poisson au four.

Recette poisson au four. Poisson au four (4 personnes) Ingrédients 4 filets de poisson (cabillaud, colin, dorade ou saumon) 3 cuillères à soupe d’huile d’olive 2 gousses d’ail hachées 1 citron (jus + rondelles) 1 cuillère à café d’herbes de Provence ou de thym Sel et poivre Persil frais (facultatif) Préparation Préchauffez le four à 180 °C. Déposez les filets de poisson dans un plat allant au four. Arrosez-les d’huile d’olive et de jus de citron. Ajoutez l’ail, les herbes, le sel et le poivre. Disposez quelques rondelles de citron sur le poisson. Enfournez pendant 15 à 20 minutes (selon l’épaisseur des filets). Parsemez de persil frais avant de servir. Suggestion d’accompagnement Pommes de terre rôties Riz Légumes grillés (courgettes, carottes, haricots verts) Salade verte Bon appétit ! Lire également Les poissons bleus: les alliés santé de l’été en Tunisie Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Pr. Dhia Bouktila – Jendouba, le berceau vert de la Tunisie fertile [La Tunisie fertile (2)] août 11, 2026/Agrohealth Zouhaïr Ben Amor: La compétition entre espèces, une force destructrice ou un moteur caché de la biodiversité? août 6, 2026/Agrohealth Pr. Dhia Bouktila – Béja, le grenier vivant de la Tunisie: une terre, une mémoire, des gènes [La Tunisie fertile… août 4, 2026/Agrohealth Le caroubier: un arbre d’avenir pour les régions méditerranéennes juillet 29, 2026/Agrohealth PUB Actuhealth Tomates d’été: les bons gestes pour préserver leur goût et leur fraîcheur août 19, 2026 L’ashwagandha, de la médecine traditionnelle aux recherches scientifiques août 19, 2026 L’orge et l’eau d’orge: des alliées pour votre santé juillet 22, 2026 Load More Élevage Élevage en Tunisie: reconstruire le cheptel, mais avec quel modèle? août 23, 2026 Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 Load More
Vitamine D, bêta-carotène et protection solaire : démêler le vrai du faux

Chronique Vitamine D, bêta-carotène et protection solaire : démêler le vrai du faux Par Pr. Mohamed Ridha Kamoun. Dermatologue – À l’été, certaines idées reçues reviennent régulièrement : manger des carottes permettrait de mieux préparer la peau au soleil, tandis qu’attendre quelques minutes avant d’appliquer une crème solaire favoriserait la production de vitamine D. Que disent réellement les connaissances scientifiques ? On fait le point sur ces croyances afin de promouvoir une approche fondée sur la prévention, une alimentation équilibrée et la santé publique. Les carottes, les abricots, la patate douce ou encore certaines courges sont riches en bêta-carotène, un caroténoïde précurseur de la vitamine A naturellement présent dans de nombreux végétaux. Une consommation importante peut, chez certaines personnes, entraîner une légère coloration jaunâtre ou dorée de la peau. Ce phénomène, appelé caroténodermie, est bénin et réversible. Il ne s’agit toutefois ni d’un bronzage, ni d’une protection contre les rayonnements ultraviolets. Le bêta-carotène ne filtre pas les UV et ne remplace en aucun cas les mesures de photoprotection reconnues: crème solaire à large spectre (UVA et UVB), vêtements adaptés, recherche de l’ombre et limitation de l’exposition aux heures les plus chaudes. Les aliments riches en caroténoïdes contribuent à une alimentation équilibrée et apportent des antioxydants intéressants, mais ils ne «préparent» pas la peau à supporter les effets du soleil. Vitamine D: faut-il attendre avant d’appliquer sa crème solaire? La vitamine D est synthétisée par l’organisme sous l’action des UVB. Cette réalité biologique a conduit certaines personnes à penser qu’il serait utile de retarder l’application de la crème solaire afin de favoriser cette production. Les données scientifiques disponibles ne soutiennent pas cette pratique. Des travaux publiés dans le British Journal of Dermatology montrent que, dans les conditions réelles d’utilisation, la crème solaire n’entraîne pas de diminution significative du statut en vitamine D. En pratique, les protections sont rarement appliquées de manière parfaitement uniforme et ne bloquent pas totalement les UV. Surtout, les bénéfices de la protection solaire en matière de prévention des coups de soleil, du vieillissement cutané et des cancers de la peau sont clairement établis. Retarder volontairement l’application d’une crème solaire dans le but de produire davantage de vitamine D n’est donc pas recommandé. En cas de doute sur un éventuel déficit, notamment chez les personnes peu exposées au soleil ou présentant des situations particulières, un avis médical demeure la démarche la plus appropriée. Le bronzage n’est pas un indicateur de bonne santé Le bronzage est souvent perçu comme un signe de bien-être ou de vitalité. Pourtant, sur le plan biologique, il correspond à une réaction de défense de la peau face à une agression par les rayonnements ultraviolets. Une peau bronzée n’est donc pas une peau protégée. Les spécialistes rappellent que la prévention repose sur une approche globale: privilégier l’ombre, porter des vêtements couvrants, protéger particulièrement les enfants, utiliser une protection solaire adaptée et renouveler régulièrement son application selon les conditions d’exposition. Nutrition et prévention: des messages complémentaires Les aliments riches en bêta-carotène ont toute leur place dans une alimentation variée et équilibrée. Ils contribuent aux apports nutritionnels et à la diversité alimentaire, mais ne constituent pas une stratégie de protection solaire. De la même manière, la vitamine D ne doit pas conduire à rechercher une exposition excessive ou non protégée au soleil. L’approche la plus bénéfique pour la santé consiste à associer alimentation de qualité, exposition raisonnable au soleil et mesures de prévention adaptées. En matière de soleil comme de nutrition, la science invite à privilégier les comportements équilibrés plutôt que les idées reçues. Pr. Mohamed Ridha Kamoun Dermatologue Lire également Pr. Mohamed Ridha Kamoun: Le couple Soleil peau Été, voyages et festivités: comment garder une alimentation équilibrée et rester bien hydraté Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Vitamine D, bêta-carotène et protection solaire : démêler le vrai du faux août 28, 2026/Agrohealth Pr. Dhia Bouktila – Le Cap Bon, un jardin entre deux golfes [La Tunisie fertile (4)] août 25, 2026/Agrohealth Zouhaïr Ben Amor: Cultiver la valeur plutôt que l’eau, quelles cultures commerciales pour une Tunisie sous contrainte hydrique? août 22, 2026/Agrohealth Pr. 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Après la récolte: quelle agriculture tunisienne pour la campagne 2026-2027?

