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La saupe en Tunisie, une petite sentinelle de la Méditerranée

Actuagro La saupe en Tunisie, une petite sentinelle de la Méditerranée Par AgroHealth – De la «chelba» tunisienne aux herbiers de posidonie, l’histoire d’un poisson étroitement lié à la santé de nos côtes.   Avec ses lignes jaunes qui parcourent son corps argenté, la saupe (Sarpa salpa) est facilement reconnaissable. En Tunisie, elle est notamment connue sous le nom de «chelba». Familière des pêcheurs et des côtes tunisiennes, cette espèce mérite pourtant qu’on s’y intéresse davantage.   Car derrière ce poisson discret se raconte une histoire plus vaste, celle de nos fonds côtiers, de nos algues et surtout des herbiers de posidonie, véritables refuges de la vie marine méditerranéenne. Une habituée des petits fonds Présente en Méditerranée et dans l’Atlantique oriental, la saupe fréquente principalement les zones côtières peu profondes. Elle apprécie les fonds rocheux ou sableux riches en végétation et les prairies sous-marines de Posidonia oceanica.   Elle peut atteindre environ 50 cm, même si les individus mesurent plus souvent autour de 30 cm. Son corps porte généralement une dizaine de lignes longitudinales dorées, qui lui donnent cette apparence si particulière.   Mais ce qui la distingue surtout est son alimentation. Une véritable «brouteuse» de la mer À l’âge adulte, la saupe est essentiellement herbivore. Elle se nourrit d’algues et de végétation marine et fréquente les herbiers de posidonie.   Les jeunes individus ont d’abord une alimentation davantage carnivore avant d’évoluer progressivement vers un régime végétal.   Cette particularité explique pourquoi la saupe est souvent associée aux zones où la végétation marine est abondante. Elle vit généralement en bancs et peut se concentrer dans certains secteurs particulièrement favorables.   Autrement dit, observer des saupes, c’est aussi observer un peu de l’environnement dans lequel elles vivent. Où la trouve-t-on en Tunisie? La saupe est signalée dans plusieurs régions du littoral tunisien, notamment dans le golfe de Tunis, le Sahel et le golfe de Gabès. Elle fait depuis longtemps partie des espèces présentes dans les pêcheries tunisiennes et dans la pêche artisanale.   Sa présence dépend cependant des conditions locales, notamment de la température de l’eau, de la disponibilité des algues, de l’état des herbiers et de la pression de pêche.   Pour la période de capture, les données méditerranéennes indiquent une activité principalement comprise entre le printemps et l’automne. En revanche, il serait imprudent de désigner une date précise comme «meilleure période» pour toute la Tunisie, car les conditions varient d’une région à l’autre.   Dans le golfe de Tunis, la reproduction de la saupe a notamment été documentée en novembre et décembre. Une espèce liée à la posidonie La véritable histoire de la saupe commence peut-être avec la posidonie. Ces herbiers sous-marins constituent des habitats essentiels pour de nombreuses espèces méditerranéennes. Ils offrent nourriture, abri et zones de reproduction à une grande diversité d’organismes.   La saupe dépend directement de cette végétation. Lorsque les herbiers se dégradent, c’est donc tout un équilibre écologique qui peut être affecté. La protéger ne signifie pas seulement protéger un poisson.   Cela signifie aussi préserver les habitats qui permettent à de nombreuses espèces de vivre. Une question de santé aussi La saupe est consommée en Tunisie, mais elle mérite une attention particulière. De rares cas d’ichtyosarcotoxisme, une intoxication associée à la consommation de certains poissons, ont été rapportés dans plusieurs régions méditerranéennes, y compris en Tunisie.   Cela ne signifie évidemment pas que la saupe est « toxique » en permanence. Le risque est lié à certaines conditions et justifie surtout une attention à la provenance, à la fraîcheur et aux règles sanitaires applicables aux produits de la pêche. Et combien de saupes la Tunisie a-t-elle pêchées en 2026? C’est une question à laquelle il faut répondre avec prudence. Les données publiques disponibles ne permettent pas, à ce stade, d’annoncer avec certitude un tonnage national de saupes débarquées en Tunisie durant toute l’année 2026.    Les statistiques de pêche regroupent souvent les captures par grandes catégories plutôt que par espèce.   Plutôt que d’avancer un chiffre incertain, cette absence de données détaillées rappelle une nécessité importante: mieux connaître les captures par espèce, par région et par saison est essentiel pour gérer durablement les ressources marines. La saupe, un petit poisson qui raconte beaucoup La saupe n’a peut-être pas la renommée du thon rouge ou de la dorade royale. Pourtant, elle raconte une histoire essentielle.   Elle nous parle des algues, des herbiers de posidonie, des pêcheurs, de la qualité des habitats côtiers et, plus largement, des changements qui touchent la Méditerranée.   Son avenir ne dépend donc pas uniquement de la quantité de poissons que nous pouvons capturer. Il dépend surtout de l’état de la mer dans laquelle elle vit. Pour AgroHealth, la saupe rappelle une réalité simple: Pour que ces informations soient véritablement utiles aux pêcheurs, aux scientifiques, aux gestionnaires des ressources marines ainsi qu’aux consommateurs, un suivi régulier permettrait de répondre à trois questions essentielles: Où les plus grandes quantités de saupes sont-elles pêchées? À quelles périodes? Et quelle est la taille moyenne des poissons capturés? pour avoir des poissons en bonne santé et une alimentation marine sûre, il faut d’abord prendre soin de la mer. À suivre  La Posidonie, la mémoire verte de la Méditerranée: un trésor sous-marin que la Tunisie doit protéger Les poissons de Tunisie: entre richesse marine, alimentation saine et défis de durabilité Thon rouge en Tunisie: une richesse nationale qui échappe à l’assiette du consommateur?  Le «or rouge» de la Méditerranée : La crevette rouge tunisien au cœur de la controverse La damassa de Kerkennah: quand la mémoire de la mer devient un patrimoine vivant (Vidéo et album photos) Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Zouhaïr Ben Amor: La compétition entre espèces, une force destructrice ou un moteur caché de la biodiversité? août 6, 2026/Agrohealth Pr. Dhia Bouktila – Béja, le grenier vivant de la Tunisie: une terre, une mémoire, des gènes [La Tunisie fertile… août

