Pr. Dhia Bouktila – L’optogénétique: quand la lumière ouvre de nouvelles voies en santé et en agriculture

Actuagro Pr. Dhia Bouktila – L’optogénétique: quand la lumière ouvre de nouvelles voies en santé et en agriculture Par Pr. Dhia Bouktila. Professeur de Génétique à l’Université de Monastir – Récompensée par le prix Nobel de physiologie ou médecine 2026, l’optogénétique permet de moduler l’activité de cellules grâce à la lumière. D’abord déterminante pour l’étude des circuits cérébraux, elle ouvre des perspectives en recherche médicale et fournit également des outils pour explorer les mécanismes cellulaires des plantes et des micro-organismes. Entre avancées déjà établies et applications encore expérimentales, cette technologie illustre la manière dont une découverte fondamentale peut renouveler la recherche en santé, en agriculture et en biotechnologie. Un Nobel pour une découverte inattendue Le 5 octobre 2026, le prix Nobel de physiologie ou médecine a été attribué à Karl Deisseroth, Peter Hegemann et Georg Nagel pour leurs découvertes concernant les canaux ioniques activés par la lumière et le développement de l’optogénétique[1, 2]. Cette distinction récompense des travaux qui ont transformé les possibilités d’étude du cerveau en donnant aux chercheurs un moyen inédit de contrôler l’activité de cellules nerveuses ciblées. L’histoire est remarquable par son point de départ: une algue microscopique, bien éloignée des neurosciences. Elle illustre comment l’étude d’un mécanisme biologique peut conduire à un outil scientifique dont les applications dépassent largement le domaine dans lequel il a été découvert. De l’algue au cerveau: les principes de l’optogénétique Tout commence avec Chlamydomonas, nune algue verte unicellulaire capable de détecter la lumière et d’adapter ses déplacements à sa présence. Pour comprendre ce phénomène, des chercheurs ont étudié les protéines qui permettent à cet organisme de convertir un signal lumineux en réponse cellulaire. Peter Hegemann et Georg Nagel ont contribué à caractériser les channelrhodopsines, des protéines sensibles à la lumière qui forment des canaux dans la membrane cellulaire. Lorsqu’elles sont exposées à une lumière de longueur d’onde appropriée, ces canaux s’ouvrent et permettent le passage d’ions. Ce mouvement modifie les propriétés électriques de la cellule [1, 2]. Une idée décisive a ensuite permis de changer d’échelle: si l’on introduit le gène codant une channelrhodopsine dans un neurone, celui-ci peut devenir sensible à la lumière. En éclairant ce neurone, il devient alors possible de modifier son activité électrique. D’autres outils optogénétiques permettent d’inhiber l’activité de cellules ciblées. C’est le principe de l’optogénétique, une approche qui associe génétique et optique. Elle repose sur trois étapes: rendre certaines cellules sensibles à la lumière, les éclairer de manière contrôlée, puis observer les conséquences de cette stimulation ou de cette inhibition. Karl Deisseroth et ses collaborateurs ont joué un rôle majeur dans l’adaptation de ces outils aux neurosciences, notamment en démontrant qu’ils pouvaient êtreutilisés pour contrôler l’activité de neurones. L’optogénétique est ainsi devenue une méthode de référence pour étudier les circuits cérébraux avec une précision temporelle et cellulaire jusque-là difficile à atteindre. Figure 1. De l’algue au cerveau: le principe de l’optogénétique Du cerveau observé au cerveau expérimental Le cerveau est constitué de réseaux complexes de neurones qui communiquent par des signaux électriques et chimiques. Comprendre comment ces réseaux produisent une sensation, un souvenir, une émotion ou un comportement représente un défi scientifique considérable. Les méthodes d’observation permettent de repérer les régions cérébrales ou les populations de neurones actives pendant une tâche. Mais une activité observée ne prouve pas, à elle seule, que cette activité est nécessaire à la production du comportement étudié. L’optogénétique permet d’aller plus loin. En activant ou en inhibant expérimentalement certains neurones, les chercheurs peuvent examiner si cette intervention modifie une fonction ou un comportement. Elle aide ainsi à étudier les relations de cause à effet entre l’activité de circuits neuronaux et leurs conséquences. Cette capacité a profondément enrichi la recherche sur la mémoire, le sommeil, les émotions, la motivation et les mécanismes de nombreuses maladies neurologiques. Elle ne livre pas, à elle seule, les secrets du cerveau, mais elle fournit un instrument puissant pour tester des hypothèses sur son fonctionnement[2, 3]. Santé mentale: de la compréhension des mécanismes aux pistes thérapeutiques L’intérêt de l’optogénétique concerne aussi la santé mentale. Des équipes l’utilisent notamment dans des modèles animaux pour explorer les circuits neuronaux associés à la dépression, à l’anxiété, à la peur ou aux comportements addictifs. Ces travaux contribuent à mieux comprendre les mécanismes biologiques impliqués et peuvent aider à identifier de nouvelles pistes pour la recherche thérapeutique[3]. Il faut cependant distinguer la compréhension expérimentale d’un trouble et la mise au point d’un traitement. La dépression et les autres troubles psychiatriques résultent d’interactions complexes entre facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux. Un résultat obtenu chez l’animal ne se transpose pas automatiquement à l’être humain. À ce jour, l’optogénétique demeure principalement un outil de recherche en neurosciences. Son application thérapeutique directe aux troubles psychiatriques reste expérimentale et se heurte à certains obstacles: la délivrance de la lumière aux circuits cérébraux visés, notamment en profondeur, ainsi que la maîtrise des risques liés aux interventions et des effets à long terme. À ces contraintes techniques et biologiques s’ajoute la complexité des réseaux neuronaux impliqués dans les troubles psychiatriques, qui rend difficile le passage de la modulation expérimentale de l’activité cérébrale à un traitement sûr et efficace. Vision: une preuve de concept clinique Une application clinique a apporté une première preuve de concept en 2021, dans le traitement expérimental de la rétinopathie pigmentaire, une maladie dégénérative qui entraîne la perte progressive des photorécepteurs de la rétine. Chez un patient atteint d’une forme avancée de la maladie, des chercheurs ont introduit le gène d’une protéine photosensible dans des cellules rétiniennes encore présentes, puis utilisé des lunettes spécialement conçues pour projeter des signaux lumineux sur ces cellules. Le patient a ainsi pu percevoir et localiser certains objets, avec une récupération partielle de fonctions visuelles [4]. Une étude clinique publiée en octobre 2026 dans le New England Journal of Medicine a prolongé cette piste. Portant sur dix participants
Boules d’énergie aux dattes: une douceur naturelle sans cuisson

