COP17: Quand l’huile d’olive devient un outil pour restaurer les paysages tunisiens

Actuagro COP17 :Quand l’huile d’olive devient un outil pour restaurer les paysages tunisiens Dans le cadre du suivi par AgroHealth des activités de la COP17, l’exemple tunisien présenté à Oulan-Bator par Boubaker Dhehibi rappelle une évidence souvent oubliée : restaurer une terre ne consiste pas seulement à lui rendre sa fertilité. C’est aussi redonner de la valeur à ses produits, préserver ses variétés locales, faire vivre ses savoir-faire et renforcer les communautés qui en dépendent. Car derrière chaque sol dégradé se joue bien plus qu’un enjeu agricole : c’est tout un patrimoine rural, économique et humain qu’il faut préserver et transmettre. À première vue, une huile d’olive n’est qu’un produit agricole. Une bouteille, une couleur, un parfum, une acidité, une origine. Mais derrière quelques centilitres d’huile peuvent se cacher des siècles d’histoire agricole, des variétés anciennes, des sols, des paysages, des savoir-faire transmis de génération en génération et, surtout, la relation fragile entre l’homme et son territoire. C’est cette relation que Boubaker Dhehibi, économiste principal des ressources naturelles au Centre international de recherche agricole dans les zones arides (ICARDA), a placée au cœur de son intervention lors de la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, à Oulan-Bator, en Mongolie. Son intervention, consacrée aux indications géographiques comme voie de transition agroécologique et comme levier pour les « bundles » de restauration, part d’une idée simple mais profondément actuelle : restaurer un paysage ne signifie pas seulement réparer une terre dégradée. Il faut également permettre à ceux qui la cultivent d’en vivre dignement. Restaurer la terre, mais aussi sa valeur Pendant longtemps, la restauration des terres a été pensée principalement sous l’angle écologique : lutter contre l’érosion, améliorer la fertilité des sols, économiser l’eau, reconstituer la végétation, protéger la biodiversité. Ces dimensions restent essentielles. Mais elles ne suffisent pas. Une terre peut être techniquement restaurée et rester économiquement fragile. Un agriculteur peut être invité à adopter des pratiques plus durables, mais s’il ne trouve pas de débouché rémunérateur pour sa production, la transition risque de rester limitée. C’est précisément là que l’approche présentée par Dhehibi prend tout son sens. La restauration doit réunir plusieurs dimensions : écologique, économique, sociale, institutionnelle, numérique et financière. Dans cette logique, l’indication géographique n’est pas simplement un label apposé sur une bouteille ou un emballage. Elle peut devenir un outil de développement territorial. Elle permet d’associer un produit à un territoire, à une histoire et à des pratiques spécifiques. Elle peut ainsi transformer ce qui était considéré comme une contrainte — éloignement des marchés, petites exploitations, variétés locales peu connues — en un élément de différenciation et de valeur. Le cas tunisien : quand le territoire entre dans la bouteille L’exemple tunisien présenté à la COP17 s’inscrit dans les travaux de l’ICARDA sur les paysages agricoles multifonctionnels. Le cas de l’huile d’olive est particulièrement révélateur. La Tunisie possède un patrimoine oléicole exceptionnel, constitué non seulement de vastes superficies d’oliviers, mais aussi d’une diversité de cultivars, de pratiques et de paysages. Dans certaines régions du Nord-Ouest, des oliviers anciens témoignent encore d’une agriculture adaptée aux conditions locales. Ils sont le produit d’une longue histoire entre l’agriculteur, le climat, le sol et la plante. Parmi ces territoires figure la zone Ellès–Sers, dans le gouvernorat du Kef, étudiée dans le cadre des travaux de l’ICARDA. On y trouve des variétés locales et des oliviers parfois très anciens, associés à des pratiques et à des savoir-faire qui constituent une véritable mémoire agricole. Cette mémoire possède une valeur qui dépasse largement le patrimoine culturel. Elle peut devenir une ressource économique. Les variétés locales, une richesse face au changement climatique Dans une agriculture confrontée à la raréfaction de l’eau, à la dégradation des sols et aux effets croissants du changement climatique, la diversité génétique des cultures représente une assurance précieuse. Les variétés locales ont été façonnées au fil du temps par les conditions de leur environnement. Elles portent donc une partie de l’histoire écologique du territoire. Les préserver ne signifie pas refuser la modernité. Au contraire. La transition agroécologique consiste justement à rechercher un équilibre entre connaissances scientifiques, innovations techniques et savoirs locaux. L’olivier tunisien offre ici un exemple particulièrement intéressant. L’arbre est profondément enraciné dans les territoires ruraux et peut contribuer à la protection des sols, à la fixation du carbone, au maintien de certains équilibres écologiques et à la création de revenus. Mais pour que cette fonction soit durable, l’agriculteur doit avoir intérêt à conserver ce patrimoine. C’est là que l’économie rejoint l’écologie. L’indication géographique : donner un prix à l’identité Une indication géographique permet de reconnaître qu’un produit possède des caractéristiques liées à son territoire d’origine. Pour un producteur, cela peut représenter une possibilité de mieux différencier son huile sur le marché. Pour un territoire, cela peut devenir un moyen de construire une identité économique. Pour le consommateur, cela offre une information sur l’origine et les caractéristiques du produit. Mais l’enjeu est plus profond. Lorsque la qualité et l’origine deviennent économiquement valorisables, la conservation des variétés locales et des pratiques traditionnelles peut elle-même devenir rentable. Le raisonnement est presque circulaire : le territoire donne au produit certaines caractéristiques ; ces caractéristiques donnent au produit une valeur supplémentaire ; cette valeur crée un intérêt à préserver le territoire. Ainsi, l’huile d’olive peut devenir beaucoup plus qu’une production agricole. Elle devient un lien économique entre la conservation de la biodiversité, la protection des sols, le maintien des savoir-faire et les revenus ruraux. Une restauration qui ne travaille plus en silos C’est probablement l’un des messages les plus importants de l’intervention de Boubaker Dhehibi. Les problèmes des territoires ruraux ne sont pas séparés les uns des autres. La dégradation des sols affecte les rendements. La baisse des rendements affecte les revenus. La faiblesse des revenus peut accélérer l’abandon des terres. L’abandon peut fragiliser certains systèmes agricoles et sociaux. La dégradation des ressources naturelles peut ensuite accentuer la vulnérabilité des populations. À l’inverse, une intervention peut produire plusieurs bénéfices à la fois. Améliorer le sol peut améliorer la
Élevage en Tunisie: reconstruire le cheptel, mais avec quel modèle?

