunisie teste une technologie innovante pour réduire l’évaporation de l’eau

Dans un contexte où chaque goutte d’eau devient précieuse, la Tunisie franchit une nouvelle étape dans la recherche de solutions innovantes pour préserver ses ressources hydriques.

 

En partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a lancé une première expérimentation sur le terrain visant à réduire les pertes d’eau dues à l’évaporation grâce à une technologie encore inédite dans le pays: une membrane monomoléculaire appliquée à la surface de l’eau.

 

Cette étude pilote est menée dans le cadre du projet TEC-Eau (Tak O) sur le lac collinaire de Kamech, dans le gouvernorat de Nabeul.

 

Elle constitue la première expérimentation de ce type réalisée en conditions réelles en Tunisie et s’inscrit dans une démarche scientifique destinée à identifier des solutions durables face aux défis croissants du changement climatique.

Une réponse à un défi devenu majeur

Depuis plusieurs années, la Tunisie est confrontée à une pression sans précédent sur ses ressources en eau.

 

La succession des épisodes de sécheresse, l’irrégularité des précipitations et l’augmentation des températures réduisent progressivement les réserves disponibles, alors que les besoins de l’agriculture, de l’eau potable et des activités économiques continuent d’augmenter.

 

Dans ce contexte, le défi ne consiste plus uniquement à stocker l’eau dans les barrages.

 

Une partie importante de cette ressource disparaît chaque année par évaporation, notamment durant les mois d’été où les températures élevées et le rayonnement solaire accélèrent ce phénomène naturel.

 

Préserver cette eau déjà mobilisée est désormais un enjeu stratégique pour le pays.

Une membrane invisible pour limiter l’évaporation

La technologie testée repose sur une membrane monomoléculaire, une couche extrêmement fine qui se forme spontanément à la surface de l’eau.

 

Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, il ne s’agit ni d’un film plastique ni d’une couverture flottante.

 

Cette membrane, pratiquement invisible à l’œil nu, agit comme une barrière qui ralentit le passage des molécules d’eau vers l’atmosphère, réduisant ainsi l’évaporation tout en laissant passer la lumière et en permettant les échanges gazeux indispensables au maintien de la vie aquatique.

 

Selon la FAO, cette solution répond aux normes internationales de sécurité et fait l’objet d’un suivi scientifique afin d’évaluer son efficacité dans les conditions climatiques tunisiennes ainsi que son impact sur la qualité de l’eau et l’environnement.

 

Pourquoi le choix du lac collinaire de Kamech?

Le lac collinaire de Kamech n’a pas été choisi au hasard.

Ce site est reconnu pour les nombreux travaux scientifiques qui y sont menés depuis plusieurs années dans le domaine de l’hydrologie et de la gestion des ressources en eau.

 

Tester cette technologie sur une retenue de taille moyenne permet aux chercheurs d’observer son comportement dans des conditions réelles avant d’envisager une éventuelle application sur de plus grands barrages.

 

Cette approche progressive est caractéristique des projets pilotes, dont l’objectif
est de produire des données scientifiques fiables avant toute généralisation.

Une innovation parmi plusieurs solutions

L’expérimentation de cette membrane ne constitue qu’un des volets du projet
TEC-Eau.

 

Celui-ci vise plus largement à explorer différentes technologies innovantes susceptibles d’améliorer durablement la gestion de l’eau en Tunisie.

 

Parmi les pistes étudiées figurent également les panneaux photovoltaïques
flottants, qui permettent à la fois de produire de l’énergie renouvelable et de limiter l’évaporation, 
les barrages souterrains destinés à favoriser la recharge des nappes phréatiques, ainsi que d’autres solutions adaptées aux régions confrontées à un stress hydrique croissant.

 

L’objectif est d’identifier les technologies les plus efficaces, les plus  

économiquement viables et les mieux adaptées aux réalités climatiques et

environnementales tunisiennes.

Une expérimentation aux enjeux nationaux

Au-delà de son aspect technologique, cette expérimentation traduit une évolution dans la manière d’aborder la gestion de l’eau.

 

Pendant plusieurs décennies, les politiques hydrauliques se sont principalement concentrées sur la mobilisation de nouvelles ressources à travers la construction de barrages, les transferts d’eau ou encore le dessalement.

 

Aujourd’hui, la priorité consiste également à préserver chaque mètre cube déjà stocké.

 

Les résultats de cette étude permettront de mesurer l’efficacité réelle de la membrane monomoléculaire, sa durabilité, son coût d’utilisation et les conditions nécessaires à son éventuel déploiement à plus grande échelle.

 

Si cette technologie confirme son potentiel, elle pourrait devenir un nouvel outil pour renforcer la résilience de la Tunisie face au changement climatique, améliorer la sécurité hydrique et contribuer, indirectement, à préserver la production agricole et la sécurité alimentaire.

 

Dans un pays où l’eau constitue l’une des ressources les plus précieuses, chaque innovation capable d’en limiter les pertes mérite d’être explorée.

 

Cette première expérimentation représente ainsi bien plus qu’un simple test scientifique: elle illustre la volonté de la Tunisie d’investir dans des solutions

innovantes pour mieux protéger une ressource indispensable à son avenir.

Sources
  • Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) – Communiqué sur le lancement de l’étude pilote du projet TEC-Eau (Tak O).
  • Agence Tunis Afrique Presse (TAP) – La Tunisie et la FAO testent une technologie innovante à travers une première expérimentation pour réduire l’évaporation de l’eau.
  • Ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche. 
 
 
 


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