Actuagro Après la récolte: quelle agriculture tunisienne pour la campagne 2026-2027? Par AgroHealth – Rentrée agricole 2026-2027 — En Tunisie, la nouvelle campagne commence alors que les agriculteurs sortent d’une saison céréalière marquée par une nette amélioration de la production, mais aussi par une réalité devenue incontournable: l’eau, le coût des intrants, les semences, le climat et la capacité à mieux valoriser chaque hectare détermineront la réussite de la campagne. La rentrée agricole tunisienne ne se résume plus au retour des tracteurs et aux semis d’automne. En 2026, elle intervient à la croisée de plusieurs transformations: améliorationde la situation hydrique, reprise des performances céréalières, pression surles coûts, nécessité de sécuriser les semences et volonté de renforcer lasouveraineté alimentaire. Après la récolte, la question est donc de savoir quelle agriculture la Tunisie souhaite construire. Une récolte céréalière qui change le point de départ La campagne céréalière 2025-2026 constitue le premier indicateur. Selon l’Observatoire national de l’agriculture, la récolte était estimée à plus de 20 millions de quintaux, soit environ 2 millions de tonnes, contre 14,3 millions de quintaux lors de la campagne précédente. La Tunisie consomme en moyenne environ 30 millions de quintaux de céréales par an. Une bonne récolte améliore donc la sécurité alimentaire sans supprimer la nécessité des importations. Produire davantage ne signifie pas encore produire suffisamment. La question devient qualitative: quels blés produire, avec quelles variétés et quelle consommation d’eau ? Les semences deviennent un enjeu stratégique Pour la campagne 2026-2027, le ministère de l’Agriculture a fixé les prix des semences sélectionnées. Le quintal est établi à 170 dinars pour le blé dur, 140dinars pour le blé tendre et 130 dinars pour l’orge et le triticale. Pour AgroHealth, cette décision révèle: la semence est au cœur de la souveraineté agricole. Avec un climat plus imprévisible, disposer de variétés adaptées devient uneassurance contre le risque climatique. Le véritable enjeu sera de rapprocher la recherche variétale des réalités des agriculteurs: tolérance au déficit hydrique, précocité, résistance aux maladies et adaptation aux terroirs. L’eau: le soulagement ne doit pas devenir une illusion La campagne 2026-2027 commence avec une situation hydrique meilleure. Au printemps 2026, le taux de remplissage des barrages avait atteint environ 60 à 67 %. Cette amélioration constitue une bouffée d’oxygène, mais la contrainte hydrique demeure. Le stock disponible aujourd’hui ne garantit pas celui de demain. La stratégie agricole doit donc évoluer d’une logique de réponse à la pénurie vers une véritable sobriété hydrique structurelle. La question ne devrait donc plus être seulement «avons-nous suffisamment d’eau cette année ?», mais «combien de valeur agricole pouvons-nous produire avec chaque mètre cube disponible ?» Trois barrages — Mellègue supérieur, Douimis et Kalâat Kébira — représentent ensemble environ 290 millions de m³ de capacité et doivent entrer progressivement en exploitation d’ici la fin de 2026. La prochaine bataille sera celle de la gouvernance de l’eau, de la réduction des pertes, de l’efficacité de l’irrigation et du choix des cultures. De la pomme de terre aux céréales: produire ne suffitplus En août 2026, le stock régulateur national de pommes de terre atteignait 12 392 tonnes, dont 7 516 tonnes à Nabeul, soit environ 61 % du total national. La Tunisie a également ouvert un quota tarifaire pour l’importation de 16 500 tonnes de semences de pommes de terre. L’enjeu est double: sécuriser les marchés à court terme et construire une autonomie semencière à long terme. Pour AgroHealth, la souveraineté alimentaire doit aussi intégrer les semences, les sols, l’eau, le stockage, la transformation et la capacité des producteurs à vivre correctement de leur travail. L’agriculteur au centre de la nouvelle campagne Derrière les millions de quintaux, il reste une réalité humaine : l’agriculteur tunisien prend le risque climatique avant tout le monde. Il achète ses semences avant de connaître la pluviométrie et engage des dépenses avant de connaître le prix auquel il vendra sa récolte. Les mesures prises pour 2026-2027 devront améliorer la visibilité économique du producteur. Le prix de base annoncé pour les céréales est de 100 dinars le quintal pour le blé dur et 80 dinars pour le blé tendre, avec des mécanismes de primes et de stockage destinés à encourager la collecte et à sécuriser la filière. L’exclusivité AgroHealth: passer d’une agriculture devolume à une agriculture de valeur La Tunisie ne pourra pas répondre durablement à la contrainte climatique en produisant davantage avec davantage d’intrants. Elle devra produire mieux, avec moins d’eau, moins de pertes et davantage de valeur ajoutée. Cela signifie privilégier les cultures et variétés adaptées, développer les productions locales à forte valeur, renforcer la transformation agroalimentaire, réduire les pertes après récolte et mieux connecter l’agriculteur au consommateur. Cela signifie aussi redécouvrir les variétés locales, les savoir-faire régionaux et les produits de terroir. Le futur agricole tunisien pourrait ainsi passer de «produire plus» à «produire ce qui a le plus de valeur avec les ressources disponibles». 2026-2027, une campagne test pour la Tunisie agricole La prochaine campagne arrive dans un contexte paradoxal. Les pluies de la saison précédente ont amélioré la situation hydrique, la récolte céréalière a progressé et plusieurs infrastructures hydrauliques avancent. De l’autre, les risques climatiques demeurent et la dépendance aux importations n’a pas disparu. La campagne 2026-2027 sera un test grandeur nature d’un changement structurel. Après la récolte, il faut préparer l’avenir. Il se jouera dans les laboratoires, les barrages, l’irrigation, les centres de collecte, les entreprises de transformation et dans la capacité à redonner à l’agriculteur une visibilité économique. La rentrée agricole 2026-2027 commence donc par une question décisive : quelle agriculture la Tunisie veut-elle pouvoir transmettre à la prochaine génération ? Sources Office des céréales – données et campagne céréalière 2026-2027 Observatoire national de l’agriculture – Campagne céréalière2026 Observatoire national de l’agriculture – récolte céréalièresupérieure à 20 millions de quintaux Présidence du Gouvernement – préparatifs de la campagne agricole2026-2027 Ministère de l’Agriculture / Office des céréales – prix dessemences 2026-2027 Observatoire
COP17: quand la santé des sols devient une question de sécurité alimentaire pour la Tunisie

