Élevage équin: le cheval tunisien peut-il enfin devenir une véritable filière agricole?

Élevage Élevage équin: le cheval tunisien peut-il enfin devenir une véritable filière agricole? Par AgroHealth – En Tunisie, le cheval galope, mais la filière, elle, avance encore au pas. Derrière l’image prestigieuse du pur-sang arabe, du Barbe ou du cheval de fantasia se cache pourtant une activité qui mobilise l’agriculture, les fourrages, la génétique, la médecine vétérinaire, la formation et toute une économie de services. La Tunisie dispose d’un patrimoine équin exceptionnel et d’une longue expérience de sélection. Mais entre patrimoine à préserver et filière économique à développer, le pas reste à franchir. Un patrimoine qui est aussi une activité agricole L’élevage équin tunisien ne date pas d’hier. La création du Haras de Sidi Thabet remonte à 1866, tandis que les chevaux tunisiens sont inscrits au Stud-Book depuis 1896. La Fondation nationale d’amélioration de la race chevaline (FNARC), créée en 1988, assure aujourd’hui des missions qui vont bien au-delà de la conservation patrimoniale : développement de l’élevage, encadrement des éleveurs, amélioration génétique, tenue des livres généalogiques et organisation de la monte publique. La Tunisie dispose notamment de plusieurs races suivies par la FNARC: Pur-Sang Arabe, Pur-Sang Anglais, Barbe, Arabe-Barbe, Anglo-Arabe et Poney des Mogods. Des structures publiques comme les haras de Sidi Thabet et d’El Battan, ainsi que des stations de monte réparties dans plusieurs régions, constituent une infrastructure génétique et reproductive précieuse. Mais le véritable enjeu est désormais de transformer ce patrimoine en chaîne de valeur agricole. Du fourrage au cheval: une économie largement sous-estimée Élever un cheval, ce n’est pas seulement posséder un animal de valeur. C’est produire ou acheter des fourrages, assurer une alimentation équilibrée, disposer d’infrastructures adaptées, suivre la reproduction, assurer les soins vétérinaires, identifier les animaux et accompagner leur croissance. Autrement dit, le développement de l’élevage équin peut créer des débouchés pour d’autres activités agricoles : production de foin, paille, céréales et aliments complémentaires, sans oublier les services liés à la santé animale et à la reproduction. C’est précisément là que l’élevage équin rejoint la ligne éditoriale d’AgroHealth: la performance d’un cheval commence dans son alimentation et dans la qualité de son environnement. Une mauvaise ration, une carence minérale, une eau de qualité insuffisante ou un défaut de suivi sanitaire peuvent affecter la croissance, la reproduction et les performances de l’animal. Le cheval devient ainsi un révélateur d’un problème plus large : comment passer d’un élevage fondé sur la passion à un élevage davantage professionnalisé ? La génétique: le véritable capital de la filière La richesse équine tunisienne réside également dans son patrimoine génétique. Le Pur-Sang Arabe de Tunisie bénéficie d’une longue tradition de sélection à Sidi Thabet. Quant au Barbe et à l’Arabe-Barbe, ils constituent des composantes majeures du patrimoine équin nord-africain. Cette richesse génétique n’est pas seulement culturelle. Elle peut avoir une valeur économique directe. La sélection des reproducteurs, la traçabilité des lignées, l’identification des performances et la qualité des poulains sont autant de facteurs qui déterminent la valeur d’un élevage. La FNARC organise d’ailleurs encore aujourd’hui des ventes annuelles de chevaux Pur-Sang Arabe et Pur-Sang Anglais, preuve qu’il existe déjà un marché structuré autour de certains segments de la filière. L’enjeu est donc de mieux valoriser cette génétique tunisienne, tout en évitant que la recherche de performance se fasse au détriment de la diversité et de la conservation des races locales. Santé et alimentation: le maillon décisif Le développement d’une filière équine ne peut toutefois pas reposer uniquement sur la génétique ou le marché. Le cheval est un animal particulièrement exigeant en matière de conduite et de suivi. Son alimentation doit être adaptée à son âge, son activité et son état physiologique. La prévention sanitaire, la reproduction, les vaccinations, le suivi vétérinaire et les soins des pieds constituent des postes essentiels. Dans un contexte tunisien marqué par la pression sur les ressources naturelles et le coût croissant des intrants agricoles, la question de l’alimentation devient stratégique. Produire davantage de fourrages de qualité localement pourrait ainsi constituer l’un des leviers d’une filière équine plus autonome. Cette approche créerait simultanément des débouchés agricoles et réduirait la dépendance à certains aliments ou intrants importés. Du cheval à l’emploi rural Le potentiel économique du cheval dépasse largement l’élevage. Autour de l’animal gravitent des métiers et des activités : vétérinaires, maréchaux-ferrants, soigneurs, cavaliers, entraîneurs, éducateurs, transporteurs, fabricants d’équipements, centres équestres et organisateurs de manifestations. La FNARC considère elle-même le sport et le tourisme équestres parmi les domaines liés au développement de la filière. Dans les zones rurales, cette économie pourrait prendre une dimension supplémentaire. Randonnées, tourisme rural, spectacles équestres, valorisation des traditions locales et centres de formation peuvent contribuer à diversifier les revenus agricoles. Le cheval peut donc devenir un outil de diversification économique des territoires ruraux, à condition que les activités soient organisées et professionnalisées. Le prochain défi: structurer une véritable filière La question n’est finalement pas de savoir si la Tunisie possède des chevaux. Elle en possède. Elle dispose également d’une histoire, de races reconnues, de structures spécialisées et d’un savoir-faire. La vraie question est: peut-elle transformer cet ensemble en filière économique intégrée? Cela suppose une meilleure organisation des éleveurs, une identification et une traçabilité systématiques, une politique ambitieuse d’amélioration génétique, une production accrue de fourrages, un accompagnement sanitaire renforcé et une meilleure valorisation commerciale des chevaux tunisiens. Il faudrait également rapprocher davantage les mondes de l’élevage, de l’agriculture, de la médecine vétérinaire, du tourisme et du sport. Le cheval, un nouvel atout agricole? La Tunisie n’a peut-être pas besoin de produire davantage de chevaux à tout prix. Elle doit surtout produire mieux, sélectionner mieux et valoriser mieux. Le véritable potentiel de l’élevage équin se trouve dans cette chaîne complète : terre → fourrage → alimentation → santé → génétique → élevage → formation → sport → tourisme → valeur économique. Le cheval tunisien ne doit donc plus être regardé uniquement comme un symbole de prestige ou comme un élément du patrimoine national. Il
Eau potable: peut-on encore parler de sécurité sanitaire quand l’eau devient une denrée sous tension?

