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La Tunisie parie sur les eaux usées traitées pour sécuriser son élevage

PUB Actuagro La Tunisie parie sur les eaux usées traitées pour sécuriser son élevage Face à l’aggravation du stress hydrique et à l’intensification des effets du changement climatique, la Tunisie accélère sa réflexion sur l’exploitation des ressources en eau non conventionnelles. Lors d’une journée nationale d’étude consacrée à la valorisation des eaux usées traitées dans la production fourragère, le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh, a affirmé que cette ressource constitue désormais un choix stratégique pour renforcer la sécurité alimentaire du pays et assurer la résilience des systèmes de production animale. Cette orientation intervient dans un contexte marqué par plusieurs années de sécheresse, une baisse des précipitations et une pression croissante sur les ressources hydriques traditionnelles. Dans ces conditions, l’utilisation des eaux usées traitées ne relève plus d’une solution ponctuelle destinée à faire face aux périodes de pénurie, mais s’inscrit dans une vision de long terme visant à sécuriser les activités agricoles et à préserver les ressources naturelles. Le secteur de l’élevage apparaît aujourd’hui comme l’un des plus vulnérables aux conséquences du changement climatique. La raréfaction des ressources fourragères, l’augmentation des coûts de production et la dépendance aux marchés internationaux fragilisent les filières animales et pèsent sur les revenus des éleveurs. Dans ce contexte, le développement de cultures fourragères irriguées à partir d’eaux usées traitées pourrait contribuer à améliorer l’autonomie alimentaire du cheptel national tout en réduisant la facture des importations. Les autorités tunisiennes soulignent également les avantages agronomiques de cette ressource. Les eaux traitées constituent une source d’eau renouvelable et contiennent des éléments nutritifs pouvant favoriser la croissance des plantes et limiter le recours aux engrais chimiques. Plusieurs expériences internationales ont déjà démontré l’efficacité de leur utilisation dans les cultures fourragères et industrielles, à condition de respecter les normes sanitaires et environnementales en vigueur. La Tunisie dispose d’ailleurs d’un potentiel important dans ce domaine. Les stations d’épuration produisent chaque année plus de 300 millions de mètres cubes d’eaux usées traitées. Cette quantité représente une réserve hydrique considérable susceptible d’être mobilisée pour soutenir le développement agricole, réduire la pression sur les barrages et les nappes phréatiques et renforcer la résilience du secteur face aux aléas climatiques. Pour concrétiser cette ambition, le ministère prévoit une série d’investissements destinés à moderniser les infrastructures de traitement, améliorer la qualité des eaux produites et étendre les réseaux d’irrigation utilisant cette ressource. L’intégration des énergies renouvelables dans les systèmes de pompage et de distribution figure également parmi les axes de développement envisagés. L’annonce de la création d’un comité de pilotage dédié aux projets de traitement et de valorisation des eaux usées traduit par ailleurs la volonté des pouvoirs publics de renforcer la coordination entre les différents acteurs concernés, notamment les secteurs de l’agriculture, de l’environnement, de la santé et de l’assainissement. Cette gouvernance concertée apparaît indispensable pour lever les obstacles techniques, réglementaires et institutionnels qui freinent encore le développement de ces projets. Cependant, au-delà des aspects techniques, le principal défi reste celui de l’acceptabilité. Le succès de cette stratégie dépendra de la confiance des agriculteurs, des professionnels et des consommateurs. Les questions liées à la sécurité sanitaire, à la qualité des productions et à la traçabilité devront être traitées avec rigueur afin de garantir une utilisation sûre et durable decette ressource. À travers cette démarche, la Tunisie semble amorcer une transition importante dans sa politique agricole et hydrique. En transformant les eaux usées traitées en une ressource productive, le pays cherche non seulement à répondre aux défis du changement climatique, mais également à consolider sa souveraineté alimentaire, soutenir son élevage et préparer l’agriculture de demain à un contexte où chaque goutte d’eau devient stratégique. source http://www.agriculture.tn/   Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Tomate séchée: le potentiel encore sous-exploité de la Tunisie juin 25, 2026/Agrohealth Pastèque rouge ou pastèque jaune: une question de couleur… ou bien plus? juin 19, 2026/Agrohealth Dr Fatma Rebai: Nos papilles sont-elles victimes de l’alimentation moderne ? juin 13, 2026/Dr Fatma Rebai L’amande tunisienne: un fruit qui accompagne les saisons juin 12, 2026/Agrohealth PUB Actuhealth Dr Fatma Rebai- Sucre, sel, café: quand l’alimentation influence l’oreille interne juin 24, 2026 Été, voyages et festivités: comment garder une alimentation équilibrée et rester bien hydraté juin 12, 2026 Le rôle du consommateur dans la sécurité alimentaire: un maillon essentiel de la chaîne juin 9, 2026 Load More Élevage Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Load More

Dr Fatma Rebai- Sucre, sel, café: quand l’alimentation influence l’oreille interne