COP17: restaurer les terres pour protéger l’agriculture et notre alimentation

Actuagro COP17: restaurer les terres pour protéger l’agriculture et notre alimentation Par AgroHealth – À Oulan-Bator, la lutte contre la désertification rappelle une réalité essentielle: avant de nourrir les populations, l’agriculture a besoin de terres vivantes, de sols fertiles et d’une eau disponible.   Une terre qui s’appauvrit ne perd pas seulement sa couleur ou sa fertilité. Elle perd progressivement sa capacité à retenir l’eau, à nourrir les plantes et, finalement, à faire vivre celles et ceux qui en dépendent. C’est cette réalité qui se trouve au cœur de la 17e Conférence des Parties de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (COP17), organisée du 17 au 28 août 2026 à Oulan-Bator, en Mongolie. Placée sous le thème «Restaurer les terres, restaurer l’espoir», la conférence réunit les représentants de 197 Parties autour d’un enjeu devenu mondial: comment restaurer les terres dégradées et rendre les territoires plus résistants aux sécheresses et aux changements climatiques? Quand la terre perd sa capacité à nourrir À l’échelle mondiale, le constat est préoccupant. Selon les données présentées par l’UNCCD, jusqu’à 40 % des terres de la planète sont dégradées, une situation qui affecte environ 3,2 milliards de personnes. Chaque année, au moins 100 millions d’hectares de terres productives seraient également perdus sous l’effet de la dégradation des terres. Derrière ces chiffres se trouvent des réalités très concrètes. Un sol érodé produit moins. Un sol pauvre en matière organique retient moins bien l’eau. Une terre fortement dégradée devient plus vulnérable aux épisodes de sécheresse et aux fortes pluies. Pour l’agriculteur, cela peut se traduire par des rendements plus faibles, des coûts de production plus élevés et une plus grande incertitude d’une saison à l’autre. La désertification n’est donc pas seulement une crise environnementale. Elle touche directement l’agriculture, les revenus ruraux et la sécurité alimentaire. Redonner vie aux sols C’est pourquoi la santé des sols occupe une place importante dans les discussions de la COP17. Un sol vivant n’est pas simplement un support dans lequel pousse une plante. C’est un écosystème complexe où interagissent matière organique, microorganismes, eau, air et racines. Sa qualité influence directement la capacité des cultures à résister aux périodes de stress hydrique et à utiliser efficacement les ressources disponibles. La restauration des terres agricoles cherche ainsi à aller au-delà de la simple lutte contre l’érosion. Elle consiste à retrouver des sols capables de fonctionner, de retenir l’eau et de soutenir durablement la production agricole. Cette approche rapproche naturellement les questions environnementales et agricoles. Protéger les sols, c’est aussi protéger les récoltes futures. L’eau, l’autre visage de la dégradation Dans les régions sèches et semi-arides, la question des sols est indissociable de celle de l’eau. Un sol dégradé peut perdre une partie de sa capacité à infiltrer et à conserver l’eau. Lorsque les pluies deviennent irrégulières, cette fragilité se transforme rapidement en problème agricole. La Tunisie est particulièrement concernée par cette équation. Selon les données de la FAO, les terres agricoles représentaient environ 62,4% du territoire tunisien en 2021, tandis que l’agriculture comptait pour 58,7% des prélèvements d’eau par rapport aux ressources renouvelables disponibles en 2020. Mais au-delà des statistiques, une réalité géographique s’impose: l’eau n’est pas répartie uniformément sur le territoire. La majeure partie des eaux de surface se concentre dans le Nord, alors que les régions méridionales disposent de ressources beaucoup plus limitées. Dans ce contexte, améliorer la santé des sols peut devenir une partie de la réponse. Mieux conserver chaque goutte d’eau dans le sol, c’est aussi donner davantage de chances à la culture de traverser une période sèche. L’agriculteur au cœur de la transition La restauration des terres ne pourra cependant pas réussir sans les agriculteurs. Derrière chaque changement de pratique, il y a une exploitation, une famille, des investissements et parfois plusieurs générations de savoir-faire. Demander aux agriculteurs de transformer leurs pratiques sans accompagnement technique ou financier serait donc insuffisant. La transition doit au contraire leur permettre de réduire les risques tout en maintenant leur capacité à produire. Gestion raisonnée de l’eau, protection contre l’érosion, amélioration de la matière organique des sols, diversification des cultures, pratiques agricoles adaptées aux conditions climatiques ou encore restauration des parcours: les solutions peuvent être différentes d’une région à l’autre. Il n’existe pas une seule manière de restaurer une terre. Il faut partir du sol, du climat, de l’eau et des réalités de chaque territoire. Les parcours, une richesse souvent invisible La COP17 accorde également une attention particulière aux parcours et au pastoralisme, notamment dans le cadre de l’Année internationale des parcours et des pasteurs en 2026. Ces espaces sont parfois perçus comme des terres «vides». Ils jouent pourtant un rôle essentiel dans les territoires arides et semi-arides. Ils nourrissent les troupeaux, abritent une biodiversité importante et participent à l’équilibre des écosystèmes. Une mauvaise gestion peut favoriser leur dégradation. À l’inverse, une gestion adaptée peut contribuer à préserver les ressources naturelles et les moyens de subsistance des communautés pastorales. Pour les pays méditerranéens, cette question prend une dimension particulière. Protéger les parcours, c’est aussi protéger une partie de l’économie rurale et du patrimoine des territoires. Restaurer aujourd’hui pour produire demain L’un des messages importants de la COP17 est finalement assez simple: il vaut mieux prévenir la dégradation des terres que tenter de réparer des sols déjà fortement dégradés. Cela suppose de mieux observer les territoires, d’anticiper les sécheresses, de renforcer les systèmes d’alerte, d’améliorer la gestion de l’eau et de soutenir les pratiques agricoles capables de préserver les ressources naturelles. Mais une telle transformation nécessite des moyens. Le financement de la restauration des sols et la transformation des systèmes alimentaires figurent ainsi parmi les sujets importants discutés lors de cette COP17. Car restaurer une terre demande du temps, des connaissances et des investissements. Les résultats ne sont pas toujours visibles immédiatement, alors que les dépenses, elles, le sont. Et pour la Tunisie? Pour la Tunisie, les discussions de la COP17 résonnent directement avec les défis rencontrés dans plusieurs régions du pays. La raréfaction de l’eau, les épisodes de sécheresse, l’érosion

L’argile nanométrique liquide peut-elle rendre les sols sableux plus favorables à l’agriculture?

