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Agrohealth Tunisie

Quand les marchés se vident, faut-il réapprendre l’art de l’âoula?

Chronique Quand les marchés se vident, faut-il réapprendre l’art de l’âoula? Par AgroHealth – De la «بيت المونة» de nos grands-parents à la réserve alimentaire d’aujourd’hui   Il suffit parfois d’une rupture dans les rayons d’un supermarché pour nous rappeler une réalité que nous oublions facilement: notre alimentation dépend d’un système d’approvisionnement vaste, complexe et parfois fragile.   Un problème de production, une perturbation du transport, une crise économique ou climatique et, soudain, un produit habituellement banal devient difficile à trouver.   Face à ces incertitudes, faut-il revenir aux habitudes de nos grands-parents? La réponse ne consiste certainement pas à remplir sa maison de provisions par crainte d’une pénurie. Elle pourrait plutôt se trouver dans une pratique ancienne, profondément enracinée dans les foyers tunisiens: l’âoula. Pendant des générations, les familles ont appris à profiter des saisons, à transformer les récoltes et à conserver une partie des aliments pour les mois à venir. Dans la maison traditionnelle, le بيت المونة, littéralement la maison ou la pièce des provisions, occupait une place particulière.   On y conservait ce qui avait été préparé lorsque les produits étaient disponibles en abondance: céréales, légumineuses, épices, piments séchés, harissa, tomates séchées, huiles, fruits secs et différentes préparations familiales.   L’âoula était donc bien plus qu’une manière de cuisiner. Elle était une forme de prévoyance alimentaire. Quand la saison donne, penser à la saison qui vient Nos grands-parents connaissaient intimement le rythme des saisons. Ils savaient que chaque période de l’année apportait ses produits et qu’il fallait profiter de cette abondance pour préparer les mois suivants.   Les piments rouges devenaient harissa. Les tomates pouvaient être séchées ou transformées.   Certains légumes étaient conservés selon les méthodes traditionnelles. Les céréales et les légumineuses étaient stockées pour être utilisées progressivement.   L’huile d’olive, les épices et les fruits secs trouvaient également leur place dans les réserves familiales.   Cette logique répondait à une question simple : comment assurer l’alimentation de la famille lorsque le produit ne sera plus disponible dans le jardin, au marché ou à un prix abordable?   Aujourd’hui, la question revient sous une autre forme. Nous sommes habitués à trouver presque tout, presque toute l’année. Pourtant, les crises successives ont montré que cette disponibilité permanente ne doit pas être considérée comme acquise.   Les perturbations climatiques, les difficultés économiques, les problèmes logistiques ou les tensions sur certaines matières premières peuvent affecter l’offre et les prix. Dans ce contexte, retrouver certains réflexes de l’âoula peut avoir du sens. Recréer un «بيت المونة» à la maison Il n’est évidemment pas nécessaire de disposer d’une grande maison traditionnelle pour retrouver cette pratique. Un placard bien organisé, une petite pièce ou un espace dédié peuvent suffire.   L’essentiel est que cet espace soit propre, sec, frais, à l’abri de la lumière et correctement ventilé, selon les besoins des produits qui y sont conservés.   L’idée n’est pas de stocker tout ce que l’on peut acheter, mais de constituer progressivement une réserve correspondant aux habitudes réelles de la famille.   Quelques kilos de légumineuses, des céréales, des épices, des produits secs, des conserves préparées dans de bonnes conditions ou encore certaines préparations issues des récoltes saisonnières peuvent ainsi être conservés et consommés progressivement.   Cette démarche demande surtout de l’organisation. Les produits les plus anciens doivent être utilisés en premier, les contenants doivent être adaptés et les aliments doivent être régulièrement contrôlés. Car stocker ne signifie pas oublier.   Une réserve alimentaire utile est une réserve vivante : on l’alimente, on la consomme, on la renouvelle et on vérifie régulièrement son état. L’âoula n’est pas la peur de la pénurie Il est important de faire la différence entre prévoyance et accumulation. Face à une rupture temporaire d’un produit, la tentation peut être de multiplier les achats et de constituer rapidement des réserves importantes.   Pourtant, cette réaction peut conduire au gaspillage, surtout lorsque les produits ont une durée de conservation limitée ou lorsqu’ils sont stockés dans de mauvaises conditions.   L’esprit de l’âoula est différent. Il consiste à acheter au bon moment, dans des quantités raisonnables, puis à conserver correctement. Il s’agit aussi de valoriser les produits de saison lorsqu’ils sont abondants, plutôt que de dépendre exclusivement de produits disponibles toute l’année.   Cette approche peut également contribuer à réduire le gaspillage alimentaire. Une récolte abondante ne signifie pas nécessairement qu’elle doit être consommée immédiatement.   Une partie peut être transformée ou conservée afin de prolonger sa disponibilité. Ainsi, l’âoula transforme le temps en ressource : ce qui est abondant aujourd’hui peut devenir une provision pour demain. Une tradition qui retrouve une nouvelle actualité Il serait évidemment difficile de reproduire exactement le modèle alimentaire de nos grands-parents.   Les modes de vie ont changé, les logements sont différents et les familles n’ont plus les mêmes besoins.   Mais l’idée fondamentale demeure étonnamment moderne. Dans un contexte où la sécurité alimentaire devient une préoccupation mondiale, savoir conserver, organiser et gérer une petite réserve domestique constitue une compétence utile.   Elle ne remplace évidemment ni les marchés ni les systèmes modernes d’approvisionnement, mais elle peut apporter aux ménages une certaine marge de sécurité face aux imprévus.   L’âoula nous enseigne également une autre leçon: la sécurité alimentaire commence aussi à l’échelle de la maison.   Elle commence par connaître les produits que nous consommons, comprendre leur saisonnalité, éviter le gaspillage, savoir les conserver et apprendre à transformer ce que la terre nous offre lorsqu’il est disponible en abondance. Revenir à l’essentiel Aujourd’hui, lorsqu’un produit manque momentanément dans les commerces, nous avons tendance à considérer cette situation comme une anomalie. Nos grands-parents, eux, avaient intégré l’incertitude dans leur organisation quotidienne.   Ils ne disposaient pas nécessairement de technologies sophistiquées ni de grandes surfaces commerciales. Ils disposaient surtout d’un savoir-faire: préparer aujourd’hui une partie de ce dont la famille aura besoin demain.   Peut-être est-ce là le véritable enseignement de l’âoula. Il ne s’agit pas de retourner au passé, mais de reprendre certaines de ses bonnes idées et de les adapter à notre

La harissa tunisienne faite maison.

