La «Krima» de Tunisie: le kaki qui a trouvé sa terre à Ouchtata

Actuagro La «Krima» de Tunisie: le kaki qui a trouvé sa terre à Ouchtata Par AgroHealth – Derrière le nom local de « Krima » se cache un fruit bien connu ailleurs dans le monde : le kaki, Diospyros kaki. En Tunisie, cette espèce asiatique s’est progressivement enracinée dans certaines régions du Nord, jusqu’à devenir un véritable marqueur agricole et culturel de Ouchtata, dans la délégation de Nefza. Une histoire asiatique devenue tunisienne La «Krima» correspond au kaki oriental ou kaki japonais, dont le nom scientifique est Diospyros kaki L.f. Il appartient à la famille des Ebenaceae. Malgré son appellation de «kaki japonais» dans plusieurs langues, l’espèce est originaire de Chine, où sa culture est ancienne, avant de se diffuser notamment vers le Japon puis d’autres régions du monde. En Tunisie, son implantation remonte au milieu du XXe siècle. Des sources agricoles et régionales situent les premières plantations à Ouchtata, dans la région de Nefza, autour des années 1940. Depuis, l’arbre s’est adapté aux conditions locales et la culture s’est développée dans plusieurs territoires du Nord tunisien. Aujourd’hui, la production est particulièrement associée à Nefza et Ouchtata, mais elle est également présente à Aïn Essobh et Ennadhour dans le gouvernorat de Béja, à Aïn Draham dans le gouvernorat de Jendouba, ainsi que dans certaines zones du Cap Bon. Ouchtata et Nefza, au cœur de la production tunisienne La région de Nefza, et particulièrement le territoire d’Ouchtata, constitue aujourd’hui l’un des principaux foyers de culture du kaki en Tunisie. La production y est essentiellement portée par de petites exploitations et des vergers familiaux, avec un nombre important d’arbres répartis dans la région. Les données rapportées au cours des différentes campagnes montrent toutefois que les volumes produits peuvent varier sensiblement d’une année à l’autre. Cette fluctuation s’explique notamment par les conditions climatiques, la disponibilité de l’eau, le stade de maturité au moment de la récolte ainsi que la pression de certains ravageurs et maladies. Il est donc difficile de retenir un chiffre unique représentant la production annuelle de la Krima à Nefza. Les estimations publiées ces dernières années témoignent plutôt d’un potentiel de production significatif, mais encore irrégulier, qui mériterait d’être mieux suivi à travers des statistiques agricoles régulières et harmonisées. Cette situation constitue un enjeu important pour la filière. Au-delà de l’augmentation des rendements, l’avenir de la Krima tunisienne passe par une meilleure connaissance des vergers, un suivi phytosanitaire plus efficace, une gestion raisonnée de l’eau et surtout une meilleure organisation de la commercialisation. Pour AgroHealth, la question est également celle de la valorisation d’une ressource agricole territoriale. Car lorsque les données de production deviennent plus précises et que la qualité du fruit est mieux maîtrisée, la Krima peut progressivement passer d’une production essentiellement locale à un produit agricole tunisien bénéficiant d’une véritable identité territoriale. Une récolte qui annonce l’automne La saison de la Krima intervient généralement au début de l’automne. La récolte commence habituellement en septembre et se poursuit en octobre, selon la maturité des fruits et les conditions de la campagne. Le fruit se reconnaît facilement à sa forme proche de celle d’une tomate et à sa couleur qui évolue du jaune-orangé vers des teintes plus rouges à maturité. Botaniquement, il s’agit d’une baie charnue. Le fruit peut être consommé frais, mais aussi transformé ou séché. Certaines variétés de kaki sont astringentes lorsqu’elles ne sont pas suffisamment mûres. Cette sensation de bouche sèche est liée aux tanins solubles présents dans le fruit. D’autres cultivars, comme certains types non astringents, peuvent être consommés alors qu’ils sont encore fermes. Un fruit aux couleurs des caroténoïdes La couleur orange du kaki n’est pas seulement esthétique. Elle témoigne notamment de la présence de caroténoïdes, une famille de pigments végétaux étudiée pour son intérêt nutritionnel. Des travaux scientifiques consacrés au kaki tunisien ont identifié une diversité de caroténoïdes dans le fruit, notamment des xanthophylles et des carotènes. Une étude portant spécifiquement sur des fruits cultivés en Tunisie a également souligné leur richesse en pigments caroténoïdes. Le kaki apporte également de la vitamine C, du potassium et différents composés antioxydants. Sa composition varie toutefois selon le cultivar, le stade de maturité et les conditions de culture. Une culture à protéger Le développement de la Krima tunisienne ne dépend pas uniquement de la production. La filière doit aussi composer avec les contraintes environnementales. En 2024, une attaque de mouche des fruits aurait provoqué des pertes importantes dans la région de Nefza, avec une dégradation d’une partie de la récolte. La même période a été marquée par les difficultés liées au manque d’eau et aux incendies, qui ont contribué au recul de la production locale. Pour AgroHealth, cette situation pose une question plus large : comment préserver une culture locale lorsque le climat devient plus irrégulier et que les ressources en eau se raréfient ? La réponse pourrait passer par un meilleur suivi phytosanitaire, une gestion plus précise de l’irrigation, la valorisation des fruits de qualité secondaire par la transformation et surtout une meilleure organisation de la commercialisation. Du fruit au patrimoine agricole À Ouchtata, la Krima est aussi devenue un élément de l’identité locale. Chaque année, la région organise un Festival de la Krima, généralement au mois d’octobre, destiné à faire connaître le fruit, soutenir sa commercialisation et mettre en avant les produits et savoir-faire associés. En 2025, la onzième édition a notamment accueilli une exposition consacrée aux produits issus du kaki. Ce festival révèle quelque chose d’essentiel: une variété fruitière ne représente pas seulement des tonnes produites. Elle peut aussi porter une histoire, un territoire, des pratiques agricoles et une économie locale. La Kaki, une piste pour mieux valoriser les fruits tunisiens Le cas du kaki tunisien mérite ainsi d’être regardé au-delà de son caractère exotique. Une espèce originaire d’Asie a trouvé dans le Nord-Ouest tunisien un territoire où elle s’est adaptée et où elle est devenue une production reconnue localement. Pour la Tunisie, la véritable opportunité pourrait désormais résider dans
Le melon «Tej El Malak»: une ancienne variété tunisienne renaît de ses graines