Actuagro COP17: quand la santé des sols devient une question de sécurité alimentaire pour la Tunisie Par AgroHealth – À Oulan-Bator, la COP17 contre la désertification consacre ce 27 août aux systèmes alimentaires et à la santé des sols. Un changement de regard qui résonne particulièrement en Tunisie : derrière la sécheresse, la baisse des rendements et la fragilisation des exploitations agricoles se joue une bataille plus silencieuse, celle de la fertilité des terres. Il y a des batailles qui commencent loin des villes et loin des projecteurs. Elles se déroulent sous nos pieds, dans quelques centimètres de terre, là où se rencontrent les racines, l’eau, les microorganismes et la matière organique. À Oulan-Bator, en Mongolie, la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) place aujourd’hui cette réalité au centre des débats: le 27 août est consacré aux systèmes alimentaires et à la santé des sols. Le choix n’est pas anodin. Après les journées consacrées à la résilience face à la sécheresse puis aux terres et aux populations, les négociateurs, scientifiques, organisations internationales et acteurs de terrain se penchent sur l’un des maillons les plus déterminants de notre avenir alimentaire : le sol. Pour la Tunisie, cette question est loin d’être théorique. La délégation tunisienne participe à la COP17 dans un contexte où la restauration des terres dégradées, l’adaptation à la sécheresse, les ceintures vertes africaines et la sécurité alimentaire figurent parmi les sujets abordés. Le ministère tunisien de l’Environnement a notamment indiqué que la délégation participe à plusieurs groupes de travail consacrés à l’expérience tunisienne dans la restauration des terres, à la lutte contre la désertification et au renforcement de l’adaptation à la sécheresse. Mais le message le plus intéressant de cette journée du 27 août est peut-être ailleurs : restaurer une terre ne signifie pas seulement empêcher l’avancée du désert. C’est aussi préserver la capacité d’un pays à produire son alimentation. Le sol, première infrastructure agricole Pendant longtemps, l’agriculture a regardé le sol principalement à travers sa capacité à produire. Une parcelle fertile était une parcelle capable de donner du blé, de l’orge, des légumes, des fruits ou de l’huile d’olive. La COP17 invite à aller plus loin. Un sol vivant est une véritable infrastructure naturelle. Il retient l’eau, nourrit les plantes, abrite une biodiversité invisible et participe au cycle des nutriments. Lorsqu’il se dégrade, les conséquences ne restent pas confinées au champ. Elles remontent progressivement toute la chaîne alimentaire. C’est précisément le sens du dialogue de haut niveau sur les systèmes alimentaires et la santé des sols, organisé ce 27 août à la COP17. La session examine comment des sols en bonne santé peuvent constituer le socle de systèmes agroalimentaires plus productifs, résilients et durables. Les discussions portent notamment sur les mécanismes de financement, la cohérence des politiques publiques et la coordination entre institutions. Autrement dit, la santé du sol devient une question économique autant qu’écologique. Et c’est là que le débat mondial rejoint les réalités tunisiennes. Une Tunisie confrontée au même défi Dans les régions agricoles tunisiennes, la pression climatique transforme progressivement les conditions de production. Les épisodes de sécheresse, la rareté de l’eau, l’érosion et la perte de matière organique fragilisent les systèmes agricoles. Le problème n’est donc plus simplement de produire davantage. Il devient : comment continuer à produire avec moins d’eau, sur des terres soumises à des pressions croissantes ? Cette question est particulièrement importante pour les grandes cultures, l’arboriculture et l’élevage. Lorsqu’un sol perd sa structure et sa capacité à retenir l’humidité, chaque épisode de sécheresse devient plus difficile à supporter. La plante souffre plus rapidement, les rendements deviennent plus variables et l’agriculteur voit son risque augmenter. La restauration des terres apparaît alors comme une forme d’investissement dans la sécurité alimentaire. La COP17 consacre d’ailleurs une session spécifique à la restauration des terres agricoles et à la prévention de leur dégradation, avec un accent mis sur les solutions de financement par les banques publiques de développement. Une autre session du 27 août examine les moyens de faire passer la santé des sols et la restauration des terres « de la politique à la pratique », en mettant en avant leurs bénéfices pour les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et la résilience des communautés rurales. De la terre à l’assiette C’est probablement l’un des enseignements les plus importants de cette journée : la santé des sols ne doit plus être considérée comme une affaire réservée aux agronomes. Elle concerne le consommateur. Un système alimentaire commence bien avant le marché, le supermarché ou la cuisine. Il commence dans la terre. La qualité du sol influence les cultures, les rendements, les revenus agricoles et la stabilité des approvisionnements. Une terre qui se dégrade progressivement devient une terre plus coûteuse à exploiter et plus vulnérable aux chocs climatiques. C’est pourquoi la COP17 cherche aujourd’hui à rapprocher les politiques de restauration des terres des politiques alimentaires. Une session consacrée à l’avancement des parcours nationaux des systèmes alimentaires explore précisément cette convergence entre restauration des terres, santé des sols et transformation des systèmes alimentaires. Une autre session est consacrée à l’agroécologie comme outil de résilience territoriale. Pour la Tunisie, cette convergence pourrait ouvrir une réflexion nouvelle : ne plus traiter séparément la politique de l’eau, la politique agricole, la lutte contre la désertification et la sécurité alimentaire, mais les considérer comme les différentes faces d’une même équation. L’agroécologie, une piste parmi d’autres À Oulan-Bator, l’agroécologie occupe également une place importante dans les discussions. La logique est simple : produire tout en restaurant les équilibres naturels qui permettent à l’agriculture de durer. Diversification des cultures, agroforesterie, utilisation de semences adaptées, réduction de la dépendance aux intrants chimiques, circuits courts ou meilleure valorisation des ressources locales font partie des pistes présentées à la COP17. Pour la Tunisie, cette réflexion peut trouver des applications très concrètes. Dans un pays où l’eau devient une contrainte
La «Krima» de Tunisie: le kaki qui a trouvé sa terre à Ouchtata

Actuagro La «Krima» de Tunisie: le kaki qui a trouvé sa terre à Ouchtata Par AgroHealth – Derrière le nom local de « Krima » se cache un fruit bien connu ailleurs dans le monde : le kaki, Diospyros kaki. En Tunisie, cette espèce asiatique s’est progressivement enracinée dans certaines régions du Nord, jusqu’à devenir un véritable marqueur agricole et culturel de Ouchtata, dans la délégation de Nefza. Une histoire asiatique devenue tunisienne La «Krima» correspond au kaki oriental ou kaki japonais, dont le nom scientifique est Diospyros kaki L.f. Il appartient à la famille des Ebenaceae. Malgré son appellation de «kaki japonais» dans plusieurs langues, l’espèce est originaire de Chine, où sa culture est ancienne, avant de se diffuser notamment vers le Japon puis d’autres régions du monde. En Tunisie, son implantation remonte au milieu du XXe siècle. Des sources agricoles et régionales situent les premières plantations à Ouchtata, dans la région de Nefza, autour des années 1940. Depuis, l’arbre s’est adapté aux conditions locales et la culture s’est développée dans plusieurs territoires du Nord tunisien. Aujourd’hui, la production est particulièrement associée à Nefza et Ouchtata, mais elle est également présente à Aïn Essobh et Ennadhour dans le gouvernorat de Béja, à Aïn Draham dans le gouvernorat de Jendouba, ainsi que dans certaines zones du Cap Bon. Ouchtata et Nefza, au cœur de la production tunisienne La région de Nefza, et particulièrement