Recette La harissa tunisienne faite maison. À l’automne, les cuisines tunisiennes retrouvent un parfum bien particulier: celui de l’âoula, cette tradition ancienne qui consiste à préparer, conserver et stocker les produits de saison pour en profiter tout au long de l’année.   Derrière chaque bocal, chaque pot et chaque préparation, il y a un savoir-faire transmis de génération en génération, mais aussi une manière de préserver les saveurs de la terre et de ne rien perdre de ses récoltes.   Dans cet esprit, AgroHealth vous propose chaque semaine une recette consacrée à la conservation et au stockage des aliments, entre tradition, goût et savoir-faire familial. La semaine dernière, nous vous avons proposé une recette de thon en conserve maison.   Cette semaine, nous restons dans les couleurs et les parfums de la cuisine tunisienne avec une préparation incontournable de notre patrimoine culinaire: la harissa tunisienne faite maison.   Préparée à partir de piments rouges séchés, relevée par l’ail et les épices et conservée avec une fine couche d’huile d’olive, la harissa accompagne les plats du quotidien tout en racontant une partie de l’histoire gastronomique de la Tunisie. Voici une recette simple pour préparer chez soi une harissa parfumée, généreuse et facile à conserver. Temps de préparation: environ 30 minutes, hors trempage Quantité: environ 2 à 3 petits pots Ingrédients 250 g de piments rouges séchés 4 à 5 gousses d’ail 1 à 2 cuillères à café de carvi moulu 1 cuillère à café de coriandre moulue 1 cuillère à café de sel, à ajuster selon le goût 3 à 5 cuillères à soupe d’huile d’olive Un peu d’eau pour réhydrater les piments Préparation Commencez par retirer les pédoncules des piments séchés. Si vous souhaitez une harissa moins piquante, vous pouvez également retirer une partie des graines.   Placez ensuite les piments dans un récipient et couvrez-les d’eau chaude. Laissez-les se réhydrater pendant environ 20 à 30 minutes, jusqu’à ce qu’ils deviennent suffisamment souples. Égouttez-les soigneusement et pressez-les légèrement pour éliminer l’excès d’eau.   Déposez les piments réhydratés dans un mixeur avec les gousses d’ail, le carvi, la coriandre et le sel. Mixez progressivement jusqu’à obtenir une pâte homogène. Ajoutez ensuite l’huile d’olive petit à petit afin d’obtenir une texture souple et onctueuse.   Goûtez et ajustez l’assaisonnement selon vos préférences. Une harissa traditionnelle doit être relevée, parfumée et légèrement salée, mais les proportions peuvent naturellement varier d’une famille à l’autre.   Répartissez enfin la harissa dans des petits pots propres et secs. Lissez la surface et recouvrez-la d’une fine couche d’huile d’olive afin de limiter le contact avec l’air.   Pour bien la conserver Conservez les pots au réfrigérateur et utilisez toujours une cuillère propre et sèche pour prélever la quantité nécessaire. Après chaque utilisation, veillez à ce que la surface de la harissa reste recouverte d’une fine couche d’huile.   Pour une conservation plus longue, il est préférable de préparer de petites quantités et de les conserver dans des contenants propres, en évitant de laisser la préparation longtemps à température ambiante.   Le petit secret de l’âoula: chaque famille possède sa propre manière de préparer la harissa. Certains ajoutent davantage d’ail, d’autres privilégient le carvi ou la coriandre, tandis que certains mélangent plusieurs variétés de piments. C’est justement cette diversité qui fait vivre la tradition et donne à chaque harissa son caractère. Lire également Thon en conserve maison à la tunisienne Saison du piment rouge en Tunisie Dans les champs, le rouge de la harissa Quand les marchés se vident, faut-il réapprendre l’art de l’âoula? Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Quand les marchés se vident, faut-il réapprendre l’art de l’âoula? septembre 11, 2026/Agrohealth Vitamine D, bêta-carotène et protection solaire : démêler le vrai du faux août 28, 2026/Agrohealth Pr. Dhia Bouktila – Le Cap Bon, un jardin entre deux golfes [La Tunisie fertile (4)] août 25, 2026/Agrohealth Zouhaïr Ben Amor: Cultiver la valeur plutôt que l’eau, quelles cultures commerciales pour une Tunisie sous contrainte hydrique? août 22, 2026/Agrohealth PUB Actuhealth Dans l’assiette du Tunisien, le pouvoir d’achat fait-il désormais la loi? septembre 3, 2026 Graines de chia: de la graine tendance à une nouvelle culture en Tunisie? septembre 3, 2026 Eau potable: peut-on encore parler de sécurité sanitaire quand l’eau devient une denrée sous tension? août 30, 2026 Load More Élevage Le dromadaire tunisien: le sage du désert septembre 5, 2026 Élevage équin: le cheval tunisien peut-il enfin devenir une véritable filière agricole? août 30, 2026 Élevage en Tunisie: reconstruire le cheptel, mais avec quel modèle? août 23, 2026 Load More

Engrais agricoles: pourquoi leur disponibilité est devenue une question de souveraineté alimentaire pour la Tunisie

Actuagro Engrais agricoles: pourquoi leur disponibilité est devenue une question de souveraineté alimentaire pour la Tunisie Par AgroHealth – Un sac d’engrais paraît bien loin de l’assiette du consommateur. Pourtant, entre le champ de blé, l’oliveraie, le potager et le panier du marché, il existe un fil discret : celui de la fertilisation. À l’heure où la Tunisie prépare la campagne agricole 2026-2027, l’approvisionnement en engrais revient au premier plan. Derrière les stocks, les prix et les usines se joue une question beaucoup plus vaste : la capacité du pays à produire suffisamment, à préserver le revenu de ses agriculteurs et à réduire sa vulnérabilité alimentaire. Le grain commence bien avant l’épi Avant que le blé ne mûrisse sous le soleil du Nord-Ouest, avant que l’épi ne se courbe sous son propre poids, il y a le sol. Et dans ce sol, il faut des éléments nutritifs disponibles au bon moment. L’azote accompagne notamment la croissance végétative et la formation des protéines ; le phosphore intervient dans le développement racinaire et de nombreux processus énergétiques ; le potassium participe à l’équilibre hydrique et à la résistance de la plante. L’engrais n’est donc pas une simple charge comptable inscrite dans le carnet de l’agriculteur. Il conditionne une partie du potentiel de rendement. Lorsqu’il manque, arrive trop tard ou devient financièrement inaccessible, l’agriculteur peut être tenté de réduire les doses ou de modifier ses pratiques. Dans une agriculture déjà confrontée au manque d’eau, aux aléas climatiques et à la hausse des coûts, chaque arbitrage compte. La campagne 2026-2027 déjà sous surveillance Le signal politique est clair. Lors d’un conseil ministériel restreint consacré, le 23 mai 2026, à la saison des moissons et aux préparatifs de la campagne agricole 2026-2027, le gouvernement a décidé d’accélérer la constitution des stocks d’engrais afin de couvrir l’ensemble des besoins de la saison. Il a également décidé de maintenir les prix actuels des engrais chimiques, de garantir l’approvisionnement énergétique des centres de stockage, d’assurer une distribution équitable sur le marché intérieur et de faciliter l’accès des intervenants à la plateforme numérique «Engrais». Ces décisions ne sont pas anodines. Elles traduisent une réalité simple: l’engrais doit être disponible au moment où la plante en a besoin. Une livraison tardive peut perturber le calendrier de fertilisation, tandis qu’une hausse brutale des prix peut peser directement sur la trésorerie des exploitations. Le même conseil ministériel a indiqué que 524 000 quintaux de semences certifiées avaient été distribués dans les zones de production, soit 30 % des besoins en semences. La préparation de la campagne est donc pensée comme une chaîne: semences, engrais, énergie, stockage, financement et logistique doivent avancer ensemble. Le paradoxe tunisien du phosphate La Tunisie possède pourtant un atout que beaucoup de pays lui envieraient: le phosphate. Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie indique une production nationale de 3,04 millions de tonnes en 2024, contre 2,9 millions de tonnes en 2023. Mais posséder une ressource minière ne signifie pas être totalement autonome sur toute la chaîne de fertilisation. La Tunisie a développé une industrie de transformation importante. Selon le Groupe chimique tunisien, plus de 80 % de la production nationale de phosphate est actuellement transformée en acide phosphorique et en engrais minéraux. Le GCT dispose de quatre sites industriels de transformation à Sfax, M’dhilla, Gabès et Skhira. Le pays produit ainsi plusieurs fertilisants, notamment le DAP, le TSP et l’ammonitrate. À Gabès, les deux unités de DAP affichent chacune une capacité annuelle de 650 000 tonnes, soit 1,3 million de tonnes au total. L’usine d’ammonitrate a, pour sa part, une capacité de 330 000 tonnes par an, destinées en priorité au marché local, ainsi que 30 000 tonnes par an de nitrate d’ammonium poreux. Ces chiffres montrent la puissance industrielle du dispositif. Mais ils montrent aussi pourquoi la question ne peut être réduite au phosphate extrait à Gafsa : il faut transformer, alimenter les unités, transporter, stocker et distribuer. Le maillon sensible: l’ammoniac C’est ici qu’apparaît l’une des fragilités les plus importantes. Dans sa stratégie nationale relative à l’hydrogène et à ses dérivés, le ministère de l’Industrie indique que la Tunisie ne produit pas actuellement d’ammoniac et dépend entièrement des importations pour cette matière première. Or l’ammoniac occupe une place centrale dans la fabrication de nombreux engrais azotés. Cette dépendance signifie qu’un pays peut disposer de phosphate et d’unités industrielles tout en restant exposé aux conditions du marché international pour une matière première déterminante. La souveraineté alimentaire ne se mesure donc pas uniquement en hectares cultivés ou en tonnes récoltées. Elle se mesure aussi à la capacité de sécuriser les intrants indispensables à la production. Du phosphate au champ: une chaîne qui doit fonctionner Entre la roche phosphatée et le sac d’engrais acheté par l’agriculteur, une longue chaîne industrielle et logistique doit rester opérationnelle. Extraction, traitement, transport, transformation chimique, énergie, stockage et distribution forment un seul système. Un maillon qui ralentit peut affecter l’ensemble. C’est pourquoi les difficultés du secteur phosphatier ne sont pas seulement une question industrielle. Elles peuvent avoir des conséquences agricoles. La Tunisie a encore beaucoup à gagner d’une meilleure intégration de cette chaîne. Produire davantage de phosphate est important. Transformer davantage localement peut l’être encore plus. Mais l’objectif ultime reste d’assurer une disponibilité régulière des fertilisants aux agriculteurs, au bon moment et dans des conditions économiques soutenables. Les céréales, première ligne de la sécurité alimentaire La question est particulièrement sensible pour les céréales. Dans un pays qui cherche à renforcer sa sécurité alimentaire, maintenir les rendements du blé dur, du blé tendre et de l’orge est stratégique. L’engrais ne fait évidemment pas tout. La pluie, la qualité des semences, la date de semis, la variété, la protection phytosanitaire, la qualité du sol et les techniques culturales jouent également un rôle majeur. Mais une fertilisation adaptée contribue à valoriser le potentiel des cultures. Le défi consiste donc moins à appliquer toujours davantage d’engrais qu’à garantir une fertilisation efficace. Une dose insuffisante peut limiter le rendement ; une dose excessive peut accroître

