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Agrohealth Tunisie

Octobre Rose: un mois pour mieux comprendre, prévenir et agir

Actuhealth Octobre Rose: un mois pour mieux comprendre, prévenir et agir Chaque année, le mois d’octobre est associé à une mobilisation internationale autour du cancer du sein. Connue sous le nom d’Octobre Rose, cette campagne vise à sensibiliser le public à cette maladie, à encourager l’information et à rappeler l’importance de la prévention et du dépistage.   Le cancer du sein demeure l’un des cancers les plus fréquents chez la femme. Pourtant, son évolution n’est pas identique d’une personne à l’autre et les possibilités de prise en charge dépendent notamment du type de cancer, de son stade au moment du diagnostic et de différents facteurs individuels. Au-delà du symbole du ruban rose, Octobre Rose constitue donc une occasion de mieux comprendre la maladie et les moyens disponibles pour la prévenir ou la détecter plus tôt. L’information joue ici un rôle essentiel: connaître les facteurs de risque, être attentive aux changements inhabituels et comprendre les modalités du dépistage permettent de mieux participer à sa propre santé.   La prévention ne repose toutefois pas sur un seul geste. Elle s’inscrit dans une approche plus globale de la santé, associant habitudesde vie, alimentation équilibrée, activité physique, suivi médical adapté et accès à une information fiable. Il est également important de rappeler que certains facteurs de risque ne peuvent pas être modifiés, notamment l’âge ou certains antécédents familiaux. Pour AgroHealth, Octobre Rose est aussi l’occasion d’ouvrir une réflexion plus large sur les liens entre **santé, nutrition et prévention**. Quels sont les facteurs qui peuventinfluencer le risque de cancer du sein ? Quelle place peut avoir l’alimentationdans une démarche globale de prévention? Ces questions méritent des réponses fondées sur les données scientifiques et les recommandations des organismes de santé. Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Dr Fatma Rebai: Le menu enfant a-t-il oublié le goût? septembre 25, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Déclinaison régionale : Méditerranée, Afrique du Nord, Tunisie – (Partie II) septembre 16, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Diagnostic ENSO global (bulletins CCSR/IRI du 19 août et OMM du 1ᵉʳ-3 septembre 2026) – (Partie… septembre 16, 2026/Agrohealth Quand les marchés se vident, faut-il réapprendre l’art de l’âoula? septembre 11, 2026/Agrohealth Actuhealth Plantes médicinales: quand le naturel peut devenir un risque pour le système digestif et la santé octobre 1, 2026 Salwa Ben Youssef – Le laboratoire à l’heure de One Health : Quand la qualité éclaire la décision septembre 23, 2026 La chriha tunisienne: ce que la figue séchée apporte réellement à notre santé septembre 21, 2026 Load More Élevage La dinde en Tunisie, une filière discrète devenue incontournable septembre 24, 2026 Le dromadaire tunisien: le sage du désert septembre 5, 2026 Élevage équin: le cheval tunisien peut-il enfin devenir une véritable filière agricole? août 30, 2026 Load More

Plantes médicinales: quand le naturel peut devenir un risque pour le système digestif et la santé