le territoire d’Ouchtata, constitue aujourd’hui l’un des principaux foyers de culture du kaki en Tunisie. La production y est essentiellement portée par de petites exploitations et des vergers familiaux, avec un nombre important d’arbres répartis dans la région. Les données rapportées au cours des différentes campagnes montrent toutefois que les volumes produits peuvent varier sensiblement d’une année à l’autre. Cette fluctuation s’explique notamment par les conditions climatiques, la disponibilité de l’eau, le stade de maturité au moment de la récolte ainsi que la pression de certains ravageurs et maladies. Il est donc difficile de retenir un chiffre unique représentant la production annuelle de la Krima à Nefza. Les estimations publiées ces dernières années témoignent plutôt d’un potentiel de production significatif, mais encore irrégulier, qui mériterait d’être mieux suivi à travers des statistiques agricoles régulières et harmonisées. Cette situation constitue un enjeu important pour la filière. Au-delà de l’augmentation des rendements, l’avenir de la Krima tunisienne passe par une meilleure connaissance des vergers, un suivi phytosanitaire plus efficace, une gestion raisonnée de l’eau et surtout une meilleure organisation de la commercialisation. Pour AgroHealth, la question est également celle de la valorisation d’une ressource agricole territoriale. Car lorsque les données de production deviennent plus précises et que la qualité du fruit est mieux maîtrisée, la Krima peut progressivement passer d’une production essentiellement locale à un produit agricole tunisien bénéficiant d’une véritable identité territoriale. Une récolte qui annonce l’automne La saison de la Krima intervient généralement au début de l’automne. La récolte commence habituellement en septembre et se poursuit en octobre, selon la maturité des fruits et les conditions de la campagne. Le fruit se reconnaît facilement à sa forme proche de celle d’une tomate et à sa couleur qui évolue du jaune-orangé vers des teintes plus rouges à maturité. Botaniquement, il s’agit d’une baie charnue. Le fruit peut être consommé frais, mais aussi transformé ou séché. Certaines variétés de kaki sont astringentes lorsqu’elles ne sont pas suffisamment mûres. Cette sensation de bouche sèche est liée aux tanins solubles présents dans le fruit. D’autres cultivars, comme certains types non astringents, peuvent être consommés alors qu’ils sont encore fermes. Un fruit aux couleurs des caroténoïdes La couleur orange du kaki n’est pas seulement esthétique. Elle témoigne notamment de la présence de caroténoïdes, une famille de pigments végétaux étudiée pour son intérêt nutritionnel. Des travaux scientifiques consacrés au kaki tunisien ont identifié une diversité de caroténoïdes dans le fruit, notamment des xanthophylles et des carotènes. Une étude portant spécifiquement sur des fruits cultivés en Tunisie a également souligné leur richesse en pigments caroténoïdes. Le kaki apporte également de la vitamine C, du potassium et différents composés antioxydants. Sa composition varie toutefois selon le cultivar, le stade de maturité et les conditions de culture. Une culture à protéger Le développement de la Krima tunisienne ne dépend pas uniquement de la production. La filière doit aussi composer avec les contraintes environnementales. En 2024, une attaque de mouche des fruits aurait provoqué des pertes importantes dans la région de Nefza, avec une dégradation d’une partie de la récolte. La même période a été marquée par les difficultés liées au manque d’eau et aux incendies, qui ont contribué au recul de la production locale. Pour AgroHealth, cette situation pose une question plus large : comment préserver une culture locale lorsque le climat devient plus irrégulier et que les ressources en eau se raréfient ? La réponse pourrait passer par un meilleur suivi phytosanitaire, une gestion plus précise de l’irrigation, la valorisation des fruits de qualité secondaire par la transformation et surtout une meilleure organisation de la commercialisation. Du fruit au patrimoine agricole À Ouchtata, la Krima est aussi devenue un élément de l’identité locale. Chaque année, la région organise un Festival de la Krima, généralement au mois d’octobre, destiné à faire connaître le fruit, soutenir sa commercialisation et mettre en avant les produits et savoir-faire associés. En 2025, la onzième édition a notamment accueilli une exposition consacrée aux produits issus du kaki. Ce festival révèle quelque chose d’essentiel: une variété fruitière ne représente pas seulement des tonnes produites. Elle peut aussi porter une histoire, un territoire, des pratiques agricoles et une économie locale. La Kaki, une piste pour mieux valoriser les fruits tunisiens Le cas du kaki tunisien mérite ainsi d’être regardé au-delà de son caractère exotique. Une espèce originaire d’Asie a trouvé dans le Nord-Ouest tunisien un territoire où elle s’est adaptée et où elle est devenue une production reconnue localement. Pour la Tunisie, la véritable opportunité pourrait désormais résider dans
Le melon «Tej El Malak»: une ancienne variété tunisienne renaît de ses graines

Actuagro Le melon «Tej El Malak»: une ancienne variété tunisienne renaît de ses graines Par AgroHealth – Il existe des variétés agricoles quidisparaissent des champs sans pour autant disparaître complètement. Conservées sous forme de graines dans des banques de gènes, elles peuvent attendre des années, parfois des siècles, avant de retrouver la terre, les agriculteurs et les consommateurs. Le melon « Tej El Malak », connuben arabe sous le nom de «الملك تاج بطيخ», appartient à cette histoire particulière. Ancienne variété aujourd’hui remise en culture, il suscite un nouvel intérêt enraison de ses caractéristiques agronomiques, de son goût et de son potentiel de production. Pour mieux comprendre cette renaissance, AgroHealth s’est entretenu avec M. Hafedh Karbaa, passionné par la préservation et la valorisation des variétés locales. À travers ses propos, le Tej El Malak apparaît comme bien plus qu’un simple melon. Il raconte une histoire de semences, de conservation génétique et de transmission d’un patrimoine agricole. Une variété ancienne qui revient des graines Selon M. Karbaa, le Tej El Malak serait cultivé depuis environ 800 ans dans plusieurs régions du monde arabe et d’Afrique du Nord, notamment en Tunisie. Au fil du temps, cette variété aurait progressivement disparu des cultures, sans qu’une explication précise de cette disparition puisse aujourd’hui être établie. Son ancienneté est notamment étayée, selon lui, par des analyses génétiques réalisées sur la variété. La renaissance du Tej El Malak repose précisément sur la possibilité de retrouver et de multiplier des semences anciennes conservées dans des banques de gènes. Dans ce cas, des graines ont été récupérées dans le cadre d’une collaboration entre la Banque Nationale de Gènes de Tunisie et une banque internationale de semences. Une fois remises en culture, les graines ont permis de multiplier la variété. Une partie a été conservée afin de préserver la ressource génétique, tandis qu’une autre a été destinée aux agriculteurs pour favoriser sa réintroduction progressive dans les champs et, à terme, auprès des consommateurs. Cette démarche rappelle une fonction essentielle des banques de gènes. Leur rôle ne consiste pas uniquement à conserver