Agrohealth Tunisie

Vague de chaleur en Tunisie: protéger les animaux d’élevage

Actuagro Vague de chaleur en Tunisie: le ministère de l’Agriculture appelle les éleveurs à protéger leurs animaux Alors que l’Institut National de la Météorologie (INM) a émis un avis de vigilance en raison de la hausse des températures attendue ces prochains jours, la Tunisie connaît, ce vendredi 10 juillet 2026, un épisode de forte chaleur qui touche plusieurs régions du pays.   Face à cette situation, le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a appelé les éleveurs à redoubler de vigilance afin de préserver la santé de leurs animaux et limiter les pertes de production.   Les vagues de chaleur constituent en effet l’un des principaux risques climatiques pour l’élevage.   Lorsque les températures dépassent les seuils de confort des animaux, ceux-ci peuvent subir un stress thermique qui affecte leur bien-être, leur croissance, leur reproduction et leur productivité. Un risque réel pour la santé animale Le stress thermique apparaît lorsque l’animal n’arrive plus à évacuer suffisamment la chaleur accumulée dans son organisme.   Les signes les plus fréquents sont une respiration accélérée, une baisse de l’appétit, une diminution de l’activité, une consommation accrue d’eau et, dans les cas les plus sévères, des troubles sanitaires pouvant entraîner des mortalités.   Les bovins laitiers figurent parmi les espèces les plus sensibles aux températures élevées.   Une vache soumise à une forte chaleur produit généralement moins de lait et voit sa fertilité diminuer.   Les volailles sont également particulièrement vulnérables, car elles disposent de capacités limitées pour réguler leur température corporelle. Les recommandations du ministère Afin de réduire les effets de la chaleur, le ministère recommande à tous les éleveurs d’éviter l’exposition directe des animaux au soleil, notamment durant les heures les plus chaudes de la journée.   Il est également conseillé de mettre à disposition des zones ombragées, d’améliorer la ventilation des bâtiments d’élevage et de limiter autant que possible le transport ou les manipulations des animaux pendant les pics de température.   Le pâturage et les sorties doivent être programmés tôt le matin ou en fin de journée, lorsque les températures sont plus clémentes.   Une surveillance quotidienne des animaux est également recommandée, en particulier pour les jeunes sujets ainsi que les femelles gestantes ou allaitantes.   Pour les vaches laitières, le ministère préconise d’effectuer la traite aux heures les plus fraîches et d’accélérer l’acheminement du lait vers les centres de collecte afin de préserver sa qualité.   Dans les élevages avicoles, une attention particulière doit être accordée au bon fonctionnement des systèmes de ventilation et de refroidissement.   Les éleveurs sont également invités à vérifier l’état des groupes électrogènes et à disposer des réserves de carburant nécessaires afin de faire face à d’éventuelles coupures d’électricité.   Concernant les élevages ovins, caprins et camélins, il est recommandé d’éviter les déplacements sur de longues distances et le pâturage durant les heures de forte chaleur, tout en privilégiant les périodes plus fraîches de la journée. L’eau, premier rempart contre la chaleur Au-delà des recommandations officielles, les spécialistes rappellent que l’accès permanent à une eau propre et fraîche constitue la mesure la plus efficace pour aider les animaux à supporter les températures élevées.   En période de canicule, la consommation d’eau peut augmenter de 30 à 100% selon les espèces et les conditions climatiques. Les points d’abreuvement doivent donc être vérifiés régulièrement afin de garantir un approvisionnement suffisant. Un défi appelé à se répéter Les épisodes de chaleur extrême deviennent de plus en plus fréquents en Méditerranée sous l’effet du changement climatique.   Pour les éleveurs tunisiens, l’adaptation des pratiques d’élevage représente désormais un enjeu majeur afin de préserver les performances des exploitations et la qualité des produits animaux.   À travers cet appel à la vigilance, le ministère de l’Agriculture rappelle que la prévention reste la meilleure protection contre les effets du stress thermique.   Le respect des mesures recommandées permettra non seulement de protéger la santé des animaux, mais aussi de garantir la continuité de la production et la sécurité des revenus des éleveurs.   Le ministère invite enfin les éleveurs à rester en contact avec les services régionaux et locaux de l’agriculture ainsi qu’avec leurs vétérinaires afin de signaler rapidement toute situation inhabituelle liée à la vague de chaleur. Sources Ministère tunisien de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche (communiqué du 10 juillet 2026). Institut National de la Météorologie (INM) – Avis de vigilance météorologique relatif aux fortes chaleurs. Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) – recommandations sur la gestion du stress thermique chez les animaux d’élevage.  Lire également   L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Pr. Mohamed Ridha Kamoun: Le couple Soleil peau juillet 1, 2026/Agrohealth Dr Fatma Ben Atig: Quand la colonne vertébrale souffre aussi de nos habitudes alimentaires juin 27, 2026/Dr. Fatma Ben Atig Tomate séchée: le potentiel encore sous-exploité de la Tunisie juin 25, 2026/Agrohealth Pastèque rouge ou pastèque jaune: une question de couleur… ou bien plus? juin 19, 2026/Agrohealth PUB Actuhealth Les eaux distillées, les trésors de l’été qui prennent soin de notre santé juillet 3, 2026 Les poissons bleus: les alliés santé de l’été en Tunisie juin 30, 2026 Dr Fatma Rebai- Sucre, sel, café: quand l’alimentation influence l’oreille interne juin 24, 2026 Load More Élevage Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Load More

