Les tortues marines: biologie, écologie et enjeux de conservation sur les côtes tunisiennes

Actuagro Les tortues marines: biologie, écologie et enjeux de conservation sur les côtes tunisiennes Par Zouhaïr Ben Amor. Dr en Biologie Marine – Des voyageuses millénaires au cœur des équilibres marins. Les tortues marines figurent parmi les animaux les plus anciens encore présents sur Terre. Apparues il y a plus de 100 millions d’années, elles ont traversé plusieurs grandes crises biologiques ayant provoqué la disparition de nombreuses espèces. Leur capacité d’adaptation remarquable leur a permis de coloniser progressivement les océans du globe et d’occuper des habitats très variés, depuis les zones côtières peu profondes jusqu’aux vastes espaces océaniques. Aujourd’hui, ces reptiles marins représentent cependant un groupe fortement menacé. Leur long cycle de vie, caractérisé par une croissance lente et une maturité sexuelle tardive, rend leurs populations particulièrement vulnérables aux perturbations humaines. Une tortue marine peut mettre plusieurs décennies avant de se reproduire pour la première fois, ce qui signifie que la survie des adultes reproducteurs est essentielle au maintien des populations. La Méditerranée constitue un espace particulièrement important pour les tortues marines. Bien qu’elle représente une mer semi-fermée soumise à une forte pressionanthropique, elle accueille plusieurs espèces qui y trouvent des zones d’alimentation, de migration et de reproduction. Parmi elles, la tortue caouanne (Caretta caretta) est l’espèce la plus fréquente, suivie par la tortue verte (Chelonia mydas), notamment dans la partie orientale du bassin méditerranéen. Située au centre de la Méditerranée, la Tunisie occupe une position stratégique dans le cycle de vie de ces animaux. Ses longues façades maritimes, ses îles, ses lagunes côtières et ses plages sableuses constituent des habitats essentiels pour les tortues marines. Les îles Kuriat, au large de Monastir, sont notamment reconnues comme l’un des principaux sites de ponte de la tortue caouanne en Méditerranée occidentale. La protection des tortues marines ne représente pas seulement une action en faveur d’une espèce emblématique. Elle constitue également un enjeu global de conservation des écosystèmes marins, car la présence de ces animaux reflète l’état de santé de la mer Méditerranée elle-même. Diversité et biologie des tortues marines Une histoire évolutive exceptionnelle Les tortues appartiennent au groupe des reptiles et leur histoire évolutive remonte à l’époque des dinosaures. Les tortues marines modernes appartiennent principalement à la famille des Cheloniidae, qui comprend la majorité des espèces actuelles, ainsi qu’à la famille des Dermochelyidae représentée par une seule espèce: le tortu luth (Dermochelys coriacea). Sept espèces de tortues marines sont actuellement reconnues dans le monde: la tortue caouanne (Caretta caretta) la tortue verte (Chelonia mydas) la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) la tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea) la tortue de Kemp (Lepidochelys kempii) la tortue luth (Dermochelys coriacea) la tortue à dos plat (Natator depressus) Dans le bassin méditerranéen, seules trois espèces sont régulièrement observées: la tortue caouanne, la tortue verte et, plus rarement, le tortu luth. Des adaptations remarquables à la vie marine Les tortues marines possèdent plusieurs adaptations physiologiques qui leur permettent de vivre dans un environnement aquatique. Leurs membres sont transformés en nageoires puissantes permettant des déplacements efficaces sur de longues distances. Contrairement aux tortues terrestres, elles ne peuvent pas rétracter complètement leur tête et leurs membres dans leur carapace, car leur corps est spécialisé pour réduire la résistance hydrodynamique. Leur carapace, appelée dôme, protège les organes internes tout en conservant une forme adaptée à la nage. Chez certaines espèces comme la tortu luth, la carapace est devenue plus souple et recouverte d’une peau épaisse, ce qui lui permet de supporter les grandes profondeurs océaniques. Ces animaux possèdent également des capacités exceptionnelles d’orientation. Les jeunes tortues utilisent notamment les courants marins, la position du soleil et probablement le champ magnétique terrestre pour effectuer leurs migrations entre les plages de naissance et leurs zones d’alimentation. Cycle biologique et reproduction Le cycle de vie des tortues marines est complexe et s’étend sur plusieurs décennies. La reproduction commence lorsque les adultes atteignent leur maturité sexuelle, généralement après 15 à 30 ans selon l’espèce. Les femelles retournent souvent pondre sur les plages où elles sont nées, un phénomène appelé philopatrie natale. Durant la période de ponte, généralement entre mai et août en Méditerranée, les femelles sortent de nuit sur les plages sableuses. Elles creusent un nid dans lequel elles déposent plusieurs dizaines d’œufs avant de retourner vers la mer. Après environ deux mois d’incubation, les jeunes tortues émergent et rejoignent rapidement l’eau. Leur survie durant les premières années reste très faible en raison des nombreux prédateurs naturels et des dangers liés aux activités humaines. Cette stratégie biologique explique pourquoi la conservation des adultes reproducteurs et des sites de ponte est une priorité absolue. Une diminution importante du nombre de femelles adultes peut avoir des conséquences durables sur l’avenir des populations. Le rôle écologique des tortues marines Les tortues marines jouent plusieurs rôles essentiels dans les écosystèmes océaniques. Maintien des équilibres alimentaires Chaque espèce possède un régime alimentaire particulier. La tortue verte adulte consomme principalement des végétaux marins, notamment les herbiers de posidonies, tandis que la tortue caouanne est davantage carnivore et se nourrit de mollusques, crustacés, méduses et petits organismes marins. En contrôlant certaines populations animales ou végétales, elles participent au maintien de l’équilibre écologique des habitats marins. Protection des herbiers marins Les herbiers de posidonie (Posidonia oceanica) représentent l’un des écosystèmes les plus importants de Méditerranée. Ils fournissent un refuge pour de nombreuses espèces, produisent de l’oxygène et contribuent au stockage du carbone. Les tortues vertes participent indirectement au fonctionnement de ces habitats en influençant la dynamique de la végétation marine. Des indicateurs de la santé des océans Parce qu’elles vivent longtemps et parcourent de grandes distances, les tortues marines accumulent les traces des changements environnementaux. L’étude de leur état sanitaire permet aux scientifiques d’évaluer: le niveau de pollution marine l’impact des activités de pêche l’évolution des habitats côtiers les effets du changement climatique Elles constituent donc de véritables «sentinelles» de la Méditerranée. Les tortues marines en Méditerranée La Méditerranée accueille principalement des
Vague de chaleur en Tunisie: protéger les animaux d’élevage