Actuhealth Plantes médicinales: quand le naturel peut devenir un risque pour le système digestif et la santé Infusions, poudres, gélules, extraits ou mélanges de plantes sont souvent associés à une image de naturalité et d’innocuité. Pourtant, «naturel» ne signifie pas nécessairement sans danger. Certaines plantes médicinales peuvent provoquer des troubles digestifs, perturber l’équilibre hydrique et minéral de l’organisme, interagir avec des médicaments ou encore affecter le foie et les reins. Le risque dépend notamment de la plante utilisée, de sa partie consommée, de la dose, de la durée d’utilisation et de la composition réelle du produit. Les plantes médicinales contiennent des molécules biologiquement actives. C’est précisément cette activité qui peut expliquer leurs effets recherchés, mais également certains effets indésirables. Une plante capable de stimuler le transit intestinal, par exemple, n’agit pas uniquement comme un produit permettant de «nettoyer» l’organisme: elle modifie réellement le fonctionnement du tube digestif. Le système digestif en première ligne L’une des idées les plus répandues consiste à considérer certaines plantes comme des «détoxifiants» ou des «draineurs» capables d’éliminer les déchets accumulés dans l’organisme. Or, cette présentation simplifie considérablement la physiologie humaine. Le foie, les reins, les poumons et le tube digestif participent déjà à l’élimination et à la transformation de nombreuses substances. Lorsqu’une plante stimule fortement le transit, l’effet observé peut simplement résulter d’une accélération du fonctionnement intestinal. C’est notamment le cas du séné (Senna alexandrina), une plante utilisée comme laxatif stimulant. Ses composés, les anthraquinones, favorisent les mouvements intestinaux et modifient l’absorption de l’eau et des sels dans l’intestin. L’Agence européenne des médicaments reconnaît son utilisation à court terme dans la constipation occasionnelle, mais précise que son emploi prolongé peut provoquer des douleurs abdominales, des spasmes, des diarrhées ainsi que des perturbations de l’équilibre hydrique et électrolytique. Le problème apparaît notamment lorsque ces plantes sont utilisées quotidiennement dans le cadre de cures présentées comme des programmes de «détox». Une diarrhée répétée ne signifie pas que l’organisme se débarrasse de «toxines» . Elle peut au contraire entraîner une perte excessive d’eau et d’électrolytes, notamment de potassium. L’utilisation prolongée de laxatifs stimulants peut également perturber le fonctionnement normal du côlon et favoriser une dépendance à leur effet laxatif. Le séné n’est donc pas une simple tisane anodine lorsqu’il est consommé régulièrement. Aloe, séné et autres plantes: la dose compte L’aloe constitue un autre exemple intéressant. Il faut distinguer le gel interne d’Aloe vera du latex ou du suc contenant des composés anthraquinoniques. Le latex d’aloe consommé par voie orale peut provoquer des douleurs abdominales, des crampes et des diarrhées. Des cas d’atteintes hépatiques ont également été rapportés après la consommation orale de certains extraits d’aloe. Cette distinction montre pourquoi le simple nom d’une plante ne suffit pas pour évaluer son innocuité. La partie utilisée, la méthode d’extraction et la concentration en principes actifs peuvent modifier considérablement l’effet du produit. Une infusion préparée avec une faible quantité de feuilles n’est pas nécessairement comparable à un extrait concentré placé dans une gélule. Dans le second cas, la quantité de substances biologiquement actives peut être beaucoup plus importante. Le foie: un organe particulièrement exposé Le foie joue un rôle essentiel dans la transformation de nombreuses substances étrangères à l’organisme. Il est donc également susceptible d’être exposé aux composés présents dans certaines préparations végétales. La littérature scientifique décrit des cas d’atteintes hépatiques associées à différents produits à base de plantes. Les manifestations peuvent aller d’une simple élévation des enzymes hépatiques jusqu’à des hépatites, des cholestases, des lésions hépatiques sévères et, dans certains cas, une insuffisance hépatique aiguë. Cela ne signifie évidemment pas que toutes les plantes médicinales sont hépatotoxiques. Le risque concerne certaines plantes ou certains produits, et l’établissement d’une relation de causalité peut être complexe. La composition du produit, les autres substances consommées et les caractéristiques individuelles peuvent intervenir. La difficulté est également liée au fait que certains produits contiennent plusieurs plantes. Lorsqu’une personne consomme simultanément plusieurs extraits différents, il devient beaucoup plus difficile d’identifier précisément quelle substance est responsable d’un éventuel effet indésirable. Les plantes peuvent modifier l’action des médicaments Un autre danger souvent sous-estimé concerne les interactions entre plantes et médicaments. Certaines molécules végétales peuvent modifier l’activité d’enzymes ou de transporteurs impliqués dans le métabolisme et l’absorption des médicaments. Le système enzymatique CYP450, notamment, joue un rôle important dans le métabolisme de nombreux médicaments. Une plante peut stimuler ou inhiber certaines de ces voies et ainsi modifier la quantité de médicament disponible dans l’organisme. L’Organisation mondiale de la Santé recense plusieurs exemples d’interactions entre plantes et médicaments. Le gingembre, l’ail, le ginkgo, le thé vert ou encore certaines préparations traditionnelles peuvent, selon les produits et les conditions d’utilisation, modifier l’effet ou la concentration de médicaments. Le cas du séné illustre également ce phénomène. Une utilisation prolongée peut provoquer une baisse du potassium sanguin. Cette perturbation peut ensuite modifier les effets de certains médicaments cardiaques ou antiarythmiques et aggraver les déséquilibres électrolytiques provoqués par certains diurétiques. Ainsi, l’interaction ne vient pas nécessairement d’une toxicité directe de la plante. Elle peut résulter de la manière dont celle-ci modifie le fonctionnement de l’organisme ou le devenir d’un médicament. Le danger peut aussi venir du produit lui-même La plante n’est pas toujours l’unique problème. La qualité du produit constitue un autre élément essentiel. L’OMS souligne plusieurs causes possibles d’effets indésirables liés aux médicaments à base de plantes: erreur d’identification de l’espèce végétale, mauvais dosage, contamination, présence de métaux toxiques ou de résidus de pesticides, contamination microbiologique et adultération par des substances médicamenteuses non déclarées. Deux produits portant un nom similaire peuvent donc ne pas présenter exactement la même composition. Cette variabilité est particulièrement importante pour les préparations artisanales, les mélanges de plantes dont les quantités ne sont pas clairement indiquées et certains compléments fortement concentrés. L’usage des plantes médicinales doit être encadré Face à ces différents risques, l’utilisation des plantes médicinales à visée thérapeutique ne devrait pas reposer uniquement sur les conseils trouvés sur les réseaux sociaux, les habitudes familiales ou l’idée selon laquelle une plante serait forcément sans danger parce

Safran en Tunisie: une culture délicate entre terroir, savoir-faire et potentiel agricole