Henchir Chaal: le temps du renouveau et le défi de l’avenir

Actuagro Henchir Chaal: le temps du renouveau et le défi de l’avenir Par AgroHealth – Après plus d’un siècle d’histoire, le grand complexe agricole de Sfax entre dans une nouvelle étape, portée par la modernisation de ses équipements, la relance de ses unités de transformation et une ambition plus large autour de la valorisation de ses terres et de ses ressources.   Après avoir traversé plus d’un siècle d’histoire, Chaal se trouve aujourd’hui à un moment particulier de son parcours.   La première partie de cette histoire appartient aux oliviers, aux terres et aux générations qui ont façonné le complexe. La nouvelle page, elle, se joue désormais dans les ateliers, les champs, les élevages et les huileries.   Car faire vivre un patrimoine agricole aussi vaste ne consiste pas seulement à préserver ce qui existe. Il faut aussi le remettre en mouvement, l’adapter aux nouvelles réalités et lui permettre de produire davantage de valeur avec des ressources devenues plus rares.   C’est dans ce contexte que les dernières années ont marqué un regain d’attention autour de Hencheir Chaal. Octobre 2024, le retour de Chaal au premier plan Le 30 octobre 2024, le président de la République, Kaïs Saïed, a effectué une visite non annoncée à Hencheir Chaal, dans le gouvernorat de Sfax.   Cette visite a donné une nouvelle visibilité au complexe et à la question de son avenir.   Le chef de l’État avait alors insisté sur la nécessité de préserver les biens appartenant au peuple tunisien et avait lié cette position à la lutte contre la corruption.   Au-delà de la dimension politique, un message essentiel ressortait de cette visite: une terre publique de cette dimension ne peut être considérée comme un simple patrimoine foncier. Elle doit aussi remplir pleinement sa fonction agricole et économique.   Cette visite est ainsi intervenue à un moment où Chaal faisait face à plusieurs difficultés et où la nécessité de réhabiliter ses infrastructures et d’améliorer sa gestion apparaissait de plus en plus clairement.   La question n’était donc plus seulement de savoir ce que représentait Chaal dans l’histoire agricole tunisienne.   Il fallait désormais se demander comment lui redonner toute sa capacité de production. Des tracteurs pour remettre la terre en mouvement Dans une exploitation qui s’étend sur des dizaines de milliers d’hectares, la modernisation commence aussi par des moyens très concrets.   En 2026, Chaal a bénéficié de nouveaux équipements agricoles dans le cadre de la coopération tuniso-italienne.   Parmi ces équipements figurent 88 tracteurs agricoles, auxquels s’ajoutent des remorques, des citernes et d’autres matériels destinés à renforcer la mécanisation.   Le chiffre peut impressionner. Mais derrière les 88 tracteurs, il y a surtout une réalité très simple: une exploitation de cette taille a besoin d’outils capables de travailler au bon moment.   Préparer les sols, entretenir les plantations, effectuer les travaux agricoles, transporter les récoltes ou intervenir pendant la période de récolte exige une organisation précise et des équipements disponibles.   En agriculture, le temps compte. Un travail réalisé trop tard peut affecter la qualité d’une récolte, augmenter les coûts ou compliquer toute une chaîne de production.   La modernisation du matériel ne représente donc pas uniquement un investissement dans les machines. Elle constitue aussi un investissement dans la capacité du complexe à mieux maîtriser son calendrier agricole. Trois huileries reprennent vie Si les nouveaux équipements redonnent du mouvement aux champs, la remise en service des huileries permet, elle, de rapprocher la production de sa pleine valeur.   Durant la campagne 2025-2026, trois huileries du complexe ont été réhabilitées et remises en fonctionnement, avec une capacité d’extraction d’environ 250 tonnes d’olives par jour.   La campagne a permis de produire 17 560 tonnes d’olives et près de 4 200 tonnes d’huile d’olive.   Ces chiffres racontent quelque chose d’important. Une olive récoltée n’est pas encore une richesse pleinement valorisée. Entre l’arbre et le consommateur, il existe toute une chaîne: transformation, stockage, contrôle de la qualité, conditionnement et commercialisation.   La remise en marche des huileries permet donc à Chaal de récupérer une partie de cette valeur à l’intérieur même du complexe.   L’idée rejoint finalement la logique qui avait marqué ses premières décennies: produire sur la terre et transformer sur place.   Plus d’un siècle après les premières huileries, le principe reste étonnamment actuel. Les chiffres d’une campagne qui compte 17 560 tonnes d’olives 4 200 tonnes d’huile d’olive Environ 250 tonnes d’olives traitées par jour   Au-delà des chiffres, cette campagne montre surtout l’importance de disposer d’une chaîne de transformation opérationnelle et capable d’accompagner la production agricole. De la terre au consommateur Produire davantage ne suffit pourtant pas. Il faut aussi mieux vendre.   L’huile d’olive, le lait, les œufs, la viande ou encore les pistaches ont tous besoin d’être valorisés, identifiés et proposés au consommateur dans de bonnes conditions.   Dans cette perspective, le développement de circuits de commercialisation plus directs pourrait offrir de nouvelles possibilités.   Réduire les intermédiaires, améliorer la présentation des produits et construire une relation plus directe avec le consommateur permettraient de mieux valoriser le travail réalisé sur le complexe.   Chaal possède également quelque chose que peu de produits peuvent revendiquer: une histoire.   Son nom renvoie à plus d’un siècle de terres agricoles, d’oliviers et de transformation. Cette histoire pourrait devenir un véritable élément de son identité commerciale.   Pourquoi ne pas imaginer, à terme, une identité commune pour les produits issus du complexe, capable de raconter leur origine et leur parcours, de l’arbre ou de l’élevage jusqu’à la table?   L’huile de Chaal, le pistachier, les produits laitiers ou les productions animales pourraient ainsi porter non seulement une qualité, mais aussi une histoire.     2026-2027, une campagne qui sera plus qu’une récolte La campagne agricole 2026-2027 arrive donc dans un contexte particulier. Elle ne sera pas seulement une nouvelle saison de production. Elle constituera aussi un test pour les efforts engagés.   Préparer une campagne dans un complexe de cette dimension demande d’anticiper chaque étape: entretien des oliviers, préparation des