Actuagro Vague de chaleur en Tunisie: le ministère de l’Agriculture appelle les éleveurs à protéger leurs animaux Alors que l’Institut National de la Météorologie (INM) a émis un avis de vigilance en raison de la hausse des températures attendue ces prochains jours, la Tunisie connaît, ce vendredi 10 juillet 2026, un épisode de forte chaleur qui touche plusieurs régions du pays. Face à cette situation, le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a appelé les éleveurs à redoubler de vigilance afin de préserver la santé de leurs animaux et limiter les pertes de production. Les vagues de chaleur constituent en effet l’un des principaux risques climatiques pour l’élevage. Lorsque les températures dépassent les seuils de confort des animaux, ceux-ci peuvent subir un stress thermique qui affecte leur bien-être, leur croissance, leur reproduction et leur productivité. Un risque réel pour la santé animale Le stress thermique apparaît lorsque l’animal n’arrive plus à évacuer suffisamment la chaleur accumulée dans son organisme. Les signes les plus fréquents sont une respiration accélérée, une baisse de l’appétit, une diminution de l’activité, une consommation accrue d’eau et, dans les cas les plus sévères, des troubles sanitaires pouvant entraîner des mortalités. Les bovins laitiers figurent parmi les espèces les plus sensibles aux températures élevées. Une vache soumise à une forte chaleur produit généralement moins de lait et voit sa fertilité diminuer. Les volailles sont également particulièrement vulnérables, car elles disposent de capacités limitées pour réguler leur température corporelle. Les recommandations du ministère Afin de réduire les effets de la chaleur, le ministère recommande à tous les éleveurs d’éviter l’exposition directe des animaux au soleil, notamment durant les heures les plus chaudes de la journée. Il est également conseillé de mettre à disposition des zones ombragées, d’améliorer la ventilation des bâtiments d’élevage et de limiter autant que possible le transport ou les manipulations des animaux pendant les pics de température. Le pâturage et les sorties doivent être programmés tôt le matin ou en fin de journée, lorsque les températures sont plus clémentes. Une surveillance quotidienne des animaux est également recommandée, en particulier pour les jeunes sujets ainsi que les femelles gestantes ou allaitantes. Pour les vaches laitières, le ministère préconise d’effectuer la traite aux heures les plus fraîches et d’accélérer l’acheminement du lait vers les centres de collecte afin de préserver sa qualité. Dans les élevages avicoles, une attention particulière doit être accordée au bon fonctionnement des systèmes de ventilation et de refroidissement. Les éleveurs sont également invités à vérifier l’état des groupes électrogènes et à disposer des réserves de carburant nécessaires afin de faire face à d’éventuelles coupures d’électricité. Concernant les élevages ovins, caprins et camélins, il est recommandé d’éviter les déplacements sur de longues distances et le pâturage durant les heures de forte chaleur, tout en privilégiant les périodes plus fraîches de la journée. L’eau, premier rempart contre la chaleur Au-delà des recommandations officielles, les spécialistes rappellent que l’accès permanent à une eau propre et fraîche constitue la mesure la plus efficace pour aider les animaux à supporter les températures élevées. En période de canicule, la consommation d’eau peut augmenter de 30 à 100% selon les espèces et les conditions climatiques. Les points d’abreuvement doivent donc être vérifiés régulièrement afin de garantir un approvisionnement suffisant. Un défi appelé à se répéter Les épisodes de chaleur extrême deviennent de plus en plus fréquents en Méditerranée sous l’effet du changement climatique. Pour les éleveurs tunisiens, l’adaptation des pratiques d’élevage représente désormais un enjeu majeur afin de préserver les performances des exploitations et la qualité des produits animaux. À travers cet appel à la vigilance, le ministère de l’Agriculture rappelle que la prévention reste la meilleure protection contre les effets du stress thermique. Le respect des mesures recommandées permettra non seulement de protéger la santé des animaux, mais aussi de garantir la continuité de la production et la sécurité des revenus des éleveurs. Le ministère invite enfin les éleveurs à rester en contact avec les services régionaux et locaux de l’agriculture ainsi qu’avec leurs vétérinaires afin de signaler rapidement toute situation inhabituelle liée à la vague de chaleur. Sources Ministère tunisien de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche (communiqué du 10 juillet 2026). Institut National de la Météorologie (INM) – Avis de vigilance météorologique relatif aux fortes chaleurs. Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) – recommandations sur la gestion du stress thermique chez les animaux d’élevage. Lire également L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Pr. Mohamed Ridha Kamoun: Le couple Soleil peau juillet 1, 2026/Agrohealth Dr Fatma Ben Atig: Quand la colonne vertébrale souffre aussi de nos habitudes alimentaires juin 27, 2026/Dr. Fatma Ben Atig Tomate séchée: le potentiel encore sous-exploité de la Tunisie juin 25, 2026/Agrohealth Pastèque rouge ou pastèque jaune: une question de couleur… ou bien plus? juin 19, 2026/Agrohealth PUB Actuhealth Les eaux distillées, les trésors de l’été qui prennent soin de notre santé juillet 3, 2026 Les poissons bleus: les alliés santé de l’été en Tunisie juin 30, 2026 Dr Fatma Rebai- Sucre, sel, café: quand l’alimentation influence l’oreille interne juin 24, 2026 Load More Élevage Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Load More
Le melon, l’autre roi de l’été tunisien

Actuagro Le melon, l’autre roi de l’été tunisien Lorsque les températures grimpent et que les marchés se remplissent de couleurs estivales, deux fruits s’imposent naturellement sur les tables tunisiennes. La pastèque attire les regards par sa taille généreuse tandis que le melon séduit par son parfum délicat et sa chair sucrée. Moins spectaculaire que son cousin rouge, le melon n’en demeure pas moins l’un des fruits emblématiques de l’été tunisien. Cultivé depuis des siècles dans les régions méditerranéennes, le melon accompagne les journées chaudes grâce à sa fraîcheur, sa richesse nutritionnelle et sa grande diversité de formes et de saveurs. Derrière son apparente simplicité se cache un fruit aux multiples facettes qui occupe une place importante dans l’agriculture tunisienne. Une grande famille de saveurs Le melon appartient à l’espèce Cucumis melo, de la même famille botanique que le concombre et la courge. Cette espèce regroupe de nombreuses variétés cultivées à travers le monde. Le plus connu en Tunisie est le melon de type cantaloup, reconnaissable à son écorce légèrement rugueuse et à sa chair orange parfumée. Très apprécié pour sa douceur, il constitue l’essentiel de la production nationale. On trouve également des melons à chair verte, particulièrement populaires dans certains pays asiatiques, ainsi que des melons jaunes à peau lisse, des melons blancs et des variétés anciennes qui subsistent dans certaines exploitations familiales. Chaque variété possède ses propres caractéristiques de goût, de texture et de conservation, offrant aux consommateurs un large éventail de saveurs tout au long de la saison estivale. Un allié précieux pour la santé Composé à plus de 90% d’eau, le melon participe efficacement à l’hydratation de l’organisme pendant les périodes de forte chaleur. Sa chair renferme de nombreux nutriments essentiels. Il