des semences dans des conditions contrôlées. Elles peuvent également permettre de réactiver un patrimoine végétal vivant et de lui donner une nouvelle place dans l’agriculture. Jusqu’à quatorze melons à partir d’un même système racinaire Ce qui distingue particulièrement le Tej El Malak réside dans son potentiel de production. D’après les observations rapportées par M. Karbaa, un même système racinaire peut produire jusqu’à quatorze melons. Une caractéristique qui pourrait représenter un intérêt important pour les producteurs et qui contribue à expliquer l’attention croissante portée à cette ancienne variété. Les fruits sont généralement de petite à moyenne taille. Mais au-delà de leur dimension, c’est surtout leur qualité gustative qui semble retenir l’attention. Le Tej El Malak est décrit comme un melon très sucré et savoureux, accompagné d’un parfum particulièrement marqué. Selon M. Karbaa, son arôme peut même être perceptible à plusieurs mètres du fruit. Cette association entre potentiel de production, saveur et parfum constitue l’un des principaux atouts de la variété. Une variété face au climat chaud Dans un contexte marqué par la hausse des températures et la pression croissante sur les ressources en eau, la question de l’adaptation des cultures devient centrale. Pour M. Karbaa, les températures élevées ne constituent pas nécessairement un obstacle majeur pour les cucurbitacées, famille à laquelle appartiennent notamment le melon, la pastèque, la courge et le concombre. Ces plantes disposent de caractéristiques génétiques qui leur permettent de supporter des conditions relativement chaudes et une disponibilité limitée en eau. Le Tej El Malak pourrait ainsi présenter un intérêt dans un contexte agricole où l’adaptation aux nouvelles conditions climatiques devient une priorité. Mais cette capacité d’adaptation ne signifie pas que la variété est totalement à l’abri des effets du changement climatique. M. Karbaa souligne que les conditions climatiques de cette année ont déjà eu des conséquences sur la production et pourraient également influencer celle de l’année prochaine, notamment à travers leur impact potentiel sur les semences. Il indique toutefois que les résultats observés sur la germination sont particulièrement encourageants. Selon les données qu’il nous a communiquées, le taux de germination aurait atteint 97 %, voire 100 % dans certains cas, des résultats qui doivent être rapprochés d’une analyse spécifique. Quand une graine devient un patrimoine agricole L’histoire du Tej El Malak pose finalement une question plus large : que perd-on lorsque les anciennes variétés disparaissent de nos champs? Une semence locale ne représente pas seulement un potentiel de production. Elle porte avec elle une histoire, des caractéristiques génétiques, des pratiques agricoles et parfois une relation ancienne entre une société et son territoire. La conservation de ces ressources devient donc un enjeu stratégique pour l’agriculture de demain. Dans un contexte de changement climatique, de pression sur l’eau et d’évolution des habitudes alimentaires, disposer d’une diversité génétique constitue également une forme de sécurité pour les générations futures. Le parcours du Tej El Malak montre ainsi qu’une variété peut disparaître des champs sans être définitivement perdue. Une graine conservée peut permettre, des années plus tard, de retrouver une plante, un fruit, un goût et une partie de la mémoire agricole. Redonner une place aux variétés locales Pour M. Karbaa, la renaissance du Tej El Malak doit surtout encourager les agriculteurs à préserver et cultiver les semences locales. Les consommateurs ont également un rôle à jouer en redécouvrant ces produits et en leur accordant une place sur les marchés et dans leur alimentation. Le défi n’est donc pas seulement de conserver la variété. Il consiste aussi à lui créer un véritable avenir agricole et commercial. Le Tej El Malak pourrait ainsi trouver sa place dans une agriculture qui cherche à mieux valoriser ses ressources locales, à diversifier ses productions et à reconnecter les consommateurs avec le patrimoine végétal tunisien. Une mémoire agricole qui reprend vie Le parcours du melon Tej El Malak rappelle une réalité souvent oubliée: la diversité
Tunisie: après la COP17, comment restaurer les terres et résister à la sécheresse?

Actuagro Tunisie: après la COP17, comment restaurer les terres et résister à la sécheresse? La COP17 remet la sécheresse au centre du débat international. Pour la Tunisie, l’enjeu est désormais de traduire les engagements et les expériences présentés à Oulan-Bator en actions concrètes sur les terres agricoles, les parcours, les forêts et les territoires ruraux. La participation tunisienne à la COP17 ne se limite pas à une présence diplomatique. La Tunisie y présente son expérience en matière de restauration des terres dégradées, de lutte contre la désertification et d’adaptation à la sécheresse. Elle met également en avant les ceintures vertes, le financement de la lutte contre la dégradation des terres et le lien entre sécheresse et sécurité alimentaire. Mais derrière les discussions internationales se trouve une réalité tunisienne bien concrète : lorsque la pluie devient plus irrégulière, ce sont simultanément les réserves d’eau, les sols, les cultures, les parcours et l’élevage qui sont fragilisés. Des forêts plus importantes, mais plus exposées Les données communiquées précédemment par le ministre de l’Environnement Habib Abid permettent de mesurer une partie du chemin parcouru. Il avait indiqué en mai 2026 que la superficie forestière tunisienne atteignait environ 1,2 million d’hectares, contre quelque 300 000 hectares après l’indépendance. Mais cette progression quantitative ne signifie pas que les écosystèmes sont à l’abri. Le même responsable avait indiqué que les superficies forestières touchées annuellement par les incendies étaient passées d’environ 500 à 600 hectares à 2 000 à 3 000 hectares. Ces chiffres ne sont pas des annonces de la COP17 du 25 août : ils constituent des données tunisiennes antérieures permettant de replacer le débat international dans son contexte national. Restaurer la terre plutôt que réparer les dégâts La principale leçon de la COP17 est peut-être là : la lutte contre la désertification ne peut pas être réduite à la plantation d’arbres ou à des opérations ponctuelles de lutte contre l’érosion. Restaurer une terre signifie rétablir progressivement sa capacité à retenir l’eau, préserver sa matière organique, favoriser la biodiversité et permettre à l’agriculture ou au pastoralisme de continuer à produire. Pour la Tunisie, cette approche concerne particulièrement les zones rurales où l’agriculture pluviale, l’élevage extensif et les parcours dépendent directement des conditions climatiques. Les discussions de la COP17 accordent d’ailleurs une place importante aux parcours et aux populations pastorales. Le 25 août, les négociateurs ont poursuivi leurs travaux sur les parcours et le pastoralisme, notamment autour des droits fonciers, de l’accès équitable à la terre et à l’eau et de l’accès aux connaissances et aux technologies. Le pastoralisme comme solution, pas seulement comme victime Cette question est particulièrement importante pour la Tunisie. Les parcours ne doivent pas être considérés uniquement comme des espaces dégradés à protéger. Ils représentent également