Dattes tunisiennes: de l’or des oasis à la conquête du monde

Actuagro Dattes tunisiennes: de l’or des oasis à la conquête du monde Par AgroHealth – Avec une production record de 404 000 tonnes et des exportations qui approchent le milliard de dinars, la filière tunisienne des dattes confirme son poids sur les marchés internationaux. Mais derrière cette performance se dessine un nouveau défi : transformer une production reconnue dans le monde en une véritable puissance commerciale, sans épuiser l’eau qui fait vivre les oasis.   Il suffit parfois d’une datte pour raconter des siècles d’histoire. Dans le Sud tunisien, le palmier dattier dépasse depuis longtemps le simple statut d’arbre fruitier. Il structure les paysages, protège les cultures, nourrit les familles et participe à l’économie de régions entières.   Autour de lui se sont développés des systèmes d’irrigation, des savoir-faire transmis entre générations et un patrimoine agricole profondément lié aux oasis.   Aujourd’hui, cette histoire ancienne rencontre une nouvelle réalité économique. La campagne 2025-2026 a enregistré une production record d’environ 404 000 tonnes, contre 347 000 tonnes lors de la campagne précédente.   À elle seule, la Deglet Nour représente environ 347 000 tonnes, confirmant la place centrale de cette variété dans la filière tunisienne.   Mais produire davantage ne suffit plus. Le véritable enjeu se situe désormais dans la capacité à mieux valoriser cette richesse agricole. Les oasis, cœur de la production tunisienne La production de dattes est essentiellement concentrée dans le Sud, notamment dans les gouvernorats de Kébili, Tozeur, Gabès et Gafsa.   Les oasis tunisiennes s’étendent sur plus de 41 000 hectares. Elles constituent des écosystèmes agricoles particuliers dans lesquels le palmier dattier joue un rôle central.   En créant de l’ombre et un microclimat favorable, les palmiers permettent le développement d’autres cultures sous leur couvert.   L’oasis devient ainsi un véritable système agricole à plusieurs étages. Kébili demeure le principal territoire de production, particulièrement pour la Deglet Nour.   Tozeur, avec les célèbres palmeraies du Jérid, constitue également un bassin majeur de cette variété.   Gabès et Gafsa complètent cette géographie avec des productions davantage diversifiées.   Mais cette agriculture repose sur une ressource devenue de plus en plus stratégique: l’eau.   L’augmentation de la production et l’extension des superficies ont accentué la pression sur les nappes souterraines.   Une étude publiée en 2026 a notamment mis en évidence l’intensification de l’exploitation des ressources souterraines dans les principales oasis entre 2002 et 2024.   Derrière le succès commercial de la datte tunisienne se pose donc une question fondamentale: comment continuer à produire dans des territoires où l’eau devient toujours plus rare? 404 000 tonnes, un record mais aussi un défi Le chiffre de la campagne 2025-2026 marque un tournant. Avec environ 404 000 tonnes, la Tunisie franchit pour la première fois le seuil des 400 000 tonnes.   Cette performance confirme le potentiel de la filière, mais elle crée également une obligation économique: trouver des marchés capables d’absorber cette production dans de bonnes conditions.   Une récolte abondante n’est réellement une réussite que si elle génère suffisamment de valeur pour l’ensemble de la chaîne, du producteur jusqu’à l’exportateur.     La question n’est donc plus uniquement de savoir combien la Tunisie peut produire. Elle est désormais de savoir combien elle peut valoriser. Deglet Nour, une force qui doit s’accompagner de diversification À l’international, la datte tunisienne est presque indissociable de la Deglet Nour. Sa texture, sa finesse, sa chair translucide et son goût caractéristique en ont fait l’un des produits agricoles tunisiens les plus reconnaissables dans le monde.   Durant les dix premiers mois de la campagne 2025-2026, la Deglet Nour représentait 84 % des volumes exportés.   Cette domination constitue un avantage considérable. La Tunisie possède avec elle un produit emblématique bénéficiant déjà d’une forte notoriété.   Mais une telle concentration représente également une vulnérabilité face à l’évolution des goûts des consommateurs et à l’intensification de la concurrence internationale.   La Tunisie dispose pourtant d’une richesse variétale beaucoup plus importante, avec notamment Allig, Kenta, Khouat Allig et Kentichi, ainsi que de nombreuses variétés locales regroupées parmi les dattes communes.   Cette diversité pourrait devenir un véritable levier commercial. Tous les consommateurs ne recherchent pas une datte premium.   Certains privilégient les produits biologiques, naturels, accessibles ou transformés.   La diversification pourrait donc permettre à la Tunisie de mieux répondre aux différentes attentes du marché mondial.   86 marchés et près d’un milliard de dinars La présence internationale de la datte tunisienne est déjà remarquable. Durant les dix premiers mois de la campagne 2025-2026, les exportations ont atteint 144 100 tonnes, contre 127 200 tonnes durant la même période de la campagne précédente, soit une progression de 13,3%.   En valeur, les recettes ont atteint 908,4 millions de dinars, contre 809,6 millions un an auparavant, soit une hausse de 12,2%.   La filière se rapproche ainsi du symbole du milliard de dinars à l’export. Les dattes tunisiennes sont aujourd’hui présentes sur environ 86 marchés.   L’Union européenne constitue la première zone de destination avec 45,7% des exportations, devant l’Afrique avec 22,9% et l’Asie avec 19,6%.   Ces chiffres témoignent d’une présence internationale solidement établie. Le prochain défi sera cependant de transformer cette présence en croissance durable, notamment en développant davantage les marchés asiatiques et africains à fort potentiel. Le bio, une voie vers davantage de valeur La progression des dattes biologiques montre déjà une autre voie possible. Au cours des dix premiers mois de la campagne 2025-2026, la Tunisie a exporté environ 8 300 tonnes de dattes biologiques, pour une valeur de 82,2 millions de dinars.   Les volumes ont progressé de 8,1 %, tandis que les recettes ont augmenté de 32,6%.   L’Allemagne représente à elle seule 33 % des volumes exportés de dattes biologiques, devant notamment la Belgique et les Pays-Bas.   Cette évolution est particulièrement intéressante. Elle montre que la création de valeur ne dépend pas uniquement de l’augmentation des quantités exportées.   La certification biologique, la traçabilité, l’origine, la qualité et le conditionnement peuvent permettre d’obtenir une meilleure valorisation du produit.   La