Élevage Élevage en Tunisie: reconstruire le cheptel, mais avec quel modèle? Par AgroHealth – Entre sécheresse, coût des aliments, recul des troupeaux et pression sur les filières lait et viandes rouges, l’élevage tunisien traverse une période critique. Le nouveau plan 2026-2030 veut reconstruire le cheptel et renforcer la production. Mais le véritable défi est ailleurs: construire un élevage capable de produire dans une Tunisie plus chaude, plus sèche et confrontée à une forte pression sur ses ressources. L’élevage n’est pas seulement une activité agricole. Il est au cœur de la sécurité alimentaire, de l’économie rurale et de l’équilibre des territoires. En Tunisie, il représente aussi un lien essentiel entre les cultures, les parcours, les sols, l’alimentation humaine et les revenus des agriculteurs. Or ce système s’est progressivement fragilisé. Un cheptel qui a fortement diminué Les dernières données détaillées disponibles montrent une contraction importante du cheptel. Entre 2016 et 2022, les effectifs sont passés d’environ 685 800 à 388 000 bovins, de 6,486 millions à 4,637 millions d’ovins, et de 1,199 million à 922 000 caprins. La baisse est particulièrement préoccupante pour les bovins, directement liés à la production laitière et à une partie de la production de viande. Les données plus récentes doivent toutefois être interprétées avec prudence : le suivi statistique du cheptel n’est pas encore aussi précis que nécessaire. L’ONAGRI estime notamment que le cheptel bovin a diminué d’environ 20 %, signe d’une contraction devenue structurelle. Cette situation pose une question fondamentale: comment reconstruire le cheptel si l’on ne dispose pas d’une photographie suffisamment récente de sa taille, de sa localisation, de sa composition et de son état sanitaire? La numérisation du suivi des animaux prévue dans la nouvelle stratégie doit précisément répondre à cette faiblesse. Le lait: une filière stratégique sous pression La filière laitière illustre particulièrement bien les difficultés de l’élevage tunisien. Selon l’ONAGRI et l’OEP, la Tunisie a produit environ 1,230 million de tonnes de lait frais en 2025. Mais cette production affiche un taux de croissance annuel moyen de -1,5 % entre 2016 et 2025. La productivité moyenne d’une vache laitière, toutes races confondues, était de 5 749 kg en 2024. Le prix du lait à la production est, lui, fixé à 1 340 millimes le litre, depuis la dernière révision de novembre 2022. Le coût de la reconstitution du troupeau est également devenu considérable. Le prix moyen d’une génisse atteignait 7 083 dinars en 2024, avec une progression annuelle moyenne de 9,5 % entre 2015 et 2024. Ces chiffres montrent que le problème n’est pas simplement celui du nombre de vaches. Il concerne toute l’économie de l’élevage: alimentation, reproduction, génétique, santé animale, prix du lait et revenu de l’éleveur. Viande rouge: une production qui peine à suivre La pression se retrouve également dans les viandes rouges. Les statistiques de l’OEP montrent une production totale de viande rouge inférieure à celle du début des années 2010. En 2010, la production atteignait environ 122 700 tonnes. Elle était tombée à 105 560 tonnes en 2023, avant de remonter à environ 110 510 tonnes en 2024. Les différentes espèces jouent un rôle complémentaire. En 2010, la production était composée notamment de 55 800 tonnes de viande bovine, 50 000 tonnes de viande ovine et 9 400 tonnes de viande caprine. Les données de l’OEP montrent l’importance persistante des ovins dans l’approvisionnement national. La diminution de l’offre nationale intervient alors que les coûts de production augmentent et que la demande reste importante. Le résultat est visible sur les marchés : l’animal vivant devient de plus en plus cher, mettant à rude épreuve les éleveurs comme les consommateurs. Pourquoi le cheptel recule-t-il? La crise actuelle n’a pas une seule cause. La première est climatique. Plusieurs années de sécheresse ont réduit les pâturages et les ressources fourragères. Lorsque les pluies diminuent, l’éleveur doit acheter davantage d’aliments pour maintenir ses animaux. Le mécanisme est simple: Moins de pluie → moins de fourrage → hausse des coûts → baisse de la rentabilité → vente des animaux → diminution du cheptel. La hausse des prix des matières premières agricoles et la dépendance à certains aliments importés ont accentué cette pression. À cela s’ajoutent les difficultés d’accès au financement, les problèmes de collecte et de commercialisation du lait, les charges vétérinaires et la faiblesse des marges. Pour certains éleveurs, vendre une vache ou des brebis n’est plus seulement une décision économique: c’est parfois une manière de survivre. Mais chaque reproductrice vendue représente aussi une perte pour la capacité de production future. Le fourrage au cœur de la bataille Il est difficile de parler de reconstruction de l’élevage sans parler de fourrage. L’OEP suit notamment la production fourragère nationale. Pour la campagne 2024-2025, les données disponibles font apparaître une progression de plusieurs productions fourragères par rapport à la campagne précédente. Mais le défi reste considérable. La Tunisie doit produire davantage d’aliments pour ses animaux tout en économisant l’eau. C’est ici que l’intégration entre agriculture et élevage devient essentielle. Les pailles, sous-produits céréaliers, résidus d’olivier, légumineuses et autres ressources agricoles peuvent être mieux valorisés. Les rotations intégrant des cultures fourragères peuvent également contribuer à nourrir les animaux tout en améliorant la fertilité des sols. L’élevage de demain devra donc être pensé avec les cultures et non à côté des cultures. Un plan 2026-2030 pour reconstruire Face à cette situation, le ministère de l’Agriculture a présenté en juillet 2026 un plan de relance de l’élevage pour la période 2026-2030. Il repose sur quatre orientations principales: reconstitution des troupeaux bovins et des petits ruminants, développement des ressources fourragères, numérisation du suivi du cheptel et renforcement de la santé animale. Cette orientation s’inscrit dans une stratégie agricole plus large visant, à l’horizon 2030, à améliorer la productivité, renforcer l’autonomie alimentaire du bétail à partir de ressources locales, développer la couverture sanitaire et moderniser le suivi du secteur. La reconstruction du cheptel constitue donc une priorité nationale. Mais elle ne
Zouhaïr Ben Amor: Cultiver la valeur plutôt que l’eau, quelles cultures commerciales pour une Tunisie sous contrainte hydrique?

Chronique Zouhaïr Ben Amor: Cultiver la valeur plutôt que l’eau, quelles cultures commerciales pour une Tunisie sous contrainte hydrique? Par Zouhaïr Ben Amor. Universitaire Penser l’agriculture à partir de l’eau disponible La question agricole tunisienne ne peut plus être posée comme elle l’était lorsque l’eau semblait constituer une contrainte parmi d’autres. Elle est devenue une question structurante, presque une question de civilisation économique: que voulons-nous produire avec une ressource qui se raréfie, devient plus coûteuse à mobiliser et dont la variabilité augmente? La Tunisie se situe aujourd’hui parmi les pays soumis à un stress hydrique sévère. La Banque mondiale souligne que le changement climatique accentue la rareté de l’eau, fragilise l’agriculture pluviale et rend les arbitrages entre usages agricoles, domestiques, industriels et écologiques de plus en plus difficiles (Banque mondiale, 2025). Dans un tel contexte, continuer à raisonner la performance agricole essentiellement en tonnes par hectare devient insuffisant. Il faut apprendre à raisonner aussi en valeur créée par mètre cube d’eau, en stabilité du revenu, en possibilités de transformation locale et en capacité d’exportation. Cette approche ne signifie évidemment pas qu’il faudrait abandonner les cultures alimentaires de base. Un pays ne peut construire sa sécurité agricole uniquement sur des produits de niche. Elle signifie