Recette Boules d’énergie aux dattes: une douceur naturelle sans cuisson Une recette simple, gourmande et riche en ingrédients nutritifs pour une pause énergétique à tout moment de la journée. Les dattes occupent une place importante dans l’alimentation méditerranéenne et particulièrement en Tunisie. Naturellement sucrées, elles peuvent servir de base à de nombreuses préparations maison, sans avoir besoin d’ajouter du sucre raffiné. Associées aux fruits secs, aux flocons d’avoine et aux graines de sésame, elles permettent de préparer de petites boules d’énergie, faciles à emporter et à déguster au petit-déjeuner ou lors d’une pause gourmande. Ingrédients Pour environ 12 boules: 200 g de dattes dénoyautées et moelleuses 60 g d’amandes ou de noix 50 g de flocons d’avoine 1 cuillère à soupe de graines de sésame 1 cuillère à soupe de graines de chia (facultatif) 1 cuillère à café de cannelle (facultatif) 1 à 2 cuillères à soupe d’eau, si nécessaire Un peu de noix de coco râpée ou de sésame pour l’enrobage (facultatif) Préparation 1. Préparer les dattes. Retirez les noyaux. Si les dattes sont sèches, laissez-les tremper quelques minutes dans de l’eau tiède, puis égouttez-les soigneusement. 2. Mixer les ingrédients. Dans un mixeur, réduisez les amandes et les flocons d’avoine en petits morceaux.Ajoutez les dattes, le sésame et la cannelle, puis mixez jusqu’à obtenir une pâte homogène et légèrement collante. 3. Ajuster la texture. Si la préparation est trop sèche, ajoutez un peu d’eau, progressivement. Si elle est trop collante, incorporez une petite quantité de flocons d’avoine. 4. Former les boules. Prélevez de petites portions de pâte et roulez-les entre vos mains pour former des boules de taille similaire. 5. Ajouter la touche finale. Roulez-les dans la noix de coco râpée, les graines de sésame ou les amandes finement concassées, selon vos préférences. 6. Réfrigérer. Placez les boules au réfrigérateur pendant 30 minutes pour qu’elles deviennent plus fermes. Vos boules d’énergie sont prêtes à être dégustées, sans four et sans cuisson! Quels sont les atouts nutritionnels de cette recette? Les dattes apportent des glucides, notamment des sucres naturellement présents, qui fournissent de l’énergie à l’organisme. Elles contiennent également des fibres. Les amandes et les noix contribuent à l’apport en lipides insaturés, en protéines végétales et en minéraux. Les flocons d’avoine apportent des fibres supplémentaires, tandis que les graines de sésame complètent la recette parleurs lipides et leurs minéraux. L’association de ces ingrédients permet d’obtenir une collation nourrissante. Toutefois, les dattes restent riches en sucres et les fruits secs sont caloriques : il est donc préférable de consommer ces boules en portions adaptées à ses besoins. Le conseil d’AgroHealth Pour une collation équilibrée, dégustez une ou deux boules selon leur taille et votre faim, accompagnées d’un verre d’eau ou d’un thé non sucré. Pour varier les saveurs, vous pouvez remplacer les amandes par des noisettes ou des noix, ajouter un peu de cacao non sucré ou parfumer lapréparation avec de la cannelle. Le petit plus : cette recette ne nécessite aucun sucre ajouté. Choisissez des dattes moelleuses et des fruits secs non salés pour profiter pleinement de leurs saveurs naturelles. Conservation : placez les boules dans une boîte hermétique au réfrigérateur et consommez-les de préférence dans la semaine. Utilisez des ustensiles propres et évitez de les laisser longtemps à température ambiante. Lire également Dattes tunisiennes: de l’or des oasis à la conquête du monde Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Café: l’histoire d’un grain, d’un parfum et d’un moment partagé octobre 1, 2026/Agrohealth Dr Fatma Rebai: Le menu enfant a-t-il oublié le goût? septembre 25, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Déclinaison régionale : Méditerranée, Afrique du Nord, Tunisie – (Partie II) septembre 16, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Diagnostic ENSO global (bulletins CCSR/IRI du 19 août et OMM du 1ᵉʳ-3 septembre 2026) – (Partie… septembre 16, 2026/Agrohealth Actuhealth Octobre Rose: un mois pour mieux comprendre, prévenir et agir octobre 1, 2026 Plantes médicinales: quand le naturel peut devenir un risque pour le système digestif et la santé octobre 1, 2026 Salwa Ben Youssef – Le laboratoire à l’heure de One Health : Quand la qualité éclaire la décision septembre 23, 2026 Load More Élevage La dinde en Tunisie, une filière discrète devenue incontournable septembre 24, 2026 Le dromadaire tunisien: le sage du désert septembre 5, 2026 Élevage équin: le cheval tunisien peut-il enfin devenir une véritable filière agricole? août 30, 2026 Load More
Tuberculose de l’olivier, comprendre la maladie et adopter les bons gestes de prévention

Actuagro Tuberculose de l’olivier, comprendre la maladie et adopter les bons gestes de prévention Par AgroHealth . Connue depuis longtemps, la tuberculose de l’olivier est une maladie bactérienne qui peut affecter la santé des arbres et fragiliser les oliveraies. Face aux inquiétudes qu’elle suscite, mieux vaut comprendre son mode de propagation et adopter des précautions adaptées plutôt que céder à la panique. L’olivier occupe une place essentielle dans l’agriculture tunisienne. Il représente une source de revenus pour de nombreux agriculteurs, un patrimoine transmis de génération en génération et un symbole profondément ancré dans les paysages du pays. La protection de cet arbre mérite donc une attention particulière, notamment face aux maladies qui peuvent compromettre sa vigueur et sa production. Ces derniers temps, la tuberculose de l’olivier fait l’objet de nombreuses discussions. Pourtant, cette maladie n’est pas nouvelle. Connue dans plusieurs régions oléicoles du monde, elle nécessite une vigilance régulière et des pratiques agricoles adaptées. Pour les producteurs, l’essentiel est de savoir reconnaître les symptômes, comprendre les conditions favorisant sa propagation et prendre les précautions nécessaires. Une maladie provoquée par une bactérie La tuberculose de l’olivier, appelée également olive knot en anglais, est principalement causée par la bactérie Pseudomonas savastanoi pv. savastanoi. Elle se caractérise par l’apparition de nodules ou de petites excroissances, souvent arrondies, sur les rameaux et les branches. Ces formations peuvent également se développer sur le tronc et d’autres parties de l’arbre. Au début, les nodules peuvent être discrets, avant de grossir et de devenir plus visibles. Lorsque l’infection est importante, les parties touchées peuvent s’affaiblir, les rameaux dépérir et la vigueur générale de l’arbre diminuer. Les conséquences sur la production dépendent notamment de l’intensité de l’infection et de l’état de l’olivier. La présence de nodules doit toutefois être interprétée avec prudence. Un diagnostic visuel ne suffit pas toujours à confirmer la maladie, car d’autres anomalies peuvent affecter les branches. En cas de doute, l’avis d’un technicien agricole ou d’un spécialiste de la protection des végétaux est préférable. Comment la maladie se propage-t-elle? La bactérie profite notamment des blessures présentes sur les tissus de l’olivier pour pénétrer dans l’arbre. Ces blessures peuvent être provoquées par la taille, les intempéries, la grêle ou d’autres dommages mécaniques. L’humidité et la pluie favorisent la dispersion de la bactérie sur les parties sensibles de l’arbre. Les outils de taille contaminés peuvent également contribuer à sa transmission d’un olivier à un autre. Une intervention réalisée sans précaution risque ainsi de favoriser involontairement la propagation de la maladie dans une parcelle. Ces mécanismes montrent pourquoi la prévention joue un rôle essentiel. Des gestes simples, appliqués régulièrement, peuvent contribuer à limiter les risques et à protéger les arbres sains. Les précautions à prendre dans les oliveraies La première précaution consiste à surveiller régulièrement les oliviers afin de repérer l’apparition de nodules inhabituels sur les branches et les rameaux. Une observation attentive permet de réagir rapidement et de demander conseil avant que la situation ne s’aggrave. La taille mérite une attention particulière. Les outils doivent être nettoyés et désinfectés de manière appropriée, surtout lorsqu’on intervient sur un arbre suspect ou atteint avant de passer à un arbre sain. Il est également préférable d’éviter les interventions qui provoquent des blessures inutiles et de choisir des conditions de taille adaptées. Lorsque des branches présentent