Le melon, l’autre roi de l’été tunisien

Actuagro Le melon, l’autre roi de l’été tunisien Lorsque les températures grimpent et que les marchés se remplissent de couleurs estivales, deux fruits s’imposent naturellement sur les tables tunisiennes.   La pastèque attire les regards par sa taille généreuse tandis que le melon séduit par son parfum délicat et sa chair sucrée.   Moins spectaculaire que son cousin rouge, le melon n’en demeure pas moins l’un des fruits emblématiques de l’été tunisien.   Cultivé depuis des siècles dans les régions méditerranéennes, le melon accompagne les journées chaudes grâce à sa fraîcheur, sa richesse nutritionnelle et sa grande diversité de formes et de saveurs.   Derrière son apparente simplicité se cache un fruit aux multiples facettes qui occupe une place importante dans l’agriculture tunisienne. Une grande famille de saveurs Le melon appartient à l’espèce Cucumis melo, de la même famille botanique que le concombre et la courge.   Cette espèce regroupe de nombreuses variétés cultivées à travers le monde. Le plus connu en Tunisie est le melon de type cantaloup, reconnaissable à son écorce légèrement rugueuse et à sa chair orange parfumée.   Très apprécié pour sa douceur, il constitue l’essentiel de la production nationale. On trouve également des melons à chair verte, particulièrement populaires dans certains pays asiatiques, ainsi que des melons jaunes à peau lisse, des melons blancs et des variétés anciennes qui subsistent dans certaines exploitations familiales.   Chaque variété possède ses propres caractéristiques de goût, de texture et de conservation, offrant aux consommateurs un large éventail de saveurs tout au long de la saison estivale.   Un allié précieux pour la santé Composé à plus de 90% d’eau, le melon participe efficacement à l’hydratation de l’organisme pendant les périodes de forte chaleur.   Sa chair renferme de nombreux nutriments essentiels. Il constitue une excellente source de vitamine C qui contribue au fonctionnement normal du système immunitaire et aide à protéger les cellules contre le stress oxydatif.   Les variétés à chair orange sont également riches en bêta-carotène, précurseur de la vitamine A, reconnue pour son rôle dans la santé de la peau et de la vision.   Le melon apporte aussi des vitamines du groupe B, notamment la vitamine B9, ainsi que du potassium, un minéral important pour l’équilibre hydrique et le bon fonctionnement musculaire.   Peu calorique, il constitue un dessert léger et rafraîchissant qui trouve facilement sa place dans une alimentation équilibrée.   Une culture bien adaptée au climat tunisien Le melon apprécie la chaleur, le soleil et les sols bien drainés, des conditions largement présentes dans plusieurs régions tunisiennes.   Sa culture est particulièrement développée dans le Cap Bon, le Sahel, les régions de Kairouan, Sidi Bouzid, Mahdia, Monastir et certaines zones du sud irrigué.   Les semis débutent généralement à la fin de l’hiver ou au début du printemps. Les premiers fruits arrivent sur les marchés à partir du mois de mai tandis que la pleine saison s’étend de juin à août.   Les producteurs doivent cependant relever plusieurs défis. Les épisodes de sécheresse, la rareté de l’eau d’irrigation et l’apparition de certains ravageurs et maladies exigent une gestion de plus en plus rigoureuse des cultures.   Malgré ces contraintes, le melon demeure une production importante pour de nombreuses exploitations agricoles tunisiennes grâce à une demande soutenue sur le marché local. Comment choisir un bon melon Un melon mûr se reconnaît d’abord à son parfum. Plus son odeur est agréable et prononcée, plus il a de chances d’avoir atteint sa pleine maturité.   Son poids constitue également un bon indicateur. À taille égale, un melon lourd contient généralement davantage de jus et présente une meilleure qualité gustative.   L’écorce doit être intacte, sans fissure importante ni zone molle excessive. Une fois coupé, le melon révèle toute sa richesse aromatique et se consomme aussi bien nature qu’en salade de fruits, en smoothie ou dans des préparations culinaires associant le sucré et le salé. Un symbole incontournable des étés tunisiens Comme la pastèque, le melon fait partie des saveurs qui annoncent l’arrivée de l’été. Sa présence sur les étals des marchés, dans les vergers et sur les tables familiales évoque les vacances, les repas en plein air et les longues journées ensoleillées.   Riche en eau, en vitamines et en goût, il incarne parfaitement l’esprit de la saison estivale.   Derrière chaque fruit se trouvent également le savoir-faire des agriculteurs tunisiens et une culture profondément ancrée dans les traditions agricoles du pays.   Ainsi, si la pastèque est souvent considérée comme la reine de l’été, le melon mérite sans conteste son titre de roi discret, parfumé et généreux qui accompagne les Tunisiens tout au long de la belle saison.   Sources nutritionnelles USDA FoodData Central – Composition nutritionnelle du melon (eau, vitamines, minéraux, fibres) https://fdc.nal.usda.gov/ ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) – Données nutritionnelles et repères alimentaires https://www.anses.fr/ CIQUAL – Table de composition nutritionnelle des aliments https://ciqual.anses.fr/ Sources tunisiennes Ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche – Informations sur les cultures maraîchères et les politiques agricoles https://www.agriculture.tn/ ONAGRI (Observatoire National de l’Agriculture) – Statistiques agricoles tunisiennes, superficies et productions https://www.onagri.nat.tn/ Institut National de la Recherche Agronomique de Tunisie (INRAT) – Travaux scientifiques sur les cultures maraîchères et les variétés adaptées aux conditions tunisiennes http://www.inrat.agrinet.tn/ Institut National des Statistiques (INS) – Données économiques et agricoles https://www.ins.tn/ Référence scientifique de l’espèce Cucumis melo L. appartient à la famille des Cucurbitaceae. Cette information est confirmée par Kew et par les bases de données botaniques internationales. Mention de sources à la fin de l’article Sources Ministère tunisien de l’Agriculture, ONAGRI, INRAT, FAO, USDA FoodData Central, ANSES-CIQUAL et Royal Botanic Gardens Kew. Lire également Pastèque rouge ou pastèque jaune: une question de couleur… ou bien plus?  La pastèque tunisienne face aux maladies fongiques: l’anthracnose sous surveillance Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Pr. Mohamed Ridha Kamoun: Le couple Soleil peau juillet 1, 2026/Agrohealth