plutôt qu’une partie des terres, notamment dans les régions semi-arides et arides, pourrait être orientée vers des productions mieux adaptées à la contrainte hydrique et capables de générer davantage de revenu par unité de ressource consommée. Le véritable enjeu n’est donc pas de trouver une plante miraculeuse, mais de construire des systèmes de production où la sobriété hydrique, la valeur ajoutée, la transformation et la qualité deviennent indissociables. Le safran: une petite surface pour une grande valeur Le safran est sans doute l’exemple le plus spectaculaire d’une culture dont la valeur commerciale dépend beaucoup plus de la qualité et du travail incorporé que du volume produit. Quelques kilogrammes représentent une valeur considérable, ce qui change radicalement la relation entre surface, eau et revenu. Crocus sativus est une plante à cycle particulier: sa croissance active se concentre pendant les périodes fraîches, tandis que sa dormance estivale lui permet d’éviter une partie du stress lié aux fortes chaleurs. Les travaux récents rappellent que le safran présente des besoins hydriques relativement limités, même si une irrigation d’appoint bien conduite reste souvent nécessaire pour sécuriser l’installation, la floraison et le rendement (Acharya et al., 2025). Pour la Tunisie, cette culture pourrait être envisagée dans certaines zones intérieures où l’hiver est suffisamment frais, avec des sols bien drainés et une disponibilité en main-d’œuvre saisonnière. Mais parler du safran sans parler du marché serait une erreur. Sa valeur élevée attire rapidement des projets, parfois fondés sur des projections trop optimistes. Le principal risque n’est pas seulement agronomique; il est commercial. La rentabilité suppose une excellente maîtrise de la récolte manuelle, de l’émondage des stigmates, du séchage, du stockage et surtout de la certification de la qualité. Le safran tunisien ne pourrait durablement se différencier par le seul argument du prix. Il devrait construire une identité: origine territoriale, traçabilité, analyses de pureté, conditionnement haut de gamme, vente aux chefs, aux épiceries fines, à la cosmétique ou à l’export. La faible consommation d’eau devient alors un avantage, mais seulement au sein d’une chaîne de valeur rigoureuse. Le safran est donc moins une culture de masse qu’un outil de diversification pour de petites exploitations, des coopératives ou des investisseurs capables d’assumer une forte intensité de travail et une exigence qualitative élevée. Le câprier: transformer l’aridité en avantage comparatif Le câprier possède une qualité particulièrement intéressante pour la Tunisie: il ne se contente pas de tolérer des conditions difficiles, il en fait presque son milieu naturel. Capparis spinosa est un arbuste xérophile méditerranéen, capable de supporter la chaleur et la sécheresse et de se développer sur des sols relativement pauvres. La littérature le considère comme une culture prometteuse pour les zones arides et semi-arides soumises au réchauffement climatique (Grimalt et al., 2022). Ce trait est fondamental, car il permet d’envisager sa culture là où certaines productions horticoles fortement irriguées deviennent économiquement et écologiquement contestables. La valeur du câprier ne réside pas uniquement dans le bouton floral que l’on conserve au vinaigre ou en saumure. Les jeunes fruits et certains produits transformés peuvent également être valorisés. Le marché international des condiments offre un débouché réel, particulièrement si le produit est calibré, régulier et conforme aux normes de résidus et d’hygiène. La Tunisie dispose en outre d’un avantage culturel: le câprier appartient déjàau paysage méditerranéen et ne constitue pas une introduction artificielledépourvue d’ancrage écologique. Sa domestication et sa sélection peuvent doncs’appuyer sur des ressources génétiques locales. Il faut toutefois résister à l’idée selon laquelle une plante résistante à la sécheresse n’aurait besoin d’aucune conduite technique.La phase d’installation peut nécessiter une irrigation limitée mais régulière; la taille, la récolte et la transformation demandent de la main-d’œuvre; et la qualité commerciale dépend du calibre et de la fréquence de cueillette. Un câprier abandonné peut survivre, mais une plantation commerciale doit produire. C’est toute la différence entre la rusticité biologique et la performanceéconomique. La perspective la plus intéressante serait donc celle de plantations sobres en eau, implantées dans des zones marginales ou sur des sols peu adaptés aux cultures intensives, associées à de petites unités de tri, de saumure, de conditionnement et de commercialisation. Le figuier de Barbarie: sortir du simple fruit frais Le figuier de Barbarie est probablement la culture qui symbolise le mieux l’adaptation des régions sèches. Grâce à son métabolisme photosynthétique particulier, il limite fortement les pertes d’eau et reste productif dans des environnements où de nombreuses espèces conventionnelles s’effondrent. Les travaux sur Opuntia insistent sur son rôle dans l’adaptation à la sécheresse,la conservation de l’eau, la lutte contre l’érosion et la restauration de terres dégradées (Jorge et al., 2023). En Tunisie, son intérêt n’est donc pas à démontrer; ce qui doit être repensé, c’est la manière de le valoriser.
Assida Zgougou

Recette Assida Zgougou Le zgougou est une graine de pin d’Alep, extraite des cônes des pins qui poussent dans les forêts. En Tunisie, il est principalement utilisé pour préparer l’assida zgougou, une célèbre spécialité traditionnelle. Cette douceur est notamment préparée à l’occasion de la fête du Mouled, qui célèbre la naissance du Prophète. Elle se distingue par sa couleur foncée et son goût riche et particulier. Ingrédients pour 6 à 8 personnes Pour la crème de zgougou 500 g de graines de zgougou (pignons d’Alep) 1,5 litre d’eau 250 à 300 g de farine 250 à 300 g de sucre Pour la crème blanche 1 litre de lait 100 g de farine ou de fécule de maïs 150 g de sucre 1 sachet de sucre vanillé 1 à 2 cuillères à soupe d’eau de géranium (facultatif) Pour la décoration Amandes Pistaches Noisettes Pignons Noix Fruits secs selon votre goût Préparation Préparer le zgougou Nettoyer soigneusement les graines de zgougou, puis les rincer plusieurs fois. Les laisser sécher avant de les mixer finement. Les faire dorer légèrement au four. Ajouter progressivement l’eau aux graines mixées et bien mélanger. Filtrer ensuite la préparation à travers une passoire fine ou une étamine afin d’éliminer les résidus solides. Préparer l’assida Verser le liquide obtenu dans une casserole. Ajouter la farine tamisée et le sucre, puis mélanger soigneusement à froid pour éviter la formation de grumeaux. Faire cuire à feu moyen tout en remuant constamment avec un fouet. La préparation va progressivement épaissir. Continuer la cuisson jusqu’à obtenir une texture lisse, crémeuse et suffisamment épaisse. Verser l’assida dans des petits bols ou des verrines et laisser légèrement refroidir. Préparer la crème blanche Dans une casserole, mélanger le lait froid avec la farine ou la fécule de maïs et le sucre. Faire cuire à feu moyen en remuant continuellement jusqu’à ce que la crème épaississe. Ajouter le sucre vanillé et, si désiré, un peu d’eau de géranium. Mélanger puis retirer du feu. Verser délicatement cette crème blanche sur la couche de zgougou. Décorer Laisser refroidir complètement, puis décorer avec des amandes, pistaches, noisettes, noix ou autres fruits secs, selon votre inspiration. Placer au réfrigérateur pendant quelques heures avant de servir. Astuce AgroHealth: pour obtenir une assida bien onctueuse, le secret est de bien filtrer le zgougou et de remuer constamment pendant la cuisson. La crème blanche doit également être préparée à feu doux pour conserver une texture lisse. Lire également Le zgougou en Tunisie: quand une graine de forêt devient une mémoire du Mouled et une richesse à préserver Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Pr. Dhia Bouktila – Jendouba, le berceau vert de la Tunisie fertile [La Tunisie fertile (2)] août 11, 2026/Agrohealth Zouhaïr Ben Amor: La compétition entre espèces, une force destructrice ou un moteur caché de la biodiversité? août 6, 2026/Agrohealth Pr. Dhia Bouktila – Béja, le grenier vivant de la Tunisie: une terre, une mémoire, des gènes [La Tunisie fertile… août 4, 2026/Agrohealth Le caroubier: un arbre d’avenir pour les régions méditerranéennes juillet 29, 2026/Agrohealth PUB Actuhealth Tomates d’été: les bons gestes pour préserver leur goût et leur fraîcheur août 19, 2026 L’ashwagandha, de la médecine traditionnelle aux recherches scientifiques août 19, 2026 L’orge et l’eau d’orge: des alliées pour votre santé juillet 22, 2026 Load More Élevage Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Load More