Actuagro Le melon «Tej El Malak»: une ancienne variété tunisienne renaît de ses graines Par AgroHealth – Il existe des variétés agricoles quidisparaissent des champs sans pour autant disparaître complètement. Conservées sous forme de graines dans des banques de gènes, elles peuvent attendre des années, parfois des siècles, avant de retrouver la terre, les agriculteurs et les consommateurs. Le melon « Tej El Malak », connuben arabe sous le nom de «الملك تاج بطيخ», appartient à cette histoire particulière. Ancienne variété aujourd’hui remise en culture, il suscite un nouvel intérêt enraison de ses caractéristiques agronomiques, de son goût et de son potentiel de production. Pour mieux comprendre cette renaissance, AgroHealth s’est entretenu avec M. Hafedh Karbaa, passionné par la préservation et la valorisation des variétés locales. À travers ses propos, le Tej El Malak apparaît comme bien plus qu’un simple melon. Il raconte une histoire de semences, de conservation génétique et de transmission d’un patrimoine agricole. Une variété ancienne qui revient des graines Selon M. Karbaa, le Tej El Malak serait cultivé depuis environ 800 ans dans plusieurs régions du monde arabe et d’Afrique du Nord, notamment en Tunisie. Au fil du temps, cette variété aurait progressivement disparu des cultures, sans qu’une explication précise de cette disparition puisse aujourd’hui être établie. Son ancienneté est notamment étayée, selon lui, par des analyses génétiques réalisées sur la variété. La renaissance du Tej El Malak repose précisément sur la possibilité de retrouver et de multiplier des semences anciennes conservées dans des banques de gènes. Dans ce cas, des graines ont été récupérées dans le cadre d’une collaboration entre la Banque Nationale de Gènes de Tunisie et une banque internationale de semences. Une fois remises en culture, les graines ont permis de multiplier la variété. Une partie a été conservée afin de préserver la ressource génétique, tandis qu’une autre a été destinée aux agriculteurs pour favoriser sa réintroduction progressive dans les champs et, à terme, auprès des consommateurs. Cette démarche rappelle une fonction essentielle des banques de gènes. Leur rôle ne consiste pas uniquement à conserver des semences dans des conditions contrôlées. Elles peuvent également permettre de réactiver un patrimoine végétal vivant et de lui donner une nouvelle place dans l’agriculture. Jusqu’à quatorze melons à partir d’un même système racinaire Ce qui distingue particulièrement le Tej El Malak réside dans son potentiel de production. D’après les observations rapportées par M. Karbaa, un même système racinaire peut produire jusqu’à quatorze melons. Une caractéristique qui pourrait représenter un intérêt important pour les producteurs et qui contribue à expliquer l’attention croissante portée à cette ancienne variété. Les fruits sont généralement de petite à moyenne taille. Mais au-delà de leur dimension, c’est surtout leur qualité gustative qui semble retenir l’attention. Le Tej El Malak est décrit comme un melon très sucré et savoureux, accompagné d’un parfum particulièrement marqué. Selon M. Karbaa, son arôme peut même être perceptible à plusieurs mètres du fruit. Cette association entre potentiel de production, saveur et parfum constitue l’un des principaux atouts de la variété. Une variété face au climat chaud Dans un contexte marqué par la hausse des températures et la pression croissante sur les ressources en eau, la question de l’adaptation des cultures devient centrale. Pour M. Karbaa, les températures élevées ne constituent pas nécessairement un obstacle majeur pour les cucurbitacées, famille à laquelle appartiennent notamment le melon, la pastèque, la courge et le concombre. Ces plantes disposent de caractéristiques génétiques qui leur permettent de supporter des conditions relativement chaudes et une disponibilité limitée en eau. Le Tej El Malak pourrait ainsi présenter un intérêt dans un contexte agricole où l’adaptation aux nouvelles conditions climatiques devient une priorité. Mais cette capacité d’adaptation ne signifie pas que la variété est totalement à l’abri des effets du changement climatique. M. Karbaa souligne que les conditions climatiques de cette année ont déjà eu des conséquences sur la production et pourraient également influencer celle de l’année prochaine, notamment à travers leur impact potentiel sur les semences. Il indique toutefois que les résultats observés sur la germination sont particulièrement encourageants. Selon les données qu’il nous a communiquées, le taux de germination aurait atteint 97 %, voire 100 % dans certains cas, des résultats qui doivent être rapprochés d’une analyse spécifique. Quand une graine devient un patrimoine agricole L’histoire du Tej El Malak pose finalement une question plus large : que perd-on lorsque les anciennes variétés disparaissent de nos champs? Une semence locale ne représente pas seulement un potentiel de production. Elle porte avec elle une histoire, des caractéristiques génétiques, des pratiques agricoles et parfois une relation ancienne entre une société et son territoire. La conservation de ces ressources devient donc un enjeu stratégique pour l’agriculture de demain. Dans un contexte de changement climatique, de pression sur l’eau et d’évolution des habitudes alimentaires, disposer d’une diversité génétique constitue également une forme de sécurité pour les générations futures. Le parcours du Tej El Malak montre ainsi qu’une variété peut disparaître des champs sans être définitivement perdue. Une graine conservée peut permettre, des années plus tard, de retrouver une plante, un fruit, un goût et une partie de la mémoire agricole. Redonner une place aux variétés locales Pour M. Karbaa, la renaissance du Tej El Malak doit surtout encourager les agriculteurs à préserver et cultiver les semences locales. Les consommateurs ont également un rôle à jouer en redécouvrant ces produits et en leur accordant une place sur les marchés et dans leur alimentation. Le défi n’est donc pas seulement de conserver la variété. Il consiste aussi à lui créer un véritable avenir agricole et commercial. Le Tej El Malak pourrait ainsi trouver sa place dans une agriculture qui cherche à mieux valoriser ses ressources locales, à diversifier ses productions et à reconnecter les consommateurs avec le patrimoine végétal tunisien. Une mémoire agricole qui reprend vie Le parcours du melon Tej El Malak rappelle une réalité souvent oubliée: la diversité
Tunisie: après la COP17, comment restaurer les terres et résister à la sécheresse?

Actuagro Tunisie: après la COP17, comment restaurer les terres et résister à la sécheresse? La COP17 remet la sécheresse au centre du débat international. Pour la Tunisie, l’enjeu est désormais de traduire les engagements et les expériences présentés à Oulan-Bator en actions concrètes sur les terres agricoles, les parcours, les forêts et les territoires ruraux. La participation tunisienne à la COP17 ne se limite pas à une présence diplomatique. La Tunisie y présente son expérience en matière de restauration des terres dégradées, de lutte contre la désertification et d’adaptation à la sécheresse. Elle met également en avant les ceintures vertes, le financement de la lutte contre la dégradation des terres et le lien entre sécheresse et sécurité alimentaire. Mais derrière les discussions internationales se trouve une réalité tunisienne bien concrète : lorsque la pluie devient plus irrégulière, ce sont simultanément les réserves d’eau, les sols, les cultures, les parcours et l’élevage qui sont fragilisés. Des forêts plus importantes, mais plus exposées Les données communiquées précédemment par le ministre de l’Environnement Habib Abid permettent de mesurer une partie du chemin parcouru. Il avait indiqué en mai 2026 que la superficie forestière tunisienne atteignait environ 1,2 million d’hectares, contre quelque 300 000 hectares après l’indépendance. Mais cette progression quantitative ne signifie pas que les écosystèmes sont à l’abri. Le même responsable avait indiqué que les superficies forestières touchées annuellement par les incendies étaient passées d’environ 500 à 600 hectares à 2 000 à 3 000 hectares. Ces chiffres ne sont pas des annonces de la COP17 du 25 août : ils constituent des données tunisiennes antérieures permettant de replacer le débat international dans son contexte national. Restaurer la terre plutôt que réparer les dégâts La principale leçon de la COP17 est peut-être