PUB Actuhealth Dr Fatma Rebai- Sucre, sel, café: quand l’alimentation influence l’oreille interne Par Dr Fatma Rebai. Médecin ORL –  Et si certains vertiges commençaient dans l’assiette plutôt que dans l’oreille? Lorsqu’un patient consulte pour des vertiges, il s’attend rarement à parler de son alimentation. La plupart du temps, il imagine un problème de l’oreille interne, des cristaux déplacés, une infection ou parfois une cause neurologique. Pourtant, au fil des consultations, une réalité revient régulièrement: notre équilibre ne dépend pas uniquement de nos oreilles. Il dépend aussi de notre mode de vie et, notamment, de ce que nous mangeons et buvons chaque jour. Cette idée peut sembler surprenante. Pourtant, l’oreille interne est l’un des organes les plus sensibles de notre organisme. Un organe minuscule, un rôle essentiel   Nichée au cœur de l’os temporal, l’oreille interne ne sert pas seulement à entendre. Elle joue également un rôle fondamental dans notre équilibre. Pour fonctionner correctement, elle a besoin d’un environnement remarquablement stable. Ses cellules sensorielles baignent dans des liquides dont la composition est finement régulée. C’est grâce à cet équilibre délicat que notre cerveau peut interpréter correctement les mouvements de la tête et nous permettre de rester stables dans l’espace. Lorsque cet équilibre est perturbé, des symptômes peuvent apparaître: vertiges, instabilité, sensation d’oreille bouchée ou encore acouphènes. Et c’est précisément là que certains facteurs alimentaires peuvent entrer en jeu. Le sel: un excès qui peut peser sur l’équilibre Le sel est partout dans notre alimentation moderne. Bien au-delà de la salière, il se cache dans les plats préparés, les charcuteries, les fromages, les sauces industrielles et de nombreux produits transformés. Chez certaines personnes, notamment celles atteintes de maladie de Ménière, une consommation excessive de sel peut favoriser la rétention d’eau et influencer l’équilibre des liquides de l’oreille interne. C’est la raison pour laquelle les spécialistes recommandent souvent de limiter les excès de sodium dans le cadre de la prise en charge de cette maladie. Le paradoxe est intéressant: nous recherchons souvent le goût du sel sans imaginer qu’il puisse parfois influencer notre sensation d’équilibre. Le sucre: une relation encore mal connue Le sucre agit de façon plus discrète.Après un repas très riche en sucres rapides, notre organisme doit gérer des variations de glycémie parfois importantes. Ces fluctuations peuvent avoir des répercussions sur différents mécanismes métaboliques. Depuis plusieurs années, des chercheurs s’intéressent aux liens possibles entre certains troubles de la régulation du glucose et différents symptômes tels que les vertiges ou les acouphènes. Les résultats restent encore discutés et aucune conclusion définitive ne peut être tirée. Néanmoins, ces observations rappellent une réalité importante: l’oreille interne ne fonctionne jamais isolément. Elle dépend du bon fonctionnement de l’ensemble de l’organisme. Le café: ami ou adversaire? Le café occupe une place particulière dans les consultations ORL. Longtemps considéré comme responsable de nombreux symptômes, il conserve encore aujourd’hui une réputation parfois sulfureuse. La réalité est probablement plus nuancée.Chez certaines personnes sensibles, la caféine peut favoriser l’anxiété, les palpitations, les troubles du sommeil ou certaines formes de migraine vestibulaire. Certains patients rapportent également une majoration de leurs acouphènes après la consommation de boissons caféinées. Pour autant, il n’existe pas de réponse universelle. Ce qui gêne une personne peut être parfaitement bien toléré par une autre. Comme souvent en médecine, tout est affaire de mesure, de contexte et de susceptibilité individuelle. Une oreille qui reflète notre mode de vie Nous avons longtemps considéré les vertiges comme un problème exclusivement mécanique ou neurologique. Aujourd’hui, notre compréhension de ces symptômes est plus globale. L’oreille interne est étroitement liée au reste du corps. Son fonctionnement dépend de nombreux paramètres: la circulation sanguine, l’hydratation, le métabolisme, la qualité du sommeil, l’activité physique et, bien sûr, l’alimentation. Dans une société où les maladies métaboliques progressent et où les aliments ultra-transformés occupent une place croissante dans nos habitudes alimentaires, cette approche mérite toute notre attention. Repenser le vertige Face à un patient souffrant de vertiges, la question ne devrait peut-être plus être uniquement: «Que se passe-t-il dans son oreille?»   Mais aussi: «Que se passe-t-il dans son mode de vie?»   Car l’oreille interne est un organe fascinant. Minuscule, silencieux, invisible, mais extraordinairement sensible à l’équilibre général de notre organisme. Sans faire du contenu de l’assiette l’explication de tous les vertiges, il est aujourd’hui raisonnable de considérer que certaines habitudes alimentaires peuvent, chez certains patients, influencer l’expression de certains symptômes. Parfois, retrouver son équilibre commence simplement par regarder différemment ce que l’on met dans son panier de courses. Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Pastèque rouge ou pastèque jaune: une question de couleur… ou bien plus? juin 19, 2026/Agrohealth Dr Fatma Rebai: Nos papilles sont-elles victimes de l’alimentation moderne ? juin 13, 2026/Dr Fatma Rebai L’amande tunisienne: un fruit qui accompagne les saisons juin 12, 2026/Agrohealth Le mûrier en Tunisie, un arbre discret entre mémoire rurale et richesse naturelle juin 8, 2026/Agrohealth PUB Actuhealth Dr Fatma Rebai- Sucre, sel, café: quand l’alimentation influence l’oreille interne juin 24, 2026 Été, voyages et festivités: comment garder une alimentation équilibrée et rester bien hydraté juin 12, 2026 Le rôle du consommateur dans la sécurité alimentaire: un maillon essentiel de la chaîne juin 9, 2026 Load More Élevage Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Abeilles en Tunisie : ces précieuses ouvrières que le climat met à rude épreuve juin 1, 2026 Load More

