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La pastèque tunisienne face aux maladies fongiques: l’anthracnose sous surveillance
Fruit emblématique de l’été tunisien, la pastèque occupe une place de choix dans les habitudes de consommation des ménages et dans l’économie agricole nationale.
Cultivée dans plusieurs régions du pays, notamment à Kairouan, Sidi Bouzid, Mahdia, Nabeul, Gabès et Gafsa, elle constitue une source de revenus importante pour de nombreux agriculteurs.
Cependant, derrière les belles récoltes et les fruits généreux se cachent des défis phytosanitaires qui peuvent compromettre la production. Parmi eux, l’anthracnose figure parmi les maladies fongiques les plus redoutées.
Une maladie favorisée par l’humidité
L’anthracnose est une maladie causée par le champignon Colletotrichum orbiculare, qui affecte principalement les cucurbitacées telles que la pastèque, le melon, le concombre et les courges.
Son développement est favorisé par des conditions de chaleur modérée et surtout par une humidité élevée,
qu’elle soit liée aux pluies, à la rosée matinale ou à certaines pratiques d’irrigation.
Les spores du champignon se propagent facilement par l’eau, le vent, les outils agricoles ou encore les résidus de culture contaminés.
Une fois installée dans une parcelle, la maladie peut progresser rapidement si les
conditions climatiques lui sont favorables.
Des symptômes visibles sur toute la plante
L’anthracnose peut toucher l’ensemble de la plante.
Sur les feuilles, elle se manifeste par l’apparition de taches brun foncé à noires, souvent entourées d’un halo jaunâtre.
Ces lésions s’étendent progressivement et peuvent entraîner le dessèchement du feuillage.
Les tiges présentent quant à elles des lésions allongées et enfoncées qui fragilisent la plante et perturbent sa croissance.
Les fruits sont également vulnérables. Des taches circulaires déprimées apparaissent à leur surface, évoluant parfois vers des pourritures qui rendent les pastèques impropres à la commercialisation.
Ces attaques affectent non seulement le rendement mais aussi la qualité marchande de la production.
Un risque économique pour la filière
L’impact de l’anthracnose dépasse largement le cadre sanitaire. Dans les exploitations fortement touchées, les pertes de rendement peuvent être importantes.
Les fruits déclassés ou invendables réduisent les revenus des producteurs et augmentent les coûts liés aux traitements et à la gestion de la maladie.
Dans un contexte marqué par la hausse des coûts de production et la nécessité d’améliorer la compétitivité des filières agricoles tunisiennes, la maîtrise des maladies fongiques devient un enjeu stratégique.
Par ailleurs, les épisodes climatiques extrêmes observés ces dernières années, alternant périodes de chaleur intense et épisodes humides, créent parfois des conditions favorables à la prolifération des agents pathogènes.
Cette évolution pousse les agriculteurs à renforcer la surveillance de leurs cultures.
La prévention, meilleure arme contre l’anthracnose
Face à cette maladie, la prévention demeure la stratégie la plus efficace.
Les spécialistes recommandent notamment l’utilisation de semences certifiées, la rotation des cultures afin d’éviter l’accumulation du champignon dans le sol, ainsi que l’élimination des résidus végétaux contaminés après récolte.
Une bonne aération des parcelles, un espacement adéquat entre les plants et une gestion raisonnée de l’irrigation permettent également de réduire l’humidité favorable au développement du champignon.
La surveillance régulière des cultures est essentielle pour détecter rapidement les premiers symptômes et intervenir avant que la maladie ne se propage.
Préserver un symbole de l’été tunisien
La pastèque demeure l’une des cultures maraîchères les plus appréciées et les plus emblématiques de la saison estivale en Tunisie.
Toutefois, sa rentabilité dépend largement de la capacité des producteurs à anticiper les
risques phytosanitaires.
L’anthracnose rappelle que la réussite d’une campagne agricole ne repose pas uniquement sur les conditions climatiques ou les performances variétales, mais également sur une gestion rigoureuse de la santé des cultures.
Dans un contexte où les défis environnementaux se multiplient, la vigilance et la prévention apparaissent plus que jamais comme les clés d’une production durable
et de qualité.
Le saviez-vous?
Les spores responsables de l’anthracnose peuvent survivre plusieurs années dans les débris végétaux laissés au champ.
C’est pourquoi l’élimination des résidus de culture et la rotation des parcelles figurent parmi les mesures les plus efficaces pour limiter la réapparition de la maladie lors des campagnes suivantes.
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