Actuagro Safran en Tunisie: une culture délicate entre terroir, savoir-faire et potentiel agricole Par AgroHealth – De la plantation des cormes à la récolte manuelle des stigmates, le safran exige précision, patience et maîtrise de l’eau. En Tunisie, quelques expériences montrent que cette culture à forte valeur ajoutée pourrait trouver sa place dans certains terroirs, à condition d’adapter les pratiques culturales aux conditions locales.     Reconnaissable à ses fleurs violettes et à ses trois stigmates rouges, le safran (Crocus sativus L.) occupe une place particulière parmi les plantes cultivées.   L’épice commercialisée correspond uniquement aux stigmates séchés de la fleur. Cette particularité explique en grande partie la faible quantité produite par unité de surface et le travail important nécessaire à sa récolte.   Le safran est une plante géophyte vivace de la famille des Iridacées. Contrairement à de nombreuses plantes cultivées, il ne se multiplie généralement pas par graines.   La plante produit des cormes, parfois appelés bulbes dans le langage courant, qui assurent sa multiplication végétative.   Son cycle est également particulier: la floraison intervient principalement en automne, généralement en octobre-novembre, puis la plante développe ses feuilles pendant l’hiver et le printemps avant d’entrer progressivement en dormance durant la saison chaude. Un cycle cultural adapté aux régions méditerranéennes Le safran apprécie les climats relativement secs et les sols qui évacuent correctement l’eau.   Son développement végétatif intervient durant les mois les plus frais, tandis que les cormes passent une partie de l’été en dormance.   Cette particularité permet à la culture de s’inscrire dans des systèmes agricoles de régions méditerranéennes et semi-arides.   Le sol constitue cependant un facteur déterminant. Un terrain lourd, compact ou soumis à l’engorgement peut compromettre le développement des cormes.   À l’inverse, une texture suffisamment légère et un bon drainage favorisent leur croissance. Des travaux expérimentaux ont montré que la texture du sol et la fréquence des irrigations peuvent avoir une influence importante sur la production de fleurs, de stigmates et de nouveaux cormes.   Avant toute plantation, une analyse du sol permet donc de vérifier sa texture, son pH, sa fertilité et surtout son niveau de salinité. Cette étape est particulièrement importante dans les régions où les ressources en eau sont limitées ou peuvent présenter une certaine salinité.   Des cormes de qualité pour commencer la culture La réussite d’une plantation dépend en grande partie de la qualité du matériel végétal.   Les cormes doivent être sains, suffisamment développés et exempts de symptômes de maladies ou de pourriture. Leur calibre peut également influencer la floraison et le rendement.   Des travaux menés sur plusieurs systèmes de culture ont montré que la taille des cormes, la profondeur de plantation et l’irrigation peuvent avoir un effet significatif sur la production.   Dans cette étude, les cormes de taille moyenne et une plantation autour de 10 cm ont notamment donné de meilleurs résultats quantitatifs dans les conditions étudiées.   Ces résultats restent toutefois à adapter au climat, au sol et au matériel végétal utilisé dans chaque région.   La plantation intervient généralement durant l’été, avant la reprise automnale. Le producteur doit alors préparer soigneusement le terrain, assurer un bon drainage et installer les cormes à une profondeur adaptée.    La densité de plantation doit également être raisonnée afin de permettre à la fois la floraison et la multiplication des cormes au cours des années suivantes. L’eau: peu, mais au bon moment Le safran est souvent présenté comme une culture peu exigeante en eau. Cette caractéristique ne signifie pas pour autant qu’il puisse être cultivé sans apport hydrique dans toutes les situations.   Dans les régions semi-arides, la disponibilité de l’eau au moment approprié peut influencer directement la floraison et la qualité de la production.   Des recherches récentes soulignent que les besoins en irrigation dépendent fortement de la répartition des pluies, du type de sol, du climat et du stade de développement de la plante.   Un déficit hydrique pendant certaines phases critiques peut réduire la floraison, tandis qu’un excès d’eau peut également être préjudiciable.   L’objectif consiste donc moins à apporter de grandes quantités d’eau qu’à assurer une humidité suffisante au moment où la plante en a besoin.   Cette gestion est particulièrement importante avant la floraison, pendant la période de croissance et pour favoriser le développement des cormes de remplacement.   Une récolte entièrement manuelle La floraison constitue le moment le plus spectaculaire, mais aussi l’une des périodes les plus exigeantes de la culture.   Les fleurs apparaissent sur une période relativement courte et doivent être récoltées manuellement.   Chaque fleur possède trois stigmates rouges. Après la cueillette, les fleurs sont triées et les stigmates séparés délicatement des autres parties florales. Ils sont ensuite séchés selon un procédé maîtrisé afin de préserver leurs propriétés organoleptiques et leur qualité.   Cette succession d’opérations explique pourquoi le safran demande beaucoup de main-d’œuvre malgré une faible consommation d’espace.   La quantité d’épice obtenue est très faible par rapport au nombre de fleurs récoltées.   La FAO Ecocrop indique, à titre de référence générale, qu’environ un million de fleurs peuvent produire autour de 10 kg de safran séché, mais ces valeurs sont indicatives et les rendements réels varient fortement selon les conditions de culture.   Les études scientifiques montrent d’ailleurs une grande variabilité des rendements. Une expérimentation menée en Italie du Sud a obtenu, selon les combinaisons de site et d’origine des cormes, des rendements de 23,9 à 28,1 kg de stigmates secs par hectare lors de la deuxième année.   Ces résultats illustrent surtout l’importance du matériel végétal et des conditions pédoclimatiques ; ils ne constituent pas une référence directe pour la Tunisie.   Une culture déjà expérimentée en Tunisie En Tunisie, le safran reste une culture de niche, mais des expérienceslocales montrent qu’elle peut être envisagée dans certains territoires.   À Foussana, dans le gouvernorat de Kasserine, une expérience de culturebiologique menée depuis 2020 à Al Afrane constitue un exemple particulièrement intéressant.   Selon les informations publiées en février 2025, l’exploitation s’est appuyée sur

Pr. Dhia Bouktila – Sidi Bouzid, la fertilité à l’épreuve de l’aridité [La Tunisie fertile (6)]