Actuagro L’argile nanométrique liquide peut-elle rendre les sols sableux plus favorables à l’agriculture? Par AgroHealth – De la capacité des sols sableux à mieux retenir l’eau et les nutriments à la réduction des besoins en irrigation, la technologie Liquid NanoClay (LNC) ouvre une nouvelle piste pour l’agriculture dans les régions arides.   Mais entre les promesses et les résultats scientifiques, chaque expérience doit être évaluée selon ses propres conditions, notamment dans les régions confrontées au manque d’eau et à la dégradation des sols.   Face à la sécheresse, à la dégradation des terres et à l’augmentation des besoins en eau, l’agriculture des régions sèches cherche aujourd’hui des solutions qui ne reposent pas uniquement sur l’augmentation des volumes d’irrigation.   Le problème n’est pas toujours la quantité d’eau disponible. Il concerne aussi la capacité du sol à retenir cette eau et à la maintenir accessible aux racines des plantes.   C’est dans ce contexte qu’est apparue la technologie Liquid NanoClay (LNC), également appelée Liquid Natural Clay. Elle a été développée par l’entreprise norvégienne spécialisée dans les technologies agricoles Desert Control.   Son principe est relativement simple. Il consiste à utiliser de l’argile naturelle sous une forme permettant de la répartir dans les sols sableux afin d’améliorer certaines de leurs propriétés physiques et leur capacité à retenir l’eau. Quand mieux retenir l’eau devient une partie de la solution Les sols sableux possèdent généralement de grands espaces entre leurs particules et une forte capacité d’infiltration. L’eau peut ainsi pénétrer rapidement en profondeur, parfois au-delà de la zone où les racines peuvent l’utiliser.   Les nutriments et les engrais peuvent également être entraînés avec l’eau. Cette perte peut augmenter les coûts de production et obliger les agriculteurs à irriguer et à fertiliser davantage.   La technologie LNC consiste à mélanger l’argile avec de l’eau selon un procédé spécifique, puis à appliquer ce mélange sur le sol à l’aide de systèmes d’irrigation ou d’autres méthodes de distribution.   Les fines particules d’argile pénètrent alors dans les espaces entre les grains de sable. Elles s’y fixent et modifient une partie des caractéristiques du sol.   Selon une revue scientifique publiée en 2024 dans la revue Soil Systems, le traitement peut généralement atteindre une profondeur de 30 à 60 centimètres, une zone importante pour les racines de nombreuses cultures. L’étude indique également que l’application peut être réalisée en environ sept heures.   Mais l’expression «transformer le sable en sol fertile en sept heures» doit être utilisée avec prudence.   Les sept heures correspondent principalement au temps nécessaire pour appliquer le traitement et atteindre la zone ciblée du sol. Elles ne signifient pas qu’un sol agricole complet se forme en quelques heures.   La formation d’un sol fertile implique également de la matière organique, des microorganismes, des nutriments et une activité biologique. Que fait réellement cette technologie? L’objectif de la LNC n’est pas de créer un nouveau sol à partir du sable. Il s’agit plutôt d’améliorer la capacité du sol sableux à retenir l’eau et les nutriments.   Lorsque les particules d’argile se fixent aux grains de sable, la structure des espaces présents dans le sol est modifiée. L’eau peut alors rester plus longtemps dans la zone où se trouvent les racines, au lieu de s’infiltrer rapidement vers les couches plus profondes.   Cette caractéristique peut être particulièrement intéressante dans les régions arides et semi-arides, où chaque goutte d’eau représente une ressource à la fois économique et environnementale.   Une revue scientifique récente indique que l’utilisation d’argile nanométrique dans les sols sableux pourrait améliorer la rétention de l’eau et réduire certaines pertes de nutriments, avec un potentiel pour favoriser la croissance des plantes dans les environnements secs.   Cependant, les chercheurs soulignent également la nécessité de poursuivre les études afin de mieux évaluer les avantages, les limites, les coûts et les éventuels impacts environnementaux de cette technologie. La technologie permet-elle vraiment d’économiser l’eau? C’est l’une des questions les plus importantes pour l’agriculture des régions sèches.   Certaines données issues d’applications de terrain de la technologie LNC indiquent que les économies d’eau d’irrigation peuvent atteindre environ 47 % dans certains cas.    ’entreprise Desert Control présente également différents résultats, qui varient selon les sites, les cultures et les systèmes agricoles.   Mais ce chiffre ne doit pas être considéré comme une règle générale. Cela ne signifie pas que toutes les exploitations utilisant la LNC réduiront leur consommation d’eau de 47%. Les économies dépendent notamment du type de sol, de la culture, du climat, du système d’irrigation, de la profondeur des racines et de la manière dont la parcelle est gérée.   La formulation scientifique la plus prudente est donc la suivante: «Certaines expériences ont montré des économies d’eau d’irrigation pouvant atteindre environ 47%».   Il serait en revanche incorrect d’affirmer que « la technologie permet d’économiser 47% de l’eau » dans toutes les situations. Et pour les rendements agricoles? La prudence est encore plus importante lorsqu’il est question de rendement. Des informations diffusées sur les réseaux sociaux évoquent parfois une augmentation de la production pouvant atteindre 62% après l’utilisation de l’argile nanométrique liquide.   Ce chiffre apparaît effectivement dans certaines présentations de Desert Control. L’entreprise rapporte des résultats différents selon les cultures et les sites, avec une augmentation du rendement pouvant atteindre 62 % dans certaines applications.   Mais ce résultat ne doit pas être présenté comme une moyenne mondiale ni comme un résultat applicable à toutes les cultures.   Dans d’autres expériences documentées, les résultats sont différents. Par exemple, Desert Control a annoncé une expérimentation sur des palmiers aux Émirats arabes unis ayant enregistré une économie d’eau de 47% et une augmentation du rendement de 8%, ainsi qu’une amélioration de 21% de la qualité des fruits classés.   Ces différences montrent que le rendement dépend de nombreux facteurs agricoles et environnementaux.   Il n’est donc pas scientifiquement correct d’affirmer que la technologie Liquid NanoClay augmente généralement les rendements de 62%. Combien de temps le traitement reste-t-il efficace? Parmi les avantages associés à cette technologie figure la possibilité