Actuhealth Eau potable: peut-on encore parler de sécurité sanitaire quand l’eau devient une denrée sous tension? Par AgroHealth – En Tunisie, l’eau n’est plus seulement une ressource qu’il faut économiser. Elle devient progressivement une question de santé publique. Les coupures d’eau, les difficultés d’approvisionnement en eau minérale, le recours croissant à l’eau filtrée et l’apparition de solutions domestiques de traitement témoignent d’un changement profond dans les habitudes des consommateurs. Dans ce contexte de tension hydrique, une question devient incontournable: comment garantir que l’eau que nous buvons reste sûre, du réseau jusqu’au verre? Quand l’accès à l’eau devient incertain La situation actuelle est paradoxale. D’un côté, la Tunisie dispose d’un système public de production et de distribution d’eau potable soumis à des contrôles sanitaires. De l’autre, les perturbations de l’approvisionnement se multiplient dans plusieurs régions, notamment durant cet été marqué par de fortes chaleurs. La SONEDE indique que l’eau produite fait l’objet de contrôles bactériologiques et physico-chimiques. En 2023, ses laboratoires ont réalisé 57 504 analyses bactériologiques, dont 97,9% des échantillons analysés étaient conformes aux normes tunisiennes et aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. Mais une eau potable ne doit pas seulement être sûre au moment où elle quitte la station de traitement. Elle doit le rester tout au long de son parcours jusqu’au consommateur. Or, lorsque les coupures se prolongent, les ménages peuvent être amenés à stocker davantage d’eau, à utiliser des réservoirs ou à chercher des sources alternatives. C’est précisément à ce niveau que la question sanitaire devient plus complexe. Le stockage domestique: le maillon souvent oublié Lorsqu’une coupure survient, le réflexe est compréhensible: remplir des bouteilles, des bidons ou des réservoirs pour disposer d’une réserve. Mais une eau initialement potable peut voir sa qualité se dégrader si elle est conservée dans de mauvaises conditions. Les récipients doivent être propres, fermés et adaptés au stockage de l’eau destinée à la consommation. Leur exposition prolongée à la chaleur ou au soleil est également à éviter. Le problème ne concerne donc pas uniquement la qualité de l’eau distribuée. Il concerne aussi ce que nous faisons de cette eau après l’avoir reçue. Dans un contexte de pénurie, cette dimension mérite une communication sanitaire beaucoup plus importante: comment nettoyer un réservoir? Combien de temps conserver une eau dans une bouteille ouverte? Quels récipients utiliser? Que faire lorsqu’une eau présente une couleur, une odeur ou un goût inhabituel? Autant de questions qui peuvent devenir essentielles lorsque les interruptions d’approvisionnement deviennent fréquentes. L’eau filtrée, une réponse qui pose ses propres questions La pénurie a également favorisé l’apparition et le développement de solutions alternatives. Des camions proposant de l’eau filtrée sont ainsi devenus plus visibles dans certaines zones, alors que les consommateurs cherchent des solutions face aux perturbations de l’approvisionnement. Cette évolution soulève naturellement des interrogations sur l’origine de l’eau, ses conditions de traitement, de transport et de stockage ainsi que sur le contrôle sanitaire. Parallèlement, les systèmes de filtration domestique connaissent un intérêt croissant. Les osmoseurs, notamment, apparaissent comme une solution séduisante pour les ménages inquiets de la qualité de leur eau. Mais un dispositif de traitement n’est pas automatiquement synonyme d’eau plus sûre. Son efficacité dépend notamment de la qualité et de l’entretien de l’installation, du remplacement des filtres et du respect des recommandations du fabricant. Un appareil mal entretenu peut devenir lui-même un problème sanitaire. Autrement dit, filtrer l’eau ne doit jamais signifier cesser de contrôler l’eau. Eau en bouteille: la fausse sécurité? Face aux coupures du réseau, beaucoup de Tunisiens se tournent naturellement vers l’eau minérale embouteillée. Mais la pénurie actuelle montre également la fragilité de cette solution. Les tensions sur le marché de l’eau embouteillée ont été signalées ces dernières semaines, alors que la demande augmente fortement en période de chaleur et de perturbations de l’approvisionnement. Cette situation peut favoriser de mauvaises pratiques: stockage prolongé, exposition à des températures élevées, achat auprès de circuits insuffisamment contrôlés ou conservation de bouteilles dans des conditions inappropriées. La sécurité sanitaire ne s’arrête donc pas à l’usine d’embouteillage. En juillet, les services de contrôle de l’Instance nationale de sécurité sanitaire des produits alimentaires ont d’ailleurs saisi plus de 63 000 litres d’eau minérale stockés dans des conditions considérées comme problématiques. Ce chiffre rappelle une réalité essentielle: une eau conditionnée n’est pas à l’abri des risques liés à son stockage et à sa distribution. Le danger des «solutions de fortune» Lorsque l’eau manque, les consommateurs peuvent être tentés de trouver des solutions improvisées. C’est probablement l’un des aspects les plus préoccupants de la crise actuelle. Des informations ont récemment circulé en Tunisie autour de l’utilisation de l’eau provenant des climatiseurs. Or cette eau, issue de la condensation de l’air, ne doit pas être considérée comme une eau potable. Elle peut être contaminée par des poussières, des microorganismes ou des éléments présents dans les circuits de l’appareil. De même, l’eau provenant d’un puits, d’une source ou d’un circuit informel ne doit pas être considérée comme potable simplement parce qu’elle paraît claire ou qu’elle est consommée traditionnellement. Un expert avait déjà alerté, en juin, sur les risques sanitaires liés à la consommation d’eau provenant de circuits informels, notamment parce que ces eaux échappent aux contrôles réguliers de potabilité. La transparence visuelle de l’eau n’est donc jamais une garantie sanitaire. Une question qui dépasse le robinet La crise hydrique pose enfin une question plus large à AgroHealth: que se passe-t-il lorsque l’insécurité hydrique devient une composante de l’insécurité alimentaire? L’eau est indispensable non seulement pour boire, mais aussi pour laver les fruits et légumes, préparer les repas, assurer l’hygiène dans les cuisines, alimenter les établissements de restauration, abreuver les animaux et maintenir les conditions sanitaires de nombreuses activités agricoles et agroalimentaires. Une tension durable sur l’eau peut donc produire des effets en cascade: agriculture, élevage, industrie alimentaire, restauration, nutrition et santé publique. La sécurité sanitaire de l’eau doit ainsi être pensée comme une chaîne:
Lait en Tunisie: après l’alerte de l’eau, faut-il se préparer à une nouvelle tension?