Barrages en Tunisie: un répit hydrique bienvenu, mais la vigilance reste de mise

PUB Actuagro Barrages en Tunisie: un répit hydrique bienvenu, mais la vigilance reste de mise Après plusieurs années marquées par la sécheresse, les restrictions d’eau et l’inquiétude grandissante autour des ressources hydriques, la Tunisie aborde l’été 2026 dans des conditions nettement plus favorables. Selon le directeur général des barrages et des grands travaux hydrauliques au ministère de l’Agriculture, Faïez Moslem, les barrages du pays affichent actuellement un taux de remplissage d’environ 60% de leur capacité totale, un niveau qualifié de «très rassurant». Cette annonce constitue un bon nouveau tant pour les citoyens que pour les agriculteurs. Elle contraste fortement avec la situation observée ces dernières années, lorsque la faiblesse des précipitations avait entraîné une baisse préoccupante des réserves d’eau et conduit les autorités à prendre des mesures exceptionnelles pour préserver les ressources disponibles. À la même période en 2025, le taux de remplissage des barrages ne dépassait pas 41%, ce qui met en évidence l’amélioration significative enregistrée cette année. Cette évolution s’explique principalement par les importantes pluies qui ont alimenté les barrages du Nord et du Cap Bon, régions qui concentrent une grande partie des ressources en eau de surface du pays. Grâce à ces apports, la Tunisie dispose aujourd’hui d’un stock hydrique capable de répondre aux besoins de la saison estivale, période traditionnellement marquée par une forte consommation d’eau, aussi bien pour les usages domestiques que pour les activités agricoles. Pour le secteur agricole, cette situation représente un véritable soulagement. L’eau demeure le principal facteur de production pour les cultures irriguées, qui jouent un rôle essentiel dans l’approvisionnement du marché national en fruits, légumes et produits alimentaires de base. Des réserves plus abondantes permettent non seulement de sécuriser les campagnes agricoles, mais également de réduire les risques de baisse de rendement et les pertes économiques liées au stress hydrique. Dans un contexte où la sécurité alimentaire est devenue un enjeu stratégique, la disponibilité de l’eau constitue plus que jamais un élément déterminant de la souveraineté nationale. Cependant, derrière cet indicateur globalement positif se cachent des réalités régionales plus contrastées. Le responsable du ministère a notamment souligné les difficultés rencontrées par certains barrages du Centre du pays, à l’image du barrage de Nebhana, qui continue de souffrir d’un manque d’apports. Cette situation rappelle que les ressources hydriques tunisiennes restent inégalement réparties entre les différentes régions. Alors que les barrages du Nord bénéficient généralement de précipitations plus abondantes, les zones du Centre et du Sud demeurent davantage exposées aux effets de l’aridité et de la variabilité climatique. Cette amélioration du niveau de remplissage des barrages ne doit donc pas être interprétée comme la fin des préoccupations liées à l’eau. Les experts s’accordent à considérer que les épisodes de sécheresse risquent de devenir plus fréquents et plus intenses sous l’effet du changement climatique. Dans ce contexte, les bonnes performances enregistrées en 2026 offrent surtout une opportunité pour renforcer les politiques de gestion durable de l’eau, moderniser les systèmes d’irrigation, réduire les pertes dans les réseaux de distribution et développer des ressources alternatives telles que le dessalement de l’eau de mer et la réutilisation des eaux usées traitées. L’amélioration constatée cette année constitue ainsi un signal encourageant pour l’agriculture, l’alimentation et l’économie nationale. Elle témoigne de l’importance des précipitations dans l’équilibre hydrique du pays, tout en rappelant que la sécurité de l’eau ne peut reposer uniquement sur les aléas climatiques. Si les barrages tunisiens abordent l’été 2026 avec un niveau de remplissage rassurant, la préservation de cette ressource stratégique demeure un défi permanent pour garantir l’avenir agricole et alimentaire du pays. Le saviez-vous? «Chaque point de remplissage supplémentaire des barrages améliore non seulement la disponibilité de l’eau pour l’agriculture, mais contribue également à la stabilité des prix alimentaires, à la préservation des cultures et à la sécurité sanitaire des populations grâce à un meilleur accès à l’eau potable». Source http://www.agriculture.tn/ Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. 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Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Tomate séchée: le potentiel encore sous-exploité de la Tunisie juin 25, 2026/Agrohealth Pastèque rouge ou pastèque jaune: une question de couleur… ou bien plus? juin 19, 2026/Agrohealth Dr Fatma Rebai: Nos papilles sont-elles victimes de l’alimentation moderne ? juin 13, 2026/Dr Fatma Rebai L’amande tunisienne: un fruit qui accompagne les saisons juin 12, 2026/Agrohealth PUB Actuhealth Dr Fatma Rebai- Sucre, sel, café: quand l’alimentation influence l’oreille interne juin 24, 2026 Été, voyages et festivités: comment garder une alimentation équilibrée et rester bien hydraté juin 12, 2026 Le rôle du consommateur dans la sécurité alimentaire: un maillon essentiel de la chaîne juin 9, 2026 Load More Élevage Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Load More

Préserver notre patrimoine végétal: une responsabilité collective

PUB Actuagro Préserver notre patrimoine végétal: une responsabilité collective À travers ce rappel, le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche souligne l’importance de la vigilance face aux risques liés à l’introduction de plantes et de produits végétaux en provenance de l’étranger. Derrière un simple plant, une bouture ou un fruit peuvent se cacher des insectes nuisibles ou des agents pathogènes capables de provoquer des dégâts considérables aux cultures nationales. L’expérience a montré que l’introduction d’organismes nuisibles peut avoir des conséquences durables sur certaines filières agricoles, entraînant des pertes économiques importantes et menaçant la production locale. Dans un contexte marqué par les défis climatiques et la nécessité de renforcer notre souveraineté alimentaire, la protection du patrimoine végétal tunisien constitue un enjeu stratégique majeur. La préservation de nos vergers, de nos cultures et de nos espaces verts est l’affaire de tous. En respectant les consignes des autorités phytosanitaires et en s’abstenant d’introduire des plantes ou des produits végétaux non contrôlés, chaque citoyen, membre de la diaspora ou visiteur contribue à la protection de l’agriculture tunisienne, de la biodiversité nationale et de l’avenir de notre sécurité alimentaire. « Cet appel s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par le ministère de l’Agriculture pour prévenir l’introduction d’organismes nuisibles et protéger durablement les cultures, les vergers et les écosystèmes agricoles tunisiens». Source Ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche de Tunisie Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Pastèque rouge ou pastèque jaune: une question de couleur… ou bien plus? juin 19, 2026/Agrohealth Dr Fatma Rebai: Nos papilles sont-elles victimes de l’alimentation moderne ? juin 13, 2026/Dr Fatma Rebai L’amande tunisienne: un fruit qui accompagne les saisons juin 12, 2026/Agrohealth Le mûrier en Tunisie, un arbre discret entre mémoire rurale et richesse naturelle juin 8, 2026/Agrohealth PUB Actuhealth Été, voyages et festivités: comment garder une alimentation équilibrée et rester bien hydraté juin 12, 2026 Le rôle du consommateur dans la sécurité alimentaire: un maillon essentiel de la chaîne juin 9, 2026 Sécurité alimentaire, de la ferme à la table une responsabilité partagée juin 8, 2026 Load More Élevage Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Abeilles en Tunisie : ces précieuses ouvrières que le climat met à rude épreuve juin 1, 2026 Load More

La renaissance de la betterave sucrière en Tunisie: entre souveraineté alimentaire et développement agricole