des symptômes importants, leur élimination peut être envisagée après avis technique. Les parties retirées doivent être manipulées avec précaution et gérées de manière à éviter la dissémination de la bactérie. Il est déconseillé de les transporter ou de les abandonner dans d’autres parcelles sans précaution. Le choix des plants constitue une autre mesure importante. Les producteurs ont intérêt à privilégier des plants sains provenant de pépinières fiables et à rester attentifs à l’état sanitaire du matériel végétal introduit dans leurs exploitations. Après des épisodes de grêle ou des pluies importantes, une surveillance renforcée est également utile, car les blessures et l’humidité peuvent créer des conditions favorables aux infections. Les traitements à base de cuivre peuvent contribuer à prévenir de nouvelles contaminations lorsqu’ils sont adaptés à la situation et autorisés pour cet usage. Ils ne permettent cependant pas d’éliminer les nodules déjà installés dans les tissus. Leur utilisation doit respecter les indications du produit et les recommandations des services phytosanitaires. Il faut enfin éviter les interventions systématiques sans diagnostic. Tous les arbres présentant des symptômes ne nécessitent pas automatiquement les mêmes mesures, et un arbre suspect ne doit pas être arraché sans évaluation de la situation. Une vigilance sans panique La tuberculose de l’olivier rappelle l’importance de la surveillance sanitaire dans les exploitations agricoles. Face à cette maladie, la précipitation n’est pas une solution, pas plus que la banalisation du risque. L’observation, l’hygiène des outils, la gestion prudente des parties atteintes et le recours aux conseils de spécialistes constituent les bases d’une prévention raisonnée. Pour les agriculteurs tunisiens, protéger les oliviers signifie préserver à la fois les récoltes, les revenus des exploitations et un patrimoine agricole précieux. La meilleure réponse repose sur des gestes rigoureux, une information fiable et une coopération entre producteurs et techniciens. Mieux connaître la maladie, c’est déjà mieux protéger l’olivier. Sources EPPO (Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes) — Fiche phytosanitaire sur Pseudomonas savastanoi pv. savastanoi, la bactérie responsable de la maladie. https://gd.eppo.int/taxon/PSDMSA Plants, revue scientifique (2023) — Étude scientifique consacrée à la bactérie responsable de la tuberculose de l’olivier. https://www.mdpi.com/2223-7747/12/2/307 Molecular Plant Pathology — Publication scientifique sur la bactérie, les mécanismes de la maladie et les stratégies de lutte. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6638699/ Lire également Mohamed Boughanmi – L’huile d’olive tunisienne: l’or vert au cœur de la Méditerranée Henchir Chaal: le temps du renouveau et le défi de l’avenir Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique
La rotation des cultures : quand la terre change de culture pour mieux produire

Actuagro La rotation des cultures : quand la terre change de culture pour mieux produire Par AgroHealth. Et si, pour préserver les sols et sécuriser les récoltes, il fallait parfois simplement… changer de culture? Derrière cette idée apparemment simple se trouve une pratique agricole ancienne, mais toujours actuelle: la rotation des cultures. Elle consiste à ne pas installer continuellement la même culture sur une même parcelle, mais à organiser dans le temps une succession de cultures ayant des besoins, des systèmes racinaires et des effets différents sur le sol. Loin d’être une simple alternance entre plantes, la rotation constitue un véritable outil de gestion de la fertilité, de l’eau et de la santé des agroécosystèmes. Une parcelle n’a pas besoin de recevoir toujours la même culture Lorsqu’une même culture revient année après année sur une parcelle, elle prélève de manière répétée certains éléments nutritifs et peut créer des conditions favorables à la multiplication de ravageurs, de maladies ou de certaines adventices. La rotation vient casser cette répétition. Une céréale peut ainsi être suivie par une légumineuse, puis par une autre culture adaptée aux conditions locales. Chaque plante possède son propre système racinaire et n’explore pas exactement les mêmes horizons du sol. Certaines racines restent relativement superficielles, tandis que d’autres descendent davantage en profondeur. La FAO explique que cette diversité permet aux cultures successives d’explorer différentes couches du sol et de récupérer une partie des éléments nutritifs qui s’y trouvent. Les cultures en rotation peuvent ainsi fonctionner comme de véritables pompes biologiques, en participant au recyclage des nutriments. Le sol aussi profite du changement La rotation ne bénéficie pas uniquement à la culture qui sera récoltée. Elle agit également sur le fonctionnement biologique du sol. Les racines libèrent différentes substances organiques qui influencent les communautés de bactéries et de champignons présentes dans la rhizosphère. En diversifiant les cultures, on favorise donc aussi une plus grande diversité de la vie souterraine. Cette diversité biologique joue un rôle important dans la transformation et la disponibilité des nutriments pour les plantes. La FAO associe également la rotation à une meilleure répartition de l’eau et des éléments nutritifs dans le profil du sol, ainsi qu’à une augmentation potentielle de la formation d’humus. Autrement dit, le sol n’est pas un simple support sur lequel on pose une plante. C’est un milieu vivant, et la succession des cultures peut contribuer à maintenir cet équilibre. Quand les légumineuses entrent dans la rotation Certaines cultures présentent un intérêt particulier dans une rotation: les légumineuses. Pois, fèves, féveroles, lentilles ou autres légumineuses peuvent participer, grâce à leurs relations symbiotiques avec certains microorganismes du sol, à la fixation biologique de l’azote. Cette caractéristique explique pourquoi leur intégration dans une succession culturale peut être intéressante. Elles peuvent contribuer à améliorer la disponibilité de l’azote pour le système agricole et réduire certains déséquilibres liés à une succession répétitive de cultures fortement exigeantes. La rotation ne signifie donc pas simplement remplacer une plante par une autre. Elle consiste à réfléchir à la complémentarité entre les cultures et à ce que chacune laisse derrière elle pour la suivante. Une protection naturelle contre certains ravageurs La rotation joue également un rôle phytosanitaire. Lorsqu’un ravageur ou un agent pathogène dépend principalement d’une culture particulière pour se développer, le fait de remplacer cette culture par une autre peut interrompre une partie de son cycle. La FAO indique ainsi que la rotation contribue à limiter la propagation de ravageurs et de maladies spécifiques d’une culture à la suivante. Elle peut également contribuer à réduire les risques liés aux mauvaises herbes. Cela ne signifie évidemment pas que la rotation permet de supprimer tous les problèmes phytosanitaires. Elle constitue plutôt un élément parmi d’autres d’une stratégie intégrée de protection des cultures. Une pratique particulièrement intéressante face aux contraintes climatiques La question devient encore plus importante dans un contexte où l’agriculture doit composer avec des ressources naturelles limitées et des conditions climatiques plus variables. En Tunisie, les enjeux sont particulièrement sensibles : le changement climatique exerce des pressions sur les ressources en eau, la fertilité des sols, les rendements agricoles et les revenus des exploitants. Le ministère de l’Environnement identifie notamment la surexploitation des nappes, la perte de fertilité des sols et les effets sur