Actuagro Lait en Tunisie: après l’alerte de l’eau, faut-il se préparer à une nouvelle tension? Par AgroHealth – La crise de l’eau en bouteille aura eu au moins une vertu: rappeler brutalement qu’un produit considéré comme acquis peut devenir, en quelques jours, difficile à trouver. Le lait pourrait-il connaître demain le même scénario? La question mérite d’être posée, non pour annoncer une pénurie imminente, mais parce que la filière laitière tunisienne accumule depuis plusieurs années des fragilités qui, combinées à la sécheresse, au manque d’eau et au coût de l’alimentation animale, pourraient rendre les prochains mois plus délicats. La Tunisie vient de vivre une séquence révélatrice avec les tensions sur l’eau minérale en bouteille. Des perturbations de production liées notamment aux coupures d’électricité, une forte demande estivale et des difficultés de distribution ont rapidement créé un sentiment de pénurie. Les autorités ont dû intervenir dans certaines régions pour remettre des volumes supplémentaires sur le marché. Le lait appartient à une autre catégorie de produits, mais il présente une caractéristique commune : il dépend d’une chaîne continue, dans laquelle la moindre rupture peut rapidement se répercuter jusqu’au consommateur. Une filière déjà sous pression La première fragilité se situe à la ferme. Selon des données rapportées en mai 2026, le cheptel de vaches laitières est passé de 458 000 têtes en 2013 à environ 339 000 en 2025. Cette contraction de 26 % est particulièrement préoccupante pour une filière qui doit assurer quotidiennement l’approvisionnement des centrales laitières. Dans le même temps, la sécheresse pèse sur les ressources fourragères. La Tunisie a connu plusieurs années consécutives de déficit pluviométrique, alors que l’éleveur doit continuer à nourrir et abreuver son troupeau, quelles que soient les conditions climatiques. Le problème devient alors économique: moins d’eau, plus de dépenses d’alimentation, des animaux moins performants et une rentabilité qui se dégrade. Des professionnels du secteur estiment que le litre acheté à l’éleveur reste inférieur à son coût réel de production. Une estimation rapportée fin 2025 situait le prix payé au producteur autour de 1,34 à 1,40 dinars, contre un coût pouvant atteindre 1,70 à 1,90 dinars par litre. D’autres responsables du secteur réclament une revalorisation du prix à la production afin de préserver le cheptel. Lorsque l’éleveur travaille durablement à perte, la conséquence n’est pas seulement financière: il réduit son troupeau, renonce au renouvellement des vaches ou quitte progressivement l’activité. La vraie menace pour le lait tunisien n’est donc pas une rupture brutale. C’est l’érosion lente de la capacité de production. Le facteur eau: le grand angle mort On parle beaucoup de l’eau potable. Beaucoup moins de l’eau nécessaire pour produire notre alimentation. Une vache laitière ne produit pas du lait à partir de rien. Elle a besoin d’eau pour boire, mais également de fourrages et d’aliments dont la production dépend elle-même des ressources hydriques. Dans un pays confronté au stress hydrique, la question devrait donc être posée autrement : combien de litres de lait pouvons-nous durablement produire avec les ressources en eau dont dispose la Tunisie? Cette question ouvre un nouveau chantier pour l’agriculture tunisienne. Il ne s’agit pas nécessairement de produire davantage de fourrage irrigué. Il faut surtout produire mieux avec moins d’eau: sélectionner des cultures fourragères adaptées au climat, améliorer l’irrigation, valoriser les sous-produits agricoles et développer des rations alimentaires plus efficaces. L’Office de l’élevage et des pâturages (OEP), placé sous la tutelle du ministère de l’Agriculture, a précisément pour mission de contribuer au développement et à la promotion de l’élevage et des pâturages. La prochaine révolution de la filière pourrait donc être moins une révolution de volume qu’une révolution de productivité par litre d’eau consommé. L’industrie doit changer de modèle Pour les industriels, le premier réflexe en période de tension consiste généralement à chercher davantage de matière première. Mais cette logique atteint rapidement ses limites lorsque la production nationale diminue. Il faut donc passer d’une logique de réaction à une logique de prévention. La constitution de stocks de régulation existe déjà. En 2025, le stock de lait frais stérilisé avait été fixé à 19,7 millions de litres afin d’absorber les fluctuations saisonnières entre les périodes de forte et de faible lactation. Mais demain, ce mécanisme pourrait être modernisé. Pourquoi ne pas créer un indice national d’alerte lait, actualisé chaque semaine, combinant quatre indicateurs: disponibilité du lait cru, état du cheptel, stocks industriels et prévisions climatiques? Lorsque deux ou trois indicateurs passent au rouge, les industriels, les distributeurs et les autorités disposent alors d’un signal précoce. L’expérience de l’eau en bouteille montre qu’attendre que les rayons se vident pour réagir coûte cher. Première solution: rémunérer la qualité, pas seulement le volume Pour sauver durablement l’élevage, augmenter mécaniquement le prix du litre ne suffira probablement pas. Il faut introduire une rémunération davantage liée à la qualité du lait : taux protéique, matière grasse, qualité microbiologique, régularité des livraisons et respect de la chaîne du froid. L’éleveur qui produit un lait de meilleure qualité doit être mieux rémunéré. Cette approche aurait un double effet : améliorer la qualité industrielle et encourager l’éleveur à investir dans l’alimentation, la génétique, l’hygiène et le bien-être animal. Deuxième solution: passer à la ferme «low water» Pourquoi ne pas lancer un programme tunisien de «ferme laitière économe en eau»? L’objectif serait de sélectionner et d’accompagner des exploitations capables de produire davantage de lait avec moins d’eau et moins d’aliments importés. Cela pourrait passer par : • Des systèmes d’abreuvement économes; • La récupération et la réutilisation de certaines eaux agricoles lorsque cela est techniquement et sanitairement possible; • Des cultures fourragères moins exigeantes en eau; • La valorisation des résidus de céréales, d’olivier et d’autres cultures; • Des rations calculées avec précision; • L’amélioration génétique des troupeaux; • L’utilisation de capteurs pour suivre la consommation d’eau et l’état des animaux. L’objectif ne serait plus simplement de mesurer le litre de lait produit par vache, mais
COP17: après Oulan-Bator, la Tunisie face au défi de transformer la restauration des terres en résilience

Actuagro COP17: après Oulan-Bator, la Tunisie face au défi de transformer la restauration des terres en résilience Par AgroHealth – La COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), tenue du 17 au 28 août à Oulan-Bator, en Mongolie, s’est achevée sur un message clair: restaurer les terres n’est plus seulement une urgence environnementale. C’est aussi une condition de la sécurité alimentaire, de la résilience des territoires ruraux, de la préservation des ressources en eau et du maintien des activités agricoles et pastorales. Placée sous le thème «Restaurer les terres, restaurer l’espoir», la conférence a réuni les 197 Parties à la Convention ainsi que de nombreux acteurs scientifiques, économiques et de la société civile. Pour la Tunisie, cette COP17 aura surtout été l’occasion de présenter des expériences nationales, de partager son expertise et de rappeler que la lutte contre la désertification doit être abordée de manière intégrée. Du 24 au 27 août, la délégation tunisienne a pris part à plusieurs travaux consacrés notamment aux ceintures vertes africaines, à la restauration des terres dégradées, à l’adaptation à la sécheresse, au financement de la lutte contre la dégradation des terres et à l’Initiative verte du Moyen-Orient. La désertification, une question agricole avant tout L’un des enseignements majeurs de cette COP17 est que la désertification ne peut plus être considérée comme une problématique isolée relevant uniquement de l’environnement. La dégradation des sols affecte directement la productivité agricole, les parcours, l’élevage et les revenus des populations rurales. Cette approche trouve un écho particulier en Tunisie. Avec une grande partie de son territoire soumise à des conditions d’aridité, le pays est particulièrement exposé à la sécheresse, à la dégradation des sols et à la pression croissante sur les ressources naturelles. La Tunisie s’est d’ailleurs fixé l’objectif d’atteindre la neutralité en matière de dégradation des terres à l’horizon 2030, avec une cible volontaire portant sur environ 2,2 millions d’hectares. La restauration des terres apparaît ainsi comme un investissement dans l’avenir de l’agriculture tunisienne. Restaurer un sol, préserver un parcours ou améliorer la gestion de l’eau signifie aussi