Interview – Eau en Tunisie: Abdallah Rabhi appelle à faire de la sécurité hydrique un enjeu de souveraineté

Actuagro Interview – Eau en Tunisie: Abdallah Rabhi appelle à faire de la sécurité hydrique un enjeu de souveraineté Par AgroHealth – Face à l’aggravation du stress hydrique, à la raréfaction des ressources et aux effets du changement climatique, la question de l’eau s’impose comme l’un des grands défis de la Tunisie. Elle concerne à la fois l’agriculture, la sécurité alimentaire, la santé publique, l’environnement et les modes de consommation. Pour éclairer ces enjeux, AgroHealth donne la parole à Abdallah Rabhi, ingénieur général spécialisé dans les ressources hydrauliques, ancien haut responsable de l’administration tunisienne de l’eau et ancien secrétaire d’État chargé des Ressources hydrauliques et de la Pêche. Fort d’une expérience à la croisée de l’expertise scientifique et technique, de la gestion des ressources hydriques et de l’action publique, il analyse l’état de l’eau en Tunisie, les défis liés à l’eau potable et à l’eau conditionnée, ainsi que les choix qui s’imposent pour garantir durablement la sécurité hydrique du pays. La Tunisie est confrontée à une situation hydrique de plus en plus préoccupante. Comment évaluez-vous aujourd’hui l’état des ressources en eau du pays et quels sont, selon vous, les principaux facteurs qui expliquent cette situation? La situation hydrique de la Tunisie est aujourd’hui structurellement préoccupante. Nous sommes déjà confrontés à une situation de rareté absolue de l’eau, et les perspectives à moyen et long terme montrent que cette pression risque de s’accentuer. Les ressources en eau renouvelables sont évaluées en moyenne à environ 4,9 milliards de m³ par an. La disponibilité annuelle par habitant était d’environ 450 m³/an en 2020, un niveau très inférieur aux seuils généralement considérés comme confortables. À cette rareté s’ajoute une très forte irrégularité des précipitations. La Tunisie peut connaître des années exceptionnellement humides comme des périodes de sécheresse sévère. Cette variabilité rend la gestion de la ressource particulièrement complexe. Les eaux souterraines constituent également un sujet de grande préoccupation. Plusieurs nappes sont aujourd’hui exploitées au-delà de leur capacité de renouvellement. Selon les données disponibles, les nappes profondes connaissent une surexploitation importante, tout comme les nappes phréatiques. Enfin, le changement climatique et la croissance démographique vont accentuer cette pression. À l’horizon 2050, la disponibilité en eau par habitant devrait encore diminuer. Le véritable enjeu est donc clair: la Tunisie doit apprendre à produire davantage de valeur, de bien-être et de sécurité alimentaire avec une ressource en eau qui devient de plus en plus limitée. Le changement climatique accentue la sécheresse et l’irrégularité des précipitations. La Tunisie doit-elle désormais revoir en profondeur son modèle de gestion de l’eau? Oui, sans aucun doute. Le changement climatique n’est plus une hypothèse lointaine: il doit désormais être intégré au cœur de notre politique de l’eau. Les projections disponibles font état d’une augmentation progressive des températures et d’une diminution des précipitations. À cela s’ajouterait une augmentation de la fréquence et de l’intensité des phénomènes extrêmes, notamment les sécheresses et les inondations. Cette évolution aura des conséquences importantes sur les ressources en eau, l’agriculture, les écosystèmes et les territoires. Les zones bioclimatiques elles-mêmes connaîtront des transformations profondes, avec notamment une extension progressive des zones arides. Face à cette nouvelle réalité, la Tunisie doit accélérer le passage d’une politique principalement fondée sur la mobilisation de nouvelles ressources à une politique beaucoup plus rigoureuse de gestion de la demande. Cela signifie mieux maîtriser les consommations, réduire les pertes, améliorer l’efficience des réseaux, adapter les systèmes agricoles et rechercher une utilisation optimale de chaque mètre cube d’eau. Demain, la performance d’une politique de l’eau ne devra plus être mesurée uniquement par les volumes mobilisés, mais aussi par la capacité du pays à utiliser intelligemment et durablement les ressources disponibles. L’agriculture est le principal consommateur d’eau en Tunisie. Comment parvenir à concilier les besoins de la production agricole, la préservation des ressources hydriques et la sécurité alimentaire? La réponse passe nécessairement par un changement de paradigme. Il ne s’agit pas simplement de produire davantage, mais de mieux valoriser l’eau pour développer une agriculture à la fois productive, résiliente et compatible avec les impératifs de sécurité hydrique et alimentaire. La Tunisie doit notamment engager une réflexion approfondie sur une nouvelle carte d’orientation agricole. Celle-ci doit tenir compte de la disponibilité réelle des ressources en eau, de leur qualité, des effets attendus du changement climatique et des priorités stratégiques du pays. Il faudra donc rechercher une meilleure adéquation entre les productions agricoles et les potentialités hydriques des différentes régions. L’objectif doit être clair : produire mieux avec moins d’eau, tout en préservant la capacité productive des générations futures. La sécurité alimentaire ne peut être assurée durablement si elle repose sur une surexploitation de nos ressources hydriques. Au-delà de l’agriculture, quelles sont les mesures prioritaires à mettre en œuvre pour réduire les pertes d’eau, améliorer l’efficacité des réseaux et développer une véritable culture de l’économie de l’eau? Les mesures à prendre doivent concerner l’ensemble des usages: l’agriculture, l’eau potable, les services et les usages domestiques. La première priorité est d’améliorer l’efficience des réseaux. Les objectifs à long terme doivent permettre de réduire sensiblement les pertes dans les réseaux d’eau potable et d’irrigation. Il faut également poursuivre une meilleure répartition des ressources entre les différents usages, en tenant compte de l’évolution des besoins, notamment ceux liés à l’alimentation en eau potable. Parallèlement, l’innovation et la recherche-développement doivent être davantage mobilisées. Les systèmes intelligents de suivi, de détection des pertes et de gestion des réseaux peuvent contribuer à améliorer considérablement l’efficience. Enfin, une véritable culture de l’économie de l’eau doit être développée auprès de tous les utilisateurs. L’eau ne peut plus être considérée comme une ressource abondante et disponible sans limite. Chaque acteur, du grand consommateur au simple citoyen, doit être impliqué dans sa préservation. La qualité de l’eau constitue aussi un enjeu de santé publique. Quels sont aujourd’hui les principaux risques qui peuvent affecter la qualité de l’eau destinée à la consommation humaine en Tunisie? En Tunisie, la qualité de l’eau destinée à la consommation humaine fait l’objet de contrôles à différents niveaux, depuis la production jusqu’à la consommation. Les
De la Chine à la Tunisie: que révèle la valeur de la production agricole sur la puissance agricole?

