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Acarien de la poussière du palmier dattier (Vidéo)
Après l’alerte du ministère de l’Agriculture, comprendre un ravageur qui menace la qualité de datte
À travers un avis de vigilance publié récemment, le ministère tunisien de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a appelé les producteurs de dattes à renforcer la surveillance des palmeraies contre l’acarien de la poussière.
Le département recommande notamment de réaliser les traitements phytosanitaires environ trois semaines après la pollinisation, une étape essentielle pour limiter les infestations et préserver la qualité des régimes.
Si cette recommandation constitue un rappel important pour les phoeniciculteurs, elle soulève aussi plusieurs questions.
Qu’est-ce que l’acarien de la poussière exactement ? Pourquoi représente-t-il une menace pour la Deglet Nour ? Et quelles sont les bonnes pratiques à adopter pour protéger la prochaine récolte ?
AgroHealth revient sur ce ravageur discret mais redoutable afin de mieux comprendre son mode d’action et les moyens de le maîtriser.
Invisible ou presque, l’acarien de la poussière fait partie des ravageurs les plus redoutés par les producteurs de dattes.
Chaque année, son apparition coïncide avec une étape décisive du développement des régimes, au moment où les jeunes fruits commencent à se former.
C’est précisément pour cette raison que le ministère de l’Agriculture a récemment appelé les phoeniciculteurs à renforcer leur vigilance et à respecter le calendrier des interventions phytosanitaires afin de protéger la prochaine récolte.
Si cet acarien est bien connu dans les oasis tunisiennes sous le nom d’«Ankabout El Ghoubar», il demeure pourtant un ennemi discret, difficile à repérer avant que les premiers dégâts ne deviennent visibles.
Une infestation mal maîtrisée peut rapidement dégrader l’aspect des dattes et réduire leur valeur commerciale, notamment pour la Deglet Nour, dont la réputation repose sur une qualité visuelle irréprochable.
Un ravageur minuscule mais particulièrement redoutable
Malgré son nom, l’acarien de la poussière n’est ni une araignée ni un insecte.
Il appartient au groupe des acariens, des organismes microscopiques proches des arachnides, qui mesurent à peine quelques dixièmes de millimètre.
Installé sur les jeunes régimes, il perce les tissus des fruits pour en aspirer la sève.
Son cycle de développement est très rapide lorsque les températures augmentent et que l’air devient plus sec.
Les conditions climatiques du printemps et du début de l’été dans les oasis tunisiennes favorisent ainsi sa prolifération.
Le ravageur tisse également de fines toiles qui emprisonnent les poussières transportées par le vent.
C’est cette combinaison de toiles et de poussière qui lui a valu son appellation populaire.
Des dégâts qui affectent avant tout la qualité
Contrairement à d’autres ravageurs, l’acarien de la poussière ne provoque pas systématiquement une chute importante de la production.
Son principal impact concerne la qualité des fruits.
Les dattes perdent progressivement leur couleur naturelle et prennent une teinte grisâtre ou brunâtre.
Leur peau devient plus rugueuse et moins brillante, tandis que leur développement peut être ralenti.
Lorsque l’attaque est importante, les régimes présentent un aspect poussiéreux caractéristique qui diminue fortement leur attractivité commerciale.
Pour une variété comme la Deglet Nour, recherchée pour sa transparence, sa couleur ambrée et son aspect lisse, ces altérations peuvent entraîner un déclassement des lots destinés à l’exportation et une baisse significative du revenu des producteurs.
Pourquoi le traitement est-il recommandé trois semaines après la pollinisation
La pollinisation, réalisée au printemps, marque le point de départ de la formation des futures dattes.
Les semaines qui suivent représentent une période particulièrement sensible, durant laquelle les jeunes fruits deviennent vulnérables aux premières colonies d’acariens.
Les spécialistes recommandent donc une intervention environ trois semaines après la pollinisation.
À ce stade, le traitement permet d’agir avant que les populations ne deviennent importantes et avant que les toiles ne recouvrent les régimes.
Une intervention trop précoce risque d’être peu efficace, tandis qu’un traitement réalisé trop tard laisse le temps au ravageur de s’installer durablement et de provoquer des dégâts parfois irréversibles sur la qualité des fruits.
Observer avant d’intervenir
La réussite de la lutte commence par une surveillance attentive de la palmeraie. Dès la fin de la pollinisation, les producteurs gagnent à inspecter régulièrement les jeunes régimes afin de repérer les premiers signes d’infestation.
Le respect du calendrier de traitement recommandé par les services techniques demeure essentiel.
Les applications doivent être réalisées avec des produits homologués, en respectant les doses prescrites et en veillant à couvrir uniformément les régimes.
Les experts recommandent également d’alterner les matières actives afin de limiter le risque de développement de résistances.
Une bonne conduite de la palmeraie contribue également à réduire la pression du ravageur.
L’entretien des palmiers, une meilleure aération des régimes et l’élimination des foyers fortement infestés constituent des mesures complémentaires qui renforcent l’efficacité des traitements.
Encadré pratique
Comment reconnaître une attaque d’acarien de la poussière
Les premiers symptômes sont souvent très discrets, ce qui explique pourquoi les infestations passent parfois inaperçues.
Une observation attentive permet néanmoins de repérer plusieurs indices caractéristiques.
De fines toiles apparaissent autour des jeunes fruits et retiennent progressivement les poussières.
Les dattes perdent leur éclat naturel et prennent une coloration grisâtre ou brunâtre. Leur peau devient plus rugueuse, leur croissance ralentit et l’ensemble du régime présente un aspect terne.
Plus ces symptômes sont détectés tôt, plus les interventions ont de chances d’être efficaces et de préserver la qualité de la récolte.
Une vigilance qui protège toute une filière
Les dattes constitue l’un des fleurons de l’agriculture tunisienne et représente une source essentielle de revenus pour de nombreuses exploitations ainsi qu’un produit phare des exportations nationales.
Face à un ravageur aussi discret que l’acarien de la poussière, la prévention reste la meilleure stratégie.
Une surveillance régulière, associée à des traitements réalisés au moment opportun, permet de préserver la qualité des dattes et d’aborder la prochaine campagne dans les meilleures conditions.
Plus qu’une simple opération phytosanitaire, cette vigilance contribue à protéger la réputation de la datte tunisienne sur les marchés internationaux et à garantir la pérennité d’une filière emblématique des oasis.
source
Cet article s’appuie sur l’avis de vigilance publié par le ministère tunisien de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, complété par des informations techniques issues de la littérature spécialisée sur les acariens du palmier dattier.
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