préserver une capacité de production, maintenir une activité d’élevage et protéger les revenus des populations rurales. Les parcours et l’élevage au cœur des discussions La COP17 a accordé une place importante aux parcours et aux communautés pastorales. Une journée spécifique consacrée aux «Terres et populations» a rappelé que les parcours représentent 54% des terres émergées de la planète et que près de 500 millions de pasteurs en assurent la gestion. Cette dimension est particulièrement intéressante pour la Tunisie, où la dégradation des parcours touche directement l’élevage et l’équilibre économique des zones rurales. C’est dans ce contexte que l’expérience du Jebel Semmama, dans le gouvernorat de Kasserine, a trouvé une résonance particulière à Oulan-Bator. La «Journée de Semmama» a permis de rappeler que la lutte contre la désertification est également une question culturelle, éducative et sociale. L’initiative «Green IYRP», consacrée à la protection des parcours et à l’amélioration des conditions de vie des communautés pastorales, a notamment bénéficié d’un soutien international. Quand l’expérience tunisienne devient un modèle d’investissement La présence tunisienne ne s’est toutefois pas limitée aux interventions institutionnelles. L’une des contributions les plus intéressantes est venue d’ICARDA, à travers la présentation par Boubaker Dhehibi d’une expérience tunisienne dans le cadre des discussions sur les «restoration innovation bundles». L’exemple présenté montre comment la restauration des paysages peut associer plusieurs dimensions: sols, eau, parcours, biodiversité, gouvernance, outils numériques et financement. La valorisation de l’huile d’olive et des variétés autochtones à travers les indications géographiques y est présentée comme un levier possible de transition agroécologique et de restauration des paysages. Une autre initiative, le STELARR Rangeland Restoration Investment Hub, cherche justement à rapprocher les projets locaux de restauration des parcours et les investisseurs. Boubaker Dhehibi y a présenté un cas provenant du sud tunisien, montrant comment l’investissement dans des chaînes de valeur liées à l’élevage peut contribuer à restaurer les terres tout en renforçant les moyens de subsistance des communautés. Cette approche est particulièrement importante: la restauration ne doit pas être perçue uniquement comme une dépense environnementale, mais comme un investissement capable de produire des bénéfices économiques, agricoles et sociaux. Après la COP17, passer de l’engagement à l’action La conférence d’Oulan-Bator a également remis au centre une question déterminante: celle du financement. La CNULCD estime à environ 355 milliards de dollars par an les besoins nécessaires entre 2025 et 2030 pour atteindre les objectifs de restauration des terres. Face à des investissements actuels nettement insuffisants, le déficit annuel est estimé à 278 milliards de dollars. Pour la Tunisie, le véritable enjeu commence donc après la COP17. Les expériences présentées à Oulan-Bator doivent désormais pouvoir être transformées en programmes concrets dans les régions rurales: restauration des sols, réhabilitation des parcours, économie de l’eau, développement de l’agroécologie, protection de la biodiversité et valorisation économique des productions locales. La COP17 aura finalement rappelé une évidence que la Tunisie connaît depuis longtemps: on ne peut pas protéger l’agriculture sans protéger les sols, l’élevage sans préserver les parcours, ni assurer la sécurité alimentaire sans restaurer les territoires. Oulan-Bator aura offert une tribune internationale à ces enjeux. La prochaine étape sera de faire en sorte que les enseignements, les partenariats et les solutions discutés en Mongolie trouvent leur traduction concrète dans les territoires tunisiens. Lire également COP17: restaurer les terres pour protéger l’agriculture et notre alimentation COP17: Quand l’huile d’olive devient un outil pour restaurer les paysages tunisiens COP17: la Tunisie plaide pour une réponse intégrée face à la sécheresse Tunisie: après la COP17, comment restaurer les terres et résister à la sécheresse? COP17: quand la santé des sols devient une question de sécurité alimentaire pour la Tunisie Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Pr. Dhia Bouktila – Jendouba, le
Raisin en Tunisie: derrière les vendanges 2026, une filière en pleine transformation

Actuagro Raisin en Tunisie: derrière les vendanges 2026, une filière en pleine transformation Par AgroHealth – La saison du raisin bat son plein en Tunisie. Mais derrière les grappes qui arrivent sur les étals et les vendanges qui commencent dans les vignobles, la campagne 2026 révèle une réalité plus complexe. À Grombalia, berceau historique de la viticulture tunisienne, les superficies reculent fortement. Le manque d’eau, les fortes chaleurs, le vieillissement des vignes et l’augmentation des coûts de production fragilisent les exploitations. Dans le même temps, de nouvelles zones du Centre du pays prennent progressivement le relais. Une récolte 2026 qui commence sous tension À Grombalia, dans le gouvernorat de Nabeul, le lancement officiel de la campagne de récolte du raisin a été fixé au 15 août 2026, avec la cueillette des variétés précoces, avant l’arrivée des raisins destinés à la transformation. Le démarrage des vendanges a coïncidé avec le Festival du raisin de Grombalia, qui rappelle chaque année l’importance historique de cette culture dans la région. Mais cette année, l’ambiance est différente. Grombalia, longtemps considérée comme l’une des capitales tunisiennes du raisin, connaît un recul important de son activité viticole. Selon des déclarations rapportées en août 2026 par le président de l’Union locale de l’agriculture et de la pêche, la région aurait perdu plus de la moitié de ses exploitations viticoles. La production locale pourrait ainsi ne pas dépasser 5 000 tonnes cette saison, principalement destinées à la transformation. Cette estimation concerne Grombalia et ne doit donc pas être assimilée à une prévision nationale pour 2026. Nabeul, toujours au cœur de la filière Le gouvernorat de Nabeul conserve néanmoins une place centrale dans la viticulture tunisienne. Il assure environ 70 % de la production nationale de raisin destiné à la transformation, avec près de 3 000 producteurs, principalement répartis entre Grombalia, Bou Argoub, Takelsa et Korba. La région joue cependant deux rôles différents. D’un côté, elle produit du raisin de table destiné à la consommation fraîche. De l’autre, elle fournit une importante quantité de raisin destiné à la transformation. Les données disponibles permettent de mesurer l’ampleur de cette activité. En 2024, la production de raisin dans le gouvernorat de Nabeul était estimée à plus de 39 000 tonnes, dont environ 25 000 tonnes destinées à la transformation et 14 000 à 14 500 tonnes de raisin de table. Ces chiffres constituent une référence récente, mais ils ne doivent pas être utilisés comme une estimation de la récolte 2026. Une baisse déjà visible avant la campagne 2026 Les difficultés actuelles ne sont pas apparues cette année. Elles se sont installées progressivement. En 2025, la récolte de raisin de cuve dans le gouvernorat de Nabeul était estimée à environ 17 000 tonnes, contre 25 000 tonnes la saison précédente, soit une baisse de l’ordre de 25 à 30 %. À Grombalia, les superficies consacrées au raisin de cuve ne dépassaient plus environ 1 000 hectares, pour une production estimée à près de 8 000 tonnes. La diminution des superficies, la sécheresse persistante, le manque d’eau d’irrigation et l’augmentation du coût des intrants figuraient déjà parmi les principales difficultés rencontrées par les producteurs. La campagne 2026 apparaît ainsi comme une nouvelle étape dans cette évolution. Indicateur Donnée disponible Début des vendanges 2026 à Grombalia 15 août 2026 Producteurs de raisin à Nabeul ≈ 3 000 Part de Nabeul dans le raisin de cuve national ≈ 70 % Part de Nabeul dans le raisin de table national ≈ 12 % Production Nabeul 2024 >39 000 t Nabeul 2024 – raisin de cuve ≈25 000 t Nabeul 2024 – raisin de table ≈14–14,5 mille t Grombalia 2024 – raisin de cuve ≈8 000 t Grombalia 2024 – raisin de table ≈4 000 t Nabeul 2025 – raisin de cuve ≈17 000 t Grombalia 2026 – estimation locale ≤5 000 t Revenu fiscal forfaitaire raisin de cuve irrigué 3 186,33 DT/ha Revenu fiscal forfaitaire raisin de cuve en sec 670,64 DT/ha Le manque d’eau, un défi devenu structurel Pour la vigne tunisienne, la question de l’eau est désormais centrale. Les épisodes successifs de sécheresse et les températures élevées affectent directement les rendements. Les fortes chaleurs peuvent accélérer la maturation des raisins, modifier leur équilibre et, lorsqu’elles sont associées à un déficit hydrique, réduire la production. À Grombalia, les producteurs signalent justement les effets cumulés de plusieurs années