Actuagro De la Chine à la Tunisie: que révèle la valeur de la production agricole sur la puissance agricole? Par AgroHealth – La Chine en tête avec 1,86 trillion de dollars, contre environ 5 milliards pour la Tunisie: ce que les données de la FAOSTAT nous apprennent sur la puissance agricole tunisienne. Les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) montrent de très grands écarts entre les principales économies agricoles du monde. Selon les dernières données disponibles de la FAOSTAT pour 2024, la valeur mondiale de la production agricole atteint environ 5,24 trillions de dollars.La Chine arrive très largement en tête, avec près de 1,86 trillion de dollars, devant l’Inde avec environ 573 milliards de dollars, les États-Unis avec 451 milliards de dollars et le Brésil avec environ 204 milliards de dollars. La Turquie atteint environ 92,4 milliards de dollars, tandis que la Tunisie se situe autour de 5,03 milliards de dollars. Ces chiffres signifient que la Chine représente à elle seule environ 35,5 % de la valeur mondiale de la production agricole, alors que la part de la Tunisie est d’environ 0,1 %. Mais il faut être prudent dans l’interprétation. Cet indicateur mesure la valeur économique de la production agricole au niveau de l’exploitation agricole. Il ne permet pas, à lui seul, de dire qu’un pays est plus productif ou plus efficace qu’un autre. La Chine: une puissance agricole de dimension mondiale La Chine occupe la première place, avec une valeur de production agricole d’environ 1,86 trillion de dollars en 2024, contre 573 milliards pour l’Inde et 451 milliards pour les États-Unis. Ces chiffres montrent surtout l’ampleur du système agricole chinois. La Chine combine une importante production végétale et animale, un immense marché intérieur et de vastes réseaux de collecte, de transformation et de distribution. Il est important de ne pas confondre valeur de la production agricole et valeur ajoutée de l’agriculture. L’indicateur de la FAOSTAT utilisé dans cette comparaison est calculé à partir des volumes de production et des prix payés aux producteurs, au niveau de l’exploitation agricole. Inde, États-Unis et Brésil: trois modèles différents L’Inde occupe la deuxième place avec environ 573 milliards de dollars. Ce résultat reflète une très grande base agricole, liée notamment à une population importante et à une grande diversité de cultures et de productions animales. Les États-Unis atteignent environ 451 milliards de dollars. Cette comparaison montre aussi pourquoi la valeur totale de la production ne suffit pas pour mesurer l’efficacité agricole. L’agriculture américaine se caractérise notamment par un niveau élevé de mécanisation, de technologie et de productivité, ainsi que par une importante capacité de stockage, de transformation et d’exportation. Le Brésil, avec environ 204 milliards de dollars, s’appuie de son côté sur de vastes superficies agricoles et sur une production importante de soja, maïs, viande, canne à sucre et autres grandes productions destinées notamment aux marchés internationaux. Il n’existe donc pas un seul modèle de puissance agricole : la Chine s’appuie sur le volume et la taille de son marché, les États-Unis sur la productivité et la technologie, le Brésil sur ses ressources naturelles et ses grandes filières agricoles, tandis que l’Inde combine volume et diversité. La Turquie: une puissance agricole régionale proche de la Tunisie La comparaison avec la Turquie est particulièrement intéressante pour la Tunisie. En 2024, la valeur de la production agricole turque atteint environ 92,4 milliards de dollars, soit près de 18 fois la valeur enregistrée par la Tunisie, estimée à environ 5,03 milliards de dollars. Cela ne signifie évidemment pas que l’agriculture turque est « 18 fois plus efficace » que l’agriculture tunisienne. La Turquie possède un territoire beaucoup plus vaste, une population plus importante, un marché intérieur considérable et une grande diversité climatique et agricole. Mais cette différence montre aussi que la Turquie a réussi à développer une importante chaîne agricole et agroalimentaire, allant de la production à la transformation et à l’exportation. C’est l’un des enseignements importants pour la Tunisie : la puissance agricole ne s’arrête pas au champ. Elle se prolonge dans tout ce qui se passe après la récolte. Et la Tunisie? Environ 5 milliards de dollars Selon les données 2024 de la FAOSTAT relatives à la valeur de la production agricole, la Tunisie atteint environ 5,03 milliards de dollars. Ce montant est très faible comparé à celui de la Chine, de l’Inde, des États-Unis ou du Brésil, et reste également très inférieur à celui de la Turquie. Mais cela ne signifie pas que l’agriculture tunisienne est marginale ou sans importance. Ce chiffre doit être interprété en tenant compte de la taille du territoire tunisien, de sa population et de ses ressources naturelles, et non uniquement à travers une comparaison absolue avec les plus grandes puissances agricoles du monde. La Tunisie dispose en effet de filières agricoles importantes, notamment l’olivier et l’huile d’olive, les dattes, les légumes, les produits de la pêche, les céréales et les productions animales. Le chiffre tunisien ne dit pas tout La difficulté commence lorsque la valeur de la production agricole est utilisée comme unique indicateur de la puissance d’un secteur. Un pays peut avoir une valeur de production élevée en raison de l’importance de ses superficies agricoles et de sa population, tandis qu’un autre peut avoir une valeur plus faible mais une productivité plus élevée ou des produits agricoles à forte valeur ajoutée. Pour la Tunisie, les questions importantes ne sont donc pas seulement: «Combien produisons-nous?» Il faut aussi demander: «Combien produisons-nous par hectare? Quelle valeur ajoutée créons-nous après la transformation? Combien exportons-nous? Combien d’emplois et de revenus créons-nous? Et quelle quantité d’eau faut-il pour produire une unité agricole?» Ces questions sont essentielles pour évaluer la véritable capacité de l’agriculture tunisienne. L’eau: un indicateur incontournable Pour la Tunisie, il est impossible d’évaluer la puissance agricole sans prendre en compte l’eau. Le pays fait face à des ressources hydriques limitées et à une pression croissante liée notamment à la sécheresse et au changement climatique. Dans ce contexte, augmenter simplement les volumes de production ne peut pas être
La saupe en Tunisie, une petite sentinelle de la Méditerranée

Actuagro La saupe en Tunisie, une petite sentinelle de la Méditerranée Par AgroHealth – De la «chelba» tunisienne aux herbiers de posidonie, l’histoire d’un poisson étroitement lié à la santé de nos côtes. Avec ses lignes jaunes qui parcourent son corps argenté, la saupe (Sarpa salpa) est facilement reconnaissable. En Tunisie, elle est notamment connue sous le nom de «chelba». Familière des pêcheurs et des côtes tunisiennes, cette espèce mérite pourtant qu’on s’y intéresse davantage. Car derrière ce poisson discret se raconte une histoire plus vaste, celle de nos fonds côtiers, de nos algues et surtout des herbiers de posidonie, véritables refuges de la vie marine méditerranéenne. Une habituée des petits fonds Présente en Méditerranée et dans l’Atlantique oriental, la saupe fréquente principalement les zones côtières peu profondes. Elle apprécie les fonds rocheux ou sableux riches en végétation et les prairies sous-marines de Posidonia oceanica. Elle peut atteindre environ 50 cm, même si les individus mesurent plus souvent autour de 30 cm. Son corps porte généralement une dizaine de lignes longitudinales dorées, qui lui donnent cette apparence si particulière. Mais ce qui la distingue surtout est son alimentation. Une véritable «brouteuse» de la mer À l’âge adulte, la saupe est essentiellement herbivore. Elle se nourrit d’algues et de végétation marine et fréquente les herbiers de posidonie. Les jeunes individus ont d’abord une alimentation davantage carnivore avant d’évoluer progressivement vers un régime végétal. Cette particularité explique pourquoi la saupe est souvent associée aux zones où la végétation marine est abondante. Elle vit