PUB Actuagro La renaissance de la betterave sucrière en Tunisie: entre souveraineté alimentaire et développement agricole Longtemps considérée comme l’une des cultures stratégiques de l’agriculture tunisienne, la betterave sucrière fait aujourd’hui son grand retour dans les plaines fertiles de Bousalem et du gouvernorat de Jendouba. Cette relance marque la renaissance d’une filière qui avait fait la renommée de la région dès les années 1980 et qui pourrait désormais contribuer à relever plusieurs défis majeurs: la sécurité alimentaire, la réduction des importations, le développement de l’élevage et la préservation de la fertilité des sols. La reprise de la culture de la betterave sucrière s’inscrit dans une stratégie nationale visant à redynamiser la production locale de sucre. La campagne lancée à Jendouba prévoit près de 3000 hectares de cultures destinées à alimenter l’usine de Ben Bechir, unique unité tunisienne spécialisée dans la transformation de la betterave sucrière. Les autorités misent sur des rendements moyens d’environ 45 tonnes par hectare, avec des performances supérieures dans les exploitations bénéficiant d’un bon encadrement technique. Au-delà de son intérêt économique, la betterave sucrière est une culture particulièrement performante. Sa racine contient généralement entre 15 et 20% de sucre naturel. Autrement dit, une récolte de 100 tonnes de betteraves peut fournir jusqu’à 15 à 20 tonnes de sucre. Cette richesse en saccharose fait de la betterave l’une des cultures les plus efficaces pour la production de sucre à l’hectare. L’un des principaux avantages de cette plante réside dans le fait que le sucre extrait de la betterave est naturellement blanc. Contrairement au sucre de canne, qui nécessite généralement un raffinage pour obtenir sa couleur blanche, le sucre de betterave est directement obtenu sous forme de cristaux blancs après extraction et cristallisation. Cette caractéristique représente un avantage industriel et économique important. Mais la valeur de la betterave sucrière ne se limite pas à la production de sucre. La filière repose sur une logique de valorisation intégrale de la plante. Les pulpes issues de l’extraction constituent un aliment de haute qualité pour les bovins et les ovins. Riches en énergie digestible, elles contribuent à améliorer la qualité du lait et de la viande tout en réduisant la dépendance aux aliments importés. La mélasse, autre sous-produit majeur de la transformation, trouve également de nombreux débouchés industriels. Elle est notamment utilisée dans la fabrication de la levure boulangère, indispensable à la filière du pain et des produits céréaliers. Ainsi, une seule culture permet simultanément de produire du sucre, des aliments pour le bétail et des matières premières destinées à l’industrie agroalimentaire. Sur le plan agronomique, la betterave sucrière représente un allié précieux pour les agriculteurs. Son intégration dans les rotations culturales favorise la fertilité des sols, améliore leur structure et facilite l’exploitation des éléments nutritifs par les cultures suivantes. Les céréales, notamment le blé, bénéficient souvent d’un effet précédent favorable après une culture de betterave. Cette culture joue également un rôle important dans la lutte contre les adventices. Son itinéraire technique spécifique permet de réduire la pression de nombreuses mauvaises herbes qui constituent un problème récurrent dans les systèmes céréaliers. À ce titre, la betterave sucrière participe à une meilleure gestion agronomique des parcelles et à une amélioration durable de leur potentiel productif. Lorsque les conditions de culture sont optimales — disponibilité de l’eau, semences adaptées, fertilisation équilibrée et accompagnement technique — la betterave sucrière peut atteindre des niveaux de productivité remarquables. Son rendement global, combinant production de sucre, alimentation animale et sous-produits industriels, en fait l’une des cultures les plus rentables et les plus complètes du secteur agricole. La relance de cette filière pourrait également générer des retombées économiques significatives pour le Nord-Ouest tunisien. Selon les estimations avancées lors de la reprise de la campagne betteravière, la production locale pourrait permettre de réduire les importations de sucre et d’économiser plusieurs dizaines de millions de dinars chaque année, tout en créant de la valeur ajoutée dans les zones rurales. Dans un contexte marqué par les défis du changement climatique, de la dépendance alimentaire et de la hausse des coûts des intrants agricoles, la betterave sucrière apparaît comme une culture d’avenir. Son retour à Bousalem ne symbolise pas seulement la renaissance d’une production agricole historique ; il incarne également la volonté de bâtir une agriculture plus résiliente, plus productive et davantage ancrée dans les principes de souveraineté alimentaire. La betterave sucrière n’est donc pas seulement une source de sucre. Elle constitue une véritable filière intégrée capable de relier agriculture, élevage, industrie agroalimentaire et développement territorial dans une même dynamique de création de richesse nationale. Sources Relance de la filière à Jendouba, 3000 ha programmés et rendement moyen de 45t/ha: La Presse de Tunisie. Teneur en sucre de la betterave (15 à 20%): Cultures Sucre. Sucre de betterave naturellement blanc et valorisation des pulpes et mélasses: Cultures Sucre. Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? 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Boumerira chez les animaux: comprendre cette maladie qui menace les troupeaux en Tunisie

PUB Actuagro Boumerira chez les animaux: comprendre cette maladie qui menace les troupeaux en Tunisie Une maladie redoutée par les éleveurs Dans le monde de l’élevage tunisien, peu de maladies suscitent autant d’inquiétude que la «Boumerira».   Connue des agriculteurs pour sa brutalité, cette affection peut provoquer la mort soudaine d’ovins, de caprins ou de bovins apparemment en bonne santé.   Chaque année, notamment lors des changements de régime alimentaire ou après les premières pousses de pâturages verts, les cas se multiplient et entraînent parfois des pertes économiques importantes pour les éleveurs.   Face à cette situation, le ministère de l’Agriculture a appelé les professionnels du secteur à redoubler de vigilance et à adopter les mesures de prévention nécessaires afin de protéger leurs troupeaux.   Qu’est-ce que la Boumerira?   Derrière l’appellation populaire «Boumerira» se cache une maladie connue en médecine vétérinaire sous le nom d’entérotoxémie.   Elle est généralement provoquée par la prolifération excessive de bactéries naturellement présentes dans l’intestin des animaux.   Dans certaines conditions, ces bactéries produisent des toxines qui passent dans la circulation sanguine et affectent rapidement plusieurs organes vitaux.   Cette maladie touche principalement les ruminants, en particulier les moutons et les chèvres, mais peut également affecter les bovins.   Pourquoi apparaît-elle?   La Boumerira est souvent associée à des changements brusques de l’alimentation. Lorsqu’un animal passe soudainement d’une alimentation sèche à une alimentation riche en herbe fraîche, ou lorsqu’il consomme une quantité importante de céréales et d’aliments concentrés, l’équilibre de son système digestif peut être perturbé.   Les bactéries présentes dans l’intestin profitent alors de ces nouvelles conditions pour se multiplier rapidement et produire des toxines dangereuses.   Ce phénomène explique pourquoi les périodes de pâturage printanier ou les changements de ration sont particulièrement sensibles.   Une maladie qui frappe sans prévenir   L’une des caractéristiques les plus préoccupantes de la Boumeria est sa rapidité d’évolution. Dans de nombreux cas, l’éleveur découvre un animal mort sans avoir observé de signes alarmants auparavant.   Lorsque des symptômes apparaissent, ils peuvent se manifester par une perte d’appétit, un état de faiblesse générale, des troubles digestifs, une démarche instable ou encore des signes nerveux.   Toutefois, l’évolution peut être si rapide que l’intervention devient difficile. Cette mortalité soudaine explique pourquoi la maladie est souvent considérée comme l’une des plus redoutables dans les élevages de petits ruminants.   Un risque économique plus que sanitaire   Les autorités vétérinaires rappellent que la Boumerira n’est pas transmissible à l’être humain.   Elle ne représente donc aucun danger pour la santé publique et ne se transmet pas non plus directement d’un animal à un autre comme une maladie contagieuse classique. Son principal impact est économique.   La perte d’animaux productifs peut affecter lourdement les revenus des éleveurs, en particulier dans les petites exploitations où chaque tête de bétail représente un investissement important.   La prévention, une nécessité pour les éleveurs   Face à une maladie dont l’évolution est souvent fulgurante, la prévention demeure la stratégie la plus efficace.   Les spécialistes recommandent notamment d’introduire progressivement les changements alimentaires, d’éviter les excès de céréales, de surveiller l’état sanitaire du troupeau et de respecter les calendriers de vaccination établis par les services vétérinaires.   La vaccination constitue aujourd’hui l’un des moyens les plus efficaces pour réduire les risques d’apparition de la maladie dans les élevages exposés.   Elle doit être réalisée suffisamment tôt afin de permettre à l’animal de développer une protection efficace avant les périodes à risque.   Un enjeu pour la durabilité de l’élevage tunisien   Dans un contexte marqué par les changements climatiques, les fluctuations des ressources fourragères et l’augmentation du coût des aliments pour bétail, la gestion de l’alimentation animale devient un élément central de la rentabilité des exploitations.   La Boumerira rappelle que la santé du troupeau dépend autant de la qualité des soins vétérinaires que des pratiques alimentaires quotidiennes.   Sensibiliser les éleveurs aux transitions alimentaires progressives et aux mesures de prévention constitue donc un enjeu majeur pour renforcer la résilience de l’élevage tunisien.   À retenir Bien que souvent mortelle, la Boumerira n’est ni contagieuse ni transmissible à l’homme. Cette maladie reste largement évitable grâce à une alimentation équilibrée, des transitions alimentaires progressives et une vaccination adaptée.   La vigilance des éleveurs demeure la meilleure protection contre cette menace silencieuse qui continue de peser sur les troupeaux tunisiens.   Sources   Ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche (Tunisie) – Communiqué de sensibilisation sur l’entérotoxémie («Boumeria»), juillet 2025 et janvier 2026TAP La Presse de Tunisie AgriTunisie Business News DirectInfo Tunisie Numérique Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? 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Le sel: cette richesse discrète qui nourrit, soigne… et interroge la Tunisie