Actuagro Pr. Dhia Bouktila – Sidi Bouzid, la fertilité à l’épreuve de l’aridité [La Tunisie fertile (6)] Par Pr. Dhia Bouktila. Professeur de Génétique à l’Université de Monastir – Il existe des territoires dont la fertilité saute aux yeux. D’autres obligent à regarder plus longtemps. Sidi Bouzid appartient à cette seconde catégorie.   Au cœur de la Tunisie, dans un environnement marqué par la faiblesse et l’irrégularité des précipitations, le gouvernorat a progressivement construit une agriculture capable de produire malgré l’aridité.   Plaines céréalières, oliveraies, vergers, parcours et périmètres irrigués composent aujourd’hui un territoire agricole d’une remarquable diversité.   À Regueb, l’irrigation a favorisé l’essor d’une agriculture spécialisée et connectée aux marchés ; à Jelma, Meknassy et ailleurs, d’autres combinaisons entre cultures, élevage et arboriculture ont façonné les paysages et les systèmes de production.   Cette diversité n’est pas le fruit d’une seule vocation agricole. Elle résulte d’une transformation progressive du territoire.   Sidi Bouzid raconte ainsi une autre histoire de la Tunisie fertile: celle d’une fertilité qui n’attendait pas simplement d’être révélée, mais qui s’est progressivement construite.   Mais cette construction atteint aujourd’hui un point critique. Comment continuer à faire fructifier la terre lorsque la ressource qui a permis l’intensification agricole devient elle-même la principale limite?   Bienvenue à Sidi Bouzid.   1. De la céréaliculture à l’arboriculture: construire une agriculture adaptée   Sidi Bouzid occupe une position singulière dans la géographie tunisienne.   Le gouvernorat se situe au Centre-Ouest, entre plusieurs ensembles géographiques et climatiques. Cette position de transition se lit dans ses paysages: les grandes plainescultivées alternent avec les reliefs, les steppes et les espaces pastoraux.   La pluviométrie y est faible et irrégulière ; dans le bassin de Regueb, lesprécipitations annuelles sont de l’ordre de 200 à 300 mm, tandis quel’évapotranspiration potentielle est élevée.   Dans un tel contexte, l’agriculture ne peut être pensée comme dans les régions humides du Nord.   La pluie est une ressource intermittente. L’espace, lui, est immense. Entre les deux s’est construite une agriculture dont l’histoire est aussi celle d’une adaptation.   Pendant longtemps, l’agriculture de Sidi Bouzid s’est structurée autourde deux grands piliers : la céréaliculture en sec et l’élevage ovin extensif.   Les céréales occupaient de vastes superficies, mais leur production restait étroitement dépendante des précipitations et donc très variable d’une année à l’autre.   Les troupeaux, eux, s’appuyaient largement sur les parcours quiconstituaient une composante essentielle du système pastoral. Puis est venue l’arboriculture.   L’arbre représentait une autre manière de faire avec l’aridité. Là où une culture annuelle devait recommencer chaque année son cycle sous la menace de la sécheresse, un arbre installé dans le sol pouvait inscrire la production dans le temps long.   Dès les années 1970, l’arboriculture fruitière s’est développée de manière importante dans le gouvernorat.   Les programmes de développement de l’agriculture en sec ont notamment encouragé l’amandier, le pistachier, l’olivier et les plantations fourragères.   Ce choix n’était pas anodin. Il signifiait déjà que l’avenir de l’agriculture de Sidi Bouzid résiderait dans le choix d’espèces capables de transformer une contrainte climatique en possibilité de production.   L’arbre allait devenir l’un des grands architectes du paysage. 2. L’arbre, une réponse à l’aridité Aujourd’hui, aucune lecture de Sidi Bouzid ne peut ignorer l’olivier.   Les chiffres donnent la mesure de cette transformation: environ 307 000 hectares d’oliveraies, soit près de 45% de la superficie du gouvernorat et 93% de ses superficies arboricoles, avec un patrimoine de plus de 23 millions d’oliviers, selon les données régionales communiquées en 2025 [1].   L’olivier n’est donc plus seulement une culture parmi d’autres.   Il structure le paysage et soutient toute une économie de production, de transformation et de commercialisation.   Lors de la campagne 2024-2025, Sidi Bouzid avait déjà enregistré 282 000 tonnes d’olives récoltées à la fin février 2025 [2]. Le gouvernorat figurait par ailleurs au premier rang national, avec uneproduction représentant environ 19 % du total national.   Mais derrière ces chiffres impressionnants se cache une histoire plus profonde.   L’olivier a permis à Sidi Bouzid de transformer son espace sans reposer sur les mêmes besoins en eau que les cultures irriguées intensives.   Avec l’amandier et le pistachier, il appartient à cette arboriculture du sec qui a progressivement redessiné le territoire.   Des espèces différentes, mais une même logique: installer une production durable dans un environnement où l’eau demeure rare et irrégulière.   L’amandier, traditionnellement bien adapté aux conditions de l’agriculture en sec, demeure l’une des composantes de la diversité arboricole de Sidi Bouzid.   Les données du CRDA montrent sa présence dans plusieurs délégations du gouvernorat, aux côtés de l’olivier, du pistachier et d’autres arbres fruitiers [3].   Le pistachier constitue une autre composante remarquable de cette arboriculture adaptée au sec.   Les données agricoles récentes montrent qu’il est largement présent dans plusieurs délégations du gouvernorat, aux côtés de l’olivier et de l’amandier [3].   Son implantation durable dans le paysage agricole de Sidi Bouzid illustre ainsi le rôle des espèces arboricoles adaptées aux conditions semi-arides dans la diversification des productions.   C’est là que la biologie rejoint l’économie. Une espèce végétale n’est pas seulement une production. Elle peut aussi devenir une stratégie territoriale. Choisir un arbre plutôt qu’une culture annuelle, une espèce plutôt qu’une autre, un système pluvial plutôt qu’un système fortement irrigué, c’est déjà choisir une manière de composer avec le climat.   L’arbre devient alors bien plus qu’un élément du paysage: il devient l’un des grands architectes du territoire agricole de Sidi Bouzid.   Figure 1. L’olivier, architecte du paysage agricole de Sidi Bouzid. Source: Hamiddou, Wikimedia Commons. 3. Les agro-territoires de Sidi Bouzid: composer avec l’eau, l’aridité et la diversité 3.1. Le Nord : céréales et systèmes agro-pastoraux   Vers le nord du gouvernorat, notamment à Jelma et Cebalet Ouled Asker, la céréaliculture occupe une place importante, notamment le blé dur et l’orge, dans des systèmes encore largement dépendants des précipitations.   Ces territoires associent cultures céréalières, oliviers et élevage, auxquels s’ajoutent de vastes espaces de parcours qui perpétuent la vocation pastorale ancienne de la région [4].   3.2.

Qui est Mohamed Boughanmi, ingénieur d’État en génie biologique

Biographies Qui est Mohamed Boughanmi – ingénieur d’État en génie biologique Mohamed Boughanmi est ingénieur d’État en génie biologique. Depuis 2014, il occupe le poste de Responsable du Laboratoire de Contrôle Qualité du Groupe CHO. Au cours de son parcours professionnel, il a développé une expertise dans les domaines de l’analyse et du contrôle qualité des produits agroalimentaires, avec une attention particulière portée au secteur de l’huile d’olive. Son expérience l’a également conduit à s’investir dans l’amélioration des pratiques analytiques, le renforcement des démarches qualité ainsi que dans la transmission de son savoir-faire aux nouvelles générations de professionnels. Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Dr Fatma Rebai: Le menu enfant a-t-il oublié le goût? septembre 25, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Déclinaison régionale : Méditerranée, Afrique du Nord, Tunisie – (Partie II) septembre 16, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Diagnostic ENSO global (bulletins CCSR/IRI du 19 août et OMM du 1ᵉʳ-3 septembre 2026) – (Partie… septembre 16, 2026/Agrohealth Quand les marchés se vident, faut-il réapprendre l’art de l’âoula? septembre 11, 2026/Agrohealth Actuhealth Salwa Ben Youssef – Le laboratoire à l’heure de One Health : Quand la qualité éclaire la décision septembre 23, 2026 La chriha tunisienne: ce que la figue séchée apporte réellement à notre santé septembre 21, 2026 Yaourt nature ou yaourt grec: entre douceur, nutrition et équilibre digestif septembre 14, 2026 Load More Élevage La dinde en Tunisie, une filière discrète devenue incontournable septembre 24, 2026 Le dromadaire tunisien: le sage du désert septembre 5, 2026 Élevage équin: le cheval tunisien peut-il enfin devenir une véritable filière agricole? août 30, 2026 Load More

Mohamed Boughanmi – L’huile d’olive tunisienne: l’or vert au cœur de la Méditerranée

