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Boumerira chez les animaux: comprendre cette maladie qui menace les troupeaux en Tunisie
Une maladie redoutée par les éleveurs
Dans le monde de l’élevage tunisien, peu de maladies suscitent autant d’inquiétude que la «Boumerira».
Connue des agriculteurs pour sa brutalité, cette affection peut provoquer la mort soudaine d’ovins, de caprins ou de bovins apparemment en bonne santé.
Chaque année, notamment lors des changements de régime alimentaire ou après les premières pousses de pâturages verts, les cas se multiplient et entraînent parfois des pertes économiques importantes pour les éleveurs.
Face à cette situation, le ministère de l’Agriculture a appelé les professionnels du secteur à redoubler de vigilance et à adopter les mesures de prévention nécessaires afin de protéger leurs troupeaux.
Qu’est-ce que la Boumerira?
Derrière l’appellation populaire «Boumerira» se cache une maladie connue en médecine vétérinaire sous le nom d’entérotoxémie.
Elle est généralement provoquée par la prolifération excessive de bactéries naturellement présentes dans l’intestin des animaux.
Dans certaines conditions, ces bactéries produisent des toxines qui passent dans la circulation sanguine et affectent rapidement plusieurs organes vitaux.
Cette maladie touche principalement les ruminants, en particulier les moutons et les chèvres, mais peut également affecter les bovins.
Pourquoi apparaît-elle?
La Boumerira est souvent associée à des changements brusques de l’alimentation.
Lorsqu’un animal passe soudainement d’une alimentation sèche à une alimentation riche en herbe fraîche, ou lorsqu’il consomme une quantité importante de céréales et d’aliments concentrés, l’équilibre de son système digestif peut être perturbé.
Les bactéries présentes dans l’intestin profitent alors de ces nouvelles conditions pour se multiplier rapidement et produire des toxines dangereuses.
Ce phénomène explique pourquoi les périodes de pâturage printanier ou les changements de ration sont particulièrement sensibles.
Une maladie qui frappe sans prévenir
L’une des caractéristiques les plus préoccupantes de la Boumeria est sa rapidité d’évolution.
Dans de nombreux cas, l’éleveur découvre un animal mort sans avoir observé de signes alarmants auparavant.
Lorsque des symptômes apparaissent, ils peuvent se manifester par une perte d’appétit, un état de faiblesse générale, des troubles digestifs, une démarche instable ou encore des signes nerveux.
Toutefois, l’évolution peut être si rapide que l’intervention devient difficile.
Cette mortalité soudaine explique pourquoi la maladie est souvent considérée comme l’une des plus redoutables dans les élevages de petits ruminants.
Un risque économique plus que sanitaire
Les autorités vétérinaires rappellent que la Boumerira n’est pas transmissible à l’être humain.
Elle ne représente donc aucun danger pour la santé publique et ne se transmet pas non plus directement d’un animal à un autre comme une maladie contagieuse classique.
Son principal impact est économique.
La perte d’animaux productifs peut affecter lourdement les revenus des éleveurs, en particulier dans les petites exploitations où chaque tête de bétail représente un investissement important.
La prévention, une nécessité pour les éleveurs
Face à une maladie dont l’évolution est souvent fulgurante, la prévention demeure la stratégie la plus efficace.
Les spécialistes recommandent notamment d’introduire progressivement les changements alimentaires, d’éviter les excès de céréales, de surveiller l’état sanitaire du troupeau et de respecter les calendriers de vaccination établis par les services vétérinaires.
La vaccination constitue aujourd’hui l’un des moyens les plus efficaces pour réduire les risques d’apparition de la maladie dans les élevages exposés.
Elle doit être réalisée suffisamment tôt afin de permettre à l’animal de développer une protection efficace avant les périodes à risque.
Un enjeu pour la durabilité de l’élevage tunisien
Dans un contexte marqué par les changements climatiques, les fluctuations des ressources fourragères et l’augmentation du coût des aliments pour bétail, la gestion de l’alimentation animale devient un élément central de la rentabilité des exploitations.
La Boumerira rappelle que la santé du troupeau dépend autant de la qualité des soins vétérinaires que des pratiques alimentaires quotidiennes.
Sensibiliser les éleveurs aux transitions alimentaires progressives et aux mesures de prévention constitue donc un enjeu majeur pour renforcer la résilience de l’élevage tunisien.
À retenir
Bien que souvent mortelle, la Boumerira n’est ni contagieuse ni transmissible à l’homme.
Cette maladie reste largement évitable grâce à une alimentation équilibrée, des transitions alimentaires progressives et une vaccination adaptée.
La vigilance des éleveurs demeure la meilleure protection contre cette menace silencieuse qui continue de peser sur les troupeaux tunisiens.
Sources
- Ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche (Tunisie) – Communiqué de sensibilisation sur l’entérotoxémie («Boumeria»), juillet 2025 et janvier 2026TAP
- La Presse de Tunisie
- AgriTunisie
- Business News
- DirectInfo
- Tunisie Numérique

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