Jasmin et fel, les fleurs qui racontent l’âme de la Tunisie

PUB Actuagro Jasmin et fel, les fleurs qui racontent l’âme de la Tunisie À la tombée de la nuit, lorsque la chaleur estivale s’adoucit, une fragrance délicate envahit les rues de Tunis, de Sidi Bou Saïd, de La Marsa ou encore d’Hammamet.   Ce parfum familier accompagne les promenades, les terrasses de cafés et les soirées d’été depuis des générations.   Il provient de deux fleurs intimement liées au patrimoine tunisien, le jasmin et le fel.   Souvent associés dans le langage courant, ces deux fleurs ne sont pourtant pas identiques.   Toutes deux appartiennent à la grande famille des jasmins, mais elles se distinguent par leur apparence et leur parfum.   Le jasmin présente des fleurs plus fines et étoilées, tandis que le fel offre des pétales plus nombreux et une senteur plus intense qui embaume l’air pendant de longues heures.   C’est d’ailleurs le fel qui est le plus souvent utilisé pour confectionner le célèbre mechmoum, ce petit bouquet que l’on porte à la main ou derrière l’oreille durant les soirées estivales.   Contrairement à une idée largement répandue, le jasmin n’est pas originaire de Tunisie.   Les historiens estiment qu’il a été introduit il y a plusieurs siècles, probablement par les Andalous qui se sont installés dans le pays après leur départ d’Espagne.   Le climat méditerranéen, particulièrement favorable à cette plante, lui a permis de s’épanouir rapidement jusqu’à devenir l’un des symboles les plus représentatifs de la Tunisie.   Au fil du temps, le jasmin a dépassé le simple statut de plante ornementale pour devenir un véritable marqueur de l’identité nationale.   Son parfum évoque immédiatement les ruelles blanchies à la chaux, les maisons aux portes bleues, les jardins ombragés et la douceur des nuits d’été.   À travers le monde, la Tunisie est souvent surnommée «le pays du jasmin», preuve du lien profond qui unit cette fleur à l’image du pays.   Le fel occupe lui aussi une place privilégiée dans le quotidien des Tunisiens.   Dès le début de l’été, les artisans confectionnent avec minutie des centaines de mechmoums en assemblant les fleurs fraîches autour d’une fine tige végétale.   Ce savoir-faire, transmis de génération en génération, demande patience et précision afin de préserver la fraîcheur et le parfum des fleurs jusqu’à la tombée de la nuit, moment où elles sont vendues dans les rues et les places publiques.   Le mechmoum ne constitue pas seulement un objet décoratif. Il fait partie d’un véritable art de vivre.   Il accompagne les promenades familiales, les mariages, les fêtes et les rencontres entre amis.   Son parfum crée une atmosphère unique qui rappelle à beaucoup de Tunisiens les souvenirs de leur enfance et des vacances d’été.   Une tradition populaire attribue également au jasmin un langage discret. Autrefois, porter un bouquet derrière l’oreille gauche signifiait que l’on était célibataire, tandis que le porter derrière l’oreille droite indiquait que l’on était marié.   Même si cette coutume tend aujourd’hui à disparaître, elle demeure un élément du folklore tunisien et participe au charme de cette fleur.   Le jasmin et le fel sont principalement cultivés dans les régions du Grand Tunis, du Cap Bon, de Hammamet, de Nabeul, de Soliman, de Grombalia et de plusieurs localités du littoral où les conditions climatiques leur sont particulièrement favorables.   La floraison atteint son apogée entre les mois de juin et d’août, période durant laquelle les jardins se couvrent de fleurs blanches au parfum incomparable.   Au-delà de leur valeur patrimoniale, ces fleurs possèdent également des qualités recherchées en parfumerie et en cosmétique.   Leur essence entre dans la composition de nombreux parfums de prestige, de savons artisanaux, d’huiles parfumées et d’eaux florales.   Leur fragrance est également appréciée pour ses effets relaxants. Plusieurs études scientifiques suggèrent que le parfum du jasmin contribue à réduire le stress, à favoriser la détente et à procurer une agréable sensation de bien-être. Le jasmin et le fel occupent également une place importante dans la littérature, la musique et les arts plastiques tunisiens.   Ils inspirent les poètes, les chanteurs et les peintres qui y voient l’expression de la beauté, de la simplicité et de l’hospitalité.   Chaque fleur raconte une histoire faite de mémoire, de traditions et d’attachement à la terre.   À une époque où le patrimoine immatériel prend une importance croissante, le jasmin et le fel rappellent que certaines richesses ne se mesurent ni en hectares ni en tonnes produites.   Leur véritable valeur réside dans les émotions qu’ils éveillent, les souvenirs qu’ils réveillent et le lien qu’ils entretiennent entre les générations.   Plus que de simples fleurs, le jasmin et le fel sont devenus les ambassadeurs silencieux de la Tunisie.   À chaque parfum qui s’élève dans les rues lors d’une soirée d’été, c’est tout un patrimoine vivant qui continue de s’exprimer, rappelant que l’identité d’un pays se construit aussi à travers ses traditions, ses senteurs et les gestes simples transmis au fil du temps. Sources Jardins botaniques royaux de Kew – *Jasminum grandiflorum* Jardins botaniques royaux de Kew – *Jasminum sambac* Missouri Botanical Garden Encyclopaedia Britannica – Jasmine Sources sur le patrimoine tunisien Institut National du Patrimoine de Tunisie Office National du Tourisme Tunisien Webdo – L’histoire du mechmoum et du fel Agence Anadolu – Le bouquet de jasmin qui parfume les soirées de Tunis Ouvrages de référence La flore de la Tunisie Flore de l’Afrique du Nord Histoire générale de la Tunisie Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Pr. 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Apiculture en Tunisie, une filière sous pression

Actuagro Apiculture en Tunisie, une filière sous pression L’apiculture tunisienne traverse une période particulièrement délicate.   Derrière les pots de miel exposés sur les marchés se cache une filière confrontée à une succession de difficultés qui fragilisent les apiculteurs, réduisent les volumes produits et alimentent les interrogations des consommateurs sur la qualité du miel.   Pourtant, le secteur occupe une place essentielle dans l’agriculture tunisienne.   Au-delà de la production de miel, les abeilles jouent un rôle irremplaçable dans la pollinisation des arbres fruitiers, des cultures maraîchères et de nombreuses plantes sauvages.   Leur contribution à la productivité agricole est largement supérieure à la seule valeur commerciale du miel. Une filière qui fait vivre des milliers de familles La Tunisie compte aujourd’hui près de 13000 apiculteurs et environ 305 000 ruches, majoritairement modernes.   Cette activité constitue une source de revenus pour de nombreuses familles rurales et participe au maintien de la biodiversité.   Le potentiel de production reste important, mais il dépend fortement des conditions climatiques.   Lors des années favorables, la production nationale peut dépasser les 3000 tonnes.   En revanche, les épisodes de sécheresse ont fortement affecté les récoltes ces dernières années.   En 2023, la production est ainsi tombée à environ 2100 tonnes, illustrant la vulnérabilité du secteur face aux aléas climatiques. Le climat, premier ennemi des apiculteurs Les professionnels s’accordent à dire que les changements climatiques constituent aujourd’hui la principale menace.   La succession des années de sécheresse réduit considérablement la floraison des plantes mellifères dont les abeilles tirent le nectar indispensable à la fabrication du miel.   Lorsque les pluies deviennent rares, les ressources alimentaires diminuent, les colonies s’affaiblissent et les récoltes baissent.   À cette situation s’ajoutent les vagues de chaleur, qui perturbent le comportement des abeilles et compliquent davantage le travail des apiculteurs. Des difficultés qui s’accumulent Au-delà du climat, la filière fait face à plusieurs autres obstacles qui limitent son développement.   L’utilisation de certains pesticides continue d’affecter les colonies d’abeilles, tandis que plusieurs maladies et parasites, notamment les acariens comme le varroa, représentent une menace permanente pour les ruches lorsqu’ils ne sont pas correctement maîtrisés.   Les apiculteurs doivent également composer avec la hausse continue des prix des ruches, des cadres, de la cire, des reines sélectionnées, des médicaments vétérinaires, du sucre utilisé pour l’alimentation de secours et du matériel d’extraction.   Cette augmentation des coûts réduit fortement leur rentabilité.   Les petits producteurs rencontrent en outre des difficultés pour commercialiser leur miel dans de bonnes conditions et obtenir une rémunération à la hauteur de leurs efforts. Des importations qui alimentent la confusion Autre sujet de préoccupation: l’augmentation des importations de miel.   Lorsque la production nationale est insuffisante, notamment après les années de sécheresse, la Tunisie importe du miel provenant de plusieurs pays afin d’approvisionner le marché local.   Une partie est destinée à la consommation directe et une autre est utilisée par l’industrie agroalimentaire.   Si ces importations permettent de répondre à la demande, les professionnels estiment qu’elles ont aussi bouleversé le marché.   De nombreux commerçants commercialisent du miel sans être eux-mêmes apiculteurs, parfois en mélangeant différentes origines ou en proposant des produits dont la provenance est peu claire.   Cette situation entretient une confusion auprès des consommateurs, qui se posent de plus en plus souvent la même question: le miel vendu est-il réellement pur ?   Pour les apiculteurs, cette perte de confiance pénalise d’abord les producteurs qui travaillent dans le respect des bonnes pratiques et commercialisent un miel authentique. Une grande diversité de miels régionaux La richesse de l’apiculture tunisienne s’exprime avant tout à travers la diversité de ses terroirs et de sa flore mellifère.   Chaque région offre un miel aux arômes et aux caractéristiques qui lui sont propres, façonnés par les espèces végétales qui y dominent.   À Bizerte, les abeilles butinent principalement les eucalyptus, tandis que la région de Nabeul est réputée pour son miel d’agrumes.   À Zaghouan, le thym confère au miel des notes particulièrement appréciées, alors que les paysages de Kasserine donnent naissance à des miels issus du romarin et d’autres plantes aromatiques.   La région d’El Oueslatia, dans le gouvernorat de Kairouan, occupe également une place importante dans la production nationale, tout comme Le Kef, Siliana et Jendouba, où la richesse de la végétation favorise une grande variété de miels.   Cette mosaïque de terroirs constitue un véritable patrimoine apicole et donne aux miels tunisiens une identité unique, dont les saveurs et les qualités varient naturellement selon leur origine botanique. Une production principalement destinée au marché local Contrairement à certains grands pays producteurs, la Tunisie exporte très peu de miel.   En 2024, les exportations se sont limitées à environ 2,3 tonnes, principalement à destination de la France ainsi que de quelques autres marchés.   Ces volumes restent modestes, car l’essentiel de la production est consommé localement et ne suffit pas toujours à satisfaire la demande intérieure.   Préserver un maillon essentiel de l’agriculture L’avenir de l’apiculture tunisienne dépasse la seule question de la production de miel.   Les abeilles sont indispensables à la pollinisation de nombreuses cultures et participent directement à l’amélioration des rendements agricoles ainsi qu’à la préservation de la biodiversité.   Le développement de la filière passe par plusieurs priorités: renforcer la lutte contre les effets du changement climatique, protéger les ressources mellifères, mieux encadrer l’utilisation des pesticides, soutenir les petits apiculteurs, améliorer la traçabilité du miel et renforcer les contrôles afin de restaurer la confiance des consommateurs.   Dans un contexte de pression climatique et économique croissante, préserver les abeilles revient aussi à préserver une partie essentielle de l’agriculture tunisienne et de sa sécurité alimentaire.   À noter   Les chiffres relatifs aux exportations (environ 2,3 tonnes en 2024), aux importations de miel, ainsi qu’à la production annuelle (autour de 2 100 tonnes en 2023 et plus de 3 000 tonnes lors des bonnes années) proviennent des statistiques de l’ONAGRI et des données du commerce extérieur tunisien. Selon les données officielles du commerce international