Le jujubier sauvage tunisien, le «النبق» que la nature a gardé vivant

Actuagro Le jujubier sauvage tunisien, le «النبق» que la nature a gardé vivant Par AgroHealth – Un petit fruit oublié, une plante des terres sèches et un patrimoine végétal qui mérite de retrouver sa place   Il suffit parfois de regarder de près une plante que l’on croise depuis toujours pour découvrir qu’elle raconte une histoire beaucoup plus grande que son apparence.   Dans les campagnes tunisiennes, le «النبق», ou nebq, fait partie de ces fruits sauvages que beaucoup connaissent sans forcément connaître la plante qui les porte.   Petit, rond, brun-rouge lorsqu’il arrive à maturité, le fruit pousse sur un arbuste épineux qui semble parfaitement à sa place dans les paysages secs.   Pendant longtemps, le jujubier sauvage a accompagné la vie rurale, offrant ses fruits à ceux qui savaient les reconnaître et participant discrètement à l’équilibre des écosystèmes méditerranéens.   Derrière ce fruit se cache une plante aujourd’hui étudiée par les chercheurs pour sa composition chimique, ses propriétés biologiques potentielles et son intérêt dans les régions confrontées à la sécheresse.   Son nom scientifique actuel est Ziziphus lotus (L.) Lam., une espèce de la famille des Rhamnaceae. L’ancien nom Rhamnus lotus L., que l’on retrouve encore dans certaines références, est aujourd’hui considéré comme un synonyme botanique.   L’espèce est naturellement présente en Tunisie et dans plusieurs régions méditerranéennes et nord-africaines. Un arbuste façonné par les terres difficiles Le jujubier sauvage n’a pas l’apparence d’un arbre fruitier classique. Il se présente plutôt comme un arbuste épineux, très ramifié, capable de former des touffes denses.   Dans les milieux secs, cette architecture végétale lui permet d’occuper l’espace tout en résistant à des conditions auxquelles de nombreuses espèces cultivées seraient beaucoup plus sensibles.   Ses petites feuilles ovales accompagnent des rameaux souvent munis d’épines. Au printemps et au début de l’été apparaissent de petites fleurs discrètes. Elles donneront ensuite naissance aux fruits caractéristiques de l’espèce.   Selon les descriptions botaniques, la floraison intervient notamment en juin et juillet, tandis que les fruits arrivent progressivement à maturité vers septembre et octobre, prenant alors une coloration rouge à brun-rouge.   Cette période correspond justement à ce moment de l’année où le paysage tunisien commence à prendre des teintes plus sèches et où certains fruits sauvages deviennent des ressources précieuses pour la faune.   Le nebq, un petit fruit au goût du patrimoine Le fruit du Ziziphus lotus est une petite drupe ronde, beaucoup plus modeste que certains fruits cultivés que l’on trouve aujourd’hui sur les marchés.   À maturité, sa peau prend des teintes allant du rouge au brun et sa chair entoure un noyau relativement important.   Son goût légèrement sucré explique probablement pourquoi il a trouvé sa place dans les habitudes alimentaires traditionnelles de plusieurs régions d’Afrique du Nord.   Le fruit a également intéressé la recherche alimentaire. Des travaux consacrés au Ziziphus lotus tunisien et nord-africain montrent qu’il contient différents composés phénoliques et flavonoïdes.   Une étude tunisienne a notamment identifié dans les fruits plusieurs molécules telles que la rutine, l’épicatéchine, l’acide chlorogénique, la quercitrine et différents dérivés phénoliques.   Il ne faut cependant pas imaginer le nebq comme un «superaliment miracle».   Sa richesse réside davantage dans la diversité de ses constituants et dans l’intérêt scientifique qu’ils suscitent que dans une quelconque vertu thérapeutique extraordinaire. Une composition qui intéresse les nutritionnistes Le fruit du jujubier sauvage contient notamment des sucres, des composés phénoliques et des flavonoïdes, tandis que les différentes parties de la plante présentent des profils chimiques très différents.   Des analyses réalisées sur des fruits de Ziziphus lotus ont montré la présence de glucose et de fructose parmi les principaux sucres. La composition varie toutefois selon l’origine géographique, le degré de maturité, les conditions climatiques et les méthodes utilisées pour l’analyse.   Les graines constituent également une partie intéressante de la plante. Une étude consacrée aux graines de Ziziphus lotus a rapporté, sur matière sèche, environ 19,1% de protéines, 32,9% d’huile et 40,9% de glucides.   L’huile était notamment riche en acide oléique et en acide linoléique. Ces résultats ne signifient pas pour autant que les graines doivent être consommées comme un aliment courant ou transformées artisanalement en huile.   Ils montrent surtout qu’une partie encore peu valorisée du fruit possède un potentiel agroalimentaire qui mérite davantage d’études. Des polyphénols qui attirent l’attention scientifique C’est probablement dans ce domaine que le jujubier sauvage est devenu particulièrement intéressant pour la recherche.   Les polyphénols et les flavonoïdes sont des composés naturellement présents dans de nombreuses plantes et associés à différentes activités biologiques.   Chez Ziziphus lotus, plusieurs études ont mis en évidence une activité antioxydante de différents extraits.   Une recherche réalisée sur du matériel végétal tunisien a notamment montré que les fruits, les feuilles et les racines contiennent des composés phénoliques, avec des différences importantes selon la partie de la plante et le solvant utilisé pour l’extraction.   Une revue scientifique consacrée à l’espèce a recensé plus de 181 composés bioactifs identifiés dans différents extraits provenant notamment de Tunisie, du Maroc et d’Algérie.   Parmi eux figurent des polyphénols, flavonoïdes, terpènes, alcaloïdes et acides gras.   Cette diversité explique l’intérêt croissant porté à cette plante par les chercheurs. Du traditionnel au laboratoire Dans la médecine traditionnelle nord-africaine, différentes parties du jujubier sauvage ont été utilisées pour diverses affections.   La littérature scientifique rapporte notamment des usages traditionnels associés aux troubles digestifs, aux infections, à certaines affections inflammatoires et à d’autres problèmes de santé.   Mais c’est ici qu’une distinction essentielle doit être faite. Une utilisation traditionnelle n’est pas une preuve clinique d’efficacité.   Des extraits de Ziziphus lotus ont montré, dans des expériences en laboratoire ou sur des modèles animaux, des activités antioxydantes, antimicrobiennes, anti-inflammatoires et potentiellement antidiabétiques.   Ces résultats sont intéressants, mais ils ne permettent pas encore de considérer la plante comme un médicament destiné à traiter une maladie chez l’être humain. Les auteurs des revues scientifiques soulignent d’ailleurs la nécessité de disposer de davantage d’études cliniques.   Cette prudence est particulièrement importante lorsqu’il s’agit