Actuagro Par Mohamed Boughanmi – L’huile d’olive tunisienne: l’or vert au cœur de la Méditerranée Par Mohamed Boughanmi. Ingénieur d’État en génie biologique  – Entre patrimoine millénaire, richesse en polyphénols et diversité des terroirs, l’huile d’olive tunisienne possède une identité originale qui mérite une reconnaissance à la hauteur de sa qualité.   La Tunisie possède une histoire oléicole millénaire. Du Nord au Sud, l’olivierfaçonne les paysages et fait partie intégrante du patrimoine agricole et culturel du pays.   En effet, la richesse de l’huile d’olive tunisienne ne se limite pas uniquementaux volumes de production.   Elle repose également sur une diversité remarquable des variétés notamment des variétés autochtones très adaptés, la richesse et la diversité des terroirs ainsi que des climats et profits climatiques uniques.   Lorsqu’elle est issue d’olives saines, récoltées au bon moment et correctement extraites, l’huile d’olive vierge extra tunisienne peut réunir qualité nutritionnelle, richesse en composés phénoliques et importante complexité aromatique. Les plypénoles: marqueurs de la richesse et de la qualité de l’huile d’olive L’huile d’olive vierge extra contient principalement des acides gras, mais également une fraction de composés mineurs particulièrement intéressante: les polyphénols.   Parmi eux figurent notamment l’hydroxytyrosol, le tyrosol et différents dérivés de l’oleuropéine.   Ces composés contribuent notamment à la stabilité de l’huile et font l’objet de nombreuses recherches scientifiques.   Leur concentration n’est cependant pas fixe. Elle dépend de la variété, duterroir, du climat, de la maturité des olives et des conditions d’extraction. Des chiffres qui révèlent la diversité tunisienne Les études scientifiques montrent des écarts importants entre les variétéstunisiennes.   Dans une étude comparative, les huiles étudiées présentaient environ 158 mg/kg de polyphénols totaux pour la Chemlali, contre 395 mg/kg pour la Chétoui.   D’autres travaux consacrés à la Chemlali ont mesuré jusqu’à 1 059 mg/kg de phénols totaux dans certaines conditions de culture.   Plus remarquable encore, une étude portant sur plusieurs variétés tunisiennes a rapporté environ 1 400 mg/kg de phénols totaux pour la variété Betsijina.   Ces chiffres ne constituent pas des valeurs universelles pour chaque variété.   Ils illustrent surtout l’extraordinaire diversité phénolique du patrimoine oléicole tunisien. La maturité: un facteur déterminant La composition de l’olive évolue de manière progressive au cours de sa maturation, notamment en ce qui concerne la teneur et la nature des composés phénoliques sus mentionnés.   Des recherches réalisées sur plusieurs variétés autochtones, notamment Zelmati, Chemchali, Chemlali et Chétoui ont mis en évidence des variations significatives de la composition phénolique au cours de développement et de la maturation du fruit.   La date de récolte devient ainsi un véritable choix qualitatif: une récolte plusprécoce peut favoriser une huile plus végétale et expressive, tandis qu’unematurité plus avancée peut conduire vers des profils plus mûrs et plus ronds.     Pourquoi l’huile tunisienne possède-t-elle un goût original? L’originalité de nos huiles résulte de l’association entre la variété, le terroir, le climat, la disponibilité en eau, la maturité du fruit, la date de récolte et le savoir-faire du moulin s’inscrivant dans un patrimoine oléicole ancestral riche et profondément enraciné.   Cette combinaison explique pourquoi deux huiles produites en Tunisie peuventprésenter des personnalités très différentes. La véritable richesse tunisienne réside donc dans cette diversité d’expressions. La variété: première signature de l’huile  La Chemlali, largement présente dans le Centre et le Sud, peut donner des huiles fruitées, équilibrées et parfois relativement douces. La Chétoui, particulièrement cultivée dans le Nord, offre souvent une expression plus végétale et aromatique. À ces deux grandes variétés s’ajoutent notamment Oueslati, Zalmati, Zarrazi, Chemchali et Gerboui, ainsi que de nombreuses variétés locales encore insuffisamment valorisées. Cette richesse génétique constitue une véritable bibliothèque de goûts et d’arômes. Le terroir et le climat: une signature invisible  Le Nord tunisien, le Centre semi-aride et les régions plus arides du Sud offrent àl’olivier des conditions très différentes. L’ensoleillement, les températures, la pluviométrie et la disponibilité en eau influencent le développement du fruit et la composition de l’huile. Des travaux scientifiques ont notamment montré que la composition chimique pouvait contribuer à différencier des huiles tunisiennes selon leur origine géographique. Le terroir devient ainsi une signature invisible mais perceptible dans le verre. Une palette aromatique qui raconte la Tunisie Selon la variété et le stade de récolte, l’huile tunisienne peut exprimer des notesd’herbe fraîche, de feuille d’olivier, d’artichaut, de tomate, d’amande ou de fruits verts. Les recherches consacrées à la Chétoui du Nord tunisien ont notamment montré des différences de profils aromatiques entre les zones de production. Certaines huiles présentent davantage de notes de tomate, tandis que d’autres expriment plus fortement l’herbe et la feuille. Cette diversité aromatique constitue l’un des grands atouts de l’huile tunisienne. Amertume et piquant: une question d’équilibre L’amertume et le piquant font partie des attributs caractéristiques d’une huile vierge extra. Leur intensité varie notamment selon la variété, la maturité et les conditions deproduction. Une grande huile n’est donc pas forcément la plus douce ni la plus puissante. Elle est avant tout équilibrée, expressive et harmonieuse. Du champ au moulin: le savoir-faire fait la différence La qualité finale ne dépend pas uniquement du patrimoine génétique de l’olivier. La récolte, la manipulation des olives, le délai avant trituration, la propreté des fruits et la maîtrise du procédé d’extraction jouent un rôle essentiel. La technologie moderne doit ainsi accompagner le savoir-faire traditionnel afin de préserver au mieux les qualités du fruit. La qualité commence dans l’oliveraie, se construit au moulin et se préservejusqu’à la bouteille. Une reconnaissance internationale qui ne cesse de progresser La qualité tunisienne est aujourd’hui de plus en plus visible sur la scène internationale. En 2025, lors de l’Afro-Asian International Extra Virgin Olive Oil Competition à Abu Dhabi, la Tunisie a obtenu 60 médailles d’or et 4 médailles d’argent, se classant première. Parmi les médailles d’or, 53 concernaient la qualité et 7 la catégorie «healthy». À Genève, lors de l’European International Olive Oil Competition, les huiles tunisiennes ont remporté 79 médailles, dont 56 médailles d’or pour la qualité, 19 pour la catégorie santé et 4 médailles d’argent, plaçant la Tunisie en tête du classement.