constitue une excellente source de vitamine C qui contribue au fonctionnement normal du système immunitaire et aide à protéger les cellules contre le stress oxydatif. Les variétés à chair orange sont également riches en bêta-carotène, précurseur de la vitamine A, reconnue pour son rôle dans la santé de la peau et de la vision. Le melon apporte aussi des vitamines du groupe B, notamment la vitamine B9, ainsi que du potassium, un minéral important pour l’équilibre hydrique et le bon fonctionnement musculaire. Peu calorique, il constitue un dessert léger et rafraîchissant qui trouve facilement sa place dans une alimentation équilibrée. Une culture bien adaptée au climat tunisien Le melon apprécie la chaleur, le soleil et les sols bien drainés, des conditions largement présentes dans plusieurs régions tunisiennes. Sa culture est particulièrement développée dans le Cap Bon, le Sahel, les régions de Kairouan, Sidi Bouzid, Mahdia, Monastir et certaines zones du sud irrigué. Les semis débutent généralement à la fin de l’hiver ou au début du printemps. Les premiers fruits arrivent sur les marchés à partir du mois de mai tandis que la pleine saison s’étend de juin à août. Les producteurs doivent cependant relever plusieurs défis. Les épisodes de sécheresse, la rareté de l’eau d’irrigation et l’apparition de certains ravageurs et maladies exigent une gestion de plus en plus rigoureuse des cultures. Malgré ces contraintes, le melon demeure une production importante pour de nombreuses exploitations agricoles tunisiennes grâce à une demande soutenue sur le marché local. Comment choisir un bon melon Un melon mûr se reconnaît d’abord à son parfum. Plus son odeur est agréable et prononcée, plus il a de chances d’avoir atteint sa pleine maturité. Son poids constitue également un bon indicateur. À taille égale, un melon lourd contient généralement davantage de jus et présente une meilleure qualité gustative. L’écorce doit être intacte, sans fissure importante ni zone molle excessive. Une fois coupé, le melon révèle toute sa richesse aromatique et se consomme aussi bien nature qu’en salade de fruits, en smoothie ou dans des préparations culinaires associant le sucré et le salé. Un symbole incontournable des étés tunisiens Comme la pastèque, le melon fait partie des saveurs qui annoncent l’arrivée de l’été. Sa présence sur les étals des marchés, dans les vergers et sur les tables familiales évoque les vacances, les repas en plein air et les longues journées ensoleillées. Riche en eau, en vitamines et en goût, il incarne parfaitement l’esprit de la saison estivale. Derrière chaque fruit se trouvent également le savoir-faire des agriculteurs tunisiens et une culture profondément ancrée dans les traditions agricoles du pays. Ainsi, si la pastèque est souvent considérée comme la reine de l’été, le melon mérite sans conteste son titre de roi discret, parfumé et généreux qui accompagne les Tunisiens tout au long de la belle saison. Sources nutritionnelles USDA FoodData Central – Composition nutritionnelle du melon (eau, vitamines, minéraux, fibres) https://fdc.nal.usda.gov/ ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) – Données nutritionnelles et repères alimentaires https://www.anses.fr/ CIQUAL – Table de composition nutritionnelle des aliments https://ciqual.anses.fr/ Sources tunisiennes Ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche – Informations sur les cultures maraîchères et les politiques agricoles https://www.agriculture.tn/ ONAGRI (Observatoire National de l’Agriculture) – Statistiques agricoles tunisiennes, superficies et productions https://www.onagri.nat.tn/ Institut National de la Recherche Agronomique de Tunisie (INRAT) – Travaux scientifiques sur les cultures maraîchères et les variétés adaptées aux conditions tunisiennes http://www.inrat.agrinet.tn/ Institut National des Statistiques (INS) – Données économiques et agricoles https://www.ins.tn/ Référence scientifique de l’espèce Cucumis melo L. appartient à la famille des Cucurbitaceae. Cette information est confirmée par Kew et par les bases de données botaniques internationales. Mention de sources à la fin de l’article Sources Ministère tunisien de l’Agriculture, ONAGRI, INRAT, FAO, USDA FoodData Central, ANSES-CIQUAL et Royal Botanic Gardens Kew. Lire également Pastèque rouge ou pastèque jaune: une question de couleur… ou bien plus? La pastèque tunisienne face aux maladies fongiques: l’anthracnose sous surveillance Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Pr. Mohamed Ridha Kamoun: Le couple Soleil peau juillet 1, 2026/Agrohealth
Jasmin et fel, les fleurs qui racontent l’âme de la Tunisie

PUB Actuagro Jasmin et fel, les fleurs qui racontent l’âme de la Tunisie À la tombée de la nuit, lorsque la chaleur estivale s’adoucit, une fragrance délicate envahit les rues de Tunis, de Sidi Bou Saïd, de La Marsa ou encore d’Hammamet. Ce parfum familier accompagne les promenades, les terrasses de cafés et les soirées d’été depuis des générations. Il provient de deux fleurs intimement liées au patrimoine tunisien, le jasmin et le fel. Souvent associés dans le langage courant, ces deux fleurs ne sont pourtant pas identiques. Toutes deux appartiennent à la grande famille des jasmins, mais elles se distinguent par leur apparence et leur parfum. Le jasmin présente des fleurs plus fines et étoilées, tandis que le fel offre des pétales plus nombreux et une senteur plus intense qui embaume l’air pendant de longues heures. C’est d’ailleurs le fel qui est le plus souvent utilisé pour confectionner le célèbre mechmoum, ce petit bouquet que l’on porte à la main ou derrière l’oreille durant les soirées estivales. Contrairement à une idée largement répandue, le jasmin n’est pas originaire de Tunisie. Les historiens estiment qu’il a été introduit il y a plusieurs siècles, probablement par les Andalous qui se sont installés dans le pays après leur départ d’Espagne. Le climat méditerranéen, particulièrement favorable à cette plante, lui a permis de s’épanouir rapidement jusqu’à devenir l’un des symboles les plus représentatifs de la Tunisie. Au fil du temps, le jasmin a dépassé le simple statut de plante ornementale pour devenir un véritable marqueur de l’identité nationale. Son parfum évoque immédiatement les ruelles blanchies à la chaux, les maisons aux portes bleues, les jardins ombragés et la douceur des nuits d’été. À travers le monde, la Tunisie est souvent surnommée «le pays du jasmin», preuve du lien profond qui unit cette fleur à l’image du pays. Le fel occupe lui aussi une place privilégiée dans le quotidien des Tunisiens. Dès le début de l’été, les artisans confectionnent avec minutie des centaines de mechmoums en assemblant les fleurs fraîches autour d’une fine tige végétale. Ce savoir-faire, transmis de génération en génération, demande patience et précision afin de préserver la fraîcheur et le parfum des fleurs jusqu’à la tombée de la nuit, moment où elles sont vendues dans les rues et les places publiques. Le mechmoum ne constitue pas seulement un objet décoratif. Il fait partie d’un véritable art de vivre. Il accompagne les promenades familiales, les mariages, les fêtes et les rencontres entre amis. Son parfum crée une atmosphère unique qui rappelle à beaucoup de Tunisiens les souvenirs de leur enfance et des vacances d’été. Une tradition populaire attribue également au jasmin un