difficiles. Certaines vignes ont été affectées par les fortes chaleurs, tandis que le manque d’eau limite les possibilités d’irrigation. Cette situation est particulièrement importante pour le raisin de table, dont la qualité commerciale dépend fortement de la régularité de l’approvisionnement en eau et des conditions de maturation. Des vignobles vieillissants difficiles à renouveler À la contrainte climatique s’ajoute une autre difficulté: l’âge des plantations. Une partie du vignoble tunisien nécessite un renouvellement, mais remplacer une vigne représente un investissement important et demande du temps avant d’obtenir une production économique. À Grombalia, les producteurs soulignent également les difficultés liées au financement du renouvellement. Les aides et certaines tranches de crédits peuvent être versées avec un décalage important, ce qui réduit la capacité des agriculteurs à engager rapidement de nouvelles plantations. Le choix du matériel végétal devient lui aussi déterminant. Certaines variétés introduites se sont révélées moins adaptées aux nouvelles conditions climatiques ou plus vulnérables à certaines maladies. L’avenir du vignoble tunisien dépendra donc aussi de la capacité à sélectionner des variétés adaptées à la chaleur, au déficit hydrique et aux contraintes sanitaires. Le Centre tunisien prend progressivement le relais L’une des évolutions les plus significatives observées en 2026 concerne la géographie de la production. Alors que le Cap Bon reste historiquement associé au raisin, des gouvernorats du Centre, notamment Sidi Bouzid et Kairouan, voient leurs superficies viticoles progresser. Le déplacement progressif de la production montre que la carte viticole tunisienne est en train d’évoluer. Cette transformation mérite une attention particulière. Elle ne signifie pas nécessairement la disparition
Agro-industrie tunisienne: produire plus avec moins, le nouveau défi des industriels

Actuagro Agro-industrie tunisienne: produire plus avec moins, le nouveau défi des industriels Par AgroHealth – Eau, énergie, matières premières, déchets, exigences sanitaires et pression environnementale : l’industrie agroalimentaire tunisienne entre dans une nouvelle phase. Pour rester compétitives, sécuriser leurs approvisionnements et conquérir de nouveaux marchés, les entreprises devront désormais produire davantage de valeur avec moins de ressources. Une contrainte qui pourrait devenir, pour les industriels les plus innovants, une formidable opportunité. L’industrie agroalimentaire occupe une place stratégique dans l’économie tunisienne. Elle transforme les productions agricoles, crée de la valeur, soutient l’emploi et contribue aux exportations. Les données disponibles pour 2026 confirment d’ailleurs son dynamisme: les industries agroalimentaires ont figuré parmi les principaux moteurs de la progression des exportations tunisiennes au premier semestre. Mais derrière ces performances se dessine une nouvelle réalité. L’industrie ne peut plus considérer l’eau, l’énergie, les matières premières agricoles ou les déchets comme des variables indépendantes. Ils sont désormais liés dans un même système: la compétitivité de l’usine dépend de la santé et de la disponibilité des ressources qui l’alimentent. L’eau: bientôt un facteur de compétitivité industrielle Pour une usine agroalimentaire, l’eau n’est pas seulement une matière première. Elle intervient dans le lavage, la transformation, le refroidissement, le nettoyage des équipements, la production de vapeur ou encore certaines opérations sanitaires. Dans une Tunisie confrontée à un stress hydrique croissant, la question devient donc industrielle : une entreprise peut-elle sécuriser durablement sa production si elle ne sécurise pas son accès à l’eau ? Cette problématique dépasse largement le secteur agricole. La disponibilité de l’eau peut désormais peser sur le choix d’implantation d’une entreprise, sur ses coûts de production et sur la continuité de son activité. Des analyses récentes présentent déjà l’accès sécurisé à l’eau comme un facteur susceptible d’influencer les décisions d’investissement. Pour l’industriel, l’enjeu n’est donc plus simplement de «consommer moins». Il consiste à mesurer précisément les besoins, réduire les pertes, recycler certaines eaux lorsque cela est techniquement et sanitairement possible et investir dans des procédés plus économes. L’eau devient ainsi un actif stratégique. Quand la crise agricole devient une crise industrielle L’industrie agroalimentaire commence dans les champs. Une conserverie dépend de ses tomates. Une huilerie dépend des olives. Une unité de transformation de fruits dépend de la régularité des récoltes. Une entreprise de transformation céréalière dépend de la disponibilité et de la qualité des grains. Toute dégradation de la production agricole finit donc par atteindre l’usine. Sécheresse, chaleur extrême, salinisation, dégradation des sols, maladies des plantes ou diminution des rendements peuvent provoquer une hausse des prix des matières premières, des difficultés d’approvisionnement ou une baisse de la qualité des produits transformés. C’est pourquoi la santé des sols devient également une question industrielle. Le programme SoilFER, mis en œuvre en Tunisie avec l’appui de la FAO, illustre cette nouvelle approche : mieux connaître les sols permet notamment d’améliorer le choix des cultures et la gestion des nutriments. La campagne nationale menée dans ce cadre a concerné 1 564 sites et permis de collecter 3 128 échantillons de sols. Cette connaissance accrue doit contribuer à une agriculture plus productive et plus résiliente. Pour l’industrie, le message est clair: sécuriser la matière première commence de plus en plus par sécuriser l’écosystème agricole qui la produit. Le déchet n’est plus nécessairement un déchet C’est probablement l’un des changements les plus intéressants pour l’agro-industrie tunisienne. Une transformation industrielle génère inévitablement des sous-produits. Mais certains de ces «déchets» possèdent encore une valeur économique, énergétique ou nutritionnelle. L’exemple de l’olivier est particulièrement parlant. La transformation des olives génère notamment des grignons et des margines. Des travaux et projets tunisiens explorent depuis plusieurs années différentes voies de valorisation : énergie, alimentation animale, fertilisation, extraction de molécules ou production de nouveaux matériaux. Le même raisonnement peut être appliqué à d’autres filières. Les noyaux de dattes peuvent être valorisés. Les sous-produits des fruits et légumes peuvent devenir des ingrédients ou des matières premières secondaires. Certaines résidus peuvent entrer dans l’alimentation animale, le compostage ou la production d’énergie. L’enjeu est donc de passer d’une logique de « gestion du déchet» à une logique de «création de valeur à partir du sous-produit». Pour l’industriel, la question devient très concrète: Ce que mon usine considère aujourd’hui comme un coût peut-il devenir demain une source de revenus? De l’économie circulaire à l’usine circulaire Cette évolution ouvre la porte à une nouvelle génération d’unités agroalimentaires. Dans une usine classique, les matières premières entrent, sont transformées et une partie des résidus sort sous forme de déchets. Dans une usine plus circulaire, le modèle change : les sous-produits sont récupérés, l’eau est optimisée, l’énergie est rationalisée et les résidus peuvent être réintroduits dans d’autres chaînes de valeur. Le grignon peut devenir combustible ou matière première. Un résidu organique peut alimenter une unité de méthanisation. Un sous-produit riche en nutriments peut être orienté vers l’alimentation animale ou la fertilisation. La chaleur produite par un procédé peut être récupérée pour une autre opération. Il ne s’agit plus simplement de faire de « l’écologie industrielle ». Il s’agit de réduire les coûts et de créer de nouvelles activités. L’énergie: produire autrement pour rester compétitif L’énergie constitue un autre défi majeur. Les industries agroalimentaires ont besoin d’électricité et de chaleur pour la transformation, la réfrigération, le séchage, le pompage, la cuisson ou le stockage. Dans ce contexte, l’efficacité énergétique devient un véritable outil de compétitivité. L’énergie solaire, la récupération de chaleur, l’amélioration des équipements frigorifiques, l’optimisation des chaînes de production ou encore la valorisation énergétique des déchets agricoles peuvent contribuer à réduire la facture énergétique des entreprises. Cette transformation correspond d’ailleurs à l’évolution générale du secteur agricole et agro-industriel tunisien vers davantage d’innovation et de technologie. Le prochain SIAT 2026, prévu du 28 au 31 octobre au Parc des Expositions du Kram, place justement l’investissement, l’innovation technologique et la durabilité au cœur de ses priorités. Produire pour un marché qui exige
poisson au four.