là : la lutte contre la désertification ne peut pas être réduite à la plantation d’arbres ou à des opérations ponctuelles de lutte contre l’érosion. Restaurer une terre signifie rétablir progressivement sa capacité à retenir l’eau, préserver sa matière organique, favoriser la biodiversité et permettre à l’agriculture ou au pastoralisme de continuer à produire. Pour la Tunisie, cette approche concerne particulièrement les zones rurales où l’agriculture pluviale, l’élevage extensif et les parcours dépendent directement des conditions climatiques. Les discussions de la COP17 accordent d’ailleurs une place importante aux parcours et aux populations pastorales. Le 25 août, les négociateurs ont poursuivi leurs travaux sur les parcours et le pastoralisme, notamment autour des droits fonciers, de l’accès équitable à la terre et à l’eau et de l’accès aux connaissances et aux technologies. Le pastoralisme comme solution, pas seulement comme victime Cette question est particulièrement importante pour la Tunisie. Les parcours ne doivent pas être considérés uniquement comme des espaces dégradés à protéger. Ils représentent également une ressource économique et alimentaire pour les populations rurales. Une bonne gestion pastorale peut contribuer à maintenir la couverture végétale, protéger les sols et soutenir l’élevage. À l’inverse, la dégradation des parcours peut accélérer l’érosion, réduire les ressources fourragères et augmenter la dépendance des éleveurs à l’achat d’aliments. La COP17, qui se déroule pendant l’Année internationale des parcours et du pastoralisme, offre donc à la Tunisie l’occasion de reconnecter deux politiques souvent traitées séparément : la lutte contre la désertification et l’avenir de l’élevage pastoral. L’eau: produire autrement La question de l’eau constitue l’autre grande équation. Le 25 août, les participants à la COP17 ont insisté sur la nécessité d’améliorer la gouvernance de l’eau, de développer les systèmes d’alerte précoce, d’investir dans les infrastructures et de renforcer la coopération. Ils ont également appelé à passer d’une gestion réactive des crises à une planification proactive. Pour la Tunisie, cela signifie progressivement passer d’une politique centrée uniquement sur la mobilisation de nouvelles ressources à une stratégie combinant économie d’eau, choix des cultures, amélioration des sols, irrigation plus efficace, récupération des eaux et adaptation des systèmes agricoles. L’objectif ne devrait plus être seulement de produire davantage avec plus d’eau, mais de produire davantage de valeur avec chaque mètre cube disponible. De la COP17 au Green Belt Dans ce contexte, le programme tunisien des ceintures vertes prend une dimension particulière. La Tunisie présente à la COP17 son expérience en matière de restauration des terres dégradées et de lutte contre la désertification, notamment à travers les approches de restauration et de ceintures vertes. La véritable mesure du succès sera cependant locale : combien d’hectares restaurés? Quelle amélioration de la fertilité des sols? Quelle réduction de l’érosion? Quelle disponibilité fourragère supplémentaire? Quels revenus créés pour les populations rurales? Ce sont ces indicateurs qui permettront de transformer une politique environnementale en véritable politique agricole et territoriale. Le défi alimentaire La sécheresse n’est finalement pas seulement une question environnementale. Elle devient une question agricole et alimentaire. Lorsque les sols perdent leur capacité productive, que les parcours fournissent moins de fourrage et que l’eau disponible pour l’irrigation diminue, les conséquences se transmettent à toute la chaîne : agriculteurs, éleveurs, consommateurs et marchés. C’est pourquoi le message tunisien à la COP17 — relier terre, eau et climat — mérite d’être traduit en une politique cohérente de sécurité alimentaire. La Tunisie dispose déjà d’une expérience accumulée dans la lutte contre la désertification. Le véritable défi de la prochaine décennie sera de passer de projets dispersés à une stratégie intégrée, financée, mesurable et adaptée à chaque territoire. La COP17 ne devrait donc pas être seulement un rendez-vous diplomatique pour la Tunisie. Elle peut devenir un accélérateur pour une nouvelle politique de la terre : moins consommatrice d’eau, plus attentive aux sols, plus favorable aux parcours et capable de préserver les revenus ruraux. Lire également COP17: la Tunisie plaide pour une réponse intégrée face à la sécheresse COP17: Quand l’huile d’olive devient un outil pour restaurer les paysages tunisiens COP17: restaurer les terres pour protéger l’agriculture et notre alimentation Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs
COP17: la Tunisie plaide pour une réponse intégrée face à la sécheresse

Actuagro COP17: la Tunisie plaide pour une réponse intégrée face à la sécheresse À Oulan-Bator, la Tunisie a placé la sécheresse au cœur de son message. Lors du dialogue ministériel consacré à la résilience face à la sécheresse, le ministre de l’Environnement Habib Abid a défendu une approche reliant étroitement la terre, l’eau et le climat, tout en appelant à une réponse internationale plus contraignante. La Tunisie a donné une dimension concrète à sa participation à la 17e session de la Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (COP17), qui se tient à Oulan-Bator, en Mongolie. Présente du 24 au 27 août aux côtés de 197 États et organisations internationales, elle a choisi de mettre en avant son expérience dans la restauration des terres dégradées, la lutte contre la désertification et l’adaptation à la sécheresse. Mais c’est surtout le 25 août, lors du dialogue ministériel sur la résilience face à la sécheresse, que le message tunisien a pris une dimension politique plus nette. Le ministre de l’Environnement Habib Abid figurait parmi les ministres intervenant dans cette séquence de haut niveau. La sécheresse, une menace structurelle Le message porté par la Tunisie s’inscrit dans une évolution importante du débat international. La sécheresse n’est plus considérée uniquement comme une succession d’épisodes climatiques exceptionnels nécessitant des interventions d’urgence. Elle est désormais abordée comme une menace structurelle et systémique qui touche simultanément les ressources naturelles, l’agriculture, l’alimentation, l’économie et les populations. Selon le compte rendu de la journée publié par l’International Institute for Sustainable Development, la Tunisie, avec notamment le Sénégal, la Guyana, l’Angola et l’Italie, a souligné le caractère structurel et systémique de la sécheresse. Elle a également soutenu, avec plusieurs autres pays, la nécessité d’approches intégrées associant terre, eau et planification climatique. Cette approche est particulièrement pertinente pour un pays comme la Tunisie. Dans un territoire soumis à une forte variabilité climatique et à une pression croissante sur les ressources hydriques, la sécheresse ne concerne pas uniquement l’eau disponible. Elle affecte aussi les sols, les cultures, les parcours, les cheptels, les revenus ruraux et, à terme, la sécurité alimentaire. Vers un cadre international plus contraignant La position tunisienne est également allée plus loin sur le plan diplomatique. La Tunisie s’est prononcée, avec l’Eswatini et l’Afrique du Sud, en faveur de l’adoption d’un résultat juridiquement contraignant sur la sécheresse. Cette revendication intervient alors que les négociations internationales sur la sécheresse restent difficiles. La question avait déjà été laissée sans accord lors de la COP16 et