Tomates d’été: les bons gestes pour préserver leur goût et leur fraîcheur

Actuhealth Tomates d’été: les bons gestes pour préserver leur goût et leur fraîcheur Par AgroHealth – En été, les tomates peuvent rapidement perdre leur goût et leur texture lorsqu’elles sont mal conservées. Entre le froid du réfrigérateur et la chaleur du plan de travail, un endroit simple de la cuisine peut pourtant aider à préserver leur fraîcheur plus longtemps. La tomate, un fruit sensible après la récolte Rouge, parfumée et gorgée d’eau, la tomate est l’un des incontournables de l’été. Mais une fois récoltée ou achetée, elle reste un fruit vivant. Sa maturation se poursuit et les conditions dans lesquelles elle est conservée influencent directement sa texture, son goût et sa durée de vie.   Le premier réflexe consiste souvent à la placer au réfrigérateur. Pourtant, le froid peut altérer ses qualités organoleptiques. En dessous d’environ 10 °C, la tomate peut subir des dommages liés au froid.   Sa chair devient progressivement moins agréable en bouche et ses arômes s’atténuent. Une fois sortie du réfrigérateur, elle ne retrouve pas nécessairement toutes ses qualités initiales.   À l’inverse, laisser les tomates sur un plan de travail exposé à la chaleur, au soleil ou à proximité du four peut accélérer leur maturation. En été, quelques degrés supplémentaires peuvent ainsi raccourcir leur durée de conservation. Le meilleur compromis: un endroit frais, sec et à l’ombre Pour les tomates mûres, la meilleure solution consiste généralement à privilégier un endroit tempéré, sombre et correctement ventilé, loin des sources de chaleur et de la lumière directe.   Un placard bas, un garde-manger ou, lorsque les conditions s’y prêtent, un cellier peuvent constituer de bonnes options.   L’objectif n’est pas de créer un environnement froid, mais plutôt d’éviter les fortes variations de température.   Les tomates peuvent être disposées dans un panier ou une cagette ajourée, idéalement en une seule couche. Cette disposition limite les pressions entre les fruits et permet à l’air de circuler.   La température idéale dépend notamment du degré de maturité et des conditions de la pièce. Pour une consommation dans les prochains jours, un environnement tempéré autour de 18 à 22 °C, à l’abri du soleil, constitue une bonne référence.   Dans un espace plus frais, la maturation peut être ralentie, mais il faut éviter les températures trop basses. Toutes les tomates ne se conservent pas de la même manière Le degré de maturité au moment de l’achat joue un rôle essentiel. Une tomate déjà très mûre doit être consommée rapidement, tandis qu’une tomate encore ferme peut supporter quelques jours supplémentaires dans un endroit adapté.   Il est également préférable de ne pas laver les tomates avant leur stockage. L’humidité présente à leur surface peut favoriser le développement de moisissures. Le lavage peut donc être effectué juste avant leur consommation.   La manipulation compte aussi. Les chocs et les zones écrasées accélèrent la dégradation du fruit. Une tomate présentant une partie très molle ou abîmée doit être séparée des autres afin de limiter la propagation des altérations. Attention à l’éthylène La tomate produit naturellement de l’éthylène, un gaz qui intervient dans le processus de maturation. Elle peut également être sensible à l’éthylène libéré par certains autres fruits.   C’est notamment le cas des pommes et des bananes. Les placer ensemble dans un espace fermé peut donc accélérer la maturation. Si plusieurs fruits sont déjà bien mûrs, mieux vaut les surveiller régulièrement et organiser leur consommation.   Une tomate légèrement abîmée mérite également une attention particulière. La retirer rapidement du panier permet d’éviter qu’elle ne détériore les fruits voisins. Et pendant une forte canicule? Lorsque la température intérieure devient exceptionnellement élevée, la règle peut être adaptée. Une tomate très mûre qui risque de se dégrader rapidement peut être placée temporairement au réfrigérateur.   Cette solution reste cependant un compromis. Pour préserver au mieux sa texture et ses arômes, il est préférable de la sortir du froid un peu avant de la consommer et de la laisser revenir progressivement à température ambiante.   Pour les tomates encore fermes, il vaut généralement mieux privilégier l’endroit le plus frais et le plus sombre de la maison plutôt que de les exposer directement à une chaleur importante.   Quelques gestes simples pour prolonger leur fraîcheur Conserver correctement les tomates ne demande finalement ni équipement particulier ni technique complexe. Un endroit adapté, une bonne circulation de l’air et une surveillance régulière peuvent déjà réduire les pertes.   L’idée est simple: éviter le froid excessif, la chaleur directe, l’humidité et les chocs. En été, le meilleur emplacement n’est donc pas forcément celui que l’on voit le plus.   Un placard bas, un garde-manger ou un cellier tempéré, à l’écart des fenêtres et des appareils de cuisson, peut offrir aux tomates des conditions plus favorables pour conserver leur goût et leur texture pendant quelques jours.   Pour AgroHealth, cette question dépasse d’ailleurs la simple conservation d’un fruit. Bien stocker les aliments, c’est aussi apprendre à mieux respecter leur qualité et à limiter le gaspillage alimentaire, jusque dans les gestes les plus quotidiens.   Sources University of California, Davis – Postharvest Technology Center, travaux sur les effets du froid et la conservation post-récolte des tomates.   Marmiton, conseils de conservation des tomates et recommandations concernant leur emplacement dans la cuisine.    Jardiner Malin, conseils pratiques sur la conservation et la maturation des tomates. Lire également الطماطم المبرجة… un trésor du patrimoine agricole Tunisien à préserver Tomate en Tunisie: une filière stratégique au cœur de l’agriculture nationale  Tomate séchée: le potentiel encore sous-exploité de la Tunisie Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Zouhaïr Ben Amor: La compétition entre espèces, une force destructrice ou un moteur caché de la biodiversité? août 6, 2026/Agrohealth Pr. Dhia Bouktila – Béja, le grenier vivant de la Tunisie: une terre, une mémoire, des gènes [La Tunisie fertile… août 4, 2026/Agrohealth Le caroubier: un arbre d’avenir pour les régions méditerranéennes juillet 29, 2026/Agrohealth Dr Fatma

L’ashwagandha, de la médecine traditionnelle aux recherches scientifiques

Actuhealth L’ashwagandha, de la médecine traditionnelle aux recherches scientifiques Par AgroHealth – Pendant des siècles, certaines plantes ont accompagné les sociétés humaines dans leur manière de prendre soin du corps et de retrouver un équilibre face aux difficultés du quotidien. Parmi elles, l’ashwagandha occupe aujourd’hui une place particulière. Connue sous le nom scientifique de Withania somnifera, cette plante médicinale traditionnelle est utilisée depuis plusieurs milliers d’années, notamment dans la médecine ayurvédique en Inde.   Longtemps cantonnée aux usages traditionnels, l’ashwagandha attire désormais l’attention de la recherche scientifique. Stress, sommeil, fatigue, performance physique… ses propriétés supposées sont nombreuses et expliquent son succès récent dans les compléments alimentaires.   Mais entre tradition, promesses commerciales et données scientifiques, il est nécessaire de faire la part des choses. Une plante ancienne devenue populaire L’ashwagandha est un arbuste à feuilles persistantes qui pousse notamment dans certaines régions d’Inde, d’Afrique et du Moyen-Orient. Sa racine est traditionnellement la partie la plus utilisée, même si certaines préparations contiennent également les feuilles.   La plante renferme plusieurs composés bioactifs, notamment les withanolides, auxquels sont attribuées différentes activités biologiques étudiées en laboratoire. C’est notamment autour de ces molécules que s’est développé l’intérêt scientifique actuel pour Withania somnifera.   L’ashwagandha est parfois présentée comme un «ginseng indien». Cette appellation est cependant surtout populaire et ne signifie pas qu’elle soit botaniquement apparentée au véritable ginseng. Le stress, au cœur de l’intérêt scientifique Le stress fait partie de la vie quotidienne. Lorsqu’il devient chronique, il peut cependant perturber le sommeil, l’humeur et le bien-être général. C’est précisément sur cette dimension que les recherches consacrées à l’ashwagandha se sont particulièrement développées.   Plusieurs essais cliniques suggèrent que certaines préparations d’ashwagandha pourraient contribuer à réduire la perception du stress et certains marqueurs associés, notamment le cortisol.   Une méta-analyse publiée en 2024, regroupant neuf essais randomisés et 558 participants, a observé une diminution de certains indicateurs du stress et de l’anxiété chez les personnes ayant reçu des préparations d’ashwagandha par rapport au placebo.   Les auteurs soulignent néanmoins la nécessité de poursuivre les recherches, notamment pour mieux évaluer la sécurité d’une utilisation prolongée.   Une analyse plus récente publiée en 2026, portant sur 22 études, retrouve également des résultats encourageants concernant le stress et l’anxiété.    Mais les chercheurs insistent sur l’hétérogénéité des études disponibles et sur la nécessité d’essais cliniques plus robustes avant de transformer ces résultats en recommandations médicales générales.   Autrement dit, l’ashwagandha apparaît prometteuse, mais elle ne constitue pas pour autant un traitement établi contre les troubles anxieux.   Quand le sommeil devient difficile Le sommeil constitue un autre domaine dans lequel l’ashwagandha suscite beaucoup d’intérêt.   Une revue systématique et méta-analyse publiée dans PLOS ONE a analysé cinq essais randomisés portant au total sur 400 adultes. Les résultats suggéraient un effet favorable, mais relativement modeste, sur certains paramètres du sommeil.   Les effets semblaient notamment plus importants chez les personnes souffrant d’insomnie et dans certaines conditions d’utilisation étudiées.   Une autre méta-analyse publiée en 2024 a également rapporté des améliorations de certains paramètres liés à l’anxiété et au sommeil. Toutefois, les études restent relativement petites et utilisent des préparations différentes, ce qui rend difficile la comparaison directe des résultats.   L’intérêt scientifique est donc réel, mais il serait excessif de présenter l’ashwagandha comme une solution universelle contre l’insomnie. Le sommeil reste influencé par de nombreux facteurs, notamment le rythme de vie, l’alimentation, l’activité physique, le stress et les habitudes numériques. Fatigue, sport et fonctions cognitives: des pistes encore ouvertes L’ashwagandha est également devenue populaire auprès de certaines personnes pratiquant une activité physique. Elle est commercialisée comme pouvant favoriser la récupération, l’énergie ou les performances sportives.   Pourtant, selon le Centre national américain pour la santé complémentaire et intégrative, les données disponibles restent insuffisantes pour conclure clairement à un bénéfice sur les performances athlétiques ou sur les fonctions cognitives.   La même prudence concerne plusieurs autres domaines de recherche, notamment la glycémie, la fertilité féminine ou certains troubles métaboliques. Cette distinction est importante.   Une plante peut posséder des propriétés biologiques intéressantes sans que celles-ci se traduisent automatiquement par un bénéfice clinique démontré chez l’être humain. Une plante naturelle, mais pas sans risques Le mot «naturel» peut parfois donner l’impression qu’un produit est nécessairement sans danger. Or, cette idée peut être trompeuse.   L’ashwagandha peut provoquer chez certaines personnes des effets indésirables tels que des troubles digestifs, des diarrhées, des vomissements ou une somnolence.   Surtout, des cas rares d’atteintes hépatiques ont été rapportés chez des personnes ayant consommé des compléments contenant de l’ashwagandha. La prudence est également importante en cas de maladie thyroïdienne ou auto-immune.   L’ashwagandha peut aussi interagir avec certains médicaments, notamment des traitements de la thyroïde, des médicaments contre le diabète ou l’hypertension, des sédatifs, des anticonvulsivants et certains immunosuppresseurs. Elle est déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement.   Ces précautions rappellent une réalité souvent oubliée dans l’univers des compléments alimentaires : une plante médicinale n’est pas automatiquement un produit anodin. Complément alimentaire ne signifie pas médicament Aujourd’hui, l’ashwagandha est disponible sous différentes formes, notamment en poudre, en gélules ou sous forme d’extraits concentrés. Le problème est que toutes les préparations ne sont pas nécessairement équivalentes.   La teneur en composés actifs, la partie de la plante utilisée, le procédé d’extraction et la qualité du produit peuvent varier. Deux compléments portant le même nom peuvent donc présenter des compositions différentes.   Les autorités sanitaires américaines rappellent d’ailleurs que les compléments alimentaires ne suivent pas exactement le même cadre réglementaire que les médicaments et que la qualité et la composition réelle d’un produit peuvent parfois différer de ce que le consommateur imagine à partir de son étiquette.     Pour le consommateur, cette réalité impose donc une certaine vigilance. Acheter un complément sur la seule base d’une promesse publicitaire ou d’un témoignage publié sur les réseaux sociaux n’est pas une garantie d’efficacité ni de sécurité.   Ce que la science permet réellement de dire L’ashwagandha se trouve aujourd’hui à la rencontre de deux mondes. D’un côté,