Tunisie: la filière pistache confirme son potentiel

PUB Actuagro Tunisie : la filière pistache confirme son potentiel La campagne 2026 s’annonce particulièrement encourageante pour la filière pistache en Tunisie.   Les estimations officielles font état d’une progression de la production, portée par l’extension des superficies cultivées, l’entrée en production de nouvelles plantations et l’amélioration des rendements dans plusieurs régions du pays.   La région de Gafsa confirme son statut de premier bassin de production national. Elle concentre à elle seule près de 57% des superficies consacrées au pistachier en Tunisie, soit environ 20000 hectares.   Cette position de leader se traduit également par des résultats prometteurs puisque la récolte est estimée à 4900 tonnes pour la campagne 2026, en hausse de 15 % par rapport à l’année précédente.   Cette progression s’explique notamment par le développement des plantations irriguées, dont les performances sont nettement supérieures à celles des vergers conduits en sec.   En moyenne, un pistachier irrigué produit près de 4 kilogrammes de fruits, contre seulement 1,1 kilogramme pour un arbre cultivé sous régime pluvial, ce qui souligne l’importance de la maîtrise de l’eau dans l’amélioration de la productivité.   Derrière Gafsa, le gouvernorat de Kasserine occupe la deuxième place nationale avec environ 8 200 hectares de pistachiers. La délégation de Majel Bel Abbès constitue le principal pôle de production de la région et contribue largement au développement de cette culture dans le Centre-Ouest tunisien.   À Gafsa, les principales zones de production se situent dans les délégations de Gafsa Nord, Sidi Aïch et Oum Larayes, où le pistachier représente une culture de plus en plus stratégique pour les exploitations agricoles.   La récolte débute généralement à la mi-juillet et se poursuit jusqu’à la mi-août. Durant cette période, l’activité économique s’intensifie dans les zones de production. Une grande partie de la récolte est commercialisée directement sur pied, une pratique courante qui permet aux producteurs de sécuriser rapidement leurs revenus tout en simplifiant les opérations de récolte.   Parallèlement, les services agricoles poursuivent leurs actions d’accompagnement auprès des producteurs en organisant des campagnes de sensibilisation consacrées à la protection phytosanitaire des vergers.   Les recommandations portent notamment sur la lutte contre les insectes ravageurs, en particulier les charançons, ainsi que sur la prévention des maladies fongiques afin de préserver la qualité des fruits et le potentiel de la récolte.   Les résultats attendus pour la campagne 2026 confirment ainsi le dynamisme de la filière pistache en Tunisie.   Grâce à l’augmentation des superficies, à l’amélioration des rendements et au potentiel de valorisation sur les marchés national et international, le pistachier s’impose progressivement comme une culture à forte valeur ajoutée, capable de contribuer durablement au développement agricole et économique des régions de l’intérieur. Sources Agence Tunis Afrique Presse (TAP) Commissariat régional au développement agricole (CRDA) de Gafsa Commissariat régional au développement agricole (CRDA) de Kasserine Visuels d’Al Jazeera Tunisie (AJA Tunisia) Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Pr. Mohamed Ridha Kamoun: Le couple Soleil peau juillet 1, 2026/Agrohealth Dr Fatma Ben Atig: Quand la colonne vertébrale souffre aussi de nos habitudes alimentaires juin 27, 2026/Dr. Fatma Ben Atig Tomate séchée: le potentiel encore sous-exploité de la Tunisie juin 25, 2026/Agrohealth Pastèque rouge ou pastèque jaune: une question de couleur… ou bien plus? juin 19, 2026/Agrohealth PUB Actuhealth Les eaux distillées, les trésors de l’été qui prennent soin de notre santé juillet 3, 2026 Les poissons bleus: les alliés santé de l’été en Tunisie juin 30, 2026 Dr Fatma Rebai- Sucre, sel, café: quand l’alimentation influence l’oreille interne juin 24, 2026 Load More Élevage Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Load More

Acarien de la poussière du palmier dattier (Vidéo)