PUB Actuagro Le sel: cette richesse discrète qui nourrit, soigne… et interroge la Tunisie Il est posé sur toutes les tables, glissé machinalement dans nos plats, présent dans le pain que nous mangeons chaque jour, dans les olives que nous dégustons ou dans les fromages que nous apprécions.   Si familier qu’on ne lui prête presque plus attention, le sel fait pourtant partie des ressources les plus précieuses de l’histoire de l’humanité.   Ces derniers jours, il s’est retrouvé au cœur de l’actualité tunisienne. Une enquête menée par la police fiscale s’intéresse aux pratiques de certaines sociétés exploitant les salines du pays.   Les autorités cherchent à déterminer si des mécanismes de sous-évaluation des exportations auraient permis de transférer une partie des bénéfices réalisés à l’étranger, privant ainsi la Tunisie d’importantes recettes fiscales.   Au-delà des conclusions auxquelles aboutiront ces investigations, une question s’impose: connaissons-nous réellement la valeur du sel?   Car derrière chaque grain blanc se cache une histoire faite d’économie, de santé, d’industrie et même de souveraineté nationale.   Un minéral indispensable à la vie   Le sel que nous utilisons quotidiennement est principalement composé de chlorure de sodium (NaCl), une association naturelle entre le sodium et le chlore.   Présent dans l’eau de mer, les marais salants ou les gisements souterrains, il accompagne l’humanité depuis des milliers d’années.   Dans l’Antiquité, le sel était parfois plus précieux que l’or. Il servait à conserver les aliments bien avant l’invention des réfrigérateurs et faisait l’objet d’importantes routes commerciales.   Certains historiens rapportent même que des soldats étaient partiellement rémunérés grâce à une allocation destinée à l’achat du sel, à l’origine du mot «salaire».   Aujourd’hui encore, malgré sa banalité apparente, il demeure essentiel à notre existence.   Pourquoi notre organisme a-t-il besoin de sel?   Contrairement aux idées reçues, le sel n’est pas un ennemi.   Notre corps en a besoin pour fonctionner correctement.   Le sodium qu’il contient participe à l’équilibre des liquides de l’organisme.   Il permet aux cellules de maintenir leur hydratation et aide à réguler les échanges entre l’intérieur et l’extérieur des cellules.   Il joue également un rôle fondamental dans la transmission des messages nerveux. Sans sodium, le cerveau ne pourrait pas communiquer efficacement avec les muscles, les organes ou les différents tissus du corps.   Le sel intervient aussi dans la contraction musculaire, y compris celle du cœur.   Il contribue enfin au maintien d’une pression artérielle normale lorsque sa consommation reste adaptée aux besoins de l’organisme.   Autrement dit, sans une certaine quantité de sodium, la vie telle que nous la connaissons serait impossible. Quand l’indispensable devient excessif   Mais si le sel est nécessaire, l’excès peut devenir problématique.   L’Organisation mondiale de la Santé recommande de ne pas dépasser environ cinq grammes de sel par jour chez l’adulte, soit l’équivalent d’une cuillère à café.   Pourtant, dans de nombreuses régions du monde, la consommation réelle dépasse largement cette quantité.   Le principal piège ne vient pas toujours de la salière.   Une grande partie du sel que nous absorbons est «cachée» dans les aliments transformés: pain industriel, charcuteries, fromages, sauces, biscuits apéritifs, soupes prêtes à consommer ou plats préparés.   Une consommation excessive et prolongée peut favoriser l’apparition de l’hypertension artérielle, augmenter le risque de maladies cardiovasculaires et d’accidents vasculaires cérébraux, solliciter davantage les reins et entraîner une rétention d’eau chez certaines personnes.   À l’inverse, des apports insuffisants, notamment lors de fortes chaleurs ou d’efforts physiques importants accompagnés d’une transpiration excessive, peuvent provoquer fatigue, vertiges ou crampes musculaires.   Comme souvent en nutrition, la clé réside dans l’équilibre.   Bien plus qu’un condiment   Réduire le sel à son seul usage culinaire serait pourtant une erreur.   Il joue un rôle essentiel dans l’industrie alimentaire où il permet de conserver certains produits et d’assurer leur sécurité sanitaire.   Olives, conserves, fromages ou marinades lui doivent une partie de leur stabilité.   Le secteur médical l’utilise quotidiennement à travers les solutions physiologiques destinées à l’hydratation, au nettoyage des plaies ou aux lavages nasaux.   L’industrie chimique en fait une matière première stratégique pour fabriquer du chlore, de la soude caustique, des détergents, des plastiques ou encore certains médicaments.   Dans le traitement de l’eau, il intervient dans les systèmes d’adoucissement destinés à réduire la dureté de l’eau.   Même l’élevage ne peut s’en passer. Les animaux ont eux aussi besoin d’apports en sodium pour assurer leur croissance, leur reproduction et leur équilibre physiologique.   Le sel est partout, souvent là où nous ne l’attendons pas. Une richesse tunisienne méconnue   La Tunisie possède un patrimoine salin remarquable. Grâce à ses conditions climatiques favorables et à ses nombreuses salines réparties notamment à Sfax, Gabès, Monastir, Mahdia, Sousse ou Zarzis, le pays produit chaque année près de deux millions de tonnes de sel.   Une grande partie de cette production est destinée à l’exportation, qu’il s’agisse de sel alimentaire ou de sel à usage industriel.   L’enquête actuellement menée par les autorités remet ainsi en lumière une réalité souvent ignorée: le sel représente bien davantage qu’un simple ingrédient de cuisine. Il constitue une ressource économique importante, capable de générer des emplois, des devises et des recettes fiscales.   Si les soupçons de manipulation des prix devaient être confirmés, cela soulèverait la question de la juste valorisation des richesses naturelles tunisiennes.   Si, au contraire, aucune irrégularité majeure n’était démontrée, cette affaire aura au moins eu le mérite d’ouvrir un débat national sur la gouvernance des ressources du pays.   Le saviez-vous?   Le corps humain contient environ 250 grammes de sel. La fameuse «fleur de sel», récoltée délicatement à la surface des marais salants, compte parmi les sels les plus recherchés au monde pour ses qualités gustatives.   Et si le sel marin, le sel gemme ou le sel raffiné présentent des textures et des origines différentes, ils sont tous constitués majoritairement de chlorure de sodium.   Redonner au sel sa juste place   Le sel est un paradoxe à lui seul.