généralement en bancs et peut se concentrer dans certains secteurs particulièrement favorables. Autrement dit, observer des saupes, c’est aussi observer un peu de l’environnement dans lequel elles vivent. Où la trouve-t-on en Tunisie? La saupe est signalée dans plusieurs régions du littoral tunisien, notamment dans le golfe de Tunis, le Sahel et le golfe de Gabès. Elle fait depuis longtemps partie des espèces présentes dans les pêcheries tunisiennes et dans la pêche artisanale. Sa présence dépend cependant des conditions locales, notamment de la température de l’eau, de la disponibilité des algues, de l’état des herbiers et de la pression de pêche. Pour la période de capture, les données méditerranéennes indiquent une activité principalement comprise entre le printemps et l’automne. En revanche, il serait imprudent de désigner une date précise comme «meilleure période» pour toute la Tunisie, car les conditions varient d’une région à l’autre. Dans le golfe de Tunis, la reproduction de la saupe a notamment été documentée en novembre et décembre. Une espèce liée à la posidonie La véritable histoire de la saupe commence peut-être avec la posidonie. Ces herbiers sous-marins constituent des habitats essentiels pour de nombreuses espèces méditerranéennes. Ils offrent nourriture, abri et zones de reproduction à une grande diversité d’organismes. La saupe dépend directement de cette végétation. Lorsque les herbiers se dégradent, c’est donc tout un équilibre écologique qui peut être affecté. La protéger ne signifie pas seulement protéger un poisson. Cela signifie aussi préserver les habitats qui permettent à de nombreuses espèces de vivre. Une question de santé aussi La saupe est consommée en Tunisie, mais elle mérite une attention particulière. De rares cas d’ichtyosarcotoxisme, une intoxication associée à la consommation de certains poissons, ont été rapportés dans plusieurs régions méditerranéennes, y compris en Tunisie. Cela ne signifie évidemment pas que la saupe est « toxique » en permanence. Le risque est lié à certaines conditions et justifie surtout une attention à la provenance, à la fraîcheur et aux règles sanitaires applicables aux produits de la pêche. Et combien de saupes la Tunisie a-t-elle pêchées en 2026? C’est une question à laquelle il faut répondre avec prudence. Les données publiques disponibles ne permettent pas, à ce stade, d’annoncer avec certitude un tonnage national de saupes débarquées en Tunisie durant toute l’année 2026. Les statistiques de pêche regroupent souvent les captures par grandes catégories plutôt que par espèce. Plutôt que d’avancer un chiffre incertain, cette absence de données détaillées rappelle une nécessité importante: mieux connaître les captures par espèce, par région et par saison est essentiel pour gérer durablement les ressources marines. La saupe, un petit poisson qui raconte beaucoup La saupe n’a peut-être pas la renommée du thon rouge ou de la dorade royale. Pourtant, elle raconte une histoire essentielle. Elle nous parle des algues, des herbiers de posidonie, des pêcheurs, de la qualité des habitats côtiers et, plus largement, des changements qui touchent la Méditerranée. Son avenir ne dépend donc pas uniquement de la quantité de poissons que nous pouvons capturer. Il dépend surtout de l’état de la mer dans laquelle elle vit. Pour AgroHealth, la saupe rappelle une réalité simple: Pour que ces informations soient véritablement utiles aux pêcheurs, aux scientifiques, aux gestionnaires des ressources marines ainsi qu’aux consommateurs, un suivi régulier permettrait de répondre à trois questions essentielles: Où les plus grandes quantités de saupes sont-elles pêchées? À quelles périodes? Et quelle est la taille moyenne des poissons capturés? pour avoir des poissons en bonne santé et une alimentation marine sûre, il faut d’abord prendre soin de la mer. À suivre… Lire également La Posidonie, la mémoire verte de la Méditerranée: un trésor sous-marin que la Tunisie doit protéger Les poissons de Tunisie: entre richesse marine, alimentation saine et défis de durabilité Thon rouge en Tunisie: une richesse nationale qui échappe à l’assiette du consommateur? Le «or rouge» de la Méditerranée : La crevette rouge tunisien au cœur de la controverse La damassa de Kerkennah: quand la mémoire de la mer devient un patrimoine vivant (Vidéo et album photos) Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Pr. Dhia Bouktila – Le Cap Bon, un jardin entre deux golfes [La Tunisie fertile (4)] août 25, 2026/Agrohealth Zouhaïr Ben Amor: Cultiver la valeur plutôt que l’eau, quelles cultures commerciales pour une Tunisie sous contrainte hydrique? août 22, 2026/Agrohealth
COP17: restaurer les terres pour protéger l’agriculture et notre alimentation

Actuagro COP17: restaurer les terres pour protéger l’agriculture et notre alimentation Par AgroHealth – À Oulan-Bator, la lutte contre la désertification rappelle une réalité essentielle: avant de nourrir les populations, l’agriculture a besoin de terres vivantes, de sols fertiles et d’une eau disponible. Une terre qui s’appauvrit ne perd pas seulement sa couleur ou sa fertilité. Elle perd progressivement sa capacité à retenir l’eau, à nourrir les plantes et, finalement, à faire vivre celles et ceux qui en dépendent. C’est cette réalité qui se trouve au cœur de la 17e Conférence des Parties de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (COP17), organisée du 17 au 28 août 2026 à Oulan-Bator, en Mongolie. Placée sous le thème «Restaurer les terres, restaurer l’espoir», la conférence réunit les représentants de 197 Parties autour d’un enjeu devenu mondial: comment restaurer les terres dégradées et rendre les territoires plus résistants aux sécheresses et aux changements climatiques? Quand la terre perd sa capacité à nourrir À l’échelle mondiale, le constat est préoccupant. Selon les données présentées par l’UNCCD, jusqu’à 40 % des terres de la planète sont dégradées, une situation qui affecte environ 3,2 milliards de personnes. Chaque année, au moins 100 millions d’hectares de terres productives seraient également perdus sous l’effet de la dégradation des terres. Derrière ces chiffres se trouvent des réalités très concrètes. Un sol érodé produit moins. Un sol pauvre en matière organique retient moins bien l’eau. Une terre fortement dégradée devient plus vulnérable aux épisodes de sécheresse et aux fortes pluies. Pour l’agriculteur, cela peut se traduire par des rendements plus faibles, des coûts de production plus élevés et une plus grande incertitude d’une saison à l’autre. La désertification n’est donc pas seulement une crise environnementale. Elle touche directement l’agriculture, les revenus ruraux et la sécurité alimentaire. Redonner vie aux sols C’est pourquoi la santé des sols occupe une place importante dans les discussions de la COP17. Un sol vivant n’est pas simplement un support dans lequel pousse une plante. C’est un écosystème complexe où interagissent matière organique, microorganismes, eau, air et racines. Sa qualité influence directement la capacité des cultures à résister aux périodes de stress hydrique et à utiliser efficacement les ressources disponibles. La restauration des terres agricoles cherche ainsi à aller au-delà de la simple lutte contre l’érosion. Elle consiste à retrouver des sols capables de fonctionner, de retenir l’eau et de soutenir durablement la production agricole. Cette approche rapproche naturellement les questions environnementales et agricoles. Protéger les sols, c’est aussi protéger les récoltes futures. L’eau, l’autre visage de la dégradation Dans les régions sèches et semi-arides, la question des sols est indissociable de celle de l’eau. Un sol dégradé peut perdre une partie de sa capacité à infiltrer et à conserver l’eau. Lorsque les pluies deviennent irrégulières, cette fragilité se transforme rapidement en problème agricole. La Tunisie est particulièrement concernée par cette équation. Selon les données de la FAO, les terres agricoles représentaient environ 62,4% du territoire tunisien en 2021, tandis que l’agriculture comptait pour 58,7% des prélèvements d’eau par rapport aux ressources renouvelables disponibles en 2020. Mais au-delà