PUB Actuagro Acarien de la poussière du palmier dattier (Vidéo) Après l’alerte du ministère de l’Agriculture, comprendre un ravageur qui menace la qualité de datte À travers un avis de vigilance publié récemment, le ministère tunisien de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a appelé les producteurs de dattes à renforcer la surveillance des palmeraies contre l’acarien de la poussière. Le département recommande notamment de réaliser les traitements phytosanitaires environ trois semaines après la pollinisation, une étape essentielle pour limiter les infestations et préserver la qualité des régimes. Si cette recommandation constitue un rappel important pour les phoeniciculteurs, elle soulève aussi plusieurs questions.   Qu’est-ce que l’acarien de la poussière exactement ? Pourquoi représente-t-il une menace pour la Deglet Nour ? Et quelles sont les bonnes pratiques à adopter pour protéger la prochaine récolte ?   AgroHealth revient sur ce ravageur discret mais redoutable afin de mieux comprendre son mode d’action et les moyens de le maîtriser. Invisible ou presque, l’acarien de la poussière fait partie des ravageurs les plus redoutés par les producteurs de dattes. Chaque année, son apparition coïncide avec une étape décisive du développement des régimes, au moment où les jeunes fruits commencent à se former. C’est précisément pour cette raison que le ministère de l’Agriculture a récemment appelé les phoeniciculteurs à renforcer leur vigilance et à respecter le calendrier des interventions phytosanitaires afin de protéger la prochaine récolte. Si cet acarien est bien connu dans les oasis tunisiennes sous le nom d’«Ankabout El Ghoubar», il demeure pourtant un ennemi discret, difficile à repérer avant que les premiers dégâts ne deviennent visibles.  Une infestation mal maîtrisée peut rapidement dégrader l’aspect des dattes et réduire leur valeur commerciale, notamment pour la Deglet Nour, dont la réputation repose sur une qualité visuelle irréprochable. Un ravageur minuscule mais particulièrement redoutable Malgré son nom, l’acarien de la poussière n’est ni une araignée ni un insecte.   Il appartient au groupe des acariens, des organismes microscopiques proches des arachnides, qui mesurent à peine quelques dixièmes de millimètre.   Installé sur les jeunes régimes, il perce les tissus des fruits pour en aspirer la sève.   Son cycle de développement est très rapide lorsque les températures augmentent et que l’air devient plus sec.   Les conditions climatiques du printemps et du début de l’été dans les oasis tunisiennes favorisent ainsi sa prolifération.   Le ravageur tisse également de fines toiles qui emprisonnent les poussières transportées par le vent.   C’est cette combinaison de toiles et de poussière qui lui a valu son appellation populaire. Des dégâts qui affectent avant tout la qualité Contrairement à d’autres ravageurs, l’acarien de la poussière ne provoque pas systématiquement une chute importante de la production.   Son principal impact concerne la qualité des fruits.   Les dattes perdent progressivement leur couleur naturelle et prennent une teinte grisâtre ou brunâtre.   Leur peau devient plus rugueuse et moins brillante, tandis que leur développement peut être ralenti.   Lorsque l’attaque est importante, les régimes présentent un aspect poussiéreux caractéristique qui diminue fortement leur attractivité commerciale.   Pour une variété comme la Deglet Nour, recherchée pour sa transparence, sa couleur ambrée et son aspect lisse, ces altérations peuvent entraîner un déclassement des lots destinés à l’exportation et une baisse significative du revenu des producteurs. Pourquoi le traitement est-il recommandé trois semaines après la pollinisation La pollinisation, réalisée au printemps, marque le point de départ de la formation des futures dattes.   Les semaines qui suivent représentent une période particulièrement sensible, durant laquelle les jeunes fruits deviennent vulnérables aux premières colonies d’acariens.   Les spécialistes recommandent donc une intervention environ trois semaines après la pollinisation.   À ce stade, le traitement permet d’agir avant que les populations ne deviennent importantes et avant que les toiles ne recouvrent les régimes.   Une intervention trop précoce risque d’être peu efficace, tandis qu’un traitement réalisé trop tard laisse le temps au ravageur de s’installer durablement et de provoquer des dégâts parfois irréversibles sur la qualité des fruits. Observer avant d’intervenir La réussite de la lutte commence par une surveillance attentive de la palmeraie. Dès la fin de la pollinisation, les producteurs gagnent à inspecter régulièrement les jeunes régimes afin de repérer les premiers signes d’infestation.   Le respect du calendrier de traitement recommandé par les services techniques demeure essentiel.   Les applications doivent être réalisées avec des produits homologués, en respectant les doses prescrites et en veillant à couvrir uniformément les régimes.   Les experts recommandent également d’alterner les matières actives afin de limiter le risque de développement de résistances.   Une bonne conduite de la palmeraie contribue également à réduire la pression du ravageur.   L’entretien des palmiers, une meilleure aération des régimes et l’élimination des foyers fortement infestés constituent des mesures complémentaires qui renforcent l’efficacité des traitements. Encadré pratique Comment reconnaître une attaque d’acarien de la poussière   Les premiers symptômes sont souvent très discrets, ce qui explique pourquoi les infestations passent parfois inaperçues.   Une observation attentive permet néanmoins de repérer plusieurs indices caractéristiques.   De fines toiles apparaissent autour des jeunes fruits et retiennent progressivement les poussières.   Les dattes perdent leur éclat naturel et prennent une coloration grisâtre ou brunâtre. Leur peau devient plus rugueuse, leur croissance ralentit et l’ensemble du régime présente un aspect terne.   Plus ces symptômes sont détectés tôt, plus les interventions ont de chances d’être efficaces et de préserver la qualité de la récolte. Une vigilance qui protège toute une filière Les dattes  constitue l’un des fleurons de l’agriculture tunisienne et représente une source essentielle de revenus pour de nombreuses exploitations ainsi qu’un produit phare des exportations nationales.   Face à un ravageur aussi discret que l’acarien de la poussière, la prévention reste la meilleure stratégie.   Une surveillance régulière, associée à des traitements réalisés au moment opportun, permet de préserver la qualité des dattes et d’aborder la prochaine campagne dans les meilleures conditions.   Plus qu’une simple opération phytosanitaire, cette vigilance contribue à protéger la réputation de la datte tunisienne sur les