Aviculture tunisienne: quand la chaleur et les coupures d’électricité mettent toute une filière sous tension

Actuagro Aviculture tunisienne: quand la chaleur et les coupures d’électricité mettent toute une filière sous tension Par AgroHealth – De l’élevage traditionnel à une industrie stratégique, la filière avicole tunisienne a parcouru près de six décennies.   Mais l’été 2026 a révélé une nouvelle vulnérabilité: dans des élevages où ventilation, refroidissement, abreuvement et automatisation dépendent de l’électricité, une coupure en pleine vague de chaleur peut rapidement devenir une crise sanitaire, économique et alimentaire.   Au-delà des pertes de cet été, la question est désormais celle de la résilience de toute la filière. Une industrie née il y a près de 60 ans Il y a encore quelques décennies, la volaille tunisienne relevait essentiellement d’un élevage familial et traditionnel. Jusqu’au début des années 1960, l’aviculture industrielle était pratiquement inexistante.   Le véritable tournant intervient en 1967, lorsque l’État met en place un élevage intégré de poulets et de pondeuses ainsi qu’un petit couvoir.   Cette expérience pilote favorise progressivement l’apparition de premières fermes spécialisées.   À partir de 1970, le secteur connaît un véritable décollage.     Les encouragements à l’investissement, les crédits, les aides aux équipements et les subventions sur certaines matières premières favorisent l’installation de nouvelles exploitations.   En parallèle, la création de couvoirs et d’usines d’aliments contribue à diffuser les techniques modernes d’élevage.   Cette croissance rapide n’a toutefois pas été sans difficultés.   Une crise de surproduction au début des années 1980, accompagnée de problèmes sanitaires, oblige les pouvoirs publics à repenser l’organisation de la filière.   En 1984, le GIPA, devenu ensuite le GIPAC, est créé afin de mieux organiser la profession et la production.   Depuis, l’aviculture est devenue l’une des composantes essentielles de l’agriculture tunisienne et de la sécurité alimentaire nationale. Une filière qui dépasse largement le poulailler Parler d’aviculture, ce n’est pas seulement parler du poulet vendu chez le boucher ou dans les grandes surfaces.   Derrière chaque kilogramme de viande blanche se trouve une chaîne économique complète: reproducteurs, couvoirs, éleveurs, fabricants d’aliments, transporteurs, vétérinaires, abattoirs, ateliers de découpe, transformateurs, grossistes et distributeurs.   La filière des œufs constitue elle aussi un maillon essentiel. Selon le GIPAC, elle répond aux besoins de consommation nationale depuis 1984 et sa production totale a évolué, ces dernières années, dans une fourchette de 1,44 à 1,55 milliard d’œufs.   Le poulet de chair connaît également une progression importante.   Les données du portail statistique du GIPAC indiquent une production de 162 635 tonnes en 2025, contre 147 569 tonnes en 2024, soit une progression de près de 10%.   Cette industrie dispose par ailleurs d’un important tissu d’infrastructures.   Le GIPAC recense notamment plus de 600 usines d’aliments, dont environ 140 à caractère commercial, ainsi qu’une trentaine d’abattoirs, comprenant des ateliers de découpe et de transformation.   Autrement dit, lorsque l’élevage est fragilisé, c’est toute une chaîne de valeur qui est exposée. L’électricité, désormais un facteur de production vital L’été 2026 a brutalement mis en évidence cette réalité.   Les fortes chaleurs enregistrées en juillet et août se sont combinées à des perturbations de l’approvisionnement en électricité et en eau.   Dans les bâtiments avicoles modernes, l’électricité n’est plus un simple service auxiliaire: elle alimente les systèmes de ventilation, de refroidissement, de distribution d’eau et parfois d’alimentation automatisée.   Une interruption peut donc avoir des conséquences immédiates.   Lorsque les ventilateurs s’arrêtent pendant une période de forte chaleur, la température augmente rapidement à l’intérieur des bâtiments.   Le stress thermique s’installe, la consommation d’eau augmente, les performances zootechniques se dégradent et, dans les situations les plus sévères, la mortalité peut survenir.   La Direction générale des services vétérinaires avait d’ailleurs alerté les éleveurs dès juillet 2026 sur les risques liés à la combinaison entre températures élevées et coupures électriques.   Elle recommandait notamment de maintenir une ventilation et un refroidissement efficaces, de garantir en permanence une eau propre et fraîche et de vérifier les équipements de secours.   La leçon est importante: la sécurité énergétique devient désormais une composante de la biosécurité et de la santé animale. Combien l’été 2026 a-t-il réellement coûté? C’est probablement la question la plus sensible.   Des pertes ont bien été enregistrées: mortalité de volailles, baisse de productivité, ralentissement de la croissance et difficultés d’approvisionnement du marché en viandes blanches.   Certains abattoirs ont également subi les conséquences de la baisse de disponibilité des animaux.   Mais il serait prématuré de publier aujourd’hui un montant global présenté comme définitif.   Au 6 septembre, le GIPAC achevait encore le recensement des pertes enregistrées pendant les mois de juillet et août.   Les éleveurs avaient été appelés à transmettre leurs données afin de permettre aux autorités de mesurer précisément l’ampleur des dégâts et d’élaborer un éventuel programme d’ajustement de la production.   Cette prudence est d’autant plus nécessaire que certaines informations relayées sur les réseaux sociaux ont fait état de pertes extrêmement élevées dans certaines zones.   Des vérifications locales ont cependant conduit à nuancer certaines de ces affirmations.   Le chiffre définitif des pertes de l’été 2026 devra donc être attendu et documenté. 5 chiffres à retenir 1967 — début de l’aviculture industrielle moderne en Tunisie.   1984 — création du GIPA, devenu le GIPAC, et année depuis laquelle la production d’œufs répond aux besoins nationaux.   162 635 tonnes — production de poulet de chair enregistrée en 2025.   1,44 à 1,55 milliard — ordre de grandeur de la production annuelle d’œufs de consommation indiqué par le GIPAC.   30 abattoirs — infrastructures recensées par le GIPAC, auxquelles s’ajoutent les ateliers de découpe et de transformation. L’État face à l’urgence Face aux difficultés de l’été, les autorités ont engagé plusieurs actions.   Le ministère de l’Agriculture a notamment organisé des réunions consacrées à la situation de la filière et aux pertes enregistrées dans les élevages.   L’objectif affiché est de disposer d’une évaluation précise avant de procéder, si nécessaire, à un ajustement de la production.   Mais l’expérience de 2026 montre que les réponses d’urgence ne suffiront pas.   Distribuer des

Hencheir Chaal, un siècle d’oliviers et une grande exploitation agricole qui reprend son souffle

