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Tomate en Tunisie: une filière stratégique au cœur de l’agriculture nationale

Rouge, charnue et présente dans presque toutes les cuisines tunisiennes, la tomate fait partie du quotidien des ménages.

 

Pourtant, derrière chaque ojja, chaque slata méchouia ou chaque cuillerée de concentré se cache une filière agricole et industrielle d’une importance capitale pour le pays.

 

Des champs aux unités de transformation, elle mobilise des milliers de producteurs, génère de nombreux emplois et participe à la sécurité alimentaire nationale.

 

La Tunisie a construit au fil des décennies un véritable savoir-faire dans la production de tomate destinée à la transformation industrielle.

 

Selon les données du Groupement interprofessionnel des conserves alimentaires (GICA), plus de 10 000 producteurs cultivent chaque année près de 18 000 hectares de tomates industrielles.

 

La production nationale avoisine en moyenne un million de tonnes par campagne, avec des variations liées aux conditions climatiques et à la disponibilité de l’eau.

 

Certaines années particulièrement favorables ont même permis de dépasser ce seuil, à l’image de la campagne 2015 qui avait enregistré une récolte de plus de 1,2 million de tonnes.

 

Cette production repose sur plusieurs bassins agricoles historiques.


Le Cap Bon demeure l’un des symboles de cette culture, grâce à une longue tradition maraîchère et à la proximité des unités de transformation.

 

D’autres régions contribuent également à faire vivre cette filière, notamment Béja, Bizerte, Jendouba, Kairouan et Sidi Bouzid.

 

Durant la saison estivale, ces zones se transforment en véritables ruches où les récoltes s’enchaînent afin d’alimenter les usines dans les meilleurs délais.

 

Car la tomate tunisienne poursuit rapidement son parcours après avoir quitté les champs.


Quelques heures seulement après la récolte, les fruits sont transportés vers les unités industrielles où ils sont triés, lavés, broyés puis concentrés avant d’être conditionnés.

 

Cette rapidité est essentielle pour préserver les qualités du produit et garantir sa conformité aux exigences du marché.

Le double concentré de tomate s’est ainsi imposé comme le produit phare de cette industrie.
Il représente près de 90% des conserves de fruits et légumes produites en Tunisie et constitue l’un des aliments les plus présents dans les placards des ménages.
Plus qu’un simple condiment, il est devenu un élément indissociable des habitudes culinaires tunisiennes.

La campagne 2026 s’annonce toutefois dans un contexte marqué par plusieurs défis. Selon des informations relayées par la presse nationale, les stocks de concentré de tomate disponibles avant le lancement de la nouvelle saison étaient estimés entre 50 000 et 60 000 tonnes, contre environ 30 000 tonnes à la même période l’année précédente.


Si cette situation témoigne d’une certaine stabilité de l’approvisionnement, les professionnels du secteur continuent d’alerter sur les difficultés auxquelles ils sont confrontés.


La raréfaction des ressources en eau, l’augmentation des coûts des intrants agricoles, la hausse des charges de production et les effets de plus en plus perceptibles du changement climatique exercent une pression croissante sur les exploitations.


Dans certaines régions, le vieillissement des réseaux d’irrigation et l’apparition de maladies affectant les cultures viennent également fragiliser les rendements.


Malgré ces contraintes, la tomate demeure l’une des filières les plus stratégiques de l’agriculture tunisienne.


Elle fait vivre des milliers de familles, soutient une industrie agroalimentaire solidement implantée et contribue à l’autonomie alimentaire du pays.


Derrière ce fruit devenu incontournable se dessine ainsi toute une chaîne de valeur, faite de savoir-faire, d’efforts et d’adaptation permanente.


À l’heure où la Tunisie cherche à renforcer la résilience de son système agricole face aux défis climatiques et économiques, l’avenir de la filière tomate dépendra de sa capacité à innover, à préserver ses ressources et à mieux valoriser sa production.


Car derrière chaque boîte de concentré que l’on ouvre dans une cuisine tunisienne, c’est une part essentielle de l’agriculture nationale qui continue de battre.



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