Recette poisson au four. Poisson au four (4 personnes) Ingrédients 4 filets de poisson (cabillaud, colin, dorade ou saumon) 3 cuillères à soupe d’huile d’olive 2 gousses d’ail hachées 1 citron (jus + rondelles) 1 cuillère à café d’herbes de Provence ou de thym Sel et poivre Persil frais (facultatif) Préparation Préchauffez le four à 180 °C. Déposez les filets de poisson dans un plat allant au four. Arrosez-les d’huile d’olive et de jus de citron. Ajoutez l’ail, les herbes, le sel et le poivre. Disposez quelques rondelles de citron sur le poisson. Enfournez pendant 15 à 20 minutes (selon l’épaisseur des filets). Parsemez de persil frais avant de servir. Suggestion d’accompagnement Pommes de terre rôties Riz Légumes grillés (courgettes, carottes, haricots verts) Salade verte Bon appétit ! Lire également Les poissons bleus: les alliés santé de l’été en Tunisie Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Pr. Dhia Bouktila – Jendouba, le berceau vert de la Tunisie fertile [La Tunisie fertile (2)] août 11, 2026/Agrohealth Zouhaïr Ben Amor: La compétition entre espèces, une force destructrice ou un moteur caché de la biodiversité? août 6, 2026/Agrohealth Pr. Dhia Bouktila – Béja, le grenier vivant de la Tunisie: une terre, une mémoire, des gènes [La Tunisie fertile… août 4, 2026/Agrohealth Le caroubier: un arbre d’avenir pour les régions méditerranéennes juillet 29, 2026/Agrohealth PUB Actuhealth Tomates d’été: les bons gestes pour préserver leur goût et leur fraîcheur août 19, 2026 L’ashwagandha, de la médecine traditionnelle aux recherches scientifiques août 19, 2026 L’orge et l’eau d’orge: des alliées pour votre santé juillet 22, 2026 Load More Élevage Élevage en Tunisie: reconstruire le cheptel, mais avec quel modèle? août 23, 2026 Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 Load More
Vitamine D, bêta-carotène et protection solaire : démêler le vrai du faux

Chronique Vitamine D, bêta-carotène et protection solaire : démêler le vrai du faux Par Pr. Mohamed Ridha Kamoun. Dermatologue – À l’été, certaines idées reçues reviennent régulièrement : manger des carottes permettrait de mieux préparer la peau au soleil, tandis qu’attendre quelques minutes avant d’appliquer une crème solaire favoriserait la production de vitamine D. Que disent réellement les connaissances scientifiques ? On fait le point sur ces croyances afin de promouvoir une approche fondée sur la prévention, une alimentation équilibrée et la santé publique. Les carottes, les abricots, la patate douce ou encore certaines courges sont riches en bêta-carotène, un caroténoïde précurseur de la vitamine A naturellement présent dans de nombreux végétaux. Une consommation importante peut, chez certaines personnes, entraîner une légère coloration jaunâtre ou dorée de la peau. Ce phénomène, appelé caroténodermie, est bénin et réversible. Il ne s’agit toutefois ni d’un bronzage, ni d’une protection contre les rayonnements ultraviolets. Le bêta-carotène ne filtre pas les UV et ne remplace en aucun cas les mesures de photoprotection reconnues: crème solaire à large spectre (UVA et UVB), vêtements adaptés, recherche de l’ombre et limitation de l’exposition aux heures les plus chaudes. Les aliments riches en caroténoïdes contribuent à une alimentation équilibrée et apportent des antioxydants intéressants, mais ils ne «préparent» pas la peau à supporter les effets du soleil. Vitamine D: faut-il attendre avant d’appliquer sa crème solaire? La vitamine D est synthétisée par l’organisme sous l’action des UVB. Cette réalité biologique a conduit certaines personnes à penser qu’il serait utile de retarder l’application de la crème solaire afin de favoriser cette production. Les données scientifiques disponibles ne soutiennent pas cette pratique. Des travaux publiés dans le British Journal of Dermatology montrent que, dans les conditions réelles d’utilisation, la crème solaire n’entraîne pas de diminution significative du statut en vitamine D. En pratique, les protections sont rarement appliquées de manière parfaitement uniforme et ne bloquent pas totalement les UV. Surtout, les bénéfices de la protection solaire en matière de prévention des coups de soleil, du vieillissement cutané et des cancers de la peau sont clairement établis. Retarder volontairement l’application d’une crème solaire dans le but de produire davantage de vitamine D n’est donc pas recommandé. En cas de doute sur un éventuel déficit, notamment chez les personnes peu exposées au soleil ou présentant des situations particulières, un avis médical demeure la démarche la plus appropriée. Le bronzage n’est pas un indicateur de bonne santé Le bronzage est souvent perçu comme un signe de bien-être ou de vitalité. Pourtant, sur le plan biologique, il correspond à une réaction de défense de la peau face à une agression par les rayonnements ultraviolets. Une peau bronzée n’est donc pas une peau protégée. Les spécialistes rappellent que la prévention repose sur une approche globale: privilégier l’ombre, porter des vêtements couvrants, protéger particulièrement les enfants, utiliser une protection solaire adaptée et renouveler régulièrement son application selon les conditions d’exposition. Nutrition et prévention: des messages complémentaires Les aliments riches en bêta-carotène ont toute leur place dans une alimentation variée et équilibrée. Ils contribuent aux apports nutritionnels et à la diversité alimentaire, mais ne constituent pas une stratégie de protection solaire. De la même manière, la vitamine D ne doit pas conduire à rechercher une exposition excessive ou non protégée au soleil. L’approche la plus bénéfique pour la santé consiste à associer alimentation de qualité, exposition raisonnable au soleil et mesures de prévention adaptées. En matière de soleil comme de nutrition, la science invite à privilégier les comportements équilibrés plutôt que les idées reçues. Pr. Mohamed Ridha Kamoun Dermatologue Lire également Pr. Mohamed Ridha Kamoun: Le couple Soleil peau Été, voyages et festivités: comment garder une alimentation équilibrée et rester bien hydraté Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Vitamine D, bêta-carotène et protection solaire : démêler le vrai du faux août 28, 2026/Agrohealth Pr. Dhia Bouktila – Le Cap Bon, un jardin entre deux golfes [La Tunisie fertile (4)] août 25, 2026/Agrohealth Zouhaïr Ben Amor: Cultiver la valeur plutôt que l’eau, quelles cultures commerciales pour une Tunisie sous contrainte hydrique? août 22, 2026/Agrohealth Pr. Dhia Bouktila – Le Kef et Siliana: deux hautes terres, la fertilité au pluriel [La Tunisie fertile (3)] août 18, 2026/Agrohealth PUB Actuhealth Dans l’assiette du Tunisien, le pouvoir d’achat fait-il désormais la loi? septembre 3, 2026 Graines de chia: de la graine tendance à une nouvelle culture en Tunisie? septembre 3, 2026 Eau potable: peut-on encore parler de sécurité sanitaire quand l’eau devient une denrée sous tension? août 30, 2026 Load More Élevage Élevage équin: le cheval tunisien peut-il enfin devenir une véritable filière agricole? août 30, 2026 Élevage en Tunisie: reconstruire le cheptel, mais avec quel modèle? août 23, 2026 Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Load More
Après la récolte: quelle agriculture tunisienne pour la campagne 2026-2027?