les cultures céréalières parmi les vulnérabilités importantes de l’agriculture tunisienne. Dans ce contexte, diversifier les cultures peut contribuer à rendre les systèmes agricoles plus résilients, à condition que la rotation soit adaptée au climat, au sol, à l’eau disponible et aux objectifs de l’exploitation. La FAO considère d’ailleurs la diversification des cultures, dont la rotation, comme l’une des pratiques pouvant contribuer à la biodiversité et à différents services écosystémiques, notamment la qualité des sols, la gestion de l’eau et le contrôle des ravageurs et maladies. En Tunisie, quelle rotation choisir? Il n’existe pas une rotation universelle applicable à toutes les exploitations. Le choix dépend de la nature du sol, du climat, de la disponibilité de l’eau, des cultures pratiquées, des débouchés économiques et des objectifs de l’agriculteur. Dans certaines situations, une succession céréale–légumineuse peut être pertinente. Dans d’autres, l’intégration de cultures fourragères, de cultures industrielles ou de cultures maraîchères peut être envisagée. L’important est de raisonner la succession dans son ensemble : quelle culture vient avant? Que prélève-t-elle? Que laisse-t-elle? Quelle culture viendra ensuite? Et quels sont ses besoins? Une bonne rotation doit également tenir compte de la durée du cycle des cultures, de leurs besoins en eau et en éléments nutritifs, ainsi que des contraintes de travail et de commercialisation. Produire aujourd’hui sans épuiser demain La rotation des cultures rappelle finalement une idée essentielle: une bonne agriculture ne consiste pas uniquement à rechercher le rendement d’une seule récolte, mais à préserver la capacité de la parcelle à produire dans le temps. Changer de culture peut permettre de changer la manière dont le sol est exploité. Les racines explorent différents horizons, les
Zouhaïr Ben Amor: Quand l’eau traitée dérègle la vie, du benthos à toute la chaîne trophique

Actuagro Zouhaïr Ben Amor: Quand l’eau traitée dérègle la vie, du benthos à toute la chaîne trophique Par Dr. Zouhaïr Ben Amor. Universitaire. Nous avons pris l’habitude de considérer une station d’épuration comme le dernier maillon d’un problème résolu. Les eaux usées arrivent chargées de matières organiques, de détergents, de résidus de médicaments et de tout ce que notre vie quotidienne abandonne dans les égouts. Elles sont traitées, contrôlées, puis rejetées. Dans notre esprit, le mot « traité » finit presque naturellement par devenir synonyme de « propre ».Or, sur le plan écologique, les choses sont beaucoup moins simples. Une eau traitée n’est pas une eau pure. Elle a été débarrassée d’une partie importante de sa charge polluante, parfois avec une grande efficacité, mais elle peut encore contenir de l’azote, du phosphore, de la matière organique résiduelle, des microorganismes et différentes substances chimiques présentes à de faibles concentrations. Les stations conventionnelles n’ont d’ailleurs pas toutes été conçues pour éliminer certains contaminants dits émergents, notamment de nombreux résidus pharmaceutiques et produits de soins personnels. Une vaste revue récente confirme leur présence dans les effluents de stations d’épuration à travers différentes régions du monde (Jiang et al., 2024). Le problème prend une dimension particulière lorsque ces eaux sont rejetées de façon continue dans un cours d’eau, une lagune ou une zone côtière où la dilution est faible. Ce qui sort d’une station pendant une heure paraît parfois insignifiant. Mais la station rejette demain, après-demain, la semaine suivante, pendant l’été et pendant l’hiver. L’écosystème, lui, reçoit cette eau sans interruption. Et au fond, littéralement au fond, se trouvent des organismes auxquels nous accordons peu d’attention : le benthos. Vers, mollusques, petits crustacés, larves d’insectes, nématodes et une multitude d’autres organismes vivent sur ou dans les sédiments. Ils sont discrets. Ils n’ont ni la visibilité des poissons ni l’attrait des oiseaux aquatiques. Pourtant, une partie considérable du fonctionnement d’un milieu aquatique repose sur eux. Ils fragmentent la matière organique, participent au recyclage des nutriments et servent de nourriture à de nombreux organismes. Toucher au benthos, ce n’est donc pas seulement perturber quelques petites espèces cachées dans la vase. C’est intervenir sur l’un des premiers engrenages d’une mécanique beaucoup plus vaste. Le fond de l’eau n’est pas un monde secondaire Lorsque nous regardons une rivière ou une lagune, notre regard reste naturellement à la surface. Nous observons la couleur de l’eau. Nous remarquons une mousse, une odeur, des déchets flottants ou la présence de poissons morts lorsque la situation devient spectaculaire. Pourtant, bien avant ces manifestations visibles, des transformations peuvent avoir commencé dans le sédiment. Le benthos est particulièrement intéressant parce qu’il ne peut pas toujours échapper facilement à une perturbation. Un poisson peut se déplacer lorsqu’une zone devient momentanément défavorable. Beaucoup d’organismes benthiques sont beaucoup moins mobiles. Ils restent exposés à ce qui arrive dans l’eau et surtout à ce qui s’accumule dans le sédiment. C’est précisément pour cette raison que les communautés benthiques constituent d’excellents témoins de la qualité écologique d’un milieu. Leur composition raconte, en quelque sorte, l’histoire récente du site. Dans un environnement relativement équilibré, on trouve une communauté diversifiée où différentes espèces occupent différentes fonctions. Lorsque les conditions se dégradent, certaines espèces sensibles diminuent ou disparaissent tandis que d’autres, plus tolérantes, peuvent devenir dominantes. Le fond n’est donc pas nécessairement désert lorsqu’il est perturbé. Et c’est là une nuance importante. On pourrait observer beaucoup d’organismes et conclure trop rapidement que le milieu se porte bien. Mais lesquels ? Cette question change tout. Une abondance élevée de quelques espèces tolérantes n’a pas la même signification écologique qu’une communauté riche et équilibrée. Une étude consacrée aux effets de stations d’épuration sur les macroinvertébrés benthiques a d’ailleurs montré que les réponses peuvent varier selon les stations et les contextes, avec notamment des modifications de l’abondance et de la diversité à proximité des rejets (Wright et al., 2022). Il ne faut donc pas imaginer une relation simpliste dans laquelle « pollution » signifie nécessairement « disparition de toute vie ». La réalité écologique est plus subtile. Un rejet peut enrichir le milieu en matière organique et en nutriments. Certaines espèces en profitent. D’autres reculent. Le nombre total d’individus peut même augmenter pendant que la diversité diminue. Voilà un paradoxe qui mérite d’être expliqué au grand public : davantage de vie apparente ne signifie pas nécessairement davantage de santé écologique. Ce que transporte encore une eau domestique traitée Une station d’épuration remplit une fonction sanitaire et environnementale indispensable. Il serait absurde de nier son importance. Sans traitement, la charge organique, microbienne et chimique rejetée directement dans le milieu serait évidemment beaucoup plus préoccupante. Le sujet n’est donc pas de mettre en accusation les stations d’épuration, mais de comprendre leurs limites. Une station traite en fonction de sa conception, de sa capacité, de son entretien et de la nature des eaux qu’elle reçoit. Elle ne transforme pas automatiquement l’effluent en eau chimiquement neutre. L’azote et le phosphore illustrent bien cette difficulté. Ces éléments sont indispensables à la vie. Sans eux, pas de production biologique. Mais leur excès peut stimuler fortement la croissance des algues et des microorganismes. La question n’est donc pas leur présence en elle-même, mais leur quantité et la capacité du milieu récepteur à les absorber. Lorsque l’apport nutritif devient trop important, la production biologique augmente. Puis cette matière meurt et doit être décomposée. Cette décomposition consomme de l’oxygène. Dans certaines conditions, notamment lorsque le renouvellement de l’eau est faible ou que la température est élevée, l’oxygène disponible près du fond peut diminuer fortement. Pour un organisme benthique, ce changement est loin d’être abstrait. C’est son environnement immédiat qui devient difficilement respirable. Les espèces les plus sensibles à l’appauvrissement en oxygène régressent. Les organismes capables de supporter ces conditions peuvent prendre leur place. Progressivement, la structure de la communauté