langage discret. Autrefois, porter un bouquet derrière l’oreille gauche signifiait que l’on était célibataire, tandis que le porter derrière l’oreille droite indiquait que l’on était marié. Même si cette coutume tend aujourd’hui à disparaître, elle demeure un élément du folklore tunisien et participe au charme de cette fleur. Le jasmin et le fel sont principalement cultivés dans les régions du Grand Tunis, du Cap Bon, de Hammamet, de Nabeul, de Soliman, de Grombalia et de plusieurs localités du littoral où les conditions climatiques leur sont particulièrement favorables. La floraison atteint son apogée entre les mois de juin et d’août, période durant laquelle les jardins se couvrent de fleurs blanches au parfum incomparable. Au-delà de leur valeur patrimoniale, ces fleurs possèdent également des qualités recherchées en parfumerie et en cosmétique. Leur essence entre dans la composition de nombreux parfums de prestige, de savons artisanaux, d’huiles parfumées et d’eaux florales. Leur fragrance est également appréciée pour ses effets relaxants. Plusieurs études scientifiques suggèrent que le parfum du jasmin contribue à réduire le stress, à favoriser la détente et à procurer une agréable sensation de bien-être. Le jasmin et le fel occupent également une place importante dans la littérature, la musique et les arts plastiques tunisiens. Ils inspirent les poètes, les chanteurs et les peintres qui y voient l’expression de la beauté, de la simplicité et de l’hospitalité. Chaque fleur raconte une histoire faite de mémoire, de traditions et d’attachement à la terre. À une époque où le patrimoine immatériel prend une importance croissante, le jasmin et le fel rappellent que certaines richesses ne se mesurent ni en hectares ni en tonnes produites. Leur véritable valeur réside dans les émotions qu’ils éveillent, les souvenirs qu’ils réveillent et le lien qu’ils entretiennent entre les générations. Plus que de simples fleurs, le jasmin et le fel sont devenus les ambassadeurs silencieux de la Tunisie. À chaque parfum qui s’élève dans les rues lors d’une soirée d’été, c’est tout un patrimoine vivant qui continue de s’exprimer, rappelant que l’identité d’un pays se construit aussi à travers ses traditions, ses senteurs et les gestes simples transmis au fil du temps. Sources Jardins botaniques royaux de Kew – *Jasminum grandiflorum* Jardins botaniques royaux de Kew – *Jasminum sambac* Missouri Botanical Garden Encyclopaedia Britannica – Jasmine Sources sur le patrimoine tunisien Institut National du Patrimoine de Tunisie Office National du Tourisme Tunisien Webdo – L’histoire du mechmoum et du fel Agence Anadolu – Le bouquet de jasmin qui parfume les soirées de Tunis Ouvrages de référence La flore de la Tunisie Flore de l’Afrique du Nord Histoire générale de la Tunisie Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Pr. 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Apiculture en Tunisie, une filière sous pression

Actuagro Apiculture en Tunisie, une filière sous pression L’apiculture tunisienne traverse une période particulièrement délicate. Derrière les pots de miel exposés sur les marchés se cache une filière confrontée à une succession de difficultés qui fragilisent les apiculteurs, réduisent les volumes produits et alimentent les interrogations des consommateurs sur la qualité du miel. Pourtant, le secteur occupe une place essentielle dans l’agriculture tunisienne. Au-delà de la production de miel, les abeilles jouent un rôle irremplaçable dans la pollinisation des arbres fruitiers, des cultures maraîchères et de nombreuses plantes sauvages. Leur contribution à la productivité agricole est largement supérieure à la seule valeur commerciale du miel. Une filière qui fait vivre des milliers de familles La Tunisie compte aujourd’hui près de 13000 apiculteurs et environ 305 000 ruches, majoritairement modernes. Cette activité constitue une source de revenus pour de nombreuses familles rurales et participe au maintien de la biodiversité. Le potentiel de production reste important, mais il dépend fortement des conditions climatiques. Lors des années favorables, la production nationale peut dépasser les 3000 tonnes. En revanche, les épisodes de sécheresse ont fortement affecté les récoltes ces dernières années. En 2023, la production est ainsi tombée à environ 2100 tonnes, illustrant la vulnérabilité du secteur face aux aléas climatiques. Le climat, premier ennemi des apiculteurs Les professionnels s’accordent à dire que les changements climatiques constituent aujourd’hui la principale menace. La succession des années de sécheresse réduit considérablement la floraison des plantes mellifères dont les abeilles tirent le nectar indispensable à la fabrication du miel. Lorsque les pluies deviennent rares, les ressources alimentaires diminuent, les colonies s’affaiblissent et les récoltes baissent. À cette situation s’ajoutent les vagues de chaleur, qui perturbent le comportement des abeilles et compliquent davantage le travail des apiculteurs. Des difficultés qui s’accumulent Au-delà du climat, la filière fait face à plusieurs autres obstacles qui limitent son développement. L’utilisation de certains pesticides continue d’affecter les colonies d’abeilles, tandis que plusieurs maladies et parasites, notamment les acariens comme le varroa, représentent une menace permanente pour les ruches lorsqu’ils ne sont pas correctement maîtrisés. Les apiculteurs doivent également composer avec la hausse continue des prix des ruches, des cadres, de la cire, des reines sélectionnées, des médicaments vétérinaires, du sucre utilisé pour l’alimentation de secours et du matériel d’extraction. Cette augmentation des coûts réduit fortement leur rentabilité. Les petits producteurs rencontrent en outre des difficultés pour commercialiser leur miel dans de bonnes conditions et obtenir une rémunération à la hauteur de leurs efforts. Des importations qui alimentent la confusion Autre sujet de préoccupation: l’augmentation des importations de miel. Lorsque la production nationale est insuffisante, notamment après les années de sécheresse, la Tunisie importe du miel provenant de plusieurs pays afin d’approvisionner le marché local. Une partie est destinée à la consommation directe et une autre est utilisée par l’industrie agroalimentaire. Si ces importations permettent de répondre à la demande, les professionnels estiment qu’elles ont aussi bouleversé le marché. De nombreux commerçants commercialisent du miel sans être eux-mêmes apiculteurs, parfois en mélangeant différentes origines ou en proposant des produits dont la provenance est peu claire. Cette situation entretient une confusion auprès des consommateurs, qui se posent de plus en plus souvent la même question: le miel vendu est-il réellement pur ? Pour les apiculteurs, cette perte de confiance pénalise d’abord les producteurs qui travaillent dans le respect des bonnes pratiques et commercialisent un miel authentique. Une grande diversité de miels régionaux La richesse de l’apiculture tunisienne s’exprime avant tout à travers la diversité de ses terroirs et de sa flore mellifère. Chaque région offre un miel aux arômes et aux caractéristiques qui lui sont propres, façonnés par les espèces végétales qui y dominent. À Bizerte, les abeilles butinent principalement les eucalyptus, tandis que la région de Nabeul est réputée pour son miel