une ressource économique et alimentaire pour les populations rurales. Une bonne gestion pastorale peut contribuer à maintenir la couverture végétale, protéger les sols et soutenir l’élevage. À l’inverse, la dégradation des parcours peut accélérer l’érosion, réduire les ressources fourragères et augmenter la dépendance des éleveurs à l’achat d’aliments. La COP17, qui se déroule pendant l’Année internationale des parcours et du pastoralisme, offre donc à la Tunisie l’occasion de reconnecter deux politiques souvent traitées séparément : la lutte contre la désertification et l’avenir de l’élevage pastoral. L’eau: produire autrement La question de l’eau constitue l’autre grande équation. Le 25 août, les participants à la COP17 ont insisté sur la nécessité d’améliorer la gouvernance de l’eau, de développer les systèmes d’alerte précoce, d’investir dans les infrastructures et de renforcer la coopération. Ils ont également appelé à passer d’une gestion réactive des crises à une planification proactive. Pour la Tunisie, cela signifie progressivement passer d’une politique centrée uniquement sur la mobilisation de nouvelles ressources à une stratégie combinant économie d’eau, choix des cultures, amélioration des sols, irrigation plus efficace, récupération des eaux et adaptation des systèmes agricoles. L’objectif ne devrait plus être seulement de produire davantage avec plus d’eau, mais de produire davantage de valeur avec chaque mètre cube disponible. De la COP17 au Green Belt Dans ce contexte, le programme tunisien des ceintures vertes prend une dimension particulière. La Tunisie présente à la COP17 son expérience en matière de restauration des terres dégradées et de lutte contre la désertification, notamment à travers les approches de restauration et de ceintures vertes. La véritable mesure du succès sera cependant locale : combien d’hectares restaurés? Quelle amélioration de la fertilité des sols? Quelle réduction de l’érosion? Quelle disponibilité fourragère supplémentaire? Quels revenus créés pour les populations rurales? Ce sont ces indicateurs qui permettront de transformer une politique environnementale en véritable politique agricole et territoriale. Le défi alimentaire La sécheresse n’est finalement pas seulement une question environnementale. Elle devient une question agricole et alimentaire. Lorsque les sols perdent leur capacité productive, que les parcours fournissent moins de fourrage et que l’eau disponible pour l’irrigation diminue, les conséquences se transmettent à toute la chaîne : agriculteurs, éleveurs, consommateurs et marchés. C’est pourquoi le message tunisien à la COP17 — relier terre, eau et climat — mérite d’être traduit en une politique cohérente de sécurité alimentaire. La Tunisie dispose déjà d’une expérience accumulée dans la lutte contre la désertification. Le véritable défi de la prochaine décennie sera de passer de projets dispersés à une stratégie intégrée, financée, mesurable et adaptée à chaque territoire. La COP17 ne devrait donc pas être seulement un rendez-vous diplomatique pour la Tunisie. Elle peut devenir un accélérateur pour une nouvelle politique de la terre : moins consommatrice d’eau, plus attentive aux sols, plus favorable aux parcours et capable de préserver les revenus ruraux. Lire également COP17: la Tunisie plaide pour une réponse intégrée face à la sécheresse COP17: Quand l’huile d’olive devient un outil pour restaurer les paysages tunisiens COP17: restaurer les terres pour protéger l’agriculture et notre alimentation Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs
COP17: la Tunisie plaide pour une réponse intégrée face à la sécheresse

Actuagro COP17: la Tunisie plaide pour une réponse intégrée face à la sécheresse À Oulan-Bator, la Tunisie a placé la sécheresse au cœur de son message. Lors du dialogue ministériel consacré à la résilience face à la sécheresse, le ministre de l’Environnement Habib Abid a défendu une approche reliant étroitement la terre, l’eau et le climat, tout en appelant à une réponse internationale plus contraignante. La Tunisie a donné une dimension concrète à sa participation à la 17e session de la Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (COP17), qui se tient à Oulan-Bator, en Mongolie. Présente du 24 au 27 août aux côtés de 197 États et organisations internationales, elle a choisi de mettre en avant son expérience dans la restauration des terres dégradées, la lutte contre la désertification et l’adaptation à la sécheresse. Mais c’est surtout le 25 août, lors du dialogue ministériel sur la résilience face à la sécheresse, que le message tunisien a pris une dimension politique plus nette. Le ministre de l’Environnement Habib Abid figurait parmi les ministres intervenant dans cette séquence de haut niveau. La sécheresse, une menace structurelle Le message porté par la Tunisie s’inscrit dans une évolution importante du débat international. La sécheresse n’est plus considérée uniquement comme une succession d’épisodes climatiques exceptionnels nécessitant des interventions d’urgence. Elle est désormais abordée comme une menace structurelle et systémique qui touche simultanément les ressources naturelles, l’agriculture, l’alimentation, l’économie et les populations. Selon le compte rendu de la journée publié par l’International Institute for Sustainable Development, la Tunisie, avec notamment le Sénégal, la Guyana, l’Angola et l’Italie, a souligné le caractère structurel et systémique de la sécheresse. Elle a également soutenu, avec plusieurs autres pays, la nécessité d’approches intégrées associant terre, eau et planification climatique. Cette approche est particulièrement pertinente pour un pays comme la Tunisie. Dans un territoire soumis à une forte variabilité climatique et à une pression croissante sur les ressources hydriques, la sécheresse ne concerne pas uniquement l’eau disponible. Elle affecte aussi les sols, les cultures, les parcours, les cheptels, les revenus ruraux et, à terme, la sécurité alimentaire. Vers un cadre international plus contraignant La position tunisienne est également allée plus loin sur le plan diplomatique. La Tunisie s’est prononcée, avec l’Eswatini et l’Afrique du Sud, en faveur de l’adoption d’un résultat juridiquement contraignant sur la sécheresse. Cette revendication intervient alors que les négociations internationales sur la sécheresse restent difficiles. La question avait déjà été laissée sans accord lors de la COP16 et demeure l’un des dossiers sensibles de la COP17. Au terme des discussions du 25 août, la présidence de la COP poursuivait encore ses consultations afin de préparer un texte susceptible de servir de base aux négociations. Pour la Tunisie, l’enjeu dépasse donc la reconnaissance du problème. Il s’agit de parvenir à des mécanismes internationaux permettant aux pays vulnérables de mieux prévenir, anticiper et gérer les sécheresses. De la réaction à l’anticipation Les débats de la journée ont justement insisté sur la nécessité de passer d’une logique de gestion de crise à une logique de prévention. Les participants ont mis en avant les systèmes d’alerte précoce, la planification, le suivi des ressources, la gouvernance de l’eau, les infrastructures et la mobilisation des financements. Cette orientation rejoint plusieurs des axes annoncés par la Tunisie pour sa participation à la COP17: restauration des terres dégradées, ceintures