Noureddine Nasr: Pour une agriculture tunisienne compatible avec One Health

Actuagro Noureddine Nasr: Pour une agriculture tunisienne compatible avec One Health Par Dr. Noureddine NASR – Ancien chercheur à l’IRA de Médenine, Ancien Cadre au CGIAR (Bioversity International) et aux Nations Unies (PNUD et FAO) . La Déclaration de Carthage : One Health Dix pays de la région Afrique du Nord Moyen-Orient (MENA) ont lancé «Une déclaration de Carthage» (Tunis 14 et 15 Juin 2025) appelant à intégrer l’approche Santé globale (One Health) dans leurs politiques publiques nationales, renforcer les systèmes de surveillance et de protection, partager les données et investir dans la recherche. Ils ont souligné l’impératif d’impliquer la société civile, de créer des organes de gouvernances coordonnés et la mise en place à partir de Tunis d’une plateforme d’échange d’expériences et de bonnes pratiques, le développement des compétences professionnelles et le renforcement des systèmes de contrôle. Leaders, 16.6.2025 1. La révolution verte n’a pas éradiqué la faim, mais a détruit l’environnement En 1996, le Sommet mondial de l’alimentation fixait l’objectif de réduirede 800 millions à 400 millions le nombre de personnes souffrant de la faimd’ici 2015. En 2025, on estime qu’environ 645 millions de personnes souffraient de la faim dans le monde, soit 7,8% de la population mondiale (rapport SOFI, FAO 2026). Plus grave encore: la révolution verte n’a pas seulement échoué à éliminer la faim; elle a détruit les bases écologiques de l’agriculture. La FAO rapporte une perte de 70 % de la biodiversité au cours du siècle dernier, causée par la transition radicale vers des systèmes agricoles fondés sur l’usage intensif d’engrais chimiques, de pesticides, d’hormones, d’hybrides et d’organismes génétiquement modifiés (OGM), avec un recours à un nombre; limité de variétés et de races. L’échec de ce modèle est structurel: La révolution verte a traité l’agriculture comme une chaîne d’approvisionnement industrielle, en externalisant les coûts sanitaires et environnementaux vers les travailleurs et travailleuses agricoles, les familles rurales, les nappes phréatiques et les générations futures. L’approche ‘One Health’ propose une rupture: reconnaître que la santé humaine, animale, végétale et celle des écosystèmes forment un continuum indissociable. 2. Le problème tunisien Dépendance et défaillances du contrôle La Tunisie ne produit pas de pesticides et dépend entièrement des importations surtout d’Inde, Chine, Japon, Union Européenne, Afrique du Sud, Etats Unis d’Amérique et de Suisse. En 2022, la Tunisie a importé 4 161,2 tonnes de pesticides (Gharbi, 2025). Toutefois, le contrôle présente encore des faiblesses majeures: non-respect des textes législatifs à plusieurs niveaux (application des pesticides, résidus, protection, gestion des emballages vides); efforts insuffisants de sensibilisation et d’orientation des petits et moyens producteurs ; et surtout existence d’un marché parallèle. Un problème qui dépasse la toxicité intrinsèque Les risques liés aux pesticides en Tunisie ne se résument pas à la dangerosité d’une molécule. Ils résultent aussi de la vente sans conseil agronomique suffisant, du surdosage et de la répétition des traitements, du non-respect des délais avant récolte, du mélange de plusieurs produits, de l’exposition des ouvriers et des ouvrières (plus vulnérables), de l’élimination inadéquate des emballages qui sont souvent utilisés à d’autres fins, et de l’absence de données nationales continues sur les intoxications et les résidus. Des données de contamination confirmées Une étude portant sur des échantillons de raisins collectés dans les régions de Grombalia et Bouargoub a montré que 90 % des échantillons contenaient au moins une substance active, majoritairement des fongicides (62 %). Une autre étude tunisienne sur le raisin, menée entre 2015 et 2017 sur 64 échantillons, a révélé la présence de 4 à 24 résidus de pesticides par échantillon, avec une moyenne de 11,6 résidus, et des concentrations élevées (Bouagga et al, 2019). Gharbi 2025, donne un autre exemple qui est celui de la culture de la tomate qui est susceptible de recevoir 29 types de substances actives classées pesticides extrêmement dangereux (HHP[1]). Une étude réalisée dans le gouvernorat de Sousse en 2018 a trouvé des résidus de chlorpyrifos dans les fruits de tomates à des taux élevés, atteignant 80 % et 312 % de la dose de référence aiguë (ARfD[2]) pour les adultes et les enfants respectivement. Face aux risques sanitaires et environnementaux du modèle conventionnel, la Tunisie dispose d’un potentiel agroécologique avéré et d’un secteur biologique en pleine expansion, bien qu’encore caractérisé par des fragilités structurelles. Le pays comptait en 2024 environ 235.000 hectares certifiés bio et plus de 6.269 producteurs et transformateurs (CTAB, 2025). Cependant, ce secteur souffre d’un déséquilibre majeur: il est fortement concentré sur l’oléiculture (représentant près de 67,5 % des superficies certifiées) et polarisé géographiquement dans les régions du Centre-Est et du Centre-Ouest (Sfax, Mahdia, Kairouan, Kasserine) qui regroupent plus de 70 % des surfaces bio. Les autres filières à fort impact nutritionnel et écologique — telles que le maraîchage, l’arboriculture, les dattes, les plantes aromatiques et médicinales et l’élevage biologique — restent marginales et privent le marché national d’une offre régulière en aliments sains, exempte de résidus chimiques [1] HHP : Highly Hazardous Pesticides [2] ARfD : Acute Reference Dose 3. Importation des produits interdits ailleurs : la valeur de la santé humaine est-elle égale partout dans le monde? Le double standard De nombreux pays industrialisés, notamment en Europe, ont reconnu les menaces posées par les pesticides hautement dangereux et ont interdit leur production et leur utilisation sur leur territoire. Mais cette interdiction ne s’applique pas aux pays en développement, dont la Tunisie, qui a continué d’importer des substances provenant d’Europe et dont leur utilisation est interdite en Europe. D’après Gharbi, en 2018 et 2019, 240,5 tonnes de pesticides interdits ou restreints dans l’Union européenne auraient été exportées vers la Tunisie. En 2020, 45 substances actives “non approuvées” par l’UE auraient été expédiées par des pays européens vers la Tunisie, d’après la liste des pesticides homologués en Tunisie. Ces produits proviennent surtout d’Espagne, des Pays Bas du Royaume Uni, Allemagne, France, Grèce et d’Italie (Inkyfada, 2021). Tunisie et mesures réglementaires récentes En juillet 2023, les autorités tunisiennes ont annoncé l’interdiction de pesticides hautement dangereux: 33 pesticides auraient été concernés, dont 20
Mohamed Boughanmi – Agriculture biologique en Tunisie : produire autrement, consommer mieux, construire demain