Actuagro Hencheir Chaal, un siècle d’oliviers et une grande exploitation agricole qui reprend son souffle Par AgroHealth – De projet agricole colonial à l’un des plus grands complexes agricoles de Tunisie.   Plus d’un siècle d’histoire, près de 31 700 hectares de terres agricoles et une immense forêt d’oliviers confrontée aujourd’hui à un nouveau défi: produire, se renouveler et résister à un climat de plus en plus sec.   Au cœur de Sfax, l’olivier n’est pas seulement un arbre. Il fait partie du paysage, de l’histoire et de l’économie. Dans cette terre où les arbres semblent parfois prolonger la mémoire des générations, Hencheir Chaal occupe une placeparticulière.   Son histoire remonte à la fin du XIXe siècle. Contrairement à certaines versions qui font commencer son existence en 1920, les premières bases du projet remontent à 1897, lorsqu’une vaste superficie fut accordée à la Compagnie des phosphates et des chemins de fer de Gafsa dans le cadre d’un projet de mise en valeur agricole.   L’objectif était ambitieux pour l’époque. Il s’agissait de transformer de grandes étendues de terres en une exploitation agricole organisée et moderne, avec l’olivier au centre du dispositif.   À partir de 1900, les travaux de mise en valeur et l’extension des plantations commencèrent progressivement.   Le paysage changea. Des terres furent aménagées, les oliviers se multiplièrent et une véritable activité agricole commença à prendre forme.   Puis, au début de la campagne 1920-1921, Chaal franchit une nouvelle étape. L’olivier ne fut plus seulement une culture. Il devint le cœur d’une chaîne de production avec la construction d’une huilerie moderne capable de traiter environ 40 tonnes d’olives par jour.   Une deuxième huilerie fut ensuite construite en 1923. Cette évolution marque un tournant essentiel dans l’histoire du complexe. La production agricole commençait à être associée à la transformation sur place. Au fil des années, l’exploitation s’élargit encore.   L’élevage, la production de lait, de viande et de miel vinrent compléter l’activité oléicole. D’autres plantations, notamment l’amandier et le pistachier, trouvèrent également leur place.   Chaal devenait ainsi plus qu’une grande oliveraie. Il se construisait comme une véritable exploitation agricole intégrée, où la terre, l’élevage et la transformation pouvaient fonctionner en complémentarité. Une terre choisie pour l’olivier Le choix de cette région n’était pas fortuit. Le territoire de Chaal offrait de vastes espaces et un climat semi-aride particulièrement adapté à l’olivier. Sa proximité avec Sfax constituait également un avantage pour accéder aux réseaux de transport et aux marchés.   Dans une région où l’eau a toujours été une ressource rare, l’olivier représentait un choix particulièrement pertinent. L’arbre est connu pour sa capacité à supporter des conditions sèches et à produire dans des environnements où d’autres cultures rencontrent davantage de difficultés. Mais l’olivier possédait également un autre avantage: sa valeur économique. L’huile d’olive était déjà un produit recherché, commercialisable sur les marchés locaux et susceptible d’être exporté.   Cultiver l’olivier signifiait donc produire une richesse durable à partir d’une ressource adaptée au territoire.   C’est cette rencontre entre la géographie, le climat et l’économie qui a contribué à façonner Chaal. 31 700 hectares, une dimension exceptionnelle Plus d’un siècle après les premières plantations, les dimensions du complexe donnent la mesure de son importance.   Selon les données rendues publiques en 2026, Hencheir Chaal s’étend sur environ 31 700 hectares. Près de 18 000 hectares sont consacrés aux oliviers productifs, tandis qu’environ 1 000 hectares sont occupés par le pistachier.   À cette immense richesse végétale s’ajoute un important secteur d’élevage. Le complexe compte environ 600 bovins et 2 400 brebis reproductrices, ainsi qu’une activité avicole produisant près de 700 000 œufs.   D’autres données officielles publiées en 2024 évoquent environ 400 000 oliviers productifs et une forêt d’oliviers couvrant près de 18 724,5 hectares.   Ces chiffres donnent une idée de l’ampleur du patrimoine. Chaal n’est pas simplement une grande ferme. C’est un territoire agricole à part entière, avec ses plantations, ses troupeaux, ses infrastructures et ses activités de transformation.   Cette dimension constitue à la fois une force et une responsabilité. Car plus une exploitation est vaste, plus les défis liés à sa gestion, à son entretien et à la préservation de ses ressources deviennent importants. Une forêt d’oliviers face à un climat qui change Pendant des décennies, l’olivier a démontré sa capacité à vivre avec peu d’eau. Mais le climat tunisien évolue et les conditions deviennent plus difficiles. Les périodes de sécheresse se répètent, les températures augmentent et les précipitations deviennent plus irrégulières.   Pour une forêt d’oliviers aussi vaste, ces changements ne sont pas sans conséquences.   L’arbre peut résister à la sécheresse, mais il ne peut pas ignorer indéfiniment le manque d’eau.   Lorsque le déficit hydrique se prolonge, la croissance ralentit, la production peut diminuer et le renouvellement des plantations devient plus difficile.   À Chaal, la question de l’eau devient donc progressivement une question centrale.   L’objectif ne peut pas être de transformer toute la forêt en culture irriguée. Dans une région confrontée à la rareté de la ressource, une telle stratégie seraitdifficilement soutenable.   L’enjeu est plutôt de mieux utiliser l’eau disponible. L’irrigation complémentaire lorsque les ressources le permettent, l’irrigation localisée, le suivi de l’humidité des sols et le recours à l’énergie solaire dans certaines installations pourraient contribuer à améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’eau.   Mais la réponse devra également passer par le renouvellement progressif des plantations vieillissantes et par le choix de cultures et de pratiques mieux adaptées aux nouvelles conditions climatiques. Chaal, une agriculture qui dépasse l’olivier L’olivier domine le paysage, mais il ne résume pas Chaal. La diversité des activités constitue justement l’une des forces du complexe. Le pistachier, avec environ 1 000 hectares, représente une piste importante de diversification. Adapté aux conditions sèches et semi-arides, il permet de réduire la dépendance à une seule production et d’élargir la gamme des produits agricoles.   L’élevage joue également un rôle important. Les quelque 600 bovins représentent une activité complète autour de l’alimentation, de la santé animale, de la reproduction et de la production de lait. Cette activité