vertes, adaptation à la sécheresse, financement de la lutte contre la dégradation des terres et lien entre sécheresse et sécurité alimentaire. L’eau au centre du problème Le choix du 25 août comme «Water Day» n’est pas anodin. Les débats ont rappelé que l’eau constitue le point de rencontre entre la résilience climatique, la restauration des terres et la sécurité alimentaire. Les discussions ont également souligné les liens entre sécheresse, sécurité alimentaire et énergétique, emploi et productivité économique. Pour la Tunisie, cette approche est particulièrement stratégique. La question n’est plus seulement de savoir comment disposer de davantage d’eau, mais comment organiser l’agriculture, les territoires ruraux et les écosystèmes afin de produire davantage de résilience avec une ressource devenue plus incertaine. La COP17 place ainsi la Tunisie devant une double exigence: faire connaître son expérience et, surtout, transformer cette expérience en programmes capables de produire des résultats mesurables. La suite se jouera donc moins dans les déclarations que dans la capacité à restaurer les terres, préserver les sols, sécuriser les parcours, adapter l’agriculture et protéger les revenus des populations rurales. Lire également COP17: Quand l’huile d’olive devient un outil pour restaurer les paysages tunisiens COP17: restaurer les terres pour protéger l’agriculture et notre alimentation Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Pr. 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Pr. Dhia Bouktila – Le Cap Bon, un jardin entre deux golfes [La Tunisie fertile (4)]

chronique Pr. Dhia Bouktila – Le Cap Bon, un jardin entre deux golfes [La Tunisie fertile (4)] Par Pr. Dhia Bouktila. Professeur de Génétique à l’Université de Monastir –Après les plaines fertiles de Béja, les forêts et les eaux de Jendouba, puis les hautes terres du Kef et de Siliana, « La Tunisie fertile » poursuit son voyage vers une péninsule où la fertilité change de visage. Au Cap Bon, les vergers côtoient les vignobles, les cultures maraîchères les champs de fraises, et les fleurs deviennent elles-mêmes une récolte. Sur un territoire relativement resserré, l’agriculture compose une étonnante mosaïque de productions, de paysages et de saisons. Bienvenue au Cap Bon, la péninsule aux mille récoltes. 1. Une terre entre mer, plaines et collines Entre le golfe de Tunis et le golfe de Hammamet, la péninsule présente un relief contrasté, fait de plaines, de plateaux, de collines et de secteurs plus accidentés. Cette configuration crée une mosaïque de situations agricoles. Au sud-ouest, les espaces de Grombalia et de Soliman ouvrent la péninsule sur les plaines proches du Grand Tunis. Plus au centre et à l’est, les terres agricoles se diversifient autour de Korba, Menzel Temime, Béni Khalled et Menzel Bouzelfa. À l’extrémité septentrionale, les paysages de Kélibia, El Haouaria et Hammam Ghuezèze prennent d’autres tonalités. Cette diversité des milieux se traduit par une remarquable pluralité agricole. Le Cap Bon n’est pas un territoire à vocation unique, mais une mosaïque de spécialisations qui se côtoient et se complètent. 2. Une mosaïque agricole à l’échelle d’une péninsule Avec environ 260 000 hectares de superficie agricole utile, dont près de 199 000 hectares de terres labourables, le gouvernorat de Nabeul figure parmi les grands territoires agricoles du pays. Mais c’est surtout l’importance de l’agriculture irriguée (environ 49 500 hectares) qui contribue à façonner son visage agricole particulier[1]. Sur cette superficie, les cultures ne se succèdent pas seulement: elles se spécialisent selon les territoires. Agrumes, maraîchage, viticulture, arboriculture fruitière, olivier, céréales, fraises, pommes de terre, tomates et plantes aromatiques composent une véritable mosaïque productive. Cette diversité ne se lit pas seulement dans les paysages: elle se mesure aussi aux volumes produits et au poids qu’occupe le Cap Bon à l’échelle nationale pour certaines filières, notamment la fraise et les agrumes. En 2022-2023, le gouvernorat a produit environ 200 000 tonnes d’agrumes, 255 000 tonnes de tomates, 144 600 tonnes de pommes de terre et 13 650 tonnes de fraises [1]. Ces chiffres donnent une première mesure de ce que représente le Cap Bon dans l’agriculture tunisienne: non pas un territoire défini par une seule production, mais un espace où plusieurs filières agricoles d’importance nationale se concentrent et se complètent. C’est cette diversité organisée à l’échelle d’une péninsule qui constitue l’une des grandes singularités du Cap Bon. Pour la comprendre, il faut maintenant quitter les statistiques globales et entrer dans le territoire, délégation après délégation: là où chaque paysage révèle sa propre spécialité. 3. Des agricultures qui se lisent d’une délégation à l’autre C’est probablement ici que l’originalité agricole du Cap Bon apparaît le mieux : il suffit de changer de délégation pour changer de production dominante, de paysage et parfois même de saison agricole. Grombalia: le royaume de la vigne À l’entrée occidentale du Cap Bon, la vigne façonne depuis longtemps les paysages de Grombalia et demeure l’une des grandes signatures agricoles de la délégation. Plus largement, le gouvernorat de Nabeul demeure le principal bassin viticole du pays: selon les données du CRDA, il a produit en 2022-2023 11 950 tonnes de raisins de cuve sur 7 194 hectares, soit près de 64% de la production nationale. À ce volume s’ajoutaient 17 492 tonnes de raisins de table[1]. Aux côtés de Bou Argoub, Takelsa et Korba, Grombalia demeure l’un des principaux territoires viticoles de la région. La filière y associe raisins de table et raisins destinés à la transformation, tandis qu’une activité vinicole est historiquement implantée sur le territoire. Mais derrière cette image de «ville de la vigne» se dessine une fragilité préoccupante. Le vieillissement des plantations, le recul des superficies et la baisse de productivité fragilisent progressivement le vignoble de Grombalia. La production attendue pour 2026 ne dépasserait pas 5 000 tonnes selon les estimations locales[2], signe d’une filière dont le poids historique ne suffit plus à garantir la vigueur future. À cette question du renouvellement des plantations s’ajoutent la rareté de l’eau, l’augmentation du coût des équipements et des intrants, ainsi que la pénurie et le renchérissement de la main-d’œuvre. Les producteurs ont également signalé des difficultés de commercialisation liées à la faiblesse des prix[2]. Grombalia offre ainsi l’image contrastée d’un territoire où la vigne demeure une richesse agricole majeure, mais dont la pérennité dépend désormais de la capacité de la filière à renouveler son vignoble, à maîtriser ses coûts et à s’adapter à des contraintes hydriques et climatiques croissantes. Figure 1. Grappe de raisin géante sur un rond-point de Grombalia, symbole de l’identité viticole de la ville. Menzel Bouzelfa et Béni Khalled: le cœur agrumicole du Cap Bon À Menzel Bouzelfa comme à Béni Khalled, le paysage agricole se dessine d’abord sous la forme d’un immense verger. Orangers, mandariniers et citronniers y composent le cœur historique de l’agrumiculture du Cap Bon, une région qui assure à elle seule l’essentiel de la production tunisienne. Lors de la campagne 2022-2023, le gouvernorat de Nabeul comptait environ 18 700 hectares d’agrumes pour une production proche de 200 000 tonnes, soit près de 73% de la production nationale[1]. Trois campagnes plus tard, en 2025-2026, la production régionale atteignait environ 241 000 tonnes, confirmant le poids exceptionnel du Cap Bon dans l’agrumiculture tunisienne[3]. Figure 2. Vergers d’agrumes à Menzel Bouzelfa, Cap Bon. Derrière ces chiffres se cache également un patrimoine variétal remarquable. La grande figure de ces vergers reste la ‘Maltaise tunisienne’, cette orange devenue l’emblème du Cap Bon et de l’agrumiculture tunisienne. La FAO