Actuagro Mohamed Boughanmi – Agriculture biologique en Tunisie : produire autrement, consommer mieux, construire demain Par Mohamed Boughanmi. Ingénieur d’État en génie biologique – De la terre au consommateur, l’agriculture biologique ouvre de nouvelles perspectives pour la Tunisie. Mieux valoriser les productions, préserver les ressources naturelles, développer l’industrie agroalimentaire et proposer des produits certifiés: le biologique peut contribuer à construire une agriculture plus durable et plus compétitive. Dans un contexte marqué par la raréfaction de l’eau, la préservation des sols, les préoccupations liées à la qualité des aliments et les effets d’un usage inapproprié des produits phytosanitaires, cette approche apparaît comme une voie de développement à la fois agricole, économique et environnementale. La Tunisie dispose déjà d’une expérience importante dans ce domaine. Selon le Centre Technique de l’Agriculture Biologique (CTAB), près de 235 000 hectares étaient consacrés à l’agriculture biologique en 2024. L’olivier, les dattes, les plantes aromatiques et médicinales, les arbres fruitiers et les parcours figurent parmi les principales filières porteuses. Préserver les ressources et repenser les pratiques L’agriculture biologique repose sur une logique de prévention: rotation des cultures, biodiversité, fertilisation organique, lutte biologique et réduction du recours aux produits chimiques de synthèse. Cette démarche répond notamment aux enjeux liés à l’utilisation des pesticides et des fertilisants. Une étude tunisienne sur l’exposition alimentaire aux résidus de pesticides a identifié 21 substances quantifiables parmi 170 recherchées, tout en concluant que les doses journalières acceptables n’étaient pas dépassées dans les conditions étudiées. Ces résultats soulignent surtout l’importance du contrôle, de la surveillance et du respect des bonnes pratiques agricoles. Le développement du biologique peut également favoriser une meilleure valorisation des ressources locales. Compost issu des résidus agricoles et des déchets organiques, fumier, engrais verts, légumineuses et rotations culturales peuvent contribuer à maintenir la fertilité des sols. Ces pratiques nécessitent toutefois un accompagnement technique, de la formation et des solutions économiques adaptées aux producteurs. De la production à la création de valeur Le potentiel du biologique ne se limite pas à la production agricole. Il concerne l’ensemble de la chaîne agroalimentaire: transformation, certification, analyses, conditionnement, commercialisation et exportation. L’huile d’olive, les dattes, les plantes aromatiques et médicinales, les fruits et légumes ainsi que leurs produits transformés offrent des possibilités de diversification et de création de valeur. La transformation locale et le développement de marques tunisiennes pourraient notamment permettre de dépasser la simple exportation de matières premières. Pour les entreprises, les produits biologiques peuvent répondre à une demande de certains marchés et favoriser une offre à plus forte valeur ajoutée. Pour les agriculteurs, la certification peut ouvrir l’accès à des marchés spécifiques et permettre une meilleure valorisation de certaines productions. Certification et traçabilité: des conditions deconfiance La croissance du secteur dépend aussi de la confiance des consommateurs. Un produit biologique doit être certifié, identifiable et traçable. Les mentions telles que «naturel», «traditionnel» ou «zéro résidu de pesticides» ne constituent pas, à elles seules, une certification biologique. La traçabilité peut aujourd’hui être renforcée par les outils numériques. QR codes, plateformes de données et, dans certains cas, technologie blockchain peuvent faciliter l’accès aux informations relatives à l’origine, aux pratiques agricoles, à la transformation et au parcours d’un produit. Ces technologies ne remplacent cependant ni la certification ni les contrôles officiels. Elles peuvent les compléter en rendant les informations plus accessibles et en renforçant la transparence de la chaîne de valeur. Un marché intérieur à développer Le consommateur tunisien joue également un rôle dans cette évolution. Le développement du marché intérieur passe notamment par une meilleure disponibilité des produits, les circuits courts, la vente directe, les marchés locaux, les magasins spécialisés et une présence accrue dans les réseaux de distribution. Le prix demeure néanmoins un facteur important. L’information du consommateur est donc essentielle: il s’agit de lui permettre de comprendre ce que signifie réellement «biologique», de reconnaître un produit certifié et de comparer les offres en connaissance de cause. Transformer le potentiel en stratégie La Tunisie dispose de plusieurs atouts pour renforcer son secteur biologique: une longue tradition agricole, une importante production oléicole, des terroirs diversifiés, un savoir-faire reconnu et une expérience dans la certification et l’exportation. L’enjeu est désormais de consolider ces acquis et de mieux structurer la chaîne de valeur. Cela passe par la formation des agriculteurs, l’accompagnement technique, un accès plus facile à la certification, le soutien à la recherche, le développement de la transformation locale et l’amélioration de la commercialisation. Les pouvoirs publics, organisations professionnelles, chercheurs, entreprises, laboratoires, organismes de certification et distributeurs ont chacun un rôle à jouer. L’agriculture biologique tunisienne possède ainsi une base déjà solide. En renforçant la certification, l’innovation, la formation et la traçabilité, la Tunisie peut mieux valoriser ses productions et développer des produits biologiques identifiables, compétitifs et à plus forte valeur ajoutée. L’objectif n’est plus seulement de produire biologique, mais de construire une véritable chaîne de valeur tunisienne, du champ au consommateur. Mohamed Boughanmi Ingénieur d’État en génie biologique Références bibliographiques Centre Technique de l’Agriculture Biologique (CTAB). (2025). Statistiques de l’agriculture biologique en Tunisie – données 2024. Direction Générale de l’Agriculture Biologique, Tunisie. Landoulsi, A., et al. (2020). “Dietary exposure of Tunisian adult population aged from 19 to 65 years old to pesticides residues”. Food Additives & Contaminants: Part A, 37(7), 1165–1179. Article scientifique – PubMed Paull, J. (2024). “Organic Agriculture in Tunisia, Africa”. European Journal of Agriculture and Food Sciences, 6(1). DOI : 10.24018/ejfood.2024.6.1.774. Mtimet, N., Souissi, A. & Mhamdi, N. (2020). “Tunisian consumers’ perception and behavior towards organic food products”. New Medit, 19(1), 3–18. République Tunisienne. (1999). Loi n° 99-30 du 5 avril 1999 relative à l’agriculture biologique. Journal Officiel de la République Tunisienne. IFOAM – Organics International & FiBL. (2026). The World of Organic Agriculture: Statistics and Emerging Trends 2026. Research Institute of Organic Agriculture (FiBL). Organisation mondiale de la Santé (OMS). Résidus de pesticides dans les aliments. Organisation mondiale de la Santé. OMS – Résidus de pesticides dans les aliments. Laissez un commentaire
Café: l’histoire d’un grain, d’un parfum et d’un moment partagé