Sana Smaoui: L’hydroponie est une réponse indispensable aux défis hydriques et alimentaires de la Tunisie

PUB Actuagro Sana Smaoui: L’hydroponie est une réponse indispensable aux défis hydriques et alimentaires de la Tunisie Propos recueillis par Mariem Zouari  – Réduire jusqu’à 90 % la consommation d’eau tout en augmentant les rendements agricoles: l’hydroponie pourrait-elle devenir l’une des réponses aux défis alimentaires et climatiques de la Tunisie? Pour Sana Smaoui, ingénieure agronome et secrétaire générale du Conseil régional de l’Ordre des ingénieurs tunisiens de Sfax, la réponse est sans équivoque. Entre opportunités, contraintes et ambitions, elle expose dans cet entretien sa vision d’une agriculture plus résiliente, plus innovante et moins dépendante des ressources naturelles, capable de garantir la sécurité alimentaire des générations futures. Interview   État des lieux de l’hydroponie en Tunisie   1) Où en est aujourd’hui le développement de l’hydroponie en Tunisie ? L’hydroponie en Tunisie est encore à un stade émergent et d’exploration. Bien que nous comptions plusieurs projets pilotes très réussis, portés par de jeunes promoteurs audacieux et des entreprises agricoles innovantes, cette technique n’est pas encore structurellement vulgarisée à grande échelle à travers le pays.   2) Quelles sont les principales cultures produites en hydroponie dans le pays ? La production se concentre actuellement sur les cultures à haute valeur ajoutée, notamment la tomate (en particulier la tomate cerise), le poivron, les fraises, ainsi que les plantes aromatiques et les légumes-feuilles (comme la laitue). De plus, on assiste à un intérêt croissant pour l’orge hydroponique (fourrage vert), qui s’impose comme une alternative stratégique pour les éleveurs face à la cherté des aliments de bétail et aux sécheresses successives.   3) Existe-t-il des régions tunisiennes particulièrement adaptées à cette technique ? Théoriquement, l’hydroponie s’affranchit du sol et peut s’installer partout. Cependant, les régions du Sud tunisien (Tozeur, Kebili) et les zones confrontées à la salinité des eaux ou à des sols incultes sont les plus propices. L’abondance de l’énergie solaire et la possibilité de dessaler des eaux saumâtres pour les utiliser en circuit fermé y rendent cette technologie hautement rentable. Les régions du Centre et du Cap-Bon connaissent également une dynamique d’investissement très positive.   Gestion de l’eau et changement climatique   1) Dans quelle mesure l’hydroponie peut-elle contribuer à réduire la consommation d’eau en Tunisie? Face au stress hydrique sévère que subit la Tunisie, l’hydroponie représente une solution incontournable. Elle permet de réduire la consommation d’eau de 70% à 90% par rapport à l’agriculture conventionnelle, car l’eau circule dans un système fermé où les pertes par infiltration et par évaporation sont quasi nulles. 2) Quels sont les gains réels en eau par rapport à l’agriculture traditionnelle? À titre d’exemple, là où la culture en sol nécessite des centaines de litres d’eau pour produire un kilogramme de légumes, le système hydroponique n’en utilise qu’une fraction minimale. L’efficience de l’utilisation de l’eau (Water Use Efficiency) est ainsi maximisée. 3) L’hydroponie peut-elle constituer une réponse durable au stress hydrique que connaît la Tunisie? Oui, c’est une réponse non seulement durable mais désormais indispensable. Nous ne pouvons plus continuer à puiser de manière irréversible dans nos nappes phréatiques. L’agriculture hors-sol garantit la continuité de la production alimentaire avec un minimum de ressources hydriques, indépendamment des aléas climatiques. Rentabilité et investissement   1) Quel investissement initial faut-il prévoir pour lancer une exploitation hydroponique?  Le coût de départ reste relativement élevé. Il exige des infrastructures modernes (serres climatisées et contrôlées, systèmes d’irrigation automatisés, capteurs, substrats de qualité et parfois des unités de traitement de l’eau). Le budget varie considérablement selon la superficie et le degré technologique choisi. 2) Après combien d’années un projet hydroponique devient-il rentable? Un projet bien géré devient généralement rentable après 3 à 5 ans. 3) Quels sont les principaux freins économiques au développement de cette filière? • Le savoir-faire et les compétences techniques. • Le coût élevé des équipements technologiques importés. • L’accès difficile aux financements bancaires. • Le coût de l’énergie. Sécurité alimentaire et souveraineté agricole   1) L’hydroponie peut-elle contribuer à renforcer la sécurité alimentaire de la Tunisie? L’hydroponie est un pilier de l’agriculture de demain. Sa force réside dans la production continue tout au long de l’année et des rendements à l’hectare nettement supérieurs. 2) Cette technologie pourrait-elle réduire la dépendance aux importations de certains produits agricoles? Elle peut fortement réduire notre dépendance pour certains produits maraîchers et renforcer la souveraineté fourragère. Innovation et technologie   1) Quel rôle jouent les technologies numériques (capteurs, intelligence artificielle, automatisation) dans les systèmes hydroponiques modernes? Elles constituent le cerveau des systèmes hydroponiques modernes. 2) Les agriculteurs tunisiens sont-ils suffisamment formés pour adopter ces technologies? Il existe encore un fossé technologique nécessitant un accompagnement et une formation continue. Questions stratégiques pour un entretien de haut niveau   1) Si vous deviez conseiller le gouvernement tunisien, quelles mesures prioritaires recommanderiez-vous pour développer l’hydroponie? • Inscrire l’hydroponie et l’agriculture intelligente comme secteurs stratégiques. • Accorder des exonérations douanières et fiscales. • Créer des lignes de crédit spécifiques. 2) Quels sont les principaux obstacles réglementaires ou administratifs à lever? La lourdeur bureaucratique et l’absence d’un cahier des charges clair. 3) Selon vous, où sera l’hydroponie tunisienne dans dix ans (2036)? Je la vois généralisée et démocratisée. 4) La Tunisie peut-elle devenir un leader régional de l’agriculture hors-sol en Afrique du Nord? Oui, la Tunisie a tous les atouts pour réussir. 5) Quel modèle économique serait le plus adapté aux petits agriculteurs tunisiens souhaitant se convertir à l’hydroponie? Le modèle coopératif intelligent (SMSA / Groupements). Question de conclusion   1) Si vous aviez une seule décision stratégique à prendre aujourd’hui pour accélérer le développement de l’hydroponie en Tunisie, laquelle serait-elle? «Si j’avais une seule décision stratégique à prendre aujourd’hui pour accélérer le développement de l’hydroponie en Tunisie, ce serait: la création immédiate d’une Agence Nationale pour la Transition Agricole et les Technologies Hydroponiques en partenariat direct avec l’Ordre des Ingénieurs Tunisiens». Maîtriser et produire la technologie localement permettra de réduire le coût de l’investissement initial de plus de 50%, rendant cette innovation accessible à tous nos agriculteurs et garantissant notre souveraineté alimentaire et hydrique. Lire également L’hydroponie : cultiver sans sol pour économiser