des statistiques, une réalité géographique s’impose: l’eau n’est pas répartie uniformément sur le territoire. La majeure partie des eaux de surface se concentre dans le Nord, alors que les régions méridionales disposent de ressources beaucoup plus limitées. Dans ce contexte, améliorer la santé des sols peut devenir une partie de la réponse. Mieux conserver chaque goutte d’eau dans le sol, c’est aussi donner davantage de chances à la culture de traverser une période sèche. L’agriculteur au cœur de la transition La restauration des terres ne pourra cependant pas réussir sans les agriculteurs. Derrière chaque changement de pratique, il y a une exploitation, une famille, des investissements et parfois plusieurs générations de savoir-faire. Demander aux agriculteurs de transformer leurs pratiques sans accompagnement technique ou financier serait donc insuffisant. La transition doit au contraire leur permettre de réduire les risques tout en maintenant leur capacité à produire. Gestion raisonnée de l’eau, protection contre l’érosion, amélioration de la matière organique des sols, diversification des cultures, pratiques agricoles adaptées aux conditions climatiques ou encore restauration des parcours: les solutions peuvent être différentes d’une région à l’autre. Il n’existe pas une seule manière de restaurer une terre. Il faut partir du sol, du climat, de l’eau et des réalités de chaque territoire. Les parcours, une richesse souvent invisible La COP17 accorde également une attention particulière aux parcours et au pastoralisme, notamment dans le cadre de l’Année internationale des parcours et des pasteurs en 2026. Ces espaces sont parfois perçus comme des terres «vides». Ils jouent pourtant un rôle essentiel dans les territoires arides et semi-arides. Ils nourrissent les troupeaux, abritent une biodiversité importante et participent à l’équilibre des écosystèmes. Une mauvaise gestion peut favoriser leur dégradation. À l’inverse, une gestion adaptée peut contribuer à préserver les ressources naturelles et les moyens de subsistance des communautés pastorales. Pour les pays méditerranéens, cette question prend une dimension particulière. Protéger les parcours, c’est aussi protéger une partie de l’économie rurale et du patrimoine des territoires. Restaurer aujourd’hui pour produire demain L’un des messages importants de la COP17 est finalement assez simple: il vaut mieux prévenir la dégradation des terres que tenter de réparer des sols déjà fortement dégradés. Cela suppose de mieux observer les territoires, d’anticiper les sécheresses, de renforcer les systèmes d’alerte, d’améliorer la gestion de l’eau et de soutenir les pratiques agricoles capables de préserver les ressources naturelles. Mais une telle transformation nécessite des moyens. Le financement de la restauration des sols et la transformation des systèmes alimentaires figurent ainsi parmi les sujets importants discutés lors de cette COP17. Car restaurer une terre demande du temps, des connaissances et des investissements. Les résultats ne sont pas toujours visibles immédiatement, alors que les dépenses, elles, le sont. Et pour la Tunisie? Pour la Tunisie, les discussions de la COP17 résonnent directement avec les défis rencontrés dans plusieurs régions du pays. La raréfaction de l’eau, les épisodes de sécheresse, l’érosion
L’argile nanométrique liquide peut-elle rendre les sols sableux plus favorables à l’agriculture?

Actuagro L’argile nanométrique liquide peut-elle rendre les sols sableux plus favorables à l’agriculture? Par AgroHealth – De la capacité des sols sableux à mieux retenir l’eau et les nutriments à la réduction des besoins en irrigation, la technologie Liquid NanoClay (LNC) ouvre une nouvelle piste pour l’agriculture dans les régions arides. Mais entre les promesses et les résultats scientifiques, chaque expérience doit être évaluée selon ses propres conditions, notamment dans les régions confrontées au manque d’eau et à la dégradation des sols. Face à la sécheresse, à la dégradation des terres et à l’augmentation des besoins en eau, l’agriculture des régions sèches cherche aujourd’hui des solutions qui ne reposent pas uniquement sur l’augmentation des volumes d’irrigation. Le problème n’est pas toujours la quantité d’eau disponible. Il concerne aussi la capacité du sol à retenir cette eau et à la maintenir accessible aux racines des plantes. C’est dans ce contexte qu’est apparue la technologie Liquid NanoClay (LNC), également appelée Liquid Natural Clay. Elle a été développée par l’entreprise norvégienne spécialisée dans les technologies agricoles Desert Control. Son principe est relativement simple. Il consiste à utiliser de l’argile naturelle sous une forme permettant de la répartir dans les sols sableux afin d’améliorer certaines de leurs propriétés physiques et leur capacité à retenir l’eau. Quand mieux retenir l’eau devient une partie de la solution Les sols sableux possèdent généralement de grands espaces entre leurs particules et une forte capacité d’infiltration. L’eau peut ainsi pénétrer rapidement en profondeur, parfois au-delà de la zone où les racines peuvent l’utiliser. Les nutriments et les engrais peuvent également être entraînés avec l’eau. Cette perte peut augmenter les coûts de production et obliger les agriculteurs à irriguer et à fertiliser davantage. La technologie LNC consiste à mélanger l’argile avec de l’eau selon un procédé spécifique, puis à appliquer ce mélange sur le sol à l’aide de systèmes d’irrigation ou d’autres méthodes de distribution. Les fines particules d’argile pénètrent alors dans les espaces entre les grains de sable. Elles s’y fixent et modifient une partie des caractéristiques du sol. Selon une revue scientifique publiée en 2024 dans la revue Soil Systems, le traitement peut généralement atteindre une profondeur de 30 à 60 centimètres, une zone importante pour les racines de nombreuses cultures. L’étude indique également que l’application peut être réalisée en environ sept heures. Mais l’expression «transformer le sable en sol fertile en sept heures» doit être utilisée avec prudence. Les sept heures correspondent principalement au temps nécessaire pour appliquer le traitement et atteindre la zone ciblée du sol. Elles ne signifient pas qu’un sol agricole complet se forme en quelques heures. La formation d’un sol fertile implique également de la matière organique, des microorganismes, des nutriments et une activité biologique. Que fait réellement cette technologie? L’objectif de la LNC n’est pas de créer un nouveau sol à partir du sable. Il s’agit plutôt d’améliorer la capacité du sol sableux à retenir l’eau et les nutriments. Lorsque les particules d’argile se fixent aux grains de sable, la structure des espaces présents dans le sol est modifiée. L’eau peut alors rester plus longtemps dans la zone où se trouvent les racines, au lieu de s’infiltrer rapidement vers les couches plus profondes. Cette caractéristique peut être particulièrement intéressante dans les régions arides et semi-arides, où chaque goutte d’eau représente une ressource à la fois économique et environnementale. Une revue scientifique récente indique que l’utilisation d’argile nanométrique dans les sols sableux pourrait améliorer la rétention de l’eau et réduire certaines pertes de nutriments, avec un potentiel pour favoriser la croissance des plantes dans les environnements secs. Cependant, les chercheurs soulignent également la nécessité de poursuivre les études afin de mieux évaluer les avantages, les limites, les coûts et les éventuels impacts environnementaux de cette technologie. La technologie permet-elle vraiment d’économiser l’eau? C’est l’une des questions les plus importantes pour l’agriculture des régions sèches. Certaines données issues d’applications de terrain de la technologie LNC indiquent que les économies d’eau d’irrigation peuvent atteindre environ 47 % dans certains cas. ’entreprise Desert Control présente également différents résultats, qui varient selon les sites, les cultures et les systèmes agricoles. Mais ce chiffre ne doit pas être considéré comme une règle générale. Cela ne signifie pas que toutes les exploitations utilisant la LNC réduiront