La poire en Tunisie: un patrimoine variétal menacé entre feu bactérien et stress hydrique

Actuagro La poire en Tunisie: un patrimoine variétal menacé entre feu bactérien et stress hydrique De la poire Williams aux anciennes Meski, le poirier tunisien raconte une histoire faite de diversité variétale, de savoir-faire paysan et, depuis une dizaine d’années, de profondes difficultés. Entre raréfaction de l’eau, vieillissement des vergers et surtout propagation du feu bactérien, une partie importante de ce patrimoine fruitier a disparu. Pourtant, les ressources génétiques encore présentes en Tunisie constituent un patrimoine qu’il devient urgent de préserver. Un fruit anciennement bien implanté en Tunisie Le poirier (Pyrus communis L.) occupe une place particulière parmi les espèces fruitières cultivées en Tunisie. Contrairement à certaines productions fruitières qui se sont développées autour de quelques variétés commerciales dominantes, le poirier tunisien possède une histoire variétale beaucoup plus riche, notamment grâce à l’existence de nombreux cultivars locaux conservés dans les anciens vergers. Les principales zones de production se situent notamment dans le nord et le centre du pays. Les travaux réalisés par des chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique de Tunisie ont porté sur les principales régions productrices et ont couvert environ 95% des superficies consacrées au poirier lors des prospections menées entre 2015 et 2019. La région de la Manouba apparaît notamment comme une zone importante de production commerciale. Le Sahel tunisien constitue, quant à lui, un territoire particulièrement intéressant pour l’étude du patrimoine variétal traditionnel. Une prospection réalisée dans les gouvernorats de Sousse, Monastir et Mahdia a ainsi recensé 3 764 poiriers répartis dans 33 vergers. Cette ancienne prospection montre également que le poirier représentait alors une composante importante des vergers étudiés, avec 31,09 % des arbres fruitiers recensés dans l’échantillon. Une richesse variétale beaucoup plus importante qu’il n’y paraît Lorsqu’on parle des variétés de poires cultivées en Tunisie, les noms de Williams, Alexandrine, Meski et Ambri reviennent souvent. Pourtant, la réalité est beaucoup plus riche. Une étude publiée en 2021 a recensé 16 cultivars de poirier dans les principales zones productrices étudiées, dont 10 cultivars européens et 6 cultivars locaux. Les variétés Williams et Alexandrine figuraient parmi les principales variétés commerciales. Du côté des cultivars locaux, les chercheurs ont identifié notamment Meski Ahrach, Meski Bouguedma, Ambri, Radsi, Fayali et Sahli. Ces variétés locales sont principalement présentes dans la bande côtière allant du nord vers le centre du pays. Les variétés introduites comprennent notamment Williams, Alexandrine, Dr Jules Guyot, Général Leclerc, Passe Crassane, Packham’s Triumph, Wilder, Belle de Juin, Carmen et Conférence. Certaines sont cultivées comme variétés commerciales, tandis que d’autres jouent notamment un rôle de pollinisateurs dans les vergers. Cette diversité est encore plus importante lorsqu’on remonte aux anciennes prospections du patrimoine local. Le Sahel, véritable réservoir de poiriers traditionnels Une étude consacrée au poirier local dans le Sahel tunisien a identifié 16 dénominations locales différentes. Il s’agit notamment de Meski Bou Guedma, Meski Ahrach, Meski Artab, Meski, Ambri 1, Ambri 2, Arbi, Chemi, Fayouni, Mekkaoui, Mostfi, Nahli, Tounsi, Turki, Moknine 1 et Sidi Bou Ali 3. Cette diversité témoigne de l’existence d’un patrimoine fruitier local construit au fil des générations. Toutes ces dénominations ne correspondent toutefois pas nécessairement à des variétés génétiquement totalement distinctes. C’est une nuance essentielle lorsqu’on cherche à établir le nombre exact de variétés de poires présentes en Tunisie. Les agriculteurs peuvent utiliser plusieurs noms pour des types proches ou, inversement, une même dénomination peut recouvrir plusieurs formes locales. La Meski Bou Guedma apparaît comme l’un des cultivars les plus importants de cette collection traditionnelle. Dans la prospection réalisée au Sahel, elle représentait à elle seule 44,16 % des poiriers recensés. La Meski Ahrach représentait également une proportion importante, tandis que d’autres cultivars comme Fayouni, Mekkaoui, Tounsi, Meski ou Ambri 2 étaient devenus beaucoup plus rares. Cette situation montre que la diversité variétale tunisienne ne se résume pas aux variétés commerciales visibles sur les marchés. Elle se trouve aussi dans les vieux vergers, parfois constitués d’arbres âgés, qui constituent de véritables réservoirs de diversité génétique. Williams et Alexandrine, les grandes variétés commerciales Parmi les variétés introduites, Williams occupe une place importante dans la production tunisienne. Alexandrine est également largement représentée dans les vergers commerciaux. Les autres variétés introduites comprennent notamment Dr Jules Guyot, Général Leclerc, Passe Crassane et Packham’s Triumph, souvent utilisées également pour assurer la pollinisation. Certaines variétés comme Wilder, Belle de Juin et Carmen ont été signalées dans quelques vergers de la Manouba. Cette répartition montre que la gamme variétale commerciale existe bien en Tunisie, mais qu’elle reste relativement concentrée géographiquement. Le choix d’une variété ne dépend toutefois pas uniquement de ses qualités commerciales. Il doit également tenir compte de son adaptation au climat, de ses besoins en froid, de sa période de floraison, de sa période de maturation et surtout de sa sensibilité aux maladies. C’est précisément sur ce dernier point que l’histoire récente du poirier tunisien a basculé. 2013, le tournant du feu bactérien Pendant longtemps, le poirier tunisien était considéré comme relativement épargné par le feu bactérien. À partir de 2013, une importante mortalité des poiriers a toutefois été observée, poussant les chercheurs à étudier l’origine et l’ampleur du phénomène. Le feu bactérien est une maladie bactérienne particulièrement dangereuse pour les arbres fruitiers de la famille des Rosacées. Elle peut toucher les fleurs, les jeunes pousses, les fruits et les branches, provoquant rapidement leur dessèchement et, dans les cas graves, la mort de l’arbre. Une étude consacrée à l’état sanitaire du poirier dans le nord de la Tunisie montre l’ampleur de la crise. La production annuelle est passée d’environ 60 000 tonnes en 2011 à moins de 20 000 tonnes en 2016. Dans le même temps, les superficies cultivées sont passées d’environ 8 400 hectares à 3 260 hectares. Les travaux publiés en 2021 ont confirmé l’importance de cette crise et estiment que l’épisode de feu bactérien avait entraîné la perte d’environ 65 % des superficies consacrées au poirier. Toutes les variétés