demeure l’un des dossiers sensibles de la COP17. Au terme des discussions du 25 août, la présidence de la COP poursuivait encore ses consultations afin de préparer un texte susceptible de servir de base aux négociations. Pour la Tunisie, l’enjeu dépasse donc la reconnaissance du problème. Il s’agit de parvenir à des mécanismes internationaux permettant aux pays vulnérables de mieux prévenir, anticiper et gérer les sécheresses. De la réaction à l’anticipation Les débats de la journée ont justement insisté sur la nécessité de passer d’une logique de gestion de crise à une logique de prévention. Les participants ont mis en avant les systèmes d’alerte précoce, la planification, le suivi des ressources, la gouvernance de l’eau, les infrastructures et la mobilisation des financements. Cette orientation rejoint plusieurs des axes annoncés par la Tunisie pour sa participation à la COP17: restauration des terres dégradées, ceintures vertes, adaptation à la sécheresse, financement de la lutte contre la dégradation des terres et lien entre sécheresse et sécurité alimentaire. L’eau au centre du problème Le choix du 25 août comme «Water Day» n’est pas anodin. Les débats ont rappelé que l’eau constitue le point de rencontre entre la résilience climatique, la restauration des terres et la sécurité alimentaire. Les discussions ont également souligné les liens entre sécheresse, sécurité alimentaire et énergétique, emploi et productivité économique. Pour la Tunisie, cette approche est particulièrement stratégique. La question n’est plus seulement de savoir comment disposer de davantage d’eau, mais comment organiser l’agriculture, les territoires ruraux et les écosystèmes afin de produire davantage de résilience avec une ressource devenue plus incertaine. La COP17 place ainsi la Tunisie devant une double exigence: faire connaître son expérience et, surtout, transformer cette expérience en programmes capables de produire des résultats mesurables. La suite se jouera donc moins dans les déclarations que dans la capacité à restaurer les terres, préserver les sols, sécuriser les parcours, adapter l’agriculture et protéger les revenus des populations rurales. Lire également COP17: Quand l’huile d’olive devient un outil pour restaurer les paysages tunisiens COP17: restaurer les terres pour protéger l’agriculture et notre alimentation Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Pr. 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Pr. Dhia Bouktila – Le Cap Bon, un jardin entre deux golfes [La Tunisie fertile (4)]

chronique Pr. Dhia Bouktila – Le Cap Bon, un jardin entre deux golfes [La Tunisie fertile (4)] Par Pr. Dhia Bouktila. Professeur de Génétique à l’Université de Monastir –Après les plaines fertiles de Béja, les forêts et les eaux de Jendouba, puis les hautes terres du Kef et de Siliana, « La Tunisie fertile » poursuit son voyage vers une péninsule où la fertilité change de visage. Au Cap Bon, les vergers côtoient les vignobles, les cultures maraîchères les champs de fraises, et les fleurs deviennent elles-mêmes une récolte. Sur un territoire relativement resserré, l’agriculture compose une étonnante mosaïque de productions, de paysages et de saisons. Bienvenue au Cap Bon, la péninsule aux mille récoltes. 1. Une terre entre mer, plaines et collines Entre le golfe de Tunis et le golfe de Hammamet, la péninsule présente un relief contrasté, fait de plaines, de plateaux, de collines et de secteurs plus accidentés. Cette configuration crée une mosaïque de situations agricoles. Au sud-ouest, les espaces de Grombalia et de Soliman ouvrent la péninsule sur les plaines proches du Grand Tunis. Plus au centre et à l’est, les terres agricoles se diversifient autour de Korba, Menzel Temime, Béni Khalled et Menzel Bouzelfa. À l’extrémité septentrionale, les paysages de Kélibia, El Haouaria et Hammam Ghuezèze prennent d’autres tonalités. Cette diversité des milieux se traduit par une remarquable pluralité agricole. Le Cap Bon n’est pas un territoire à vocation unique, mais une mosaïque de spécialisations qui se côtoient et se complètent. 2. Une mosaïque agricole à l’échelle d’une péninsule Avec environ 260 000 hectares de superficie agricole utile, dont près de 199 000 hectares de terres labourables, le gouvernorat de Nabeul figure parmi les grands territoires agricoles du pays. Mais c’est surtout l’importance de l’agriculture irriguée (environ 49 500 hectares) qui contribue à façonner son visage agricole particulier[1]. Sur cette superficie, les cultures ne se succèdent pas seulement: elles se spécialisent selon les territoires. Agrumes, maraîchage, viticulture, arboriculture fruitière, olivier, céréales, fraises, pommes de terre, tomates et plantes aromatiques composent une véritable mosaïque productive. Cette diversité ne se lit pas seulement dans les paysages: elle se mesure aussi aux volumes produits et au poids qu’occupe le Cap Bon à l’échelle nationale pour certaines filières, notamment la fraise et les agrumes. En 2022-2023, le gouvernorat a produit environ 200 000 tonnes d’agrumes, 255 000 tonnes de tomates, 144 600 tonnes de pommes de terre et 13 650 tonnes de fraises [1]. Ces chiffres donnent une première mesure de ce que représente le Cap Bon dans l’agriculture tunisienne: non pas un territoire défini par une seule production, mais un espace où plusieurs filières agricoles d’importance nationale se concentrent et se complètent. C’est cette diversité organisée à l’échelle d’une péninsule qui constitue l’une des grandes singularités du Cap Bon. Pour la comprendre, il faut maintenant quitter les statistiques globales et entrer dans le territoire, délégation après délégation: là où chaque paysage révèle sa propre spécialité. 3. Des agricultures qui se lisent d’une délégation à l’autre C’est probablement ici que l’originalité agricole du Cap Bon apparaît le mieux : il suffit de changer de délégation pour changer de production dominante, de paysage et parfois même de saison agricole. Grombalia: le royaume de la vigne À l’entrée occidentale du Cap Bon, la vigne façonne depuis longtemps les paysages de Grombalia et demeure l’une des grandes signatures agricoles de la délégation. Plus largement, le gouvernorat de Nabeul demeure le principal bassin viticole du pays: selon les données du CRDA, il a produit en 2022-2023 11 950 tonnes de raisins de cuve sur 7 194 hectares, soit près de 64% de la production nationale. À ce volume s’ajoutaient 17 492 tonnes de raisins de table[1]. Aux côtés de Bou Argoub, Takelsa et Korba, Grombalia demeure l’un des principaux territoires viticoles de la région. La filière y associe raisins de table et raisins destinés à la transformation, tandis qu’une activité vinicole est historiquement implantée sur le territoire. Mais derrière cette image de «ville de la vigne» se dessine une fragilité préoccupante. Le vieillissement des plantations, le recul des superficies et la baisse de productivité fragilisent progressivement le vignoble de Grombalia. La production attendue pour 2026 ne dépasserait pas 5 000 tonnes selon les estimations locales[2], signe d’une filière dont le poids historique ne suffit plus à garantir la vigueur future. À cette question du renouvellement des plantations s’ajoutent la rareté de l’eau, l’augmentation du coût des équipements et des intrants, ainsi que la pénurie et le renchérissement de la main-d’œuvre. Les producteurs ont également signalé des difficultés de commercialisation liées à la faiblesse des prix[2]. Grombalia offre ainsi l’image contrastée d’un territoire où la vigne demeure une richesse agricole majeure, mais dont