d’agrumes. À Zaghouan, le thym confère au miel des notes particulièrement appréciées, alors que les paysages de Kasserine donnent naissance à des miels issus du romarin et d’autres plantes aromatiques. La région d’El Oueslatia, dans le gouvernorat de Kairouan, occupe également une place importante dans la production nationale, tout comme Le Kef, Siliana et Jendouba, où la richesse de la végétation favorise une grande variété de miels. Cette mosaïque de terroirs constitue un véritable patrimoine apicole et donne aux miels tunisiens une identité unique, dont les saveurs et les qualités varient naturellement selon leur origine botanique. Une production principalement destinée au marché local Contrairement à certains grands pays producteurs, la Tunisie exporte très peu de miel. En 2024, les exportations se sont limitées à environ 2,3 tonnes, principalement à destination de la France ainsi que de quelques autres marchés. Ces volumes restent modestes, car l’essentiel de la production est consommé localement et ne suffit pas toujours à satisfaire la demande intérieure. Préserver un maillon essentiel de l’agriculture L’avenir de l’apiculture tunisienne dépasse la seule question de la production de miel. Les abeilles sont indispensables à la pollinisation de nombreuses cultures et participent directement à l’amélioration des rendements agricoles ainsi qu’à la préservation de la biodiversité. Le développement de la filière passe par plusieurs priorités: renforcer la lutte contre les effets du changement climatique, protéger les ressources mellifères, mieux encadrer l’utilisation des pesticides, soutenir les petits apiculteurs, améliorer la traçabilité du miel et renforcer les contrôles afin de restaurer la confiance des consommateurs. Dans un contexte de pression climatique et économique croissante, préserver les abeilles revient aussi à préserver une partie essentielle de l’agriculture tunisienne et de sa sécurité alimentaire. À noter Les chiffres relatifs aux exportations (environ 2,3 tonnes en 2024), aux importations de miel, ainsi qu’à la production annuelle (autour de 2 100 tonnes en 2023 et plus de 3 000 tonnes lors des bonnes années) proviennent des statistiques de l’ONAGRI et des données du commerce extérieur tunisien. Selon les données officielles du commerce international
Tunisie: la filière pistache confirme son potentiel

PUB Actuagro Tunisie : la filière pistache confirme son potentiel La campagne 2026 s’annonce particulièrement encourageante pour la filière pistache en Tunisie. Les estimations officielles font état d’une progression de la production, portée par l’extension des superficies cultivées, l’entrée en production de nouvelles plantations et l’amélioration des rendements dans plusieurs régions du pays. La région de Gafsa confirme son statut de premier bassin de production national. Elle concentre à elle seule près de 57% des superficies consacrées au pistachier en Tunisie, soit environ 20000 hectares. Cette position de leader se traduit également par des résultats prometteurs puisque la récolte est estimée à 4900 tonnes pour la campagne 2026, en hausse de 15 % par rapport à l’année précédente. Cette progression s’explique notamment par le développement des plantations irriguées, dont les performances sont nettement supérieures à celles des vergers conduits en sec. En moyenne, un pistachier irrigué produit près de 4 kilogrammes de fruits, contre seulement 1,1 kilogramme pour un arbre cultivé sous régime pluvial, ce qui souligne l’importance de la maîtrise de l’eau dans l’amélioration de la productivité. Derrière Gafsa, le gouvernorat de Kasserine occupe la deuxième place nationale avec environ 8 200 hectares de pistachiers. La délégation de Majel Bel Abbès constitue le principal pôle de production de la région et contribue largement au développement de cette culture dans le Centre-Ouest tunisien. À Gafsa, les principales zones de production se situent dans les délégations de Gafsa Nord, Sidi Aïch et Oum Larayes, où le pistachier représente une culture de plus en plus stratégique pour les exploitations agricoles. La récolte débute généralement à la mi-juillet et se poursuit jusqu’à la mi-août. Durant cette période, l’activité économique s’intensifie dans les zones de production. Une grande partie de la récolte est commercialisée directement sur pied, une pratique courante qui permet aux producteurs de sécuriser rapidement leurs revenus tout en simplifiant les opérations de récolte. Parallèlement, les services agricoles poursuivent leurs actions d’accompagnement auprès des producteurs en organisant des campagnes de sensibilisation consacrées à la protection phytosanitaire des vergers. Les recommandations portent notamment sur la lutte contre les insectes ravageurs, en particulier les charançons, ainsi que sur la prévention des maladies fongiques afin de préserver la qualité des fruits et le potentiel de la récolte. Les résultats attendus pour la campagne 2026 confirment ainsi le dynamisme de la filière pistache en Tunisie. Grâce à l’augmentation des superficies, à l’amélioration des rendements et au potentiel de valorisation sur les marchés national et international, le pistachier s’impose progressivement comme une culture à forte valeur ajoutée, capable de contribuer durablement au développement agricole et économique des régions de l’intérieur. Sources Agence Tunis Afrique Presse (TAP) Commissariat régional au développement agricole (CRDA) de Gafsa Commissariat régional au développement agricole (CRDA) de Kasserine Visuels d’Al Jazeera Tunisie (AJA Tunisia) Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Pr. Mohamed Ridha Kamoun: Le couple Soleil peau juillet 1, 2026/Agrohealth Dr Fatma Ben Atig: Quand la colonne vertébrale souffre aussi de nos habitudes alimentaires juin 27, 2026/Dr. Fatma Ben Atig Tomate séchée: le potentiel encore sous-exploité de la Tunisie juin 25, 2026/Agrohealth Pastèque rouge ou pastèque jaune: une question de couleur… ou bien plus? juin 19, 2026/Agrohealth PUB Actuhealth Les eaux distillées, les trésors de l’été qui prennent soin de notre santé juillet 3, 2026 Les poissons bleus: les alliés santé de l’été en Tunisie juin 30, 2026 Dr Fatma Rebai- Sucre, sel, café: quand l’alimentation influence l’oreille interne juin 24, 2026 Load More Élevage Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Load More
Acarien de la poussière du palmier dattier (Vidéo)