Pastèque rouge ou pastèque jaune: une question de couleur… ou bien plus?

PUB Chronique Pastèque rouge ou pastèque jaune: une question de couleur… ou bien plus? À l’arrivée de l’été, la pastèque s’impose comme le fruit rafraîchissant par excellence.     Si la majorité des consommateurs tunisiens connaissent la traditionnelle pastèque à chair rouge, une autre variété attire de plus en plus la curiosité: la pastèque jaune.   Sa couleur surprenante suscite de nombreuses interrogations.   Est-elle plus sucrée ? Plus nutritive ? Meilleure pour la santé ? Ou s’agit-il simplement d’une différence esthétique ?   Contrairement à certaines idées reçues, la pastèque jaune n’est ni un fruit génétiquement modifié ni le résultat d’un croisement récent.   Elle existe depuis plusieurs siècles et fait partie des variétés anciennes de la même espèce botanique, Citrullus lanatus.   La principale différence réside dans les pigments naturels responsables de la couleur de la chair.   La chair rouge de la pastèque classique doit sa teinte au lycopène, un puissant antioxydant également présent dans la tomate.   Ce composé est reconnu pour ses propriétés protectrices contre le stress oxydatif et son rôle potentiel dans la prévention de certaines maladies cardiovasculaires et de certains cancers.   La pastèque jaune, quant à elle, contient très peu de lycopène.   Sa couleur provient principalement d’autres pigments de la famille des caroténoïdes, notamment le bêta-carotène, précurseur de la vitamine A.   Ce dernier contribue au maintien d’une bonne vision, au bon fonctionnement du système immunitaire et à la santé de la peau.   Mais la couleur influence-t-elle le goût? En réalité, les différences gustatives existent, même si elles restent variables selon les variétés, le degré de maturité et les conditions de culture.   La pastèque rouge offre généralement une saveur fraîche et légèrement acidulée, avec l’arôme que la plupart des consommateurs associent aux étés de leur enfance.   La pastèque jaune est souvent décrite comme plus douce, avec des notes rappelant le miel, l’abricot ou parfois la mangue.   Certains la trouvent plus sucrée, tandis que d’autres préfèrent la fraîcheur plus classique de la chair rouge.   Sur le plan nutritionnel, les deux fruits présentent de nombreuses similitudes. Composées à plus de 90% d’eau, elles constituent d’excellentes alliées pour l’hydratation durant les fortes chaleurs.   Elles apportent peu de calories – environ 30 kcal pour 100 grammes – tout en fournissant des vitamines et des minéraux intéressants.   Les deux variétés renferment notamment de la vitamine C, qui participe aux défenses immunitaires, du potassium, essentiel au bon fonctionnement musculaire et à l’équilibre hydrique de l’organisme, ainsi que des fibres favorisant le confort digestif.   La différence majeure concerne donc surtout la nature des antioxydants: davantage de lycopène dans la pastèque rouge et davantage de bêta-carotène dans la pastèque jaune.   Faut-il alors privilégier l’une plutôt que l’autre? D’un point de vue nutritionnel, aucune ne peut être considérée comme supérieure. Elles possèdent chacune leurs atouts.   La pastèque rouge séduira ceux qui recherchent les bienfaits associés au lycopène, tandis que la pastèque jaune offrira une source intéressante de caroténoïdes.   L’idéal reste d’alterner les couleurs dans son alimentation afin de bénéficier de la diversité des composés protecteurs naturellement présents dans les fruits et légumes.   Au final, choisir entre une pastèque rouge et une pastèque jaune relève autant du plaisir que de la nutrition.   Derrière cette simple différence de couleur se cache une belle illustration de la richesse de la biodiversité alimentaire: deux fruits issus de la même espèce, mais offrant des expériences gustatives et des profils nutritionnels légèrement différents.   Alors, cet été, pourquoi ne pas laisser la curiosité guider votre prochain choix au marché?   Le saviez-vous ? Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la pastèque jaune n’est pas une création récente. Elle est même considérée comme l’une des formes les plus anciennes de la pastèque. Les premières pastèques cultivées en Afrique présentaient souvent une chair pâle, jaune ou orangée, bien avant que les variétés rouges, riches en lycopène, ne s’imposent comme les plus populaires à travers le monde. lire plus Sécurité alimentaire, de la ferme à la table une responsabilité partagée Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Pastèque rouge ou pastèque jaune: une question de couleur… ou bien plus? juin 19, 2026/Agrohealth Dr Fatma Rebai: Nos papilles sont-elles victimes de l’alimentation moderne ? juin 13, 2026/Dr Fatma Rebai L’amande tunisienne: un fruit qui accompagne les saisons juin 12, 2026/Agrohealth Le mûrier en Tunisie, un arbre discret entre mémoire rurale et richesse naturelle juin 8, 2026/Agrohealth PUB Actuhealth Été, voyages et festivités: comment garder une alimentation équilibrée et rester bien hydraté juin 12, 2026 Le rôle du consommateur dans la sécurité alimentaire: un maillon essentiel de la chaîne juin 9, 2026 Sécurité alimentaire, de la ferme à la table une responsabilité partagée juin 8, 2026 Load More Élevage Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Abeilles en Tunisie : ces précieuses ouvrières que le climat met à rude épreuve juin 1, 2026 Load More