Agriculture biologique: la Tunisie trace sa stratégie 2030

PUB Actuagro Agriculture biologique: la Tunisie trace sa stratégie 2030 Entre ambitions nationales et réalités du terrain, la Tunisie ouvre un nouveau chapitre pour son agriculture biologique Le message est clair: l’agriculture biologique n’est plus considérée comme un secteur de niche. Elle devient progressivement un axe stratégique de la politique agricole tunisienne.   Réunie le 1er juillet 2026, sous la présidence du ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh, la Commission nationale de l’agriculture biologique a adopté une nouvelle feuille de route pour la période 2026-2030.   Derrière ce rendez-vous institutionnel se dessine une ambition bien plus large: faire de la production biologique un moteur de croissance économique, un outil de préservation des ressources naturelles et un levier pour renforcer la présence des produits tunisiens sur les marchés internationaux.   Cette réunion intervient dans un contexte où l’agriculture mondiale est confrontée à des défis sans précédent.   Changement climatique, stress hydrique, dégradation des sols, exigences accrues des consommateurs en matière de qualité sanitaire et de traçabilité: autant de facteurs qui imposent une profonde transformation des systèmes de production.   Pour la Tunisie, cette transition n’est plus une option. Elle devient une nécessité. Une stratégie qui dépasse largement le cadre de la production biologique Les travaux de la Commission nationale de l’agriculture biologique sont allés bien au-delà de l’examen des dossiers techniques relatifs à l’agrément des organismes de contrôle ou à l’actualisation des cahiers des charges régissant la certification biologique.   Cette rencontre a surtout marqué le lancement de la Stratégie nationale de développement de l’agriculture biologique 2026-2030, une feuille de route ambitieuse qui vise à renforcer la gouvernance du secteur, moderniser son cadre réglementaire, accompagner les producteurs vers des systèmes de production plus durables et plus résilients, structurer les chaînes de valeur, développer les activités de transformation, consolider les mécanismes de certification et de traçabilité, tout en favorisant l’expansion du marché national et le rayonnement des produits biologiques tunisiens à l’international.   Cette vision traduit une évolution profonde de l’approche des pouvoirs publics. Alors que les politiques menées jusqu’ici étaient principalement orientées vers l’augmentation des superficies cultivées en agriculture biologique, la nouvelle stratégie ambitionne désormais de bâtir une véritable économie du bio, où chaque maillon de la filière, de la production à la transformation, du conditionnement à la commercialisation, contribue à créer davantage de valeur.   Car aujourd’hui, la compétitivité d’un produit agricole ne repose plus uniquement sur sa qualité ou son volume de production, mais aussi sur sa capacité à être transformé, valorisé, identifié par une marque forte et commercialisé sur des marchés à forte valeur ajoutée. La Tunisie possède des atouts qu’elle doit mieux valoriser Le pays ne part pas de zéro. Depuis plus de vingt ans, la Tunisie s’est progressivement imposée parmi les principaux producteurs biologiques du continent africain. Son huile d’olive biologique est aujourd’hui exportée vers de nombreux marchés internationaux, tout comme les dattes, les plantes aromatiques et médicinales, les agrumes ou encore certains produits issus de l’apiculture.   Le climat méditerranéen, la diversité des terroirs et l’expérience acquise par les producteurs constituent des avantages comparatifs indéniables.   Cependant, ces performances restent largement dépendantes des marchés extérieurs. La consommation nationale demeure modeste et une partie importante de la valeur ajoutée échappe encore au pays, les produits étant souvent exportés en vrac avant d’être transformés ou commercialisés sous des marques étrangères.   C’est précisément ce modèle que la stratégie 2030 souhaite faire évoluer. Créer davantage de valeur sur le territoire tunisien L’une des orientations les plus prometteuses concerne le développement des filières de transformation. Exporter une huile d’olive en vrac ou commercialiser une huile conditionnée sous une marque tunisienne reconnue ne génère pas les mêmes revenus. Il en va de même pour les dattes, les huiles essentielles, les plantes médicinales ou les fruits biologiques. En encourageant les investissements dans le conditionnement, la transformation agroalimentaire, l’emballage et la labellisation, la Tunisie pourrait considérablement augmenter la valeur économique de ses exportations. Cette évolution profiterait directement aux producteurs, mais également aux PME agroalimentaires, aux coopératives, aux entreprises d’emballage, aux logisticiens et à l’ensemble des territoires ruraux. Le biologique pourrait ainsi devenir un véritable moteur de développement local. Une agriculture plus respectueuse des ressources naturelles L’intérêt de l’agriculture biologique ne se limite toutefois pas aux performances commerciales. Dans un pays confronté à un stress hydrique chronique et à une dégradation progressive des sols, la préservation des ressources naturelles devient une priorité nationale. L’agriculture biologique favorise la fertilité des sols grâce à l’utilisation de matières organiques, aux rotations culturales et à la diversification des cultures. Elle réduit également le recours aux pesticides et aux engrais de synthèse, limitant ainsi la pollution des eaux et la dégradation des écosystèmes. Ces pratiques contribuent aussi à préserver les insectes pollinisateurs, indispensables à la production agricole, ainsi qu’à renforcer la biodiversité. Face aux effets du changement climatique, ces systèmes agricoles apparaissent souvent plus résilients, notamment lorsqu’ils sont associés à des pratiques agroécologiques adaptées aux réalités locales. Le véritable défi: accompagner les agriculteurs Si les objectifs fixés témoignent d’une réelle volonté de développer l’agriculture biologique en Tunisie, leur réussite dépendra largement de l’adhésion des producteurs et des moyens qui leur seront accordés.   La conversion vers ce mode de production représente en effet un engagement de long terme qui implique des investissements, l’acquisition de nouvelles compétences et un accompagnement technique régulier.   Or, sur le terrain, de nombreux agriculteurs continuent de se heurter à plusieurs contraintes, parmi lesquelles le coût de la certification, les difficultés d’accès au financement, l’insuffisance de l’encadrement technique dans certaines régions, l’accès encore limité aux marchés spécialisés ainsi qu’une demande locale qui demeure relativement faible.   Dans ces conditions, la mise en œuvre effective de la stratégie passera par la capacité des pouvoirs publics à transformer les orientations annoncées en actions concrètes, en renforçant les dispositifs de formation et d’accompagnement, en facilitant l’accès aux financements, en soutenant la recherche appliquée et en simplifiant les procédures administratives afin de créer un environnement favorable au développement durable du secteur. Le