PUB Actuagro Acarien de la poussière du palmier dattier (Vidéo) Après l’alerte du ministère de l’Agriculture, comprendre un ravageur qui menace la qualité de datte À travers un avis de vigilance publié récemment, le ministère tunisien de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a appelé les producteurs de dattes à renforcer la surveillance des palmeraies contre l’acarien de la poussière. Le département recommande notamment de réaliser les traitements phytosanitaires environ trois semaines après la pollinisation, une étape essentielle pour limiter les infestations et préserver la qualité des régimes. Si cette recommandation constitue un rappel important pour les phoeniciculteurs, elle soulève aussi plusieurs questions. Qu’est-ce que l’acarien de la poussière exactement ? Pourquoi représente-t-il une menace pour la Deglet Nour ? Et quelles sont les bonnes pratiques à adopter pour protéger la prochaine récolte ? AgroHealth revient sur ce ravageur discret mais redoutable afin de mieux comprendre son mode d’action et les moyens de le maîtriser. Invisible ou presque, l’acarien de la poussière fait partie des ravageurs les plus redoutés par les producteurs de dattes. Chaque année, son apparition coïncide avec une étape décisive du développement des régimes, au moment où les jeunes fruits commencent à se former. C’est précisément pour cette raison que le ministère de l’Agriculture a récemment appelé les phoeniciculteurs à renforcer leur vigilance et à respecter le calendrier des interventions phytosanitaires afin de protéger la prochaine récolte. Si cet acarien est bien connu dans les oasis tunisiennes sous le nom d’«Ankabout El Ghoubar», il demeure pourtant un ennemi discret, difficile à repérer avant que les premiers dégâts ne deviennent visibles. Une infestation mal maîtrisée peut rapidement dégrader l’aspect des dattes et réduire leur valeur commerciale, notamment pour la Deglet Nour, dont la réputation repose sur une qualité visuelle irréprochable. Un ravageur minuscule mais particulièrement redoutable Malgré son nom, l’acarien de la poussière n’est ni une araignée ni un insecte. Il appartient au groupe des acariens, des organismes microscopiques proches des arachnides, qui mesurent à peine quelques dixièmes de millimètre. Installé sur les jeunes régimes, il perce les tissus des fruits pour en aspirer la sève. Son cycle de développement est très rapide lorsque les températures augmentent et que l’air devient plus sec. Les conditions climatiques du printemps et du début de l’été dans les oasis tunisiennes favorisent ainsi sa prolifération. Le ravageur tisse également de fines toiles qui emprisonnent les poussières transportées par le vent. C’est cette combinaison de toiles et de poussière qui lui a valu son appellation populaire. Des dégâts qui affectent avant tout la qualité Contrairement à d’autres ravageurs, l’acarien de la poussière ne provoque pas systématiquement une chute importante de la production. Son principal impact concerne la qualité des fruits. Les dattes perdent progressivement leur couleur naturelle et prennent une teinte grisâtre ou brunâtre. Leur peau devient plus rugueuse et moins brillante, tandis que leur développement peut être ralenti. Lorsque l’attaque est importante, les régimes présentent un aspect poussiéreux caractéristique qui diminue fortement leur attractivité commerciale. Pour une variété comme la Deglet Nour, recherchée pour sa transparence, sa couleur ambrée et son aspect lisse, ces altérations peuvent entraîner un déclassement des lots destinés à l’exportation et une baisse significative du revenu des producteurs. Pourquoi le traitement est-il recommandé trois semaines après la pollinisation La pollinisation, réalisée au printemps, marque le point de départ de la formation des futures dattes. Les semaines qui suivent représentent une période particulièrement sensible, durant laquelle les jeunes fruits deviennent vulnérables aux premières colonies d’acariens. Les spécialistes recommandent donc une intervention environ trois semaines après la pollinisation. À ce stade, le traitement permet d’agir avant que les populations ne deviennent importantes et avant que les toiles ne recouvrent les régimes. Une intervention trop précoce risque d’être peu efficace, tandis qu’un traitement réalisé trop tard laisse le temps au ravageur de s’installer durablement et de provoquer des dégâts parfois irréversibles sur la qualité des fruits. Observer avant d’intervenir La réussite de la lutte commence par une surveillance attentive de la palmeraie. Dès la fin de la pollinisation, les producteurs gagnent à inspecter régulièrement les jeunes régimes afin de repérer les premiers signes d’infestation. Le respect du calendrier de traitement recommandé par les services techniques demeure essentiel. Les applications doivent être réalisées avec des produits homologués, en respectant les doses prescrites et en veillant à couvrir uniformément les régimes. Les experts recommandent également d’alterner les matières actives afin de limiter le risque de développement de résistances. Une bonne conduite de la palmeraie contribue également à réduire la pression du ravageur. L’entretien des palmiers, une meilleure aération des régimes et l’élimination des foyers fortement infestés constituent des mesures complémentaires qui renforcent l’efficacité des traitements. Encadré pratique Comment reconnaître une attaque d’acarien de la poussière Les premiers symptômes sont souvent très discrets, ce qui explique pourquoi les infestations passent parfois inaperçues. Une observation attentive permet néanmoins de repérer plusieurs indices caractéristiques. De fines toiles apparaissent autour des jeunes fruits et retiennent progressivement les poussières. Les dattes perdent leur éclat naturel et prennent une coloration grisâtre ou brunâtre. Leur peau devient plus rugueuse, leur croissance ralentit et l’ensemble du régime présente un aspect terne. Plus ces symptômes sont détectés tôt, plus les interventions ont de chances d’être efficaces et de préserver la qualité de la récolte. Une vigilance qui protège toute une filière Les dattes constitue l’un des fleurons de l’agriculture tunisienne et représente une source essentielle de revenus pour de nombreuses exploitations ainsi qu’un produit phare des exportations nationales. Face à un ravageur aussi discret que l’acarien de la poussière, la prévention reste la meilleure stratégie. Une surveillance régulière, associée à des traitements réalisés au moment opportun, permet de préserver la qualité des dattes et d’aborder la prochaine campagne dans les meilleures conditions. Plus qu’une simple opération phytosanitaire, cette vigilance contribue à protéger la réputation de la datte tunisienne sur les
Sardines marinées aux saveurs méditerranéennes

Recette Sardines marinées aux saveurs méditerranéennes Fraîches, parfumées et riches en oméga-3, les sardines marinées constituent une entrée légère qui met à l’honneur les saveurs de la Méditerranée. Relevées d’huile d’olive, de citron, d’ail et d’herbes fraîches, elles offrent unéquilibre parfait entre fraîcheur et gourmandise. Une recette simple à préparer, idéale pour les journées estivales. Ingrédients (4 personnes) 500 g de filets de sardines fraîches, nettoyées Le jus de 2 citrons 10 cl d’huile d’olive extra vierge 3 gousses d’ail finement hachées 2 cuillères à soupe de persil frais ciselé 1 cuillère à café de paprika doux ½ cuillère à café de cumin moulu Sel et poivre du moulin Préparation Rincez délicatement les filets de sardines et séchez-les avec du papier absorbant. Disposez-les dans un plat et arrosez-les du jus de citron. Laissez mariner au réfrigérateur pendant 30 à 45 minutes. Égouttez légèrement les sardines. Mélangez l’huile d’olive, l’ail, le persil, le paprika, le cumin, le sel et le poivre. Versez cette marinade sur les sardines en les enrobant soigneusement. Couvrez le plat et laissez reposer au réfrigérateur pendant 2 à 4 heures avant de servir. Le conseil Accompagnez ces sardines marinées de pain de campagne grillé, d’une salade de tomates anciennes ou d’un assortiment de crudités. Pour une note encore plus méditerranéenne, ajoutez quelques feuilles d’origan frais, des olives noires et quelques câpres au moment du service. Temps de préparation: 20 minutes (+ temps de marinade) Temps de repos: 2 à 4 heures Niveau: Facile Pour: 4 personnes Lire encore Les poissons bleus: les alliés santé de l’été en Tunisie Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Actuagro Le melon, l’autre roi de l’été tunisien juillet 8, 2026 Jasmin et fel, les fleurs qui racontent l’âme de la Tunisie juillet 8, 2026 Apiculture en Tunisie, une filière sous pression juillet 7, 2026 Load More PUB Actuhealth Les eaux distillées, les trésors de l’été qui prennent soin de notre santé juillet 3, 2026 Les poissons bleus: les alliés santé de l’été en Tunisie juin 30, 2026 Dr Fatma Rebai- Sucre, sel, café: quand l’alimentation influence l’oreille interne juin 24, 2026 Load More Élevage Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Load More