Tomate en Tunisie: une filière stratégique au cœur de l’agriculture nationale

PUB Actuagro Tomate en Tunisie: une filière stratégique au cœur de l’agriculture nationale Rouge, charnue et présente dans presque toutes les cuisines tunisiennes, la tomate fait partie du quotidien des ménages.   Pourtant, derrière chaque ojja, chaque slata méchouia ou chaque cuillerée de concentré se cache une filière agricole et industrielle d’une importance capitale pour le pays.   Des champs aux unités de transformation, elle mobilise des milliers de producteurs, génère de nombreux emplois et participe à la sécurité alimentaire nationale.   La Tunisie a construit au fil des décennies un véritable savoir-faire dans la production de tomate destinée à la transformation industrielle.   Selon les données du Groupement interprofessionnel des conserves alimentaires (GICA), plus de 10 000 producteurs cultivent chaque année près de 18 000 hectares de tomates industrielles.   La production nationale avoisine en moyenne un million de tonnes par campagne, avec des variations liées aux conditions climatiques et à la disponibilité de l’eau.   Certaines années particulièrement favorables ont même permis de dépasser ce seuil, à l’image de la campagne 2015 qui avait enregistré une récolte de plus de 1,2 million de tonnes.   Cette production repose sur plusieurs bassins agricoles historiques. Le Cap Bon demeure l’un des symboles de cette culture, grâce à une longue tradition maraîchère et à la proximité des unités de transformation.   D’autres régions contribuent également à faire vivre cette filière, notamment Béja, Bizerte, Jendouba, Kairouan et Sidi Bouzid.   Durant la saison estivale, ces zones se transforment en véritables ruches où les récoltes s’enchaînent afin d’alimenter les usines dans les meilleurs délais.   Car la tomate tunisienne poursuit rapidement son parcours après avoir quitté les champs. Quelques heures seulement après la récolte, les fruits sont transportés vers les unités industrielles où ils sont triés, lavés, broyés puis concentrés avant d’être conditionnés.   Cette rapidité est essentielle pour préserver les qualités du produit et garantir sa conformité aux exigences du marché. Le double concentré de tomate s’est ainsi imposé comme le produit phare de cette industrie. Il représente près de 90% des conserves de fruits et légumes produites en Tunisie et constitue l’un des aliments les plus présents dans les placards des ménages. Plus qu’un simple condiment, il est devenu un élément indissociable des habitudes culinaires tunisiennes. La campagne 2026 s’annonce toutefois dans un contexte marqué par plusieurs défis. Selon des informations relayées par la presse nationale, les stocks de concentré de tomate disponibles avant le lancement de la nouvelle saison étaient estimés entre 50 000 et 60 000 tonnes, contre environ 30 000 tonnes à la même période l’année précédente. Si cette situation témoigne d’une certaine stabilité de l’approvisionnement, les professionnels du secteur continuent d’alerter sur les difficultés auxquelles ils sont confrontés. La raréfaction des ressources en eau, l’augmentation des coûts des intrants agricoles, la hausse des charges de production et les effets de plus en plus perceptibles du changement climatique exercent une pression croissante sur les exploitations. Dans certaines régions, le vieillissement des réseaux d’irrigation et l’apparition de maladies affectant les cultures viennent également fragiliser les rendements. Malgré ces contraintes, la tomate demeure l’une des filières les plus stratégiques de l’agriculture tunisienne. Elle fait vivre des milliers de familles, soutient une industrie agroalimentaire solidement implantée et contribue à l’autonomie alimentaire du pays. Derrière ce fruit devenu incontournable se dessine ainsi toute une chaîne de valeur, faite de savoir-faire, d’efforts et d’adaptation permanente. À l’heure où la Tunisie cherche à renforcer la résilience de son système agricole face aux défis climatiques et économiques, l’avenir de la filière tomate dépendra de sa capacité à innover, à préserver ses ressources et à mieux valoriser sa production. Car derrière chaque boîte de concentré que l’on ouvre dans une cuisine tunisienne, c’est une part essentielle de l’agriculture nationale qui continue de battre. Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Dr Fatma Rebai: Nos papilles sont-elles victimes de l’alimentation moderne ? juin 13, 2026/Dr Fatma Rebai L’amande tunisienne: un fruit qui accompagne les saisons juin 12, 2026/Agrohealth Le mûrier en Tunisie, un arbre discret entre mémoire rurale et richesse naturelle juin 8, 2026/Agrohealth Ras El Am El Arbi: quand les traditions culinaires tunisiennes perpétuent la sagesse des anciens juin 8, 2026/Agrohealth PUB Actuhealth Été, voyages et festivités: comment garder une alimentation équilibrée et rester bien hydraté juin 12, 2026 Le rôle du consommateur dans la sécurité alimentaire: un maillon essentiel de la chaîne juin 9, 2026 Sécurité alimentaire, de la ferme à la table une responsabilité partagée juin 8, 2026 Load More Élevage Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Abeilles en Tunisie : ces précieuses ouvrières que le climat met à rude épreuve juin 1, 2026 Load More