Pr. Dhia Bouktila – Le Kef et Siliana: deux hautes terres, la fertilité au pluriel [La Tunisie fertile (3)]

PUB Actuagro Pr. Dhia Bouktila – Le Kef et Siliana: deux hautes terres, la fertilité au pluriel [La Tunisie fertile (3)] Par Pr. Dhia Bouktila. Professeur de Génétique à l’Université de Monastir – Après les plaines nourricières de Béja et le grand système hydrologique de Jendouba, «La Tunisie fertile» poursuit son voyage vers les hautes terres du Nord-Ouest, là où la fertilité change de visage.   Au Kef et à Siliana, grandes plaines, plateaux, vallées, collines et montagnes composent une topographie qui façonne les agricultures. Ici, le blé et l’orge côtoient les troupeaux, l’olivier, les vergers, les figuiers et les cultures irriguées.   À chaque relief correspond une manière différente de produire, de transformer et de nourrir.Ces territoires sont aussi des réservoirs de savoir-faire: élevage, conservation des aliments, huile d’olive, fruits, produits céréaliers, cuisine, traditions orales et chants ruraux prolongent dans la culture ce que la terre produit dans les champs.   Le Kef et Siliana racontent ainsi une autre histoire de la fertilité tunisienne: celle d’une terre qui ne produit pas partout de la même manière, mais dont la diversité fait précisément la richesse.   Bienvenue au Kef et à Siliana, deux hautes terres où la fertilité se décline en mille visages.   Figure 1. Un paysage de Siliana associant terre cultivée, ondulations du relief et montagnes en arrière-plan. Source: Wikimedia Commons 1.   Quand le relief façonne l’agriculture   Avant de parler de blé, d’olivier, d’élevage ou de terroirs, il faut regarder le relief. Le Kef et Siliana ne sont pas réunis par simple proximité administrative.   Ils appartiennent à un même ensemble géographique du Nord-Ouest intérieur, à la rencontre du Haut Tell et de la Dorsale tunisienne. Les deux gouvernorats sont placés dans un espace de transition entre les influences plus humides du Nord et les conditions progressivement plus sèches du Centre.   La Dorsale n’est d’ailleurs pas une chaîne montagneuse continue, mais une succession de massifs, de plateaux et bassins. Être un territoire de hautes terres ne signifie donc pas être partout montagneux.   Au Kef, les grands espaces agricoles relativement ouverts sont ainsi entrecoupés de reliefs plus accidentés. Le gradient climatique renforce cette différenciation: les secteurs septentrionaux bénéficient de conditions plus humides, tandis que les conditions deviennent progressivement plus sèches vers le sud.   Siliana présente une organisation comparable, mais avec une empreinte plus directement marquée par les reliefs de la Dorsale. Les massifs de Kesra, Bargou et Serj, ainsi que les hautes terres de Makthar, structurent le territoire et individualisent plusieurs bassins et plaines intérieures.   Cette diversité topographique structure directement la répartition des systèmes agricoles. Les espaces aux pentes faibles, dotés de sols suffisamment profonds et aisément mécanisables, offrent les conditions les plus favorables aux grandes cultures, notamment céréalières.   À mesure que la pente augmente, les contraintes de mécanisation deviennent plus importantes, l’arboriculture, les cultures fourragères, les parcours et l’élevage peuvent alors prendre davantage de place.   Les vallées et les dépressions, lorsqu’elles concentrent des sols favorables et une ressource hydrique disponible, constituent quant à elles des espaces privilégiés pour l’irrigation et la diversification des productions.   Le relief n’est donc pas un simple décor de l’agriculture : il en constitue l’infrastructure naturelle. L’altitude agit sur les températures, la durée de la saison végétative et le risque de gel, la pente influence le ruissellement, l’érosion et la mécanisation, la position topographique conditionne en partie l’accumulation des sols et de l’eau.   Les deux gouvernorats partagent ainsi une même logique de hautes terres soumises à un gradient climatique et à une forte dépendance à la pluviométrie, où se juxtaposent plaines cultivées, plateaux, reliefs, parcours et espaces arboricoles.    Mais chacun exprime cette matrice à sa manière, selon son relief, ses sols, son histoire agricole et la disponibilité de l’eau. C’est précisément cette combinaison de proximité et de différence qui unit le Kef et Siliana: deux expressions agricoles d’une même géographie intérieure. 2. Le socle de la fertilité: sols, eau et terres agricoles Après le relief, trois autres composantes permettent de comprendre la fertilité du Kef et de Siliana: l’étendue des terres agricoles, la qualité des sols et la disponibilité de l’eau. Leur avenir agricole dépendra de la capacité à préserver ces trois composantes et leur fonctionnalité.   L’importance agricole du Kef et de Siliana apparaît d’abord dans leurs superficies. Au Kef, la superficie agricole utile atteint environ 483 000 hectares, dont près de 358 000 hectares de terres labourables [1]. À Siliana, elle avoisine 431 000 hectares, dont environ 313 000 hectares de terres labourables [2].   Dans les deux gouvernorats, l’agriculture occupe donc une part exceptionnelle du territoire, mais cette superficie ne constitue pas une réalité homogène: elle recouvre une mosaïque de sols, de disponibilités hydriques et de potentiels agronomiques.   Au Kef, les caractéristiques des sols varient sensiblement selon les secteurs, notamment par leur profondeur, leur teneur en matière organique et leur capacité à retenir l’eau.   À Siliana, les inventaires pédologiques font notamment apparaître des sols riches en calcaire, des sols très argileux et des sols plus complexes, associés à différents systèmes de grandes cultures et d’arboriculture. Cette diversité pédologique contribue directement à la différenciation des paysages agricoles et des terroirs.   L’autre fondation de ces agricultures est l’eau. Les deux gouvernorats disposent de périmètres irrigués, mais leur agriculture demeure largement dépendante de la pluviométrie. L’irrigation permet surtout de sécuriser certaines productions et d’élargir la gamme des cultures. 3. Première signature agricole du Kef et de Siliana: un royaume céréalier S’il fallait donner une première signature agricole au Kef et à Siliana, ce serait probablement celle du grain.   Dans ces deux hautes terres, la céréaliculture ne constitue pas simplement une production parmi d’autres: elle dessine une grande partie du paysage, structure les rotations et rythme profondément le calendrier agricole.   Le blé dur y occupe une place importante, mais il s’inscrit dans un ensemble plus vaste où l’orge, le blé tendre, le triticale, les légumineuses et les cultures fourragères participent à la diversité des systèmes de production.   La puissance céréalière de ces deux territoires apparaît nettement au moment