Le dromadaire tunisien: le sage du désert

Élevage Le dromadaire tunisien: le sage du désert Par AgroHealth – Il avance lentement, presque majestueusement, dans l’immensité ocre. Sous un soleil qui semble vouloir tout dessécher, il poursuit son chemin avec une étonnante sérénité. Depuis des siècles, le dromadaire accompagne les hommes du désert. Il les a transportés, nourris et a porté leurs marchandises d’une oasis à l’autre. Aujourd’hui, alors que l’eau devient plus rare et que le climat se fait plus rude, cet ancien compagnon pourrait bien retrouver une place nouvelle dans l’avenir du Sud tunisien. Un enfant du désert Le dromadaire n’est pas simplement un animal qui vit dans le désert. Il en est, en quelque sorte, l’enfant parfait.   Son histoire se confond avec celle des grandes étendues sahariennes et des peuples qui les ont parcourues. Pendant des générations, il a accompagné les caravanes, reliant les oasis, transportant hommes, marchandises et provisions. Sa résistance en a fait l’un des rares animaux capables de prospérer dans des territoires où la chaleur, la sécheresse et la pauvreté des pâturages imposent leur loi.   Il peut supporter de fortes chaleurs, parcourir de longues distances et exploiter une végétation souvent délaissée par les autres animaux d’élevage. Sa célèbre bosse, contrairement à une croyance largement répandue, ne contient pas une réserve d’eau : elle constitue essentiellement une réserve de graisse, mobilisée lorsque les ressources alimentaires se font rares.   Cette étonnante physiologie fait du dromadaire l’un des grands spécialistes de la survie en milieu aride.  Le dromadaire tunisien: une richesse discrète  En Tunisie, son royaume commence véritablement lorsque le paysage se fait plus sec, lorsque les cultures deviennent plus rares et que le désert impose son rythme.   Les données disponibles situent le cheptel camelin tunisien autour de 60 000 têtes, essentiellement concentrées dans le Sud. Derrière ce troupeau se trouvent près de 2 300 éleveurs, dont l’activité s’inscrit dans un territoire immense : environ 1,2 million d’hectares de parcours désertiques et de zones de marais salants sont valorisés par l’élevage camelin, selon l’Office de l’élevage et des pâturages (OEP).   La filière fournit environ 4 000 tonnes de viande rouge par an, selon l’OEP.   Mais les chiffres ne racontent qu’une partie de l’histoire. Ils ne disent rien des longues marches dans le silence du désert, des gestes transmis de génération en génération, ni de cette relation particulière entre l’éleveur et son troupeau.   La biologie elle-même semble avoir adopté le rythme lent du désert. La chamelle porte son petit pendant environ 13 mois, soit près de 380 jours. Et en élevage extensif, sa production laitière demeure modeste, de l’ordre de 2 à 3 litres par jour.  Le dromadaire tunisien en chiffres  • ≈ 60 000 — dromadaires • ≈ 2 300 — éleveurs concernés • ≈ 1,2 million ha — parcours désertiques et zones de marais salants valorisés • ≈ 4 000 tonnes/an — viande rouge issue de la filière • ≈ 380 jours — durée de gestation de la chamelle • 2 à 3 litres/jour — production laitière indicative d’une chamelle en élevage extensif   Ces chiffres donnent la mesure d’une filière encore discrète à l’échelle nationale, mais essentielle pour les territoires où l’aridité limite fortement les possibilités d’élevage bovin ou ovin.  Une viande au goût du Sud  La viande cameline appartient à la mémoire alimentaire des régions sahariennes. Elle est une viande de terroir, intimement liée aux paysages et aux traditions qui l’ont vue naître.   Elle apporte des protéines, du fer et différents minéraux. Sa composition varie naturellement selon l’âge de l’animal, son alimentation, sa race et son système d’élevage.   Dans le Sud tunisien, elle entre dans des préparations culinaires traditionnelles et demeure associée à un savoir-faire qui mérite d’être préservé et mieux valorisé. Le séchage et le salage font notamment partie des méthodes traditionnelles de conservation rapportées pour la viande cameline.   Son avenir pourrait cependant dépasser la consommation traditionnelle. Une meilleure organisation de la filière, depuis l’élevage jusqu’à l’abattage, la conservation et la transformation, permettrait de mieux valoriser cette viande et d’en faire un véritable produit de terroir.  Le lait, l’or blanc des chamelles  Mais s’il existe un produit qui pourrait changer le destin économique de la filière, c’est bien le lait.   Blanc et doux, le lait de chamelle possède une composition nutritionnelle particulière. Il apporte des protéines, des lipides, des minéraux et notamment de la vitamine C. Il contient également différentes protéines bioactives qui font l’objet de recherches scientifiques.   Dans le Sud tunisien, ce lait, autrefois principalement destiné aux chameliers et à leurs visiteurs, trouve désormais progressivement le chemin des consommateurs urbains. Une véritable filière commerciale commence ainsi à émerger, malgré une production individuelle encore faible.   La recherche s’intéresse également à ses effets biologiques potentiels. Mais la prudence reste indispensable: le lait de chamelle est un aliment aux qualités nutritionnelles intéressantes; il ne doit pas être présenté comme un médicament ou comme un traitement contre une maladie.   Et comme tout lait cru, il doit être produit, conservé et consommé dans des conditions d’hygiène rigoureuses.  Quand le lait devient une filière  Le potentiel du lait camelin ne se limite pas à sa consommation fraîche.   Yaourts, fromages, produits fermentés, glaces ou autres préparations pourraient permettre de créer davantage de valeur autour de la production des chamelles. Mais le lait de chamelle ne se comporte pas exactement comme le lait de vache: ses caractéristiques rendent certaines transformations plus complexes.   C’est là que la recherche, l’innovation et l’investissement peuvent entrer en scène. Créer des points de collecte, améliorer la conservation et développer la transformation permettraient de faire émerger une véritable chaîne de valeur. Une étude consacrée à la Tunisie souligne justement que la création de structures de collecte et de traitement pourrait contribuer à l’essor de cette filière.   Transformer le lait, c’est prolonger sa vie. Mais c’est aussi transformer une production traditionnelle en activité économique à plus forte valeur ajoutée.  Une richesse qui ne s’arrête pas au lait et à la viande  Le dromadaire a encore beaucoup à offrir.

Thon en conserve maison à la tunisienne

Recette Thon en conserve maison à la tunisienne Ingrédients pour environ 1 kg de thon frais 1 kg de thon frais 2 à 3 cuillères à soupe de gros sel 2 feuilles de laurier 1 cuillère à café de grains de poivre 1 petit piment séché, facultatif 1 citron 2 gousses d’ail Huile d’olive, suffisamment pour couvrir complètement le thon Préparation Couper le thon en morceaux assez épais et les rincer soigneusement. Dans une casserole, mettre suffisamment d’eau pour couvrir le poisson.   Ajouter le gros sel, les feuilles de laurier, les grains de poivre, l’ail écrasé, le piment et quelques rondelles de citron.   Porter à ébullition, puis ajouter les morceaux de thon. Faire cuire à feu moyen jusqu’à ce que la chair soit bien cuite, sans la laisser devenir sèche.   Retirer le thon de l’eau et le laisser refroidir complètement. Enlever ensuite la peau et les arêtes, puis séparer la chair en gros morceaux. Disposer le thon dans des bocaux propres et bien égouttés. Ajouter éventuellement une petite feuille de laurier et quelques grains de poivre. Remplir les bocaux d’huile d’olive jusqu’à ce que le thon soit totalement immergé.   Fermer les bocaux et les conserver au réfrigérateur pour une consommation rapide.   Petit secret pour un bon thon conservé : ne pas émietter complètement le thon. Les morceaux entiers restent beaucoup plus moelleux et prennent progressivement le goût de l’huile, du laurier et des épices.   Pour une conservation de plusieurs mois à température ambiante, il faut utiliser une méthode de stérilisation sous pression spécifiquement validée pour le poisson. La simple cuisson ou le bain-marie ne suffisent pas pour garantir la sécurité d’une conserve de thon maison. Lire également Thon rouge en Tunisie: une richesse nationale qui échappe à l’assiette du consommateur?   Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Vitamine D, bêta-carotène et protection solaire : démêler le vrai du faux août 28, 2026/Agrohealth Pr. Dhia Bouktila – Le Cap Bon, un jardin entre deux golfes [La Tunisie fertile (4)] août 25, 2026/Agrohealth Zouhaïr Ben Amor: Cultiver la valeur plutôt que l’eau, quelles cultures commerciales pour une Tunisie sous contrainte hydrique? août 22, 2026/Agrohealth Pr. Dhia Bouktila – Le Kef et Siliana: deux hautes terres, la fertilité au pluriel [La Tunisie fertile (3)] août 18, 2026/Agrohealth PUB Actuhealth Dans l’assiette du Tunisien, le pouvoir d’achat fait-il désormais la loi? septembre 3, 2026 Graines de chia: de la graine tendance à une nouvelle culture en Tunisie? septembre 3, 2026 Eau potable: peut-on encore parler de sécurité sanitaire quand l’eau devient une denrée sous tension? août 30, 2026 Load More Élevage Élevage équin: le cheval tunisien peut-il enfin devenir une véritable filière agricole? août 30, 2026 Élevage en Tunisie: reconstruire le cheptel, mais avec quel modèle? août 23, 2026 Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Load More