leur consommation d’eau de 47%. Les économies dépendent notamment du type de sol, de la culture, du climat, du système d’irrigation, de la profondeur des racines et de la manière dont la parcelle est gérée. La formulation scientifique la plus prudente est donc la suivante: «Certaines expériences ont montré des économies d’eau d’irrigation pouvant atteindre environ 47%». Il serait en revanche incorrect d’affirmer que « la technologie permet d’économiser 47% de l’eau » dans toutes les situations. Et pour les rendements agricoles? La prudence est encore plus importante lorsqu’il est question de rendement. Des informations diffusées sur les réseaux sociaux évoquent parfois une augmentation de la production pouvant atteindre 62% après l’utilisation de l’argile nanométrique liquide. Ce chiffre apparaît effectivement dans certaines présentations de Desert Control. L’entreprise rapporte des résultats différents selon les cultures et les sites, avec une augmentation du rendement pouvant atteindre 62 % dans certaines applications. Mais ce résultat ne doit pas être présenté comme une moyenne mondiale ni comme un résultat applicable à toutes les cultures. Dans d’autres expériences documentées, les résultats sont différents. Par exemple, Desert Control a annoncé une expérimentation sur des palmiers aux Émirats arabes unis ayant enregistré une économie d’eau de 47% et une augmentation du rendement de 8%, ainsi qu’une amélioration de 21% de la qualité des fruits classés. Ces différences montrent que le rendement dépend de nombreux facteurs agricoles et environnementaux. Il n’est donc pas scientifiquement correct d’affirmer que la technologie Liquid NanoClay augmente généralement les rendements de 62%. Combien de temps le traitement reste-t-il efficace? Parmi les avantages associés à cette technologie figure la possibilité
Tomates d’été: les bons gestes pour préserver leur goût et leur fraîcheur

Actuhealth Tomates d’été: les bons gestes pour préserver leur goût et leur fraîcheur Par AgroHealth – En été, les tomates peuvent rapidement perdre leur goût et leur texture lorsqu’elles sont mal conservées. Entre le froid du réfrigérateur et la chaleur du plan de travail, un endroit simple de la cuisine peut pourtant aider à préserver leur fraîcheur plus longtemps. La tomate, un fruit sensible après la récolte Rouge, parfumée et gorgée d’eau, la tomate est l’un des incontournables de l’été. Mais une fois récoltée ou achetée, elle reste un fruit vivant. Sa maturation se poursuit et les conditions dans lesquelles elle est conservée influencent directement sa texture, son goût et sa durée de vie. Le premier réflexe consiste souvent à la placer au réfrigérateur. Pourtant, le froid peut altérer ses qualités organoleptiques. En dessous d’environ 10 °C, la tomate peut subir des dommages liés au froid. Sa chair devient progressivement moins agréable en bouche et ses arômes s’atténuent. Une fois sortie du réfrigérateur, elle ne retrouve pas nécessairement toutes ses qualités initiales. À l’inverse, laisser les tomates sur un plan de travail exposé à la chaleur, au soleil ou à proximité du four peut accélérer leur maturation. En été, quelques degrés supplémentaires peuvent ainsi raccourcir leur durée de conservation. Le meilleur compromis: un endroit frais, sec et à l’ombre Pour les tomates mûres, la meilleure solution consiste généralement à privilégier un endroit tempéré, sombre et correctement ventilé, loin des sources de chaleur et de la lumière directe. Un placard bas, un garde-manger ou, lorsque les conditions s’y prêtent, un cellier peuvent constituer de bonnes options. L’objectif n’est pas de créer un environnement froid, mais plutôt d’éviter les fortes variations de température. Les tomates peuvent être disposées dans un panier ou une cagette ajourée, idéalement en une seule couche. Cette disposition limite les pressions entre les fruits et permet à l’air de circuler. La température idéale dépend notamment du degré de maturité et des conditions de la pièce. Pour une consommation dans les prochains jours, un environnement tempéré autour de 18 à 22 °C, à l’abri du soleil, constitue une bonne référence. Dans un espace plus frais, la maturation peut être ralentie, mais il faut éviter les températures trop basses. Toutes les tomates ne se conservent pas de la même manière Le degré de maturité au moment de l’achat joue un rôle essentiel. Une tomate déjà très mûre doit être consommée rapidement, tandis qu’une tomate encore ferme peut supporter quelques jours supplémentaires dans un endroit adapté. Il est également préférable de ne pas laver les tomates avant leur stockage. L’humidité présente à leur surface peut favoriser le développement de moisissures. Le lavage peut donc être effectué juste avant leur consommation. La manipulation compte aussi. Les chocs et les zones écrasées accélèrent la dégradation du fruit. Une tomate présentant une partie très molle ou abîmée doit être séparée des autres afin de limiter la propagation des altérations. Attention à l’éthylène La tomate produit naturellement de l’éthylène, un gaz qui intervient dans le processus de maturation. Elle peut également être sensible à l’éthylène libéré par certains autres fruits. C’est notamment le cas des pommes et des bananes. Les placer ensemble dans un espace fermé peut donc accélérer la maturation. Si plusieurs fruits sont déjà bien mûrs, mieux vaut les surveiller régulièrement et organiser leur consommation. Une tomate légèrement abîmée mérite également une attention particulière. La retirer rapidement du panier permet d’éviter qu’elle ne détériore les fruits voisins. Et pendant une forte canicule? Lorsque la température intérieure devient exceptionnellement élevée, la règle peut être adaptée. Une tomate très mûre qui risque de se dégrader rapidement peut être placée temporairement au réfrigérateur. Cette solution reste cependant un compromis. Pour préserver au mieux sa texture et ses arômes, il est préférable de la sortir du froid un peu avant de la consommer et de la laisser revenir progressivement à température ambiante. Pour les tomates encore fermes, il vaut généralement mieux privilégier l’endroit le plus frais et le plus sombre de la maison plutôt que de les exposer directement à une chaleur importante. Quelques gestes simples pour prolonger leur fraîcheur Conserver correctement les tomates ne demande finalement ni équipement particulier ni technique complexe. Un endroit adapté, une bonne circulation de l’air et une surveillance régulière peuvent déjà réduire les pertes. L’idée est simple: éviter le froid excessif, la chaleur directe, l’humidité et les chocs. En été, le meilleur emplacement n’est donc pas forcément celui que l’on voit le plus. Un placard bas, un garde-manger ou un cellier tempéré, à l’écart des fenêtres et des appareils de cuisson, peut offrir aux tomates des conditions plus favorables pour conserver leur goût et leur texture pendant quelques jours. Pour AgroHealth, cette question dépasse d’ailleurs la simple conservation d’un fruit. Bien stocker les aliments, c’est aussi apprendre à mieux respecter leur qualité et à limiter le gaspillage alimentaire, jusque dans les gestes les plus quotidiens. Sources University of California, Davis – Postharvest Technology Center, travaux sur les effets du froid et la conservation post-récolte des tomates. Marmiton, conseils de conservation des tomates et recommandations concernant leur emplacement dans la cuisine. Jardiner Malin, conseils pratiques sur la conservation et la maturation des tomates. Lire également الطماطم المبرجة… un trésor du patrimoine agricole Tunisien à préserver Tomate en Tunisie: une filière stratégique au cœur de l’agriculture nationale Tomate séchée: le potentiel encore sous-exploité de la Tunisie Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Zouhaïr Ben Amor: La compétition entre espèces, une force destructrice ou un moteur caché de la biodiversité? août 6, 2026/Agrohealth Pr. Dhia Bouktila – Béja, le grenier vivant de la Tunisie: une terre, une mémoire, des gènes [La Tunisie fertile… août 4, 2026/Agrohealth Le caroubier: un arbre d’avenir pour les régions méditerranéennes juillet 29, 2026/Agrohealth Dr Fatma