Le zgougou en Tunisie: quand une graine de forêt devient une mémoire du Mouled et une richesse à préserver

PUB Actuagro Le zgougou en Tunisie: quand une graine de forêt devient une mémoire du Mouled et une richesse à préserver Par AgroHealth – À l’approche du Mouled, les marchés tunisiens changent de visage. Les fruits secs occupent les étals, les familles commencent à penser aux préparatifs et, dans de nombreuses maisons, une question revient naturellement: combien de zgougou faudra-t-il cette année pour préparer l’assida?   En Tunisie, le Mouled n’est pas seulement une date du calendrier religieux. C’est un moment profondément ancré dans la mémoire familiale, un rendez-vous où les générations se retrouvent autour de gestes transmis depuis longtemps. Préparer l’assida zgougou, la décorer de fruits secs et la partager avec la famille et les voisins fait partie de ces traditions qui donnent à la fête une dimension à la fois spirituelle, affective et sociale.   Mais derrière le petit grain brun qui donne à l’assida sa couleur et son goût caractéristiques se cache une histoire beaucoup plus vaste. Le zgougou est le fruit d’une forêt, celui du pin d’Alep, un arbre emblématique des paysages méditerranéens et l’une des principales essences forestières de Tunisie.   Sa récolte fait vivre des populations rurales, alimente une chaîne économique et agroalimentaire importante, mais dépend aussi d’un équilibre forestier de plus en plus fragile face aux incendies, aux sécheresses et au changement climatique.   Du souvenir du Mouled à une histoire née dans les forêts tunisiennes Aujourd’hui, il est difficile d’imaginer le Mouled tunisien sans l’assida zgougou. Pourtant, cette préparation n’a pas toujours occupé la place qu’elle tient aujourd’hui dans les foyers.   Selon plusieurs récits historiques, l’assida est beaucoup plus ancienne que sa version au zgougou et serait liée à une tradition alimentaire ancienne de l’Ifriqiya. L’utilisation des graines du pin d’Alep dans sa préparation serait apparue à la fin du XIXe siècle, dans le contexte des grandes difficultés alimentaires qui ont marqué la Tunisie après les événements de 1864 et les années de sécheresse et de famine qui ont suivi.   Dans les régions du Nord-Ouest, les populations ont alors découvert ou développé l’utilisation alimentaire des graines du pin d’Alep, une ressource disponible dans leur environnement immédiat. Ce qui était au départ une réponse à une période de pénurie allait progressivement devenir une préparation festive.   C’est peut-être là que réside l’une des histoires les plus touchantes du zgougou: une ressource de survie est devenue, au fil du temps, un symbole de partage et de célébration.   La tradition s’est ensuite profondément associée au Mouled. De génération en génération, la recette s’est raffinée. Le zgougou, autrefois lié à la nécessité, s’est transformé en un produit recherché, parfois coûteux, et en un élément presque incontournable des préparatifs de la fête.   Cette évolution raconte à elle seule une partie de l’histoire sociale de la Tunisie: celle d’une société capable de transformer une ressource forestière en patrimoine culinaire. Le pin d’Alep, l’arbre derrière le zgougou Scientifiquement, le pin d’Alep porte le nom de Pinus halepensis Mill. En français, on l’appelle pin d’Alep.   C’est un conifère méditerranéen particulièrement bien adapté aux conditions sèches. Il possède une grande capacité d’adaptation à différents milieux et peut se développer dans des zones où les précipitations sont relativement faibles.   En Tunisie, son aire de présence s’étend des régions du Nord jusqu’auxzones plus sèches du Centre-Ouest.   Le pin d’Alep constitue même l’une des espèces forestières les plus importantes du pays. Selon la FAO, les écosystèmes de pin d’Alep couvrent environ 133 000 hectares en Tunisie.   Son importance ne se limite pas à la production de graines. La forêt de pin d’Alep protège les sols, contribue au stockage du carbone, participe à la biodiversité et fournit aux populations rurales différentes ressources: bois, pâturages, plantes, cônes et graines.   Mais pour les Tunisiens, son produit le plus emblématique reste sans doute cette petite graine appelée communément zgougou. Où pousse le zgougou tunisien? Les principales zones de production se trouvent dans les régions où les forêts de pin d’Alep occupent de vastes superficies, notamment dans le Centre-Ouest et le Nord-Ouest.   Les gouvernorats de Kasserine, Siliana et Le Kef constituent des territoires particulièrement importants pour cette ressource. On trouve également le pin d’Alep dans d’autres régions, notamment Zaghouan et Béja, ainsi que dans certaines zones du Nord-Est.   La répartition de la production n’est toutefois pas uniforme. Les caractéristiques du milieu jouent un rôle important: altitude, pluviométrie, degré d’aridité, exposition et caractéristiques des peuplements peuvent influencer la taille des cônes et la quantité de graines produites.   Une étude menée sur 79 populations naturelles de pin d’Alep en Tunisie a notamment montré que la production de cônes et les caractéristiques des graines varient selon les zones bioclimatiques et les gradients géographiques. Kasserine, un grand territoire du pin d’Alep Kasserine occupe une place historique importante dans cette filière. La forêt de pin d’Alep y constitue également une ressource économique pour les populations locales.   La FAO indique que la forêt de Kasserine, qui constitue le peuplement de pin d’Alep le plus méridional du pays, représente une source de revenus pour environ 70 000 personnes impliquées notamment dans le pâturage et la collecte des graines, des cônes et des plantes médicinales. Siliana, au cœur de la filière Siliana est devenue, ces dernières années, l’un des principaux pôles de collecte, de stockage et de commercialisation du zgougou.   En septembre 2025, les données communiquées localement indiquaient environ 132 tonnes de graines de zgougou stockées dans le gouvernorat, faisant de Siliana le premier fournisseur national pour la campagne concernée. Le prix du kilogramme se situait alors entre 44 et 50 dinars.   Ces chiffres montrent à quel point la demande liée au Mouled peut transformer, en quelques semaines, un produit forestier en véritable enjeu économique.   Du cône au petit grain: une récolte qui demande du travail Le zgougou ne pousse pas directement sous forme de petits grains prêts à être consommés. Il faut d’abord récolter les cônes du pin d’Alep, communément appelés pommes de pin.   La récolte est une activité forestière