Confiture de grenade, amandes et sésame

Recette Confiture de grenade, amandes et sésame La grenade, avec ses petits grains rubis et son goût délicatement acidulé, se prête aussi aux préparations maison.   Cette confiture simple met à l’honneur un fruit de saison, accompagné de deux ingrédients familiers de nos tables, l’amande et le sésame. Ingrédients 1 kg de graines de grenade bien mûres 500 g de sucre 100 à 150 g d’amandes grillées, grossièrement concassées 50 à 80 g de graines de sésame grillées Le jus d’un demi-citron, facultatif Préparation Déposer les graines de grenade dans une casserole avec le sucre et laisser reposer une trentaine de minutes afin qu’elles libèrent naturellement leur jus.   Faire cuire à feu moyen, puis laisser mijoter doucement en remuant régulièrement jusqu’à ce que la préparation prenne la consistance d’une confiture.   En fin de cuisson, ajouter éventuellement quelques gouttes de jus de citron. Retirer du feu et laisser refroidir complètement.   Pendant ce temps, faire légèrement griller les amandes et le sésame séparément. Une fois refroidis, concasser grossièrement les amandes.   Lorsque la confiture est froide, incorporer délicatement les amandes et les graines de sésame grillées.   Une recette toute simple où la grenade garde sa personnalité, tandis que l’amande et le sésame apportent leur parfum et leur croquant. Une manière gourmande de prolonger la saison de ce fruit emblématique de l’automne tunisien.   Lire également Grenade tunisienne: une saison 2026 entre récolte, terroir et nouvelles ambitions pour la filière Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Dr Fatma Rebai: Le menu enfant a-t-il oublié le goût? septembre 25, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Déclinaison régionale : Méditerranée, Afrique du Nord, Tunisie – (Partie II) septembre 16, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Diagnostic ENSO global (bulletins CCSR/IRI du 19 août et OMM du 1ᵉʳ-3 septembre 2026) – (Partie… septembre 16, 2026/Agrohealth Quand les marchés se vident, faut-il réapprendre l’art de l’âoula? septembre 11, 2026/Agrohealth Actuhealth Salwa Ben Youssef – Le laboratoire à l’heure de One Health : Quand la qualité éclaire la décision septembre 23, 2026 La chriha tunisienne: ce que la figue séchée apporte réellement à notre santé septembre 21, 2026 Yaourt nature ou yaourt grec: entre douceur, nutrition et équilibre digestif septembre 14, 2026 Load More Élevage La dinde en Tunisie, une filière discrète devenue incontournable septembre 24, 2026 Le dromadaire tunisien: le sage du désert septembre 5, 2026 Élevage équin: le cheval tunisien peut-il enfin devenir une véritable filière agricole? août 30, 2026 Load More

Quand Testour se met à rougir de plaisir

Actuagro Quand Testour se met à rougir de plaisir Par Mariem Zouari – À la fin de septembre, Testour retrouvera l’une de ses plus belles couleurs, celle du rouge profond de la grenade. Du 27 Octobre au 1 Novembre 2026, la ville accueillera la dixième édition du Festival de la Grenade, une étape symbolique qui vient marquer une première décennie de célébration autour de ce fruit généreux.     Il suffit d’ouvrir une grenade pour comprendre ce qui fait son charme. Sous une écorce discrète se cachent des centaines de petits grains rouges, juteux, brillants, doux et légèrement acidulés. Un fruit à la fois simple et précieux, apprécié pour son goût mais aussi pour sa richesse nutritionnelle.     À Testour, la grenade raconte cependant une histoire plus grande que celle d’un fruit de saison. Elle s’est enracinée dans les paysages, dans les savoir-faire et dans la vie de la ville jusqu’à devenir une véritable identité territoriale.   Elle accompagne les saisons, rassemble les producteurs et donne à Testour une signature reconnaissable bien au-delà de ses vergers.     C’est cette histoire que le festival fait vivre. Une histoire de terre, de culture, de gourmandise et de transmission, où la grenade devient un lien entre les habitants, les visiteurs et un territoire fier de ses richesses.     Pour sa dixième édition, le rendez-vous promet ainsi de retrouver cette atmosphère particulière où l’on vient découvrir, goûter, partager et surtout redécouvrir Testour à travers son fruit emblématique.     Du 27 Octobre au 1 Novembre 2026, Testour ouvrira ses portes à la grenade… et à tous ceux qui aiment les histoires que les terroirs savent raconter. Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Dr Fatma Rebai: Le menu enfant a-t-il oublié le goût? septembre 25, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Déclinaison régionale : Méditerranée, Afrique du Nord, Tunisie – (Partie II) septembre 16, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Diagnostic ENSO global (bulletins CCSR/IRI du 19 août et OMM du 1ᵉʳ-3 septembre 2026) – (Partie… septembre 16, 2026/Agrohealth Quand les marchés se vident, faut-il réapprendre l’art de l’âoula? septembre 11, 2026/Agrohealth Actuhealth Salwa Ben Youssef – Le laboratoire à l’heure de One Health : Quand la qualité éclaire la décision septembre 23, 2026 La chriha tunisienne: ce que la figue séchée apporte réellement à notre santé septembre 21, 2026 Yaourt nature ou yaourt grec: entre douceur, nutrition et équilibre digestif septembre 14, 2026 Load More Élevage La dinde en Tunisie, une filière discrète devenue incontournable septembre 24, 2026 Le dromadaire tunisien: le sage du désert septembre 5, 2026 Élevage équin: le cheval tunisien peut-il enfin devenir une véritable filière agricole? août 30, 2026 Load More

Dr Fatma Rebai: Le menu enfant a-t-il oublié le goût?