la pérennité dépend désormais de la capacité de la filière à renouveler son vignoble, à maîtriser ses coûts et à s’adapter à des contraintes hydriques et climatiques croissantes. Figure 1. Grappe de raisin géante sur un rond-point de Grombalia, symbole de l’identité viticole de la ville. Menzel Bouzelfa et Béni Khalled: le cœur agrumicole du Cap Bon À Menzel Bouzelfa comme à Béni Khalled, le paysage agricole se dessine d’abord sous la forme d’un immense verger. Orangers, mandariniers et citronniers y composent le cœur historique de l’agrumiculture du Cap Bon, une région qui assure à elle seule l’essentiel de la production tunisienne. Lors de la campagne 2022-2023, le gouvernorat de Nabeul comptait environ 18 700 hectares d’agrumes pour une production proche de 200 000 tonnes, soit près de 73% de la production nationale[1]. Trois campagnes plus tard, en 2025-2026, la production régionale atteignait environ 241 000 tonnes, confirmant le poids exceptionnel du Cap Bon dans l’agrumiculture tunisienne[3]. Figure 2. Vergers d’agrumes à Menzel Bouzelfa, Cap Bon. Derrière ces chiffres se cache également un patrimoine variétal remarquable. La grande figure de ces vergers reste la ‘Maltaise tunisienne’, cette orange devenue l’emblème du Cap Bon et de l’agrumiculture tunisienne. La FAO
La poire en Tunisie: un patrimoine variétal menacé entre feu bactérien et stress hydrique

Actuagro La poire en Tunisie: un patrimoine variétal menacé entre feu bactérien et stress hydrique De la poire Williams aux anciennes Meski, le poirier tunisien raconte une histoire faite de diversité variétale, de savoir-faire paysan et, depuis une dizaine d’années, de profondes difficultés. Entre raréfaction de l’eau, vieillissement des vergers et surtout propagation du feu bactérien, une partie importante de ce patrimoine fruitier a disparu. Pourtant, les ressources génétiques encore présentes en Tunisie constituent un patrimoine qu’il devient urgent de préserver. Un fruit anciennement bien implanté en Tunisie Le poirier (Pyrus communis L.) occupe une place particulière parmi les espèces fruitières cultivées en Tunisie. Contrairement à certaines productions fruitières qui se sont développées autour de quelques variétés commerciales dominantes, le poirier tunisien possède une histoire variétale beaucoup plus riche, notamment grâce à l’existence de nombreux cultivars locaux conservés dans les anciens vergers. Les principales zones de production se situent notamment dans le nord et le centre du pays. Les travaux réalisés par des chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique de Tunisie ont porté sur les principales régions productrices et ont couvert environ 95% des superficies consacrées au poirier lors des prospections menées entre 2015 et 2019. La région de la Manouba apparaît notamment comme une zone importante de production commerciale. Le Sahel tunisien constitue, quant à lui, un territoire particulièrement intéressant pour l’étude du patrimoine variétal traditionnel. Une prospection réalisée dans les gouvernorats de Sousse, Monastir et Mahdia a ainsi recensé 3 764 poiriers répartis dans 33 vergers. Cette ancienne prospection montre également que le poirier représentait alors une composante importante des vergers étudiés, avec 31,09 % des arbres fruitiers recensés dans l’échantillon. Une richesse variétale beaucoup plus importante qu’il n’y paraît Lorsqu’on parle des variétés de poires cultivées en Tunisie, les noms de Williams, Alexandrine, Meski et Ambri reviennent souvent. Pourtant, la réalité est beaucoup plus riche. Une étude publiée en 2021 a recensé 16 cultivars de poirier dans les principales zones productrices étudiées, dont 10 cultivars européens et 6 cultivars locaux. Les variétés Williams et Alexandrine figuraient parmi les principales variétés commerciales. Du côté des cultivars locaux, les chercheurs ont identifié notamment Meski Ahrach, Meski Bouguedma, Ambri, Radsi, Fayali et Sahli. Ces variétés locales sont principalement présentes dans la bande côtière allant du nord vers le centre du pays. Les variétés introduites comprennent notamment Williams, Alexandrine, Dr Jules Guyot, Général Leclerc, Passe Crassane, Packham’s Triumph, Wilder, Belle de Juin, Carmen et Conférence. Certaines sont cultivées comme variétés commerciales, tandis que d’autres jouent notamment un rôle de pollinisateurs dans les vergers. Cette diversité est encore plus importante lorsqu’on remonte aux anciennes prospections du patrimoine local. Le Sahel, véritable réservoir de poiriers traditionnels Une étude consacrée au poirier local dans le Sahel tunisien a identifié 16 dénominations locales différentes. Il s’agit notamment de Meski Bou Guedma, Meski Ahrach, Meski Artab, Meski, Ambri 1, Ambri 2, Arbi, Chemi, Fayouni, Mekkaoui, Mostfi, Nahli, Tounsi, Turki, Moknine 1 et Sidi Bou Ali 3. Cette diversité témoigne de l’existence d’un patrimoine fruitier local construit au fil des générations. Toutes ces dénominations ne correspondent toutefois pas nécessairement à des variétés génétiquement totalement distinctes. C’est une nuance essentielle lorsqu’on cherche à établir le nombre exact de variétés de poires présentes en Tunisie. Les agriculteurs peuvent utiliser plusieurs noms pour des types proches ou, inversement, une même dénomination peut recouvrir plusieurs formes locales. La Meski Bou Guedma apparaît comme l’un des cultivars les plus importants de cette collection traditionnelle. Dans la prospection réalisée au Sahel, elle représentait à elle seule 44,16 % des poiriers recensés. La Meski Ahrach représentait également une proportion importante, tandis que d’autres cultivars comme Fayouni, Mekkaoui, Tounsi, Meski ou Ambri 2 étaient devenus beaucoup plus rares. Cette situation montre que la diversité variétale tunisienne ne se résume pas aux variétés commerciales visibles sur les marchés. Elle se trouve aussi dans les vieux vergers, parfois constitués d’arbres âgés, qui constituent de véritables réservoirs de diversité génétique. Williams et Alexandrine, les grandes variétés commerciales Parmi les variétés introduites, Williams occupe une place importante dans la production tunisienne. Alexandrine est également largement représentée dans les vergers commerciaux. Les autres variétés introduites comprennent notamment Dr Jules Guyot, Général Leclerc, Passe Crassane et Packham’s Triumph, souvent utilisées également pour assurer la pollinisation. Certaines variétés comme Wilder, Belle de Juin et Carmen ont été signalées dans quelques vergers de la Manouba. Cette répartition montre que la gamme variétale commerciale existe bien en Tunisie, mais qu’elle reste relativement concentrée géographiquement. Le choix d’une variété ne dépend toutefois pas uniquement de ses qualités commerciales. Il doit également tenir compte de son adaptation au climat, de ses besoins en froid, de sa période de floraison, de sa période de maturation et surtout de sa sensibilité aux maladies. C’est précisément sur ce dernier point que l’histoire récente du poirier tunisien a basculé. 2013, le tournant du feu bactérien Pendant longtemps, le poirier tunisien était considéré comme relativement épargné par le feu bactérien. À partir de 2013, une importante mortalité des poiriers a toutefois été observée, poussant les chercheurs à étudier l’origine et l’ampleur du phénomène. Le feu bactérien est une maladie bactérienne particulièrement dangereuse pour les arbres fruitiers de la famille des Rosacées. Elle peut toucher les fleurs, les jeunes pousses, les fruits et les branches, provoquant rapidement leur dessèchement et, dans les cas graves, la mort de l’arbre. Une étude consacrée à l’état sanitaire du poirier dans le nord de la Tunisie montre l’ampleur de la crise. La production annuelle est passée d’environ 60 000 tonnes en 2011 à moins de 20 000 tonnes en 2016. Dans le même temps, les superficies cultivées sont passées d’environ 8 400 hectares à 3 260 hectares. Les travaux publiés en 2021 ont confirmé l’importance de cette crise et estiment que l’épisode de feu bactérien avait entraîné la perte d’environ 65 % des superficies consacrées au poirier. Toutes les variétés