Actuagro Après la récolte: quelle agriculture tunisienne pour la campagne 2026-2027? Par AgroHealth – Rentrée agricole 2026-2027 — En Tunisie, la nouvelle campagne commence alors que les agriculteurs sortent d’une saison céréalière marquée par une nette amélioration de la production, mais aussi par une réalité devenue incontournable: l’eau, le coût des intrants, les semences, le climat et la capacité à mieux valoriser chaque hectare détermineront la réussite de la campagne. La rentrée agricole tunisienne ne se résume plus au retour des tracteurs et aux semis d’automne. En 2026, elle intervient à la croisée de plusieurs transformations: améliorationde la situation hydrique, reprise des performances céréalières, pression surles coûts, nécessité de sécuriser les semences et volonté de renforcer lasouveraineté alimentaire. Après la récolte, la question est donc de savoir quelle agriculture la Tunisie souhaite construire. Une récolte céréalière qui change le point de départ La campagne céréalière 2025-2026 constitue le premier indicateur. Selon l’Observatoire national de l’agriculture, la récolte était estimée à plus de 20 millions de quintaux, soit environ 2 millions de tonnes, contre 14,3 millions de quintaux lors de la campagne précédente. La Tunisie consomme en moyenne environ 30 millions de quintaux de céréales par an. Une bonne récolte améliore donc la sécurité alimentaire sans supprimer la nécessité des importations. Produire davantage ne signifie pas encore produire suffisamment. La question devient qualitative: quels blés produire, avec quelles variétés et quelle consommation d’eau ? Les semences deviennent un enjeu stratégique Pour la campagne 2026-2027, le ministère de l’Agriculture a fixé les prix des semences sélectionnées. Le quintal est établi à 170 dinars pour le blé dur, 140dinars pour le blé tendre et 130 dinars pour l’orge et le triticale. Pour AgroHealth, cette décision révèle: la semence est au cœur de la souveraineté agricole. Avec un climat plus imprévisible, disposer de variétés adaptées devient uneassurance contre le risque climatique. Le véritable enjeu sera de rapprocher la recherche variétale des réalités des agriculteurs: tolérance au déficit hydrique, précocité, résistance aux maladies et adaptation aux terroirs. L’eau: le soulagement ne doit pas devenir une illusion La campagne 2026-2027 commence avec une situation hydrique meilleure. Au printemps 2026, le taux de remplissage des barrages avait atteint environ 60 à 67 %. Cette amélioration constitue une bouffée d’oxygène, mais la contrainte hydrique demeure. Le stock disponible aujourd’hui ne garantit pas celui de demain. La stratégie agricole doit donc évoluer d’une logique de réponse à la pénurie vers une véritable sobriété hydrique structurelle. La question ne devrait donc plus être seulement «avons-nous suffisamment d’eau cette année ?», mais «combien de valeur agricole pouvons-nous produire avec chaque mètre cube disponible ?» Trois barrages — Mellègue supérieur, Douimis et Kalâat Kébira — représentent ensemble environ 290 millions de m³ de capacité et doivent entrer progressivement en exploitation d’ici la fin de 2026. La prochaine bataille sera celle de la gouvernance de l’eau, de la réduction des pertes, de l’efficacité de l’irrigation et du choix des cultures. De la pomme de terre aux céréales: produire ne suffitplus En août 2026, le stock régulateur national de pommes de terre atteignait 12 392 tonnes, dont 7 516 tonnes à Nabeul, soit environ 61 % du total national. La Tunisie a également ouvert un quota tarifaire pour l’importation de 16 500 tonnes de semences de pommes de terre. L’enjeu est double: sécuriser les marchés à court terme et construire une autonomie semencière à long terme. Pour AgroHealth, la souveraineté alimentaire doit aussi intégrer les semences, les sols, l’eau, le stockage, la transformation et la capacité des producteurs à vivre correctement de leur travail. L’agriculteur au centre de la nouvelle campagne Derrière les millions de quintaux, il reste une réalité humaine : l’agriculteur tunisien prend le risque climatique avant tout le monde. Il achète ses semences avant de connaître la pluviométrie et engage des dépenses avant de connaître le prix auquel il vendra sa récolte. Les mesures prises pour 2026-2027 devront améliorer la visibilité économique du producteur. Le prix de base annoncé pour les céréales est de 100 dinars le quintal pour le blé dur et 80 dinars pour le blé tendre, avec des mécanismes de primes et de stockage destinés à encourager la collecte et à sécuriser la filière. L’exclusivité AgroHealth: passer d’une agriculture devolume à une agriculture de valeur La Tunisie ne pourra pas répondre durablement à la contrainte climatique en produisant davantage avec davantage d’intrants. Elle devra produire mieux, avec moins d’eau, moins de pertes et davantage de valeur ajoutée. Cela signifie privilégier les cultures et variétés adaptées, développer les productions locales à forte valeur, renforcer la transformation agroalimentaire, réduire les pertes après récolte et mieux connecter l’agriculteur au consommateur. Cela signifie aussi redécouvrir les variétés locales, les savoir-faire régionaux et les produits de terroir. Le futur agricole tunisien pourrait ainsi passer de «produire plus» à «produire ce qui a le plus de valeur avec les ressources disponibles». 2026-2027, une campagne test pour la Tunisie agricole La prochaine campagne arrive dans un contexte paradoxal. Les pluies de la saison précédente ont amélioré la situation hydrique, la récolte céréalière a progressé et plusieurs infrastructures hydrauliques avancent. De l’autre, les risques climatiques demeurent et la dépendance aux importations n’a pas disparu. La campagne 2026-2027 sera un test grandeur nature d’un changement structurel. Après la récolte, il faut préparer l’avenir. Il se jouera dans les laboratoires, les barrages, l’irrigation, les centres de collecte, les entreprises de transformation et dans la capacité à redonner à l’agriculteur une visibilité économique. La rentrée agricole 2026-2027 commence donc par une question décisive : quelle agriculture la Tunisie veut-elle pouvoir transmettre à la prochaine génération ? Sources Office des céréales – données et campagne céréalière 2026-2027 Observatoire national de l’agriculture – Campagne céréalière2026 Observatoire national de l’agriculture – récolte céréalièresupérieure à 20 millions de quintaux Présidence du Gouvernement – préparatifs de la campagne agricole2026-2027 Ministère de l’Agriculture / Office des céréales – prix dessemences 2026-2027 Observatoire