Chronique Café: l’histoire d’un grain, d’un parfum et d’un moment partagé Par AgroHealth – Le 1er octobre, le monde célèbre le café. Derrière cette tasse sombre et fumante se cachent une plante, des territoires, des millions de producteurs, des savoir-faire et une longue histoire. Mais le café est aussi autre chose : une odeur qui réveille, une saveur qui reste en bouche, une pause dans une journée pressée et parfois un souvenir qui revient dès la première gorgée. Il suffit parfois de très peu de choses pour reconnaître le café. Le bruit des grains que l’on moud. La vapeur qui s’élève d’une tasse. Puis cette odeur chaude, profonde, légèrement grillée, qui envahit doucement la pièce. Avant même de le goûter, le café est déjà là. Il évoque le matin, les retrouvailles, une conversation autour d’une table, une pause entre deux tâches ou simplement quelques minutes de silence. Dans de nombreuses cultures, proposer un café est aussi une manière d’accueillir, de prendre le temps et de partager un moment. Mais derrière cette simplicité apparente se trouve une véritable histoire agricole et scientifique. Avant la tasse, il y a un fruit Le café ne commence pas dans une tasse, ni même dans un paquet de grains torréfiés. Il commence sur un arbre. Le caféier produit de petits fruits appelés couramment «cerises de café» . Lorsqu’ils arrivent à maturité, ils prennent généralement une teinte rouge, même si certaines variétés peuvent présenter d’autres couleurs. À l’intérieur du fruit se trouvent habituellement deux graines : les futurs grains de café. Ces graines doivent ensuite être séparées du fruit, puis séchées, triées et préparées avant d’être torréfiées. La production du café dépend fortement des conditions naturelles. Température, altitude, pluviométrie, sols, maladies et pratiques agricoles influencent la croissance du caféier et la qualité de sa production. La FAO estime qu’en 2024, la production mondiale de café a dépassé 11 millions de tonnes. Le secteur fait vivre jusqu’à 25 millions d’agriculteurs et leurs familles, tandis que les petites exploitations représenteraient jusqu’à 80 % des plantations de café dans le monde. Ainsi, derrière une simple tasse se trouve une longue chaîne humaine qui commence dans une plantation. Arabica et Robusta: deux grands visages du café Lorsque l’on parle de café, deux noms reviennent souvent: Arabica et Robusta. Il ne s’agit pas de marques commerciales, mais des deux principales formes de café cultivées et échangées dans le monde. L’Arabica correspond à Coffea arabica, tandis que le Robusta est principalement associé à Coffea canephora. L’Arabica représente environ 60 % de la production mondiale selon la FAO. Il est généralement cultivé dans des environnements plus frais et souvent à des altitudes plus élevées. Le Robusta, de son côté, supporte davantage la chaleur et des conditions différentes de culture. Mais ces différences ne se résument pas à l’agriculture. Elles se retrouvent aussi dans la tasse. Les cafés issus de l’Arabica sont souvent associés à des profils aromatiques plus complexes, tandis que le Robusta donne généralement une tasse plus corsée et plus amère et contient davantage de caféine. Le café que nous connaissons est donc le résultat d’une rencontre entre la génétique de la plante, son environnement, les méthodes de production, la transformation et la torréfaction. C’est à la torréfaction que le café commence véritablement à parler Un grain vert n’a pas encore le parfum familier du café. C’est la torréfaction qui transforme profondément ses caractéristiques. Sous l’effet de la chaleur, le grain change de couleur, perd une partie de son eau et développe une multitude de composés aromatiques. C’est alors que peuvent apparaître des notes rappelant le cacao, les fruits secs, le caramel, les épices ou encore certains fruits et fleurs. Voilà pourquoi deux cafés peuvent avoir une apparence proche et pourtant raconter des histoires complètement différentes. Le goût dépend de nombreux paramètres: l’espèce, la variété, le terroir, la maturité des fruits, la méthode de traitement, la torréfaction et enfin la préparation de la boisson. Et puis il y a l’odeur. Elle est peut-être la première chose qui nous séduit. Le parfum du café fraîchement moulu possède cette capacité particulière à réveiller quelque chose en nous avant même que la première gorgée ne soit prise. Ce n’est pas uniquement une impression subjective : l’arôme du café résulte d’un ensemble complexe de molécules volatiles produites notamment pendant la torréfaction. Le nez participe alors pleinement à l’expérience. Nous ne «goûtons» donc pas le café avec la langue seulement. Nous le percevons avec tout un ensemble de sensations : l’odorat, le goût, la température, la texture et même le souvenir. Pourquoi le café nous plaît-il autant? La popularité du café ne peut pas être expliquée uniquement par la caféine. Certes, la caféine est un stimulant du système nerveux central. Elle peut augmenter la vigilance et diminuer la sensation de somnolence. Mais il y a aussi le rituel. On ne boit pas toujours un café parce que l’on est fatigué. On le boit parfois parce que quelqu’un nous l’a proposé. Parce que le repas est terminé. Parce qu’une réunion vient de finir. Parce qu’il pleut dehors. Parce qu’on retrouve un ami. Ou simplement parce que l’on aime ce petit moment qui nous appartient. Le café s’est ainsi installé dans les habitudes humaines bien au-delà de son effet stimulant. Il accompagne les conversations, les rencontres et les moments de solitude. Il peut être servi dans une petite tasse après un repas, préparé lentement à la maison ou partagé dans un lieu où l’on vient autant pour discuter que pour boire. C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles il existe tant de manières de préparer et de consommer le café à travers le monde. La boisson change, mais le rituel demeure. Le café et la santé: entre plaisir et mesure Le café a longtemps été au centre de nombreuses discussions concernant ses effets sur la santé. Les recherches
Pr. Dhia Bouktila – Le nexus eau, énergie, alimentation: penser les ressources autrement pour mieux agir

Actuagro Pr. Dhia Bouktila – Le nexus eau, énergie, alimentation: penser les ressources autrement pour mieux agir Par Pr. Dhia Bouktila. Professeur de Génétique à l’Université de Monastir – Dans un monde marqué par le changement climatique, les tensions géopolitiques et la raréfaction des ressources, l’eau, l’énergie et l’alimentation ne peuvent plus être pensées séparément. Leurs interdépendances forment un système dont chaque décision peut produire des effets en chaîne sur les autres ressources. Pour la Tunisie, comprendre ces interactions et les intégrer dans les choix de gestion devient essentiel pour renforcer la résilience des territoires et construire des réponses plus durables. 1. Quand les ressources deviennent interdépendantes Il suffit parfois d’ouvrir un robinet, de faire ses courses ou de regarder le prix des carburants pour prendre la mesure des transformations qui affectent notre rapport aux ressources essentielles. Derrière ces gestes ordinaires se cachent des systèmes complexes, mobilisant de l’eau, de l’énergie, des terres, des infrastructures et des chaînes d’approvisionnement souvent invisibles pour le consommateur. Lorsque l’eau vient à manquer, les conséquences ne se limitent pas à l’approvisionnement des ménages. L’agriculture, l’industrie, la production énergétique et les écosystèmes sont également concernés. Lorsque l’énergie devient plus coûteuse ou moins accessible, les effets se répercutent sur l’irrigation, le transport, la conservation des aliments et, finalement, sur le contenu de nos assiettes. Ces interactions prennent une importance particulière en 2026, dans un contexte marqué par les dérèglements climatiques, les tensions géopolitiques, les incertitudes sur les marchés énergétiques et la fragilité de nombreuses chaînes d’approvisionnement. Pour comprendre ces transformations, un concept développé dans les travaux internationaux sur la gestion durable des ressources mérite une attention particulière: le nexus eau–énergie–alimentation[1]. Derrière cette expression encore peu familière au grand public se trouve une idée fondamentale : l’eau, l’énergie et l’alimentation ne constituent pas trois enjeux indépendants, mais les composantes interdépendantes d’un même système dont dépend notre sécurité collective. Pour la Tunisie, où les contraintes hydriques, les besoins alimentaires et les dépendances énergétiques se croisent de manière particulièrement étroite, comprendre ce nexus n’est plus seulement une question scientifique. C’est une nécessité pour penser l’avenir du développement. 