L’Europe sous pression hydrique: un signal d’alerte pour la Tunisie

L’Europe sous pression hydrique - un signal d’alerte pour la Tunisie

PUB Actuagro L’Europe sous pression hydrique : un signal d’alerte pour la Tunisie Par AgroHealth – La crise de la sécheresse qui touche une grande partie de l’Europe s’est aggravée durant l’été 2026. Près de la moitié du territoire européen est désormais concernée. Les images satellites montrent le recul de plusieurs grands cours d’eau, une baisse de l’humidité des sols et un jaunissement marqué des espaces végétalisés dans plusieurs grandes villes européennes. Une comparaison des images satellites du Loire, près de Saumur, en France, montre une évolution importante du lit du fleuve entre 2023 et 2026. Sur l’image prise le 8 août 2026, de larges zones apparaissent à découvert à l’intérieur du lit, davantage que les années précédentes. Dans les espaces agricoles environnants, les couleurs sont également devenues plus brunes et plus ternes, signe d’un stress hydrique important. Dans le sud-ouest de la France, les images satellites prises entre mai et août 2026 montrent également une évolution importante de la couleur des terres agricoles et de la végétation autour de la Garonne. Cette évolution intervient alors que le bassin de la Garonne connaît une forte pression sur ses ressources en eau. En Allemagne, le Rhin a atteint des niveaux particulièrement bas, perturbant directement le transport fluvial. Le 12 août, Reuters rapportait que la baisse du niveau de l’eau avait atteint des niveaux exceptionnels, entraînant des difficultés de navigation dans certains passages stratégiques et immobilisant plusieurs bateaux. En Italie, les images satellites du Pô montrent, elles aussi, une augmentation des zones découvertes à l’intérieur du lit du fleuve au cours des quatre dernières années. Cette situation intervient dans un contexte de fort stress hydrique, qui exerce une pression croissante sur l’irrigation agricole et la production d’énergie. Le Danube connaît également une baisse de son niveau dans plusieurs secteurs de la Hongrie et de la Roumanie. La comparaison des images satellites entre août 2025 et août 2026 montre un recul visible du fleuve. Cette baisse a même permis de faire réapparaître des épaves de navires allemands coulés pendant la Seconde Guerre mondiale, près de Prahovo, en Serbie. Le phénomène est également visible au Royaume-Uni. Les images satellites montrent une baisse importante de la vitalité de la végétation dans plusieurs zones de Londres, notamment à Hyde Park, ainsi qu’aux alentours de Stonehenge. Le Royaume-Uni a connu en juillet l’un de ses mois les plus secs depuis le début des relevés météorologiques en 1836. Selon l’Agence britannique de l’environnement, 71,3 % du territoire britannique était officiellement en situation de sécheresse. L’impact environnemental s’étend enfin aux espaces verts de Vienne, en Autriche. Les images satellites montrent une différence nette entre les étés 2025 et 2026. Une grande partie des surfaces herbeuses ouvertes des parcs est passée du vert au brun et à des teintes plus ternes. Ces évolutions, visibles depuis l’espace, illustrent l’ampleur du stress hydrique qui touche actuellement plusieurs régions européennes. Au-delà des paysages, la sécheresse met sous pression les ressources en eau, l’agriculture, l’irrigation, la navigation fluviale et la production d’énergie. Elle rappelle surtout que la gestion de l’eau devient un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire et l’avenir des territoires européens. Une crise qui dépasse les frontières européennes La sécheresse qui frappe l’Europe ne constitue pas seulement une crise environnementale régionale. Par son poids dans la production agricole, le commerce international et les échanges alimentaires, l’Europe joue un rôle important dans les équilibres des marchés mondiaux. Lorsque les récoltes diminuent, que les cours d’eau deviennent difficilement navigables ou que la production d’énergie est perturbée, les conséquences peuvent se transmettre bien au-delà des frontières européennes. L’agriculture est l’un des premiers secteurs exposés. Les fortes chaleurs et le déficit hydrique ont déjà conduit à revoir à la baisse certaines prévisions de récoltes européennes, notamment pour le maïs et le tournesol. Une baisse de la production peut entraîner une pression supplémentaire sur les prix internationaux des céréales, des huiles végétales, des fruits et légumes et de l’alimentation animale. Elle peut également accentuer la concurrence entre les pays importateurs pour accéder aux mêmes produits sur les marchés mondiaux. Les difficultés de navigation sur le Rhin et le Danube constituent un autre exemple de cette propagation des effets. Ces fleuves sont des axes majeurs pour le transport de matières premières, de produits agricoles, d’énergie et de marchandises industrielles. Lorsque les niveaux d’eau deviennent trop faibles, les bateaux doivent réduire leur chargement, les coûts de transport augmentent et certaines chaînes d’approvisionnement peuvent être ralenties. La crise peut également toucher la production énergétique. La faiblesse des ressources en eau limite notamment le refroidissement de certaines installations électriques et réduit la disponibilité de l’hydroélectricité. Cette situation peut contribuer à augmenter les coûts de l’énergie, avec des répercussions sur l’industrie, l’agriculture, le transport et, finalement, sur les prix payés par les consommateurs. La Tunisie, particulièrement exposée Pour la Tunisie, cette situation mérite une attention particulière. Le pays est lui-même confronté à une forte vulnérabilité hydrique et agricole. Les autorités tunisiennes ont consacré en juin 2026 un conseil ministériel restreint à la question de l’eau, avec notamment des mesures concernant l’approvisionnement en eau potable, l’irrigation, la mobilisation des ressources hydriques et le recours accru aux ressources en eau non conventionnelles. La Tunisie pourrait subir les conséquences de la sécheresse européenne par plusieurs canaux. Le premier concerne les marchés agricoles. Une baisse de la production européenne de céréales, d’huiles végétales ou d’aliments pour animaux peut contribuer à augmenter les prix internationaux et donc renchérir la facture des importations tunisiennes. Pour un pays qui doit déjà composer avec une disponibilité limitée de ses ressources en eau, toute hausse durable du coût des produits alimentaires représente un risque supplémentaire pour la sécurité alimentaire. Le deuxième canal concerne les marchés de l’huile d’olive, des fruits, des céréales et d’autres produits agricoles méditerranéens. Une dégradation simultanée des conditions climatiques dans plusieurs pays producteurs pourrait réduire l’offre disponible sur les marchés internationaux et accentuer la volatilité des prix. La concurrence entre les pays méditerranéens pour l’accès à l’eau et aux marchés pourrait ainsi devenir plus forte. Le