Dessalement de l’eau de mer: la réponse de la Tunisie au stress hydrique

PUB Actuagro Dessalement de l’eau de mer: la réponse de la Tunisie au stress hydrique Les barrages se vident, les sécheresses se prolongent et chaque été rappelle un peu plus la fragilité des ressources en eau de la Tunisie. Face à cette réalité, le pays se tourne vers une ressource longtemps considérée comme inaccessible: la mer. Grâce aux stations de dessalement qui se multiplient le long du littoral, l’eau salée devient progressivement une source stratégique d’eau potable, illustrant l’adaptation de la Tunisie à un climat de plus en plus contraignant.   Pendant des décennies, la Tunisie a puisé son eau dans les barrages, les nappes souterraines et les ressources naturelles pour répondre aux besoins de sa population. Aujourd’hui, ce modèle montre ses limites.   Face à une sécheresse qui s’installe, à des précipitations de plus en plus irrégulières et à une demande en eau en constante augmentation, le pays est contraint de repenser sa stratégie.   Dans ce contexte, le dessalement de l’eau de mer n’est plus une solution d’appoint: il s’impose progressivement comme l’un des piliers de la politique nationale de l’eau.   Longtemps considéré comme une technologie coûteuse réservée aux pays du Golfe, il devient aujourd’hui une nécessité pour garantir l’accès à l’eau potable et renforcer la résilience de la Tunisie face aux défis climatiques. Le changement climatique bouleverse les ressources en eau La Tunisie figure parmi les pays méditerranéens les plus exposés au stress hydrique. Depuis plusieurs années, les épisodes de sécheresse se multiplient, tandis que les températures moyennes poursuivent leur hausse.   Les précipitations deviennent plus rares et plus irrégulières, réduisant les apports dans les barrages et accélérant l’évaporation des réserves d’eau.   Cette évolution climatique fragilise l’ensemble du système d’approvisionnement. Les barrages enregistrent régulièrement des niveaux de remplissage insuffisants et plusieurs régions connaissent des déficits pluviométriques successifs.   Ce qui relevait autrefois d’une crise ponctuelle est désormais une réalité structurelle à laquelle il faut s’adapter. Une pression croissante sur les ressources Parallèlement à cette diminution des ressources naturelles, les besoins en eau continuent d’augmenter. La croissance démographique, l’urbanisation, le développement industriel, l’activité touristique ainsi que les besoins du secteur agricole exercent une pression de plus en plus forte sur les réserves disponibles.   L’agriculture, qui demeure le principal consommateur d’eau en Tunisie, est particulièrement concernée. Garantir un approvisionnement suffisant en eau potable tout en préservant les activités économiques représente aujourd’hui un équilibre délicat.   À cela s’ajoute la surexploitation des nappes phréatiques. Dans plusieurs régions, notamment au sud du pays et sur le littoral, les réserves souterraines présentent une salinité croissante, parfois aggravée par l’intrusion de l’eau de mer. Cette dégradation limite leur utilisation sans traitement préalable. Le dessalement, une réponse stratégique Face à ces défis, le dessalement apparaît comme une solution durable. Grâce à la technologie de l’osmose inverse, l’eau de mer est transformée en eau potable répondant aux normes sanitaires.   L’un des principaux atouts de cette technologie réside dans le fait qu’elle repose sur une ressource pratiquement inépuisable.   Avec près de 1300 kilomètres de côtes sur la Méditerranée, la Tunisie dispose d’un potentiel important pour produire de l’eau indépendamment des précipitations.   Le dessalement permet ainsi de sécuriser l’approvisionnement des grandes villes côtières, de limiter les risques liés aux sécheresses répétées et de renforcer la sécurité hydrique du pays. Un réseau de stations en pleine expansion Afin de répondre à ces enjeux, la Tunisie a engagé ces dernières années un vaste programme d’investissement dans les infrastructures de dessalement.   Parmi les principales installations figure la station de Zarat, dans le gouvernorat de Gabès.   Avec une capacité de production de 50 000 m³ d’eau potable par jour, elle approvisionne une grande partie du sud tunisien et répond aux besoins d’environ un million d’habitants.   À Sfax, une autre station stratégique produit jusqu’à 100 000 m³ par jour, contribuant à sécuriser l’alimentation en eau de la deuxième agglomération du pays, tout en offrant des possibilités d’extension pour répondre à la demande future.   La station de Sousse, dotée d’une capacité initiale de 50 000 m³ par jour, pourra à terme doubler sa production afin d’alimenter les gouvernorats du Sahel, du Cap Bon et de Sfax.   Sur l’île de Djerba, l’une des premières stations de dessalement de Tunisie joue un rôle essentiel dans l’approvisionnement d’une région fortement dépendante du tourisme et confrontée à une disponibilité limitée des ressources naturelles.   En parallèle, une quinzaine de stations de dessalement des eaux souterraines saumâtres ont été mises en service, principalement dans le sud tunisien, afin d’améliorer la qualité de l’eau distribuée aux populations.   L’État poursuit également le développement de nouvelles infrastructures, notamment à Zarzis et à Mahdia, qui viendront renforcer le réseau national au cours des prochaines années. Une solution prometteuse, mais exigeante Si le dessalement constitue aujourd’hui une réponse incontournable, cette technologie n’est pas sans contraintes.   La production d’eau dessalée nécessite d’importantes quantités d’énergie, ce qui représente un coût élevé d’exploitation.   Les investissements initiaux sont également considérables, tant pour la construction des stations que pour leur maintenance.   Par ailleurs, le processus génère une saumure fortement concentrée en sel qui est rejetée en mer. Sa gestion doit être rigoureusement encadrée afin de limiter les impacts potentiels sur les écosystèmes marins.   Ces défis expliquent pourquoi les autorités et les experts insistent sur la nécessité d’intégrer le dessalement dans une stratégie globale de gestion durable de l’eau. Vers une nouvelle culture de l’eau Le dessalement ne remplacera ni les économies d’eau ni les autres solutions de gestion des ressources hydriques.   La modernisation des réseaux de distribution, la réduction des pertes, la réutilisation des eaux usées traitées, l’amélioration des techniques d’irrigation et la protection des nappes souterraines demeurent des leviers essentiels.   À plus long terme, plusieurs spécialistes estiment que l’association des stations de dessalement aux énergies renouvelables, notamment le solaire, pourrait permettre de réduire les coûts énergétiques tout en limitant leur empreinte environnementale.   Grâce à son important potentiel solaire, la Tunisie dispose d’atouts pour développer un modèle plus

La Tunisie, n°1 mondial de l’huile d’olive à Miami

PUB Actuagro La Tunisie, n°1 mondial de l’huile d’olive à Miami La Tunisie confirme une nouvelle fois son statut de référence mondiale dans le secteur oléicole. Le pays a décroché la première place au Concours international américain de l’huile d’olive extra vierge de Miami, une distinction qui récompense l’excellence et la qualité de l’huile d’olive tunisienne parmi les meilleures productions mondiales.   Cette consécration reflète le savoir-faire des oléiculteurs tunisiens ainsi que les efforts déployés tout au long de la chaîne de valeur, depuis la culture des oliviers jusqu’à l’extraction, au conditionnement et à l’exportation.   Grâce à des pratiques de production de plus en plus exigeantes et à une attentionparticulière portée à la qualité, l’huile d’olive tunisienne continue de séduire les jurys internationaux.   Selon le ministère tunisien de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, la Tunisie s’est classée au premier rang mondial lors de cette prestigieuse compétition organisée à Miami, confirmant ainsi la compétitivité de son huile d’olive sur les marchés internationaux.   Au-delà du prestige de cette récompense, ce succès met en lumière le travail des producteurs, des huileries, des exportateurs et de l’ensemble des acteurs de la filière. Il témoigne également de la capacité du secteur oléicole tunisien à répondre aux standards internationaux les plus élevés en matière de qualité, de traçabilité et d’excellence.   Cette distinction intervient dans un contexte où la demande mondiale pour les huiles d’olive extra vierges de haute qualité ne cesse de progresser.   Elle constitue ainsi un atout supplémentaire pour renforcer la visibilité du produittunisien, consolider sa réputation auprès des consommateurs internationaux etouvrir de nouvelles perspectives commerciales.   Pour la Tunisie, ce nouveau sacre représente bien plus qu’une médaille. Il confirme que l’investissement dans la qualité, l’innovation et la valorisation des produits du terroir est un levier essentiel pour accroître la valeur ajoutée des exportations agricoles et affirmer durablement la place du pays parmi les grands producteurs mondiaux d’huile d’olive. Source Ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche de Tunisie. Lire plus Filière oléicole en Tunisie : Analyse des prix et des flux d’exportation durant la campagne 2024-2025 Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Dr Fatma Ben Atig: Quand la colonne vertébrale souffre aussi de nos habitudes alimentaires juin 27, 2026/Agrohealth Tomate séchée: le potentiel encore sous-exploité de la Tunisie juin 25, 2026/Agrohealth Pastèque rouge ou pastèque jaune: une question de couleur… ou bien plus? juin 19, 2026/Agrohealth Dr Fatma Rebai: Nos papilles sont-elles victimes de l’alimentation moderne ? juin 13, 2026/Dr Fatma Rebai PUB Actuhealth Dr Fatma Rebai- Sucre, sel, café: quand l’alimentation influence l’oreille interne juin 24, 2026 Été, voyages et festivités: comment garder une alimentation équilibrée et rester bien hydraté juin 12, 2026 Le rôle du consommateur dans la sécurité alimentaire: un maillon essentiel de la chaîne juin 9, 2026 Load More Élevage Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Load More