COP17: Quand l’huile d’olive devient un outil pour restaurer les paysages tunisiens

Actuagro COP17 :Quand l’huile d’olive devient un outil pour restaurer les paysages tunisiens Dans le cadre du suivi par AgroHealth des activités de la COP17, l’exemple tunisien présenté à Oulan-Bator par Boubaker Dhehibi rappelle une évidence souvent oubliée : restaurer une terre ne consiste pas seulement à lui rendre sa fertilité. C’est aussi redonner de la valeur à ses produits, préserver ses variétés locales, faire vivre ses savoir-faire et renforcer les communautés qui en dépendent. Car derrière chaque sol dégradé se joue bien plus qu’un enjeu agricole : c’est tout un patrimoine rural, économique et humain qu’il faut préserver et transmettre. À première vue, une huile d’olive n’est qu’un produit agricole. Une bouteille, une couleur, un parfum, une acidité, une origine. Mais derrière quelques centilitres d’huile peuvent se cacher des siècles d’histoire agricole, des variétés anciennes, des sols, des paysages, des savoir-faire transmis de génération en génération et, surtout, la relation fragile entre l’homme et son territoire. C’est cette relation que Boubaker Dhehibi, économiste principal des ressources naturelles au Centre international de recherche agricole dans les zones arides (ICARDA), a placée au cœur de son intervention lors de la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, à Oulan-Bator, en Mongolie. Son intervention, consacrée aux indications géographiques comme voie de transition agroécologique et comme levier pour les « bundles » de restauration, part d’une idée simple mais profondément actuelle : restaurer un paysage ne signifie pas seulement réparer une terre dégradée. Il faut également permettre à ceux qui la cultivent d’en vivre dignement. Restaurer la terre, mais aussi sa valeur Pendant longtemps, la restauration des terres a été pensée principalement sous l’angle écologique : lutter contre l’érosion, améliorer la fertilité des sols, économiser l’eau, reconstituer la végétation, protéger la biodiversité. Ces dimensions restent essentielles. Mais elles ne suffisent pas. Une terre peut être techniquement restaurée et rester économiquement fragile. Un agriculteur peut être invité à adopter des pratiques plus durables, mais s’il ne trouve pas de débouché rémunérateur pour sa production, la transition risque de rester limitée. C’est précisément là que l’approche présentée par Dhehibi prend tout son sens. La restauration doit réunir plusieurs dimensions : écologique, économique, sociale, institutionnelle, numérique et financière. Dans cette logique, l’indication géographique n’est pas simplement un label apposé sur une bouteille ou un emballage. Elle peut devenir un outil de développement territorial. Elle permet d’associer un produit à un territoire, à une histoire et à des pratiques spécifiques. Elle peut ainsi transformer ce qui était considéré comme une contrainte — éloignement des marchés, petites exploitations, variétés locales peu connues — en un élément de différenciation et de valeur. Le cas tunisien : quand le territoire entre dans la bouteille L’exemple tunisien présenté à la COP17 s’inscrit dans les travaux de l’ICARDA sur les paysages agricoles multifonctionnels. Le cas de l’huile d’olive est particulièrement révélateur. La Tunisie possède un patrimoine oléicole exceptionnel, constitué non seulement de vastes superficies d’oliviers, mais aussi d’une diversité de cultivars, de pratiques et de paysages. Dans certaines régions du Nord-Ouest, des oliviers anciens témoignent encore d’une agriculture adaptée aux conditions locales. Ils sont le produit d’une longue histoire entre l’agriculteur, le climat, le sol et la plante. Parmi ces territoires figure la zone Ellès–Sers, dans le gouvernorat du Kef, étudiée dans le cadre des travaux de l’ICARDA. On y trouve des variétés locales et des oliviers parfois très anciens, associés à des pratiques et à des savoir-faire qui constituent une véritable mémoire agricole. Cette mémoire possède une valeur qui dépasse largement le patrimoine culturel. Elle peut devenir une ressource économique. Les variétés locales, une richesse face au changement climatique Dans une agriculture confrontée à la raréfaction de l’eau, à la dégradation des sols et aux effets croissants du changement climatique, la diversité génétique des cultures représente une assurance précieuse. Les variétés locales ont été façonnées au fil du temps par les conditions de leur environnement. Elles portent donc une partie de l’histoire écologique du territoire. Les préserver ne signifie pas refuser la modernité. Au contraire. La transition agroécologique consiste justement à rechercher un équilibre entre connaissances scientifiques, innovations techniques et savoirs locaux. L’olivier tunisien offre ici un exemple particulièrement intéressant. L’arbre est profondément enraciné dans les territoires ruraux et peut contribuer à la protection des sols, à la fixation du carbone, au maintien de certains équilibres écologiques et à la création de revenus. Mais pour que cette fonction soit durable, l’agriculteur doit avoir intérêt à conserver ce patrimoine. C’est là que l’économie rejoint l’écologie. L’indication géographique : donner un prix à l’identité Une indication géographique permet de reconnaître qu’un produit possède des caractéristiques liées à son territoire d’origine. Pour un producteur, cela peut représenter une possibilité de mieux différencier son huile sur le marché. Pour un territoire, cela peut devenir un moyen de construire une identité économique. Pour le consommateur, cela offre une information sur l’origine et les caractéristiques du produit. Mais l’enjeu est plus profond. Lorsque la qualité et l’origine deviennent économiquement valorisables, la conservation des variétés locales et des pratiques traditionnelles peut elle-même devenir rentable. Le raisonnement est presque circulaire : le territoire donne au produit certaines caractéristiques ; ces caractéristiques donnent au produit une valeur supplémentaire ; cette valeur crée un intérêt à préserver le territoire. Ainsi, l’huile d’olive peut devenir beaucoup plus qu’une production agricole. Elle devient un lien économique entre la conservation de la biodiversité, la protection des sols, le maintien des savoir-faire et les revenus ruraux. Une restauration qui ne travaille plus en silos C’est probablement l’un des messages les plus importants de l’intervention de Boubaker Dhehibi. Les problèmes des territoires ruraux ne sont pas séparés les uns des autres. La dégradation des sols affecte les rendements. La baisse des rendements affecte les revenus. La faiblesse des revenus peut accélérer l’abandon des terres. L’abandon peut fragiliser certains systèmes agricoles et sociaux. La dégradation des ressources naturelles peut ensuite accentuer la vulnérabilité des populations. À l’inverse, une intervention peut produire plusieurs bénéfices à la fois. Améliorer le sol peut améliorer la
Élevage en Tunisie: reconstruire le cheptel, mais avec quel modèle?