Chronique Dr Fatma Rebai: Le menu enfant a-t-il oublié le goût? Par Dr Fatma Rebai. Médecin ORL –  Frites, nuggets, boissons sucrées: comment nos restaurants participent-ils à construire les préférences alimentaires de nos enfants?   «Un menu enfant, s’il vous plaît.» Dans beaucoup de restaurants, cette phrase déclenche presque automatiquement la même proposition: quelques nuggets, des frites, parfois un petit hamburger, une boisson sucrée et, pour finir, un dessert très sucré. Le scénario est devenu tellement habituel qu’il nous paraît presque naturel.   Mais pourquoi un menu destiné à un enfant ressemble-t-il si souvent à cela? Pourquoi les légumes, les légumineuses, le poisson, les fruits frais ou les préparations simples sont-ils encore trop souvent absents des menus enfants? Et surtout, quelles conséquences cette répétition peut-elle avoir sur la construction du goût chez l’enfant ?   La question mérite d’être posée, car manger ne consiste pas seulement à apporter des calories et des nutriments à notre organisme.   Manger, c’est aussi apprendre. Dès les premières années de vie, l’enfant découvre progressivement les saveurs, les odeurs, les textures et les couleurs des aliments.   Son cerveau construit peu à peu une «bibliothèque sensorielle» qui lui permettra de reconnaître les aliments et de développer ses préférences. Le goût de l’enfant n’est pas figé Contrairement à une idée très répandue, un enfant n’arrive pas au monde en sachant qu’il aime les frites et qu’il déteste les légumes.   Certaines préférences sont bien sûr présentes très tôt, notamment une attirance naturelle pour le goût sucré et, dans une certaine mesure, pour le goût salé. Mais une grande partie des préférences alimentaires se construit avec l’expérience.   C’est ici que la notion d’apprentissage alimentaire devient importante. Plus un enfant est exposé à une variété d’aliments, de saveurs et de textures, plus il a l’occasion de les découvrir et éventuellement de les accepter.   À l’inverse, lorsque son environnement alimentaire lui propose toujours les mêmes profils sensoriels (croustillant, salé, gras, très aromatisé) son répertoire alimentaire risque de rester plus limité.   Une revue systématique consacrée à la néophobie alimentaire chez l’enfant montre d’ailleurs que la variété de l’alimentation, les habitudes familiales et les caractéristiques sensorielles des aliments jouent un rôle important dans les comportements de sélection alimentaire. Et l’ORL dans tout cela? C’est ici que la médecine ORL rencontre directement l’agroalimentaire. Lorsque nous parlons de goût, nous parlons en réalité de plusieurs sens qui travaillent ensemble.   La langue détecte principalement cinq grandes saveurs: le sucré, le salé, l’acide, l’amer et l’umami. Mais lorsque nous reconnaissons le goût d’une fraise, d’un fromage, d’une tomate ou d’un poulet rôti, notre cerveau utilise également notre odorat.   Une grande partie de ce que nous appelons communément le goût, correspond donc à la perception des arômes par voie rétronasale: lorsque nous mâchons un aliment, les molécules aromatiques remontent de la bouche vers le nez par l’arrière des fosses nasales et stimulent notre système olfactif.   Pour un médecin ORL, cette relation entre le nez et l’alimentation est fondamentale. Un enfant qui mange n’est pas seulement en train de goûter : il sent, mâche, salive, perçoit une texture, une température, une sensation de croquant ou de fondant. L’expérience alimentaire est donc profondément multisensorielle.   C’est également pour cette raison qu’une perte de l’odorat peut donner l’impression que les aliments n’ont plus de goût. Le nez participe directement à notre expérience alimentaire. Pourquoi les frites et les nuggets plaisent-ils autant? Il serait trop simple de dire que les enfants aiment naturellement les nuggets et les frites. Leur succès s’explique par plusieurs mécanismes.   D’abord, leur profil sensoriel est particulièrement efficace: le croustillant, le gras, le salé et les arômes sont facilement identifiables et immédiatement gratifiants. Ensuite, ces aliments sont familiers.   Or, chez l’enfant, la familiarité joue un rôle important dans l’acceptation alimentaire. Enfin, ils sont extrêmement pratiques pour le restaurant: ils sont faciles à stocker, rapides à préparer, faciles à portionner et généralement appréciés par une grande majorité d’enfants.   Le menu enfant devient alors un produit qui doit répondre à plusieurs contraintes commerciales: satisfaire rapidement l’enfant, rassurer les parents et simplifier le travail en cuisine.   Le problème n’est donc pas une frite ou un nugget consommé occasionnellement. Le véritable sujet est la répétition et la standardisation du modèle.   Lorsqu’un enfant sort régulièrement au restaurant et que le choix qui lui est présenté est systématiquement «nuggets-frites», on ne lui donne pas seulement un repas. On lui donne aussi un environnement sensoriel particulier, dans lequel certaines saveurs deviennent familières et d’autres restent peu explorées. Le risque: construire un enfant qui «n’aime rien»? Il faut ici être précis. On ne peut pas affirmer qu’un menu enfant composé de frites et de nuggets va, à lui seul, provoquer chez un enfant une préférence durable pour les aliments ultra-transformés ou une aversion pour les légumes.   Le comportement alimentaire est beaucoup plus complexe. Il dépend de la famille, de la culture, des habitudes alimentaires, du contexte social, de l’éducation, du prix des aliments, de l’accessibilité et bien sûr des caractéristiques propres à chaque enfant.   Mais nous savons que l’environnement alimentaire influence les choix. L’OMS souligne notamment que le marketing des aliments riches en graisses saturées, en sucres ou en sel influence les préférences, les demandes des enfants et leurs comportements alimentaires.   La question devient alors intéressante pour l’agroalimentaire: quel environnement voulons-nous créer autour de l’enfant? Le problème n’est pas seulement nutritionnel Lorsque l’on critique les menus enfants classiques, on pense immédiatement aux calories, aux graisses, au sel ou aux sucres.   Ces aspects sont évidemment importants. Une alimentation très riche en aliments de faible densité nutritionnelle peut contribuer, lorsqu’elle devient habituelle, à une alimentation déséquilibrée.   Mais il existe un autre enjeu, plus discret : celui de la diversité alimentaire. Un enfant qui découvre régulièrement différentes variétés de légumes, des poissons, des œufs, des légumineuses, des céréales, des fruits, des herbes aromatiques et des épices douces construit une expérience sensorielle beaucoup plus riche.   L’OMS insiste justement sur l’importance d’une

Le cognassier en Tunisie: une petite filière, mais un patrimoine fruitier à mieux connaître