2. Qu’est-ce que le nexus eau – énergie – alimentation? Le terme anglais nexus signifie lien, connexion ou interdépendance. Dans le domaine de la gestion des ressources, il désigne une approche qui cherche à comprendre comment les systèmes de production et d’utilisation de l’eau, de l’énergie et de l’alimentation interagissent, se renforcent ou entrent en concurrence. La FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, a largement contribué à formaliser et à opérationnaliser cette approche, notamment à travers ses travaux sur la sécurité alimentaire et l’agriculture durable. L’objectif est de rendre visibles les conséquences qu’une décision prise dans un secteur peut avoir sur les autres, afin d’améliorer la cohérence des politiques publiques et la gestion des ressources. Pour bien comprendre le concept, il faut partir d’une évidence souvent négligée: aucune de ces trois ressources ne peut être mobilisée durablement sans les deux autres. L’eau est indispensable à la production alimentaire, mais aussi à de nombreuses activités énergétiques. L’énergie est nécessaire pour extraire, pomper, traiter et distribuer l’eau,tout comme elle intervient à toutes les étapes de la chaîne alimentaire. L’alimentation, enfin, dépend directement des ressources hydriques et énergétiques, mais elle influence également leur utilisation à travers les choix agricoles, les régimes alimentaires et les modes de production. Le nexus ne signifie donc pas simplement que l’eau, l’énergie et l’alimentation sont toutes importantes. Il invite à examiner leurs relations, leurs éventuelles concurrences et les possibilités de bénéfices communs. Une politique agricole qui augmente les superficies irriguées peut accroître la production alimentaire, mais aussi la demande en eau et en énergie. Une politique énergétique qui privilégie certaines filières peut modifier les besoins hydriques ou l’utilisation des terres. Une stratégie de dessalement peut renforcer la disponibilité en eau, tout en augmentant la demande électrique et les coûts de fonctionnement. Un même projet peut ainsi générer des bénéfices dans un secteur tout en créant des coûts ou des vulnérabilités dans un autre. C’est pourquoi la FAO associe aujourd’hui de plus en plus fréquemment à ce nexus une quatrième dimension : celle des écosystèmes. L’eau, l’énergie et l’alimentation dépendent en effet de la biodiversité, des cycles naturels et de la capacité des milieux à renouveler leurs ressources. On parle alors du nexus eau–énergie–alimentation–écosystèmes, souvent désigné par le sigle WEFE[2]. 3. Comment le nexus fonctionne-t-il concrètement? Trois exemples L’intérêt du concept apparaît particulièrement bien lorsqu’on examine des situations concrètes. Les interactions entre eau, énergie et alimentation sont parfois directes, parfois indirectes, mais elles sont presque toujours déterminantes pour l’efficacité des décisions. Exemple 1 – Irriguer davantage: produire plus, mais à quel coût? L’irrigation peut stabiliser les rendements et réduire la vulnérabilité de certaines cultures aux précipitations irrégulières. Mais l’eau doit être prélevée, transportée et distribuée, souvent grâce à des équipements consommant de l’électricité ou des carburants. L’irrigation peut ainsi accentuer la pression sur les nappes et accroître la facture énergétique. Une augmentation des surfaces irriguées ne garantit donc pas, à elle seule, une amélioration durable de la sécurité alimentaire. Exemple 2 – Dessaler l’eau de mer: une solution hydrique qui dépend de l’énergie Le dessalement peut diversifier les sources d’approvisionnement et contribuer à sécuriser l’eau potable dans les régions côtières. Mais il exige de l’énergie, des investissements et une gestion environnementale rigoureuse. Son efficacité doit donc être évaluée à travers le coût complet de l’eau produite, sa destination et la disponibilité d’une énergie fiable. Le nexus invite à considérer le dessalement comme une composante d’une stratégie hydrique globale, et non comme une réponse isolée à une pénurie. Exemple 3 – Réduire les pertes alimentaires: économiser aussi l’eau et l’énergie Lorsqu’une récolte est perdue à cause de mauvaises conditions de stockage, de transport ou de commercialisation, ce ne sont pas uniquement des aliments qui disparaissent. L’eau utilisée pour
Octobre Rose: un mois pour mieux comprendre, prévenir et agir

Actuhealth Octobre Rose: un mois pour mieux comprendre, prévenir et agir Chaque année, le mois d’octobre est associé à une mobilisation internationale autour du cancer du sein. Connue sous le nom d’Octobre Rose, cette campagne vise à sensibiliser le public à cette maladie, à encourager l’information et à rappeler l’importance de la prévention et du dépistage. Le cancer du sein demeure l’un des cancers les plus fréquents chez la femme. Pourtant, son évolution n’est pas identique d’une personne à l’autre et les possibilités de prise en charge dépendent notamment du type de cancer, de son stade au moment du diagnostic et de différents facteurs individuels. Au-delà du symbole du ruban rose, Octobre Rose constitue donc une occasion de mieux comprendre la maladie et les moyens disponibles pour la prévenir ou la détecter plus tôt. L’information joue ici un rôle essentiel: connaître les facteurs de risque, être attentive aux changements inhabituels et comprendre les modalités du dépistage permettent de mieux participer à sa propre santé. La prévention ne repose toutefois pas sur un seul geste. Elle s’inscrit dans une approche plus globale de la santé, associant habitudesde vie, alimentation équilibrée, activité physique, suivi médical adapté et accès à une information fiable. Il est également important de rappeler que certains facteurs de risque ne peuvent pas être modifiés, notamment l’âge ou certains antécédents familiaux. Pour AgroHealth, Octobre Rose est aussi l’occasion d’ouvrir une réflexion plus large sur les liens entre **santé, nutrition et prévention**. Quels sont les facteurs qui peuventinfluencer le risque de cancer du sein ? Quelle place peut avoir l’alimentationdans une démarche globale de prévention? Ces questions méritent des réponses fondées sur les données scientifiques et les recommandations des organismes de santé. Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Dr Fatma Rebai: Le menu enfant a-t-il oublié le goût? septembre 25, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Déclinaison régionale : Méditerranée, Afrique du Nord, Tunisie – (Partie II) septembre 16, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Diagnostic ENSO global (bulletins CCSR/IRI du 19 août et OMM du 1ᵉʳ-3 septembre 2026) – (Partie… septembre 16, 2026/Agrohealth Quand les marchés se vident, faut-il réapprendre l’art de l’âoula? septembre 11, 2026/Agrohealth Actuhealth Plantes médicinales: quand le naturel peut devenir un risque pour le système digestif et la santé octobre 1, 2026 Salwa Ben Youssef – Le laboratoire à l’heure de One Health : Quand la qualité éclaire la décision septembre 23, 2026 La chriha tunisienne: ce que la figue séchée apporte réellement à notre santé septembre 21, 2026 Load More Élevage La dinde en Tunisie, une filière discrète devenue incontournable septembre 24, 2026 Le dromadaire tunisien: le sage du désert septembre 5, 2026 Élevage équin: le cheval tunisien peut-il enfin devenir une véritable filière agricole? août 30, 2026 Load More