Élevage Élevage en Tunisie: reconstruire le cheptel, mais avec quel modèle? Par AgroHealth – Entre sécheresse, coût des aliments, recul des troupeaux et pression sur les filières lait et viandes rouges, l’élevage tunisien traverse une période critique. Le nouveau plan 2026-2030 veut reconstruire le cheptel et renforcer la production. Mais le véritable défi est ailleurs: construire un élevage capable de produire dans une Tunisie plus chaude, plus sèche et confrontée à une forte pression sur ses ressources. L’élevage n’est pas seulement une activité agricole. Il est au cœur de la sécurité alimentaire, de l’économie rurale et de l’équilibre des territoires. En Tunisie, il représente aussi un lien essentiel entre les cultures, les parcours, les sols, l’alimentation humaine et les revenus des agriculteurs. Or ce système s’est progressivement fragilisé. Un cheptel qui a fortement diminué Les dernières données détaillées disponibles montrent une contraction importante du cheptel. Entre 2016 et 2022, les effectifs sont passés d’environ 685 800 à 388 000 bovins, de 6,486 millions à 4,637 millions d’ovins, et de 1,199 million à 922 000 caprins. La baisse est particulièrement préoccupante pour les bovins, directement liés à la production laitière et à une partie de la production de viande. Les données plus récentes doivent toutefois être interprétées avec prudence : le suivi statistique du cheptel n’est pas encore aussi précis que nécessaire. L’ONAGRI estime notamment que le cheptel bovin a diminué d’environ 20 %, signe d’une contraction devenue structurelle. Cette situation pose une question fondamentale: comment reconstruire le cheptel si l’on ne dispose pas d’une photographie suffisamment récente de sa taille, de sa localisation, de sa composition et de son état sanitaire? La numérisation du suivi des animaux prévue dans la nouvelle stratégie doit précisément répondre à cette faiblesse. Le lait: une filière stratégique sous pression La filière laitière illustre particulièrement bien les difficultés de l’élevage tunisien. Selon l’ONAGRI et l’OEP, la Tunisie a produit environ 1,230 million de tonnes de lait frais en 2025. Mais cette production affiche un taux de croissance annuel moyen de -1,5 % entre 2016 et 2025. La productivité moyenne d’une vache laitière, toutes races confondues, était de 5 749 kg en 2024. Le prix du lait à la production est, lui, fixé à 1 340 millimes le litre, depuis la dernière révision de novembre 2022. Le coût de la reconstitution du troupeau est également devenu considérable. Le prix moyen d’une génisse atteignait 7 083 dinars en 2024, avec une progression annuelle moyenne de 9,5 % entre 2015 et 2024. Ces chiffres montrent que le problème n’est pas simplement celui du nombre de vaches. Il concerne toute l’économie de l’élevage: alimentation, reproduction, génétique, santé animale, prix du lait et revenu de l’éleveur. Viande rouge: une production qui peine à suivre La pression se retrouve également dans les viandes rouges. Les statistiques de l’OEP montrent une production totale de viande rouge inférieure à celle du début des années 2010. En 2010, la production atteignait environ 122 700 tonnes. Elle était tombée à 105 560 tonnes en 2023, avant de remonter à environ 110 510 tonnes en 2024. Les différentes espèces jouent un rôle complémentaire. En 2010, la production était composée notamment de 55 800 tonnes de viande bovine, 50 000 tonnes de viande ovine et 9 400 tonnes de viande caprine. Les données de l’OEP montrent l’importance persistante des ovins dans l’approvisionnement national. La diminution de l’offre nationale intervient alors que les coûts de production augmentent et que la demande reste importante. Le résultat est visible sur les marchés : l’animal vivant devient de plus en plus cher, mettant à rude épreuve les éleveurs comme les consommateurs. Pourquoi le cheptel recule-t-il? La crise actuelle n’a pas une seule cause. La première est climatique. Plusieurs années de sécheresse ont réduit les pâturages et les ressources fourragères. Lorsque les pluies diminuent, l’éleveur doit acheter davantage d’aliments pour maintenir ses animaux. Le mécanisme est simple: Moins de pluie → moins de fourrage → hausse des coûts → baisse de la rentabilité → vente des animaux → diminution du cheptel. La hausse des prix des matières premières agricoles et la dépendance à certains aliments importés ont accentué cette pression. À cela s’ajoutent les difficultés d’accès au financement, les problèmes de collecte et de commercialisation du lait, les charges vétérinaires et la faiblesse des marges. Pour certains éleveurs, vendre une vache ou des brebis n’est plus seulement une décision économique: c’est parfois une manière de survivre. Mais chaque reproductrice vendue représente aussi une perte pour la capacité de production future. Le fourrage au cœur de la bataille Il est difficile de parler de reconstruction de l’élevage sans parler de fourrage. L’OEP suit notamment la production fourragère nationale. Pour la campagne 2024-2025, les données disponibles font apparaître une progression de plusieurs productions fourragères par rapport à la campagne précédente. Mais le défi reste considérable. La Tunisie doit produire davantage d’aliments pour ses animaux tout en économisant l’eau. C’est ici que l’intégration entre agriculture et élevage devient essentielle. Les pailles, sous-produits céréaliers, résidus d’olivier, légumineuses et autres ressources agricoles peuvent être mieux valorisés. Les rotations intégrant des cultures fourragères peuvent également contribuer à nourrir les animaux tout en améliorant la fertilité des sols. L’élevage de demain devra donc être pensé avec les cultures et non à côté des cultures. Un plan 2026-2030 pour reconstruire Face à cette situation, le ministère de l’Agriculture a présenté en juillet 2026 un plan de relance de l’élevage pour la période 2026-2030. Il repose sur quatre orientations principales: reconstitution des troupeaux bovins et des petits ruminants, développement des ressources fourragères, numérisation du suivi du cheptel et renforcement de la santé animale. Cette orientation s’inscrit dans une stratégie agricole plus large visant, à l’horizon 2030, à améliorer la productivité, renforcer l’autonomie alimentaire du bétail à partir de ressources locales, développer la couverture sanitaire et moderniser le suivi du secteur. La reconstruction du cheptel constitue donc une priorité nationale. Mais elle ne
Zouhaïr Ben Amor: Cultiver la valeur plutôt que l’eau, quelles cultures commerciales pour une Tunisie sous contrainte hydrique?

Chronique Zouhaïr Ben Amor: Cultiver la valeur plutôt que l’eau, quelles cultures commerciales pour une Tunisie sous contrainte hydrique? Par Zouhaïr Ben Amor. Universitaire Penser l’agriculture à partir de l’eau disponible La question agricole tunisienne ne peut plus être posée comme elle l’était lorsque l’eau semblait constituer une contrainte parmi d’autres. Elle est devenue une question structurante, presque une question de civilisation économique: que voulons-nous produire avec une ressource qui se raréfie, devient plus coûteuse à mobiliser et dont la variabilité augmente? La Tunisie se situe aujourd’hui parmi les pays soumis à un stress hydrique sévère. La Banque mondiale souligne que le changement climatique accentue la rareté de l’eau, fragilise l’agriculture pluviale et rend les arbitrages entre usages agricoles, domestiques, industriels et écologiques de plus en plus difficiles (Banque mondiale, 2025). Dans un tel contexte, continuer à raisonner la performance agricole essentiellement en tonnes par hectare devient insuffisant. Il faut apprendre à raisonner aussi en valeur créée par mètre cube d’eau, en stabilité du revenu, en possibilités de transformation locale et en capacité d’exportation. Cette approche ne signifie évidemment pas qu’il faudrait abandonner les cultures alimentaires de base. Un pays ne peut construire sa sécurité agricole uniquement sur des produits de niche. Elle signifie plutôt qu’une partie des terres, notamment dans les régions semi-arides et arides, pourrait être orientée vers des productions mieux adaptées à la contrainte hydrique et capables de générer davantage de revenu par unité de ressource consommée. Le véritable enjeu n’est donc pas de trouver une plante miraculeuse, mais de construire des systèmes de production où la sobriété hydrique, la valeur ajoutée, la transformation