Nizar Aloui – Sécurité et souveraineté alimentaires: clarifier les concepts pour mieux orienter les politiques agricoles

PUB Actuagro Nizar Aloui – Sécurité et souveraineté alimentaires: clarifier les concepts pour mieux orienter les politiques agricoles  Par Nizar Aloui. Expert en politique agricole –  Cette synthèse ne prétend pas constituer un article académique ni une analyse scientifique approfondie. Elle constitue un support informatif destiné à un public cible non spécialisé, peu familier avec ces concepts, susceptible d’entendre fréquemment ces notions dans les médias et les espaces de débat public, sans nécessairement en maîtriser les fondements conceptuels.  Introduction Afin de mieux comprendre la relation entre sécurité et souveraineté alimentaire, il convient avant tout de dépasser la fausse idée d’une opposition des deux concepts. En effet, la souveraineté alimentaire ne rejette pas la sécurité alimentaire, au contraire elle l’assimile, la parachève et lui offre un cadre politique et institutionnelle. La sécurité alimentaire comme socle technique La définition de référence de concept demeure celle adoptée lors du sommet mondial de l’alimentation de 1996: «La sécurité alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie saine et active.»   En effet, la sécurité alimentaire renvoie à la capacité d’un pays à garantir à l’ensemble de sa population un accès physique, économique et durable à une alimentation suffisante, saine, nutritive et adaptée à ses besoins, tout en assurant la résilience des systèmes agricoles face aux risques climatiques, économiques et géopolitiques (ONAGRI[1]).   Elle repose sur quatre piliers indispensables et interdépendants: La disponibilité: c’est la présence physique des aliments en quantité suffisante, peu importe d’où vient cette disponibilité ou qui la produit (production national et importations). L’accessibilité: la capacité économique (pouvoir d’achat) et physique (possibilité concrète d’atteindre les lieux d’approvisionnement et de disposer des infrastructures nécessaires) des ménages d’acquérir les aliments. L’utilisation: la qualité sanitaire et nutritionnelle des aliments consommées La stabilité ou la durabilité: la garantie que les trois piliers précédents sont maintenus face aux chocs économiques et climatiques. Autrement dit, une population est en situation de sécurité alimentaire lorsque son accès à une alimentation suffisante, saine et nutritive est garanti de manière continue, sans risque de perturbation.   Dans le cas de la Tunisie, classée 62ᵉ sur 113 pays selon la dernière édition du Global Food Security Index (GFSI), la mise en œuvre des quatre piliers de la sécurité alimentaire demeure principalement assurée par les ministères sectoriels concernés, dans le cadre des attributions et missions qui leurs sont conférées.   S’agissant du MARHP[2], sa mission fondamentale recouvre pour l’essentiel le pilier de la disponibilité alimentaire, assurée par la production nationale, ainsi qu’une part substantielle du quatrième pilier, relatif à la durabilité notamment la pérennité des systèmes de production et la stabilité des filières agricoles. En revanche, la composante de la disponibilité reposant sur la solidité des approvisionnements extérieurs (sauf pour les céréales), de même que la garantie de l’accès, relèvent de la compétence d’autres ministères notamment celle de commerce.   Quant au troisième pilier, relatif à l’utilisation des aliments, son pilotage revient principalement au ministère chargé de la santé, dont l’action s’organise autour de quatre axes: la lutte contre la malnutrition et les carences nutritionnelles, la surveillance sanitaire des denrées alimentaires à travers l’INSSPA[3], l’éducation nutritionnelle des populations et la sécurité sanitaire des consommateurs. Le MARHP demeure un acteur de premier plan dans ce registre, notamment à travers le contrôle de la qualité sanitaire des produits et intrants agricoles et l’exercice des contrôles phytosanitaire et vétérinaire.   Cette répartition sectorielle des responsabilités n’est pas sans incidence sur l’efficacité de la sécurité alimentaire au niveau local. Dans certaines zones rurales ou enclavées du territoire tunisien, l’éloignement des marchés de gros, l’insuffisance des infrastructures de transport et les dysfonctionnements des circuits de distribution limitent l’accessibilité physique aux denrées alimentaires, indépendamment même de leur disponibilité agrégée à l’échelle nationale. Il en résulte que l’amélioration du réseau routier, le développement de marchés de proximité et le renforcement des chaînes logistiques constituent des leviers d’action déterminants pour consolider la sécurité alimentaire.   D’autant plus, les différents ministères emploient des instruments parfois divergents dans la réalisation de la sécurité alimentaire. Le MARHP vise principalement à garantir une production nationale suffisante et durable, en renforçant la résilience des acteurs des filières agricoles face aux fluctuations climatiques et aux aléas des marchés, tout en assurant des revenus stables et rémunérateurs aux producteurs. En revanche, le ministère du Commerce cherche avant tout à garantir l’accès des consommateurs à des denrées alimentaires à des prix abordables, notamment dans un contexte marqué par le faible pouvoir d’achat des ménages tunisiens. Ainsi, pour atteindre cette fin, le ministère mobilise divers instruments d’intervention tels que le plafonnement des prix (cas des fruits et légumes, œuf de consommation, viande blanche…), la politique des prix administrés (lait) ou encore le recours à l’importation (cas de la pomme de terre). Toutefois, lorsque ces interventions sont mises en œuvre de manière insuffisamment coordonnée, elles peuvent engendrer des distorsions de marché, réduire la rentabilité des activités agricoles et par conséquent, compromettre la durabilité économique des producteurs ainsi que la résilience du secteur agricole dans son ensemble.   Toutefois, il convient de distinguer la disponibilité alimentaire, en tant que pilier de la sécurité alimentaire, de la notion d’autosuffisance alimentaire. La disponibilité alimentaire désigne l’existence, à l’échelle nationale ou locale, des quantités suffisantes de denrées alimentaires pour répondre aux besoins de la population. Elle peut être assurée par la production nationale, par les importations ou par une combinaison des deux. En revanche, l’autosuffisance alimentaire correspond à une situation dans laquelle la consommation nationale d’un produit donné est intégralement couverte par la production nationale, y compris par la production locale des intrants et des facteurs de production nécessaires à son obtention. Ainsi, alors que la disponibilité alimentaire se concentre sur le résultat final en termes d’approvisionnement, l’autosuffisance alimentaire met l’accent sur l’origine nationale de l’ensemble de la chaîne de production.  La souveraineté alimentaire comme cadre politique de la sécurité alimentaire La souveraineté alimentaire introduit une