Les eaux distillées, les trésors de l’été qui prennent soin de notre santé

Actuagro Les eaux distillées, les trésors de l’été qui prennent soin de notre santé Fleur d’oranger amer, géranium, rose, sauge… Entre héritage tunisien et bienfaits naturels L’été s’installe avec son lot de journées ensoleillées, de températures élevées et de petits désagréments: coups de soleil, sensation de chaleur, fatigue, digestion ralentie ou sommeil perturbé. Face à ces inconforts saisonniers, la nature offre depuis toujours des solutions simples et accessibles. En Tunisie, les eaux distillées de plantes aromatiques, appelées aussi hydrolats ou eaux florales, occupent une place privilégiée dans les traditions familiales. De génération en génération, elles accompagnent les gestes du quotidien. Quelques gouttes dans un verre d’eau, une compresse fraîche sur le visage ou une vaporisation après une journée passée au soleil suffisent souvent à procurer une agréable sensation de bien-être. Si la science ne confirme pas encore tous les usages qui leur sont attribués, plusieurs de leurs propriétés sont aujourd’hui mieux documentées. Quand le savoir-faire ancestral rencontre la science Les eaux distillées sont obtenues lors de la distillation à la vapeur d’eau des fleurs, des feuilles ou des plantes aromatiques. Au cours de ce procédé, la vapeur entraîne les molécules aromatiques de la plante avant de se condenser. On obtient alors deux produits distincts: l’huile essentielle, très concentrée en principes actifs, et l’hydrolat, beaucoup plus doux, qui conserve une partie des composés hydrosolubles et des substances aromatiques. Cette faible concentration en actifs explique pourquoi les hydrolats sont généralement mieux tolérés que les huiles essentielles. Selon la plante et leur qualité de fabrication, certains peuvent être utilisés en cosmétique, d’autres en usage alimentaire. L’eau de fleur d’oranger amer, une tradition estivale bien ancrée Impossible d’évoquer les eaux distillées sans penser à l’eau de fleur d’oranger amer, véritable emblème du patrimoine tunisien. Lorsque les températures grimpent, nombreuses sont les familles qui ajoutent quelques cuillères d’eau de fleur d’oranger dans une carafe d’eau fraîche ou dans une citronnade. Au-delà de son parfum délicat, cette pratique procure une agréable sensation de fraîcheur et encourage une bonne hydratation, essentielle pendant les fortes chaleurs. L’eau de fleur d’oranger est également appréciée en application externe. Utilisée en compresses fraîches sur une peau échauffée par le soleil, elle apporte un effet apaisant immédiat. Elle ne soigne pas les coups de soleil, qui nécessitent avant tout une bonne protection solaire et des soins adaptés, mais elle contribue à améliorer le confort cutané. Ses qualités ne s’arrêtent pas là. Plusieurs études suggèrent que son parfum possède des effets relaxants susceptibles de diminuer le stress léger et de favoriser la détente. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle est traditionnellement utilisée pour favoriser un sommeil plus paisible. L’eau de rose, une alliée de la peau… et du bien-être Appréciée depuis des siècles dans les cultures méditerranéennes et orientales, l’eau de rose reste l’une des eaux florales les plus polyvalentes. En été, elle est particulièrement recherchée pour ses propriétés rafraîchissantes. Vaporisée sur le visage ou appliquée en lotion, elle aide à soulager la sensation d’échauffement liée à la chaleur et laisse une agréable impression de fraîcheur. Naturellement riche en composés antioxydants, elle contribue à préserver l’équilibre de la peau face aux agressions extérieures comme le soleil, le vent ou la pollution. Dans la tradition populaire, elle accompagne également certains desserts et boissons. Quelques gouttes suffisent à parfumer une salade de fruits, un verre d’eau ou une pâtisserie. Bien que son usage digestif soit largement transmis de génération en génération, les preuves scientifiques restent encore limitées. Son parfum délicat est également reconnu pour favoriser la relaxation et améliorer le bien-être émotionnel. L’eau de sauge, la digestion au naturel Moins connue du grand public, l’eau distillée de sauge mérite pourtant une attention particulière. La sauge est traditionnellement utilisée pour faciliter la digestion après un repas copieux. Son hydrolat est apprécié pour aider à réduire les ballonnements, les inconforts digestifs et certaines sensations de lourdeur intestinale. Les recherches scientifiques montrent que la sauge possède des propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et antimicrobiennes intéressantes. Toutefois, ces effets sont principalement démontrés pour les extraits concentrés ou les huiles essentielles ; les données spécifiques concernant l’hydrolat demeurent encore limitées. En usage externe, l’eau de sauge est également employée comme bain de bouche naturel pour contribuer à l’hygiène buccale. L’eau de géranium, l’équilibre au naturel Moins connue que l’eau de rose ou la fleur d’oranger, l’eau distillée de géranium séduit pourtant par ses nombreuses qualités. En été, elle est particulièrement appréciée pour ses propriétés tonifiantes et rafraîchissantes. Appliquée sur le visage à l’aide d’un coton ou en brumisation, elle aide à apaiser les peaux échauffées, à resserrer les pores et à redonner de l’éclat au teint. Son parfumfloral aux notes légèrement rosées procure également une agréable sensation dedétente. Traditionnellement, elle est utilisée pour rééquilibrer les peaux mixtes à grasses et favoriser le confort cutané. Si plusieurs de ses propriétés sont reconnues en cosmétique, les bénéfices thérapeutiques de son hydrolat nécessitent encore d’être davantage confirmés par des études cliniques. Des gestes simples pour un été plus agréable Les eaux distillées trouvent facilement leur place dans la routine estivale. Elles peuvent être utilisées pour rafraîchir le visage après une exposition au soleil, parfumer naturellement les boissons, accompagner certains desserts ou encore servir de lotion tonique après la toilette. Il convient néanmoins de vérifier que les produits destinés à être consommés portent bien la mention «qualité alimentaire». Les hydrolats doivent également être conservés au frais après ouverture afin de préserver leur qualité. Enfin, comme tout produit naturel, ils ne remplacent ni un traitement médical ni les gestes essentiels de prévention: boire suffisamment d’eau, éviter les expositions prolongées au soleil et utiliser une protection solaire adaptée restent les meilleurs réflexes pour traverser l’été en bonne santé. Entre héritage et modernité Les eaux distillées racontent une partie de notre histoire. Elles évoquent les jardins de bigaradiers du Cap Bon, les roseraies, les plantes aromatiques cultivées depuis des siècles et un savoir-faire