COP17: quand la santé des sols devient une question de sécurité alimentaire pour la Tunisie

Actuagro COP17: quand la santé des sols devient une question de sécurité alimentaire pour la Tunisie Par AgroHealth – À Oulan-Bator, la COP17 contre la désertification consacre ce 27 août aux systèmes alimentaires et à la santé des sols. Un changement de regard qui résonne particulièrement en Tunisie : derrière la sécheresse, la baisse des rendements et la fragilisation des exploitations agricoles se joue une bataille plus silencieuse, celle de la fertilité des terres. Il y a des batailles qui commencent loin des villes et loin des projecteurs. Elles se déroulent sous nos pieds, dans quelques centimètres de terre, là où se rencontrent les racines, l’eau, les microorganismes et la matière organique. À Oulan-Bator, en Mongolie, la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) place aujourd’hui cette réalité au centre des débats: le 27 août est consacré aux systèmes alimentaires et à la santé des sols. Le choix n’est pas anodin. Après les journées consacrées à la résilience face à la sécheresse puis aux terres et aux populations, les négociateurs, scientifiques, organisations internationales et acteurs de terrain se penchent sur l’un des maillons les plus déterminants de notre avenir alimentaire : le sol. Pour la Tunisie, cette question est loin d’être théorique. La délégation tunisienne participe à la COP17 dans un contexte où la restauration des terres dégradées, l’adaptation à la sécheresse, les ceintures vertes africaines et la sécurité alimentaire figurent parmi les sujets abordés. Le ministère tunisien de l’Environnement a notamment indiqué que la délégation participe à plusieurs groupes de travail consacrés à l’expérience tunisienne dans la restauration des terres, à la lutte contre la désertification et au renforcement de l’adaptation à la sécheresse. Mais le message le plus intéressant de cette journée du 27 août est peut-être ailleurs : restaurer une terre ne signifie pas seulement empêcher l’avancée du désert. C’est aussi préserver la capacité d’un pays à produire son alimentation. Le sol, première infrastructure agricole Pendant longtemps, l’agriculture a regardé le sol principalement à travers sa capacité à produire. Une parcelle fertile était une parcelle capable de donner du blé, de l’orge, des légumes, des fruits ou de l’huile d’olive. La COP17 invite à aller plus loin. Un sol vivant est une véritable infrastructure naturelle. Il retient l’eau, nourrit les plantes, abrite une biodiversité invisible et participe au cycle des nutriments. Lorsqu’il se dégrade, les conséquences ne restent pas confinées au champ. Elles remontent progressivement toute la chaîne alimentaire. C’est précisément le sens du dialogue de haut niveau sur les systèmes alimentaires et la santé des sols, organisé ce 27 août à la COP17. La session examine comment des sols en bonne santé peuvent constituer le socle de systèmes agroalimentaires plus productifs, résilients et durables. Les discussions portent notamment sur les mécanismes de financement, la cohérence des politiques publiques et la coordination entre institutions. Autrement dit, la santé du sol devient une question économique autant qu’écologique. Et c’est là que le débat mondial rejoint les réalités tunisiennes. Une Tunisie confrontée au même défi Dans les régions agricoles tunisiennes, la pression climatique transforme progressivement les conditions de production. Les épisodes de sécheresse, la rareté de l’eau, l’érosion et la perte de matière organique fragilisent les systèmes agricoles. Le problème n’est donc plus simplement de produire davantage. Il devient : comment continuer à produire avec moins d’eau, sur des terres soumises à des pressions croissantes ? Cette question est particulièrement importante pour les grandes cultures, l’arboriculture et l’élevage. Lorsqu’un sol perd sa structure et sa capacité à retenir l’humidité, chaque épisode de sécheresse devient plus difficile à supporter. La plante souffre plus rapidement, les rendements deviennent plus variables et l’agriculteur voit son risque augmenter. La restauration des terres apparaît alors comme une forme d’investissement dans la sécurité alimentaire. La COP17 consacre d’ailleurs une session spécifique à la restauration des terres agricoles et à la prévention de leur dégradation, avec un accent mis sur les solutions de financement par les banques publiques de développement. Une autre session du 27 août examine les moyens de faire passer la santé des sols et la restauration des terres « de la politique à la pratique », en mettant en avant leurs bénéfices pour les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et la résilience des communautés rurales. De la terre à l’assiette C’est probablement l’un des enseignements les plus importants de cette journée : la santé des sols ne doit plus être considérée comme une affaire réservée aux agronomes. Elle concerne le consommateur. Un système alimentaire commence bien avant le marché, le supermarché ou la cuisine. Il commence dans la terre. La qualité du sol influence les cultures, les rendements, les revenus agricoles et la stabilité des approvisionnements. Une terre qui se dégrade progressivement devient une terre plus coûteuse à exploiter et plus vulnérable aux chocs climatiques. C’est pourquoi la COP17 cherche aujourd’hui à rapprocher les politiques de restauration des terres des politiques alimentaires. Une session consacrée à l’avancement des parcours nationaux des systèmes alimentaires explore précisément cette convergence entre restauration des terres, santé des sols et transformation des systèmes alimentaires. Une autre session est consacrée à l’agroécologie comme outil de résilience territoriale. Pour la Tunisie, cette convergence pourrait ouvrir une réflexion nouvelle : ne plus traiter séparément la politique de l’eau, la politique agricole, la lutte contre la désertification et la sécurité alimentaire, mais les considérer comme les différentes faces d’une même équation. L’agroécologie, une piste parmi d’autres À Oulan-Bator, l’agroécologie occupe également une place importante dans les discussions. La logique est simple : produire tout en restaurant les équilibres naturels qui permettent à l’agriculture de durer. Diversification des cultures, agroforesterie, utilisation de semences adaptées, réduction de la dépendance aux intrants chimiques, circuits courts ou meilleure valorisation des ressources locales font partie des pistes présentées à la COP17. Pour la Tunisie, cette réflexion peut trouver des applications très concrètes. Dans un pays où l’eau devient une contrainte