et la qualité deviennent indissociables. Le safran: une petite surface pour une grande valeur Le safran est sans doute l’exemple le plus spectaculaire d’une culture dont la valeur commerciale dépend beaucoup plus de la qualité et du travail incorporé que du volume produit. Quelques kilogrammes représentent une valeur considérable, ce qui change radicalement la relation entre surface, eau et revenu. Crocus sativus est une plante à cycle particulier: sa croissance active se concentre pendant les périodes fraîches, tandis que sa dormance estivale lui permet d’éviter une partie du stress lié aux fortes chaleurs. Les travaux récents rappellent que le safran présente des besoins hydriques relativement limités, même si une irrigation d’appoint bien conduite reste souvent nécessaire pour sécuriser l’installation, la floraison et le rendement (Acharya et al., 2025). Pour la Tunisie, cette culture pourrait être envisagée dans certaines zones intérieures où l’hiver est suffisamment frais, avec des sols bien drainés et une disponibilité en main-d’œuvre saisonnière. Mais parler du safran sans parler du marché serait une erreur. Sa valeur élevée attire rapidement des projets, parfois fondés sur des projections trop optimistes. Le principal risque n’est pas seulement agronomique; il est commercial. La rentabilité suppose une excellente maîtrise de la récolte manuelle, de l’émondage des stigmates, du séchage, du stockage et surtout de la certification de la qualité. Le safran tunisien ne pourrait durablement se différencier par le seul argument du prix. Il devrait construire une identité: origine territoriale, traçabilité, analyses de pureté, conditionnement haut de gamme, vente aux chefs, aux épiceries fines, à la cosmétique ou à l’export. La faible consommation d’eau devient alors un avantage, mais seulement au sein d’une chaîne de valeur rigoureuse. Le safran est donc moins une culture de masse qu’un outil de diversification pour de petites exploitations, des coopératives ou des investisseurs capables d’assumer une forte intensité de travail et une exigence qualitative élevée. Le câprier: transformer l’aridité en avantage comparatif Le câprier possède une qualité particulièrement intéressante pour la Tunisie: il ne se contente pas de tolérer des conditions difficiles, il en fait presque son milieu naturel. Capparis spinosa est un arbuste xérophile méditerranéen, capable de supporter la chaleur et la sécheresse et de se développer sur des sols relativement pauvres. La littérature le considère comme une culture prometteuse pour les zones arides et semi-arides soumises au réchauffement climatique (Grimalt et al., 2022). Ce trait est fondamental, car il permet d’envisager sa culture là où certaines productions horticoles fortement irriguées deviennent économiquement et écologiquement contestables. La valeur du câprier ne réside pas uniquement dans le bouton floral que l’on conserve au vinaigre ou en saumure. Les jeunes fruits et certains produits transformés peuvent également être valorisés. Le marché international des condiments offre un débouché réel, particulièrement si le produit est calibré, régulier et conforme aux normes de résidus et d’hygiène. La Tunisie dispose en outre d’un avantage culturel: le câprier appartient déjàau paysage méditerranéen et ne constitue pas une introduction artificielledépourvue d’ancrage écologique. Sa domestication et sa sélection peuvent doncs’appuyer sur des ressources génétiques locales. Il faut toutefois résister à l’idée selon laquelle une plante résistante à la sécheresse n’aurait besoin d’aucune conduite technique.La phase d’installation peut nécessiter une irrigation limitée mais régulière; la taille, la récolte et la transformation demandent de la main-d’œuvre; et la qualité commerciale dépend du calibre et de la fréquence de cueillette. Un câprier abandonné peut survivre, mais une plantation commerciale doit produire. C’est toute la différence entre la rusticité biologique et la performanceéconomique. La perspective la plus intéressante serait donc celle de plantations sobres en eau, implantées dans des zones marginales ou sur des sols peu adaptés aux cultures intensives, associées à de petites unités de tri, de saumure, de conditionnement et de commercialisation. Le figuier de Barbarie: sortir du simple fruit frais Le figuier de Barbarie est probablement la culture qui symbolise le mieux l’adaptation des régions sèches. Grâce à son métabolisme photosynthétique particulier, il limite fortement les pertes d’eau et reste productif dans des environnements où de nombreuses espèces conventionnelles s’effondrent. Les travaux sur Opuntia insistent sur son rôle dans l’adaptation à la sécheresse,la conservation de l’eau, la lutte contre l’érosion et la restauration de terres dégradées (Jorge et al., 2023). En Tunisie, son intérêt n’est donc pas à démontrer; ce qui doit être repensé, c’est la manière de le valoriser.
Assida Zgougou

Recette Assida Zgougou Le zgougou est une graine de pin d’Alep, extraite des cônes des pins qui poussent dans les forêts. En Tunisie, il est principalement utilisé pour préparer l’assida zgougou, une célèbre spécialité traditionnelle. Cette douceur est notamment préparée à l’occasion de la fête du Mouled, qui célèbre la naissance du Prophète. Elle se distingue par sa couleur foncée et son goût riche et particulier. Ingrédients pour 6 à 8 personnes Pour la crème de zgougou 500 g de graines de zgougou (pignons d’Alep) 1,5 litre d’eau 250 à 300 g de farine 250 à 300 g de sucre Pour la crème blanche 1 litre de lait 100 g de farine ou de fécule de maïs 150 g de sucre 1 sachet de sucre vanillé 1 à 2 cuillères à soupe d’eau de géranium (facultatif) Pour la décoration Amandes Pistaches Noisettes Pignons Noix Fruits secs selon votre goût Préparation Préparer le zgougou Nettoyer soigneusement les graines de zgougou, puis les rincer plusieurs fois. Les laisser sécher avant de les mixer finement. Les faire dorer légèrement au four. Ajouter progressivement l’eau aux graines mixées et bien mélanger. Filtrer ensuite la préparation à travers une passoire fine ou une étamine afin d’éliminer les résidus solides. Préparer l’assida Verser le liquide obtenu dans une casserole. Ajouter la farine tamisée et le sucre, puis mélanger soigneusement à froid pour éviter la formation de grumeaux. Faire cuire à feu moyen tout en remuant constamment avec un fouet. La préparation va progressivement épaissir. Continuer la cuisson jusqu’à obtenir une texture lisse, crémeuse et suffisamment épaisse. Verser l’assida dans des petits bols ou des verrines et laisser légèrement refroidir. Préparer la crème blanche Dans une casserole, mélanger le lait froid avec la farine ou la fécule de maïs et le sucre. Faire cuire à feu moyen en remuant continuellement jusqu’à ce que la crème épaississe. Ajouter le sucre vanillé et, si désiré, un peu d’eau de géranium. Mélanger puis retirer du feu. Verser délicatement cette crème blanche sur la couche de zgougou. Décorer Laisser refroidir complètement, puis décorer avec des amandes, pistaches, noisettes, noix ou autres fruits secs, selon votre inspiration. Placer au réfrigérateur pendant quelques heures avant de servir. Astuce AgroHealth: pour obtenir une assida bien onctueuse, le secret est de bien filtrer le zgougou et de remuer constamment pendant la cuisson. La crème blanche doit également être préparée à feu doux pour conserver une texture lisse. Lire également Le zgougou en Tunisie: quand une graine de forêt devient une mémoire du Mouled et une richesse à préserver Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Pr. Dhia Bouktila – Jendouba, le berceau vert de la Tunisie fertile [La Tunisie fertile (2)] août 11, 2026/Agrohealth Zouhaïr Ben Amor: La compétition entre espèces, une force destructrice ou un moteur caché de la biodiversité? août 6, 2026/Agrohealth Pr. Dhia Bouktila – Béja, le grenier vivant de la Tunisie: une terre, une mémoire, des gènes [La Tunisie fertile… août 4, 2026/Agrohealth Le caroubier: un arbre d’avenir pour les régions méditerranéennes juillet 29, 2026/Agrohealth PUB Actuhealth Tomates d’été: les bons gestes pour préserver leur goût et leur fraîcheur août 19, 2026 L’ashwagandha, de la médecine traditionnelle aux recherches scientifiques août 19, 2026 L’orge et l’eau d’orge: des alliées pour votre santé juillet 22, 2026 Load More Élevage Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Load More