Agriculture biologique: la Tunisie trace sa stratégie 2030

PUB Actuagro Agriculture biologique: la Tunisie trace sa stratégie 2030 Entre ambitions nationales et réalités du terrain, la Tunisie ouvre un nouveau chapitre pour son agriculture biologique Le message est clair: l’agriculture biologique n’est plus considérée comme un secteur de niche. Elle devient progressivement un axe stratégique de la politique agricole tunisienne. Réunie le 1er juillet 2026, sous la présidence du ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh, la Commission nationale de l’agriculture biologique a adopté une nouvelle feuille de route pour la période 2026-2030. Derrière ce rendez-vous institutionnel se dessine une ambition bien plus large: faire de la production biologique un moteur de croissance économique, un outil de préservation des ressources naturelles et un levier pour renforcer la présence des produits tunisiens sur les marchés internationaux. Cette réunion intervient dans un contexte où l’agriculture mondiale est confrontée à des défis sans précédent. Changement climatique, stress hydrique, dégradation des sols, exigences accrues des consommateurs en matière de qualité sanitaire et de traçabilité: autant de facteurs qui imposent une profonde transformation des systèmes de production. Pour la Tunisie, cette transition n’est plus une option. Elle devient une nécessité. Une stratégie qui dépasse largement le cadre de la production biologique Les travaux de la Commission nationale de l’agriculture biologique sont allés bien au-delà de l’examen des dossiers techniques relatifs à l’agrément des organismes de contrôle ou à l’actualisation des cahiers des charges régissant la certification biologique. Cette rencontre a surtout marqué le lancement de la Stratégie nationale de développement de l’agriculture biologique 2026-2030, une feuille de route ambitieuse qui vise à renforcer la gouvernance du secteur, moderniser son cadre réglementaire, accompagner les producteurs vers des systèmes de production plus durables et plus résilients, structurer les chaînes de valeur, développer les activités de transformation, consolider les mécanismes de certification et de traçabilité, tout en favorisant l’expansion du marché national et le rayonnement des produits biologiques tunisiens à l’international. Cette vision traduit une évolution profonde de l’approche des pouvoirs publics. Alors que les politiques menées jusqu’ici étaient principalement orientées vers l’augmentation des superficies cultivées en agriculture biologique, la nouvelle stratégie ambitionne désormais de bâtir une véritable économie du bio, où chaque maillon de la filière, de la production à la transformation, du conditionnement à la commercialisation, contribue à créer davantage de valeur. Car aujourd’hui, la compétitivité d’un produit agricole ne repose plus uniquement sur sa qualité ou son volume de production, mais aussi sur sa capacité à être transformé, valorisé, identifié par une marque forte et commercialisé sur des marchés à forte valeur ajoutée. La Tunisie possède des atouts qu’elle doit mieux valoriser Le pays ne part pas de zéro. Depuis plus de vingt ans, la Tunisie s’est progressivement imposée parmi les principaux producteurs biologiques du continent africain. Son huile d’olive biologique est aujourd’hui exportée vers de nombreux marchés internationaux, tout comme les dattes, les plantes aromatiques et médicinales, les agrumes ou encore certains produits issus de l’apiculture. Le climat méditerranéen, la diversité des terroirs et l’expérience acquise par les producteurs constituent des avantages comparatifs indéniables. Cependant, ces performances restent largement dépendantes des marchés extérieurs. La consommation nationale demeure modeste et une partie importante de la valeur ajoutée échappe encore au pays, les produits étant souvent exportés en vrac avant d’être transformés ou commercialisés sous des marques étrangères. C’est précisément ce modèle que la stratégie 2030 souhaite faire évoluer. Créer davantage de valeur sur le territoire tunisien L’une des orientations les plus prometteuses concerne le développement des filières de transformation. Exporter une huile d’olive en vrac ou commercialiser une huile conditionnée sous une marque tunisienne reconnue ne génère pas les mêmes revenus. Il en va de même pour les dattes, les huiles essentielles, les plantes médicinales ou les fruits biologiques. En encourageant les investissements dans le conditionnement, la transformation agroalimentaire, l’emballage et la labellisation, la Tunisie pourrait considérablement augmenter la valeur économique de ses exportations. Cette évolution profiterait directement aux producteurs, mais également aux PME agroalimentaires, aux coopératives, aux entreprises d’emballage, aux logisticiens et à l’ensemble des territoires ruraux. Le biologique pourrait ainsi devenir un véritable moteur de développement local. Une agriculture plus respectueuse des ressources naturelles L’intérêt de l’agriculture biologique ne se limite toutefois pas aux performances commerciales. Dans un pays confronté à un stress hydrique chronique et à une dégradation progressive des sols, la préservation des ressources naturelles devient une priorité nationale. L’agriculture biologique favorise la fertilité des sols grâce à l’utilisation de matières organiques, aux rotations culturales et à la diversification des cultures. Elle réduit également le recours aux pesticides et aux engrais de synthèse, limitant ainsi la pollution des eaux et la dégradation des écosystèmes. Ces pratiques contribuent aussi à préserver les insectes pollinisateurs, indispensables à la production agricole, ainsi qu’à renforcer la biodiversité. Face aux effets du changement climatique, ces systèmes agricoles apparaissent souvent plus résilients, notamment lorsqu’ils sont associés à des pratiques agroécologiques adaptées aux réalités locales. Le véritable défi: accompagner les agriculteurs Si les objectifs fixés témoignent d’une réelle volonté de développer l’agriculture biologique en Tunisie, leur réussite dépendra largement de l’adhésion des producteurs et des moyens qui leur seront accordés. La conversion vers ce mode de production représente en effet un engagement de long terme qui implique des investissements, l’acquisition de nouvelles compétences et un accompagnement technique régulier. Or, sur le terrain, de nombreux agriculteurs continuent de se heurter à plusieurs contraintes, parmi lesquelles le coût de la certification, les difficultés d’accès au financement, l’insuffisance de l’encadrement technique dans certaines régions, l’accès encore limité aux marchés spécialisés ainsi qu’une demande locale qui demeure relativement faible. Dans ces conditions, la mise en œuvre effective de la stratégie passera par la capacité des pouvoirs publics à transformer les orientations annoncées en actions concrètes, en renforçant les dispositifs de formation et d’accompagnement, en facilitant l’accès aux financements, en soutenant la recherche appliquée et en simplifiant les procédures administratives afin de créer un environnement favorable au développement durable du secteur. Le