Actuagro Le cognassier en Tunisie: une petite filière, mais un patrimoine fruitier à mieux connaître Par Agrohealth – Du Nord au Cap Bon, le cognassier reste discret dans le paysage agricole tunisien. Pourtant, derrière ce fruit d’automne à la chair ferme et au parfum caractéristique se trouve une culture ancienne, adaptée à plusieurs territoires et porteuse d’un potentiel encore peu valorisé.   En 2026, les données agricoles nationales permettent de mieux suivre cette espèce, même si les chiffres détaillés de la campagne en cours restent encore difficiles à consolider dans les sources publiques.   Le cognassier, Cydonia oblonga, appartient à la même famille botanique que le pommier et le poirier. En Tunisie, il n’occupe évidemment pas la place des grandes cultures fruitières comme l’olivier, les agrumes, les dattes ou les grenades. Il appartient plutôt à ces espèces fruitières secondaires qui ont pourtant conservé une place particulière dans les vergers, les jardins familiaux et les traditions alimentaires.   Cette discrétion explique aussi pourquoi les statistiques consacrées au cognassier sont moins abondantes que celles des grandes filières. Le portail national des données ouvertes recense néanmoins un jeu de données du ministère de l’Agriculture intitulé «Suivi de la culture de cognassier», consacré aux superficies et à la production par gouvernorat.   Le ministère a également publié en 2026 un jeu de données consacré à la production, aux superficies et au nombre d’arbres fruitiers par espèce, dans lequel le cognassier figure sous le terme arabe سفرجل. Où pousse le cognassier en Tunisie? Le cognassier est surtout associé aux régions du Nord tunisien et au Cap Bon. Une ancienne étude nationale sur la biodiversité végétale indiquait que l’espèce était cultivée en mélange avec d’autres arbres fruitiers dans le Nord et au Cap Bon. Elle signalait également sa présence spontanée à Djebba, sous forme de buissons et de haies.   Cette implantation n’est pas surprenante. Le cognassier apprécie les conditions relativement tempérées et peut s’intégrer à différents systèmes arboricoles. Il est également connu pour sa rusticité et sa capacité d’adaptation à différents sols. Une publication consacrée au cognassier tunisien souligne notamment sa faible exigence en eau et sa bonne résistance générale aux maladies et aux parasites.   Le Nord-Ouest présente ainsi un intérêt particulier pour cette espèce. Des documents consacrés aux produits de terroir de cette région mentionnent le cognassier parmi les arbres fruitiers présents dans les territoires du Nord-Ouest tunisien.   Il faut toutefois éviter d’établir, sans les tableaux statistiques détaillés du ministère, un classement définitif des gouvernorats producteurs en 2026. La présence d’une espèce dans un gouvernorat ne signifie pas nécessairement que celui-ci représente une part importante de la production nationale. Des superficies modestes à l’échelle agricole nationale Les chiffres disponibles montrent clairement que le cognassier demeure une culture de dimension limitée.   Une étude tunisienne sur la biodiversité végétale estimait autrefois la superficie consacrée au cognassier à environ 700 hectares, pour une production d’environ 3 000 tonnes.   Une estimation plus récente publiée en septembre 2024 avançait, quant à elle, environ 450 hectares et une production proche de 4 000 tonnes, avec une concentration importante dans le gouvernorat de Nabeul, qui représenterait près de la moitié de la production nationale. Cette même source estimait le rendement moyen autour de 9 tonnes par hectare.   Ces deux séries de chiffres montrent surtout une chose : les estimations disponibles ne sont pas parfaitement homogènes selon les années et les sources. Il serait donc incorrect de présenter automatiquement 450 ha ou 4 000 tonnes comme les chiffres officiels de 2026.   Pour AgroHealth, cette distinction est importante. Le chiffre publié doit correspondre à l’année et à la source indiquées, surtout lorsqu’il s’agit d’une filière agricole de petite taille où quelques centaines d’hectares peuvent modifier sensiblement les ratios. Que disent les données disponibles pour 2026? Le portail national des données ouvertes constitue aujourd’hui la référence la plus intéressante pour poursuivre le suivi statistique.   Le ministère de l’Agriculture y a publié en 2026 un fichier intitulé «Production, superficies et nombres des arbres fruitiers par espèces». Le jeu de données comprend notamment le cognassier, identifié par le mot-clé arabe سفرجل. Une autre ressource concerne les arbres fruitiers irrigués par espèce.   Le portail confirme également l’existence de données régionales récentes sur l’arboriculture, notamment dans plusieurs gouvernorats. Par exemple, des jeux de données concernant le Kef, Kairouan et Tunis ont été mis à jour en 2026.   Tableau de référence — cognassier tunisien   Indicateur Valeur disponible Année / période Source / statut Superficie nationale ≈ 450 ha estimation publiée en 2024 estimation secondaire Production nationale ≈ 4 000 t estimation publiée en 2024 estimation secondaire Rendement moyen ≈ 9 t/ha estimation publiée en 2024 estimation secondaire Rendement potentiel 20–25 t/ha référence agronomique selon variété et conduite Superficie historique ≈ 700 ha donnée ancienne étude biodiversité Production historique ≈ 3 000 t donnée ancienne étude biodiversité Données officielles 2026 disponibles dans les jeux de données du ministère 2026 à extraire du fichier XLSX Nombre d’arbres 2026 fichier officiel référencé 2026 valeur détaillée non récupérée dans la version publique consultable Répartition par gouvernorat fichier officiel référencé 2026 données à consolider Lecture importante : ce tableau ne présente donc pas les 450 ha et 4000 tonnes comme une production 2026. Les chiffres 2026 doivent être extraits directement du fichier statistique du ministère avant publication comme données de campagne. Le portail national confirme que ces données existent et sont référencées. Un rendement qui peut fortement varier Le rendement du cognassier n’est pas une donnée fixe. La publication de 2024 estime le rendement moyen tunisien à environ 9 t/ha, tout en indiquant qu’un verger correctement conduit pourrait atteindre 20 à 25 t/ha. Cette différence est considérable.   Elle montre l’importance de la variété, de l’irrigation, de l’âge des arbres, de la fertilisation, de la taille et, plus largement, de la conduite du verger.   Autrement dit, la superficie seule ne permet pas d’évaluer le potentiel réel de la filière. Deux vergers de même superficie peuvent présenter des productions très différentes.   Le