Mohamed Salah Glaied: L’eau en Tunisie entre hausse de la demande et défis climatiques

PUB Actuagro Mohamed Salah Glaied: L’eau en Tunisie entre hausse de la demande et défis climatiques Lire l’article en arabe Par Mohamed Salah Glaied – Selon le Rapport mondial des Nations unies sur la mise en valeur des ressources en eau 2024, publié par l’UNESCO, les tensions liées à l’eau aggravent les conflits dans le monde et constituent une menace sérieuse pour la paix.   Le rapport souligne que le changement climatique augmente la fréquence et l’intensité des situations de pénurie d’eau. Aujourd’hui, 2,2 milliards de personnes n’ont pas accès à une eau potable sûre. Le rapport appelle donc les pays à renforcer la coopération internationale et les accords transfrontaliers afin de préserver la paix mondiale et de gérer les ressources en eau de manière durable. Les systèmes hydrauliques en Tunisie: les premiers signes de fragilité La fragilité des systèmes hydrauliques en Tunisie s’explique principalement par la faiblesse des ressources en eau, leur mauvaise utilisation, l’état dégradé des infrastructures hydrauliques et l’absence d’un cadre juridique adapté au secteur de l’eau.   La diminution des ressources en eau est notamment liée à la baisse des précipitations au cours des dernières années. Les pluies jouent un rôle essentiel dans le renouvellement des eaux de surface et des eaux souterraines, qui constituent les principales ressources renouvelables. Avec le changement climatique, la quantité de ressources disponibles diminue davantage et les phénomènes naturels extrêmes, notamment les sécheresses et les inondations, aggravent la pénurie d’eau.   Le deuxième facteur de fragilité est la mauvaise utilisation de l’eau. Le gaspillage est notamment lié au manque de sensibilisation des citoyens à la valeur de cette ressource. Il est également lié aux politiques publiques qui consacrent environ 80 % des ressources en eau au secteur agricole, alors que les revenus de ce secteur restent limités par rapport à sa consommation d’eau.   Les difficultés apparaissent aussi dans l’entretien et le renouvellement des infrastructures hydrauliques. Une grande partie de ces installations a été construite au milieu du siècle dernier et nécessite aujourd’hui des travaux de maintenance, de modernisation et de rénovation. Quelques chiffres sur les ressources en eau en Tunisie Les ressources en eau mobilisables et pouvant être exploitées sont estimées à environ 4,8 milliards de m³ par an, dont : • 2,7 milliards de m³ d’eaux de surface ; • 2,1 milliards de m³ d’eaux souterraines.   Selon les statistiques de 2019, la consommation actuelle se répartit comme suit : • Agriculture irriguée : 78 %, soit environ 3 400 millions de m³ ; • Eau potable, en milieu urbain et rural : 18,5 %, soit environ 820 millions de m³ ; • Secteur industriel : 2,5 %, soit environ 45 millions de m³ ; • Tourisme et hôtellerie : environ 1 %.   La Tunisie a connu une croissance démographique ainsi qu’un développement et une diversification de son économie. Cette évolution a entraîné une augmentation importante de la demande en eau. Elle s’est parfois accompagnée d’une consommation peu maîtrisée et d’une mauvaise gestion de cette ressource.   La Tunisie fait aujourd’hui partie des 33 pays dans le monde, dont 16 pays arabes, confrontés ou susceptibles d’être confrontés à une pénurie d’eau, appelée également par les experts «stress hydrique».   Les problèmes actuels sont nombreux et divers. Parmi les principales causes, on peut citer : • La baisse des apports des barrages au cours des dernières années, avec une diminution de 43 % par rapport aux moyennes annuelles. • La hausse des températures au cours de la dernière décennie, liée au changement climatique.   Elle a eu un effet négatif sur les réserves des barrages, notamment à cause d’une forte évaporation et de pertes importantes au niveau des réseaux de distribution. Les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient sont parmi les plus exposés aux conséquences du changement climatique. Il est donc devenu indispensable de réfléchir sérieusement à des solutions adaptées.   Parmi les principales pistes, il faut notamment: • Sensibiliser à tous les niveaux à la rareté de l’eau: médias, société civile, organisations nationales et internationales, autorités locales, régionales et centrales. • Diversifier les sources d’eau et utiliser de manière rationnelle toutes les ressources disponibles. Il faut notamment développer les techniques de dessalement des eaux souterraines salées, améliorer l’utilisation des eaux souterraines et profondes et les protéger contre la pollution, l’épuisement et la surexploitation. • Encourager l’innovation et la modernisation des techniques d’utilisation de l’eau, notamment les différentes techniques d’irrigation. • Augmenter les investissements consacrés au secteur de l’eau, aussi bien pour réaliser de nouveaux projets que pour moderniser, réhabiliter et améliorer les infrastructures existantes, afin de réduire les pertes et favoriser une utilisation rationnelle de l’eau. Les grandes préoccupations pour le secteur de l’eau Plusieurs facteurs constituent aujourd’hui une source majeure d’inquiétude: • La surexploitation et l’utilisation irresponsable des eaux souterraines, notamment en raison du nombre très élevé de forages illégaux, qui continue d’augmenter. Leur nombre était estimé à environ 18 000 en 2019. • Le changement climatique et ses conséquences, avec une baisse importante des précipitations annuelles ou, au contraire, des épisodes d’inondations et de fortes pluies dont nous ne tirons pas suffisamment profit. • La forte augmentation de la demande en eau, aussi bien pour l’eau potable que pour l’irrigation. • La diminution de la capacité des infrastructures hydrauliques à retenir les eaux de ruissellement, en raison de l’accumulation progressive des sédiments. • La dégradation de la qualité de l’eau, notamment de l’eau potable, pour plusieurs raisons. • Le vieillissement des réseaux et des équipements, qui ne sont plus toujours capables de répondre à la demande. • La politique tarifaire, notamment pour l’eau destinée à l’irrigation, ainsi que la gouvernance des systèmes hydrauliques. Il est notamment nécessaire de revoir les modes de gestion à travers les associations d’usagers de l’eau. Les défis du secteur de l’eau Le secteur de l’eau fait face à de nombreux défis en raison de l’augmentation continue de la demande et de la croissance démographique. Dans le même temps, les infrastructures évoluent peu et commencent parfois à se dégrader avec le

Khaoula Khemiri: La souveraineté alimentaire de la Tunisie passe nécessairement par la souveraineté hydrique

PUB Actuagro Khaoula Khemiri: La souveraineté alimentaire de la Tunisie passe nécessairement par la souveraineté hydrique Lauréate du prix de la meilleure recherche scientifique féminine en Tunisie, Khaoula Khemiri s’impose comme l’une des voix montantes de la recherche tunisienne sur l’eau et les enjeux agricoles. De l’hydrologie à l’intelligence artificielle, en passant par la télédétection et la modélisation, ses travaux explorent les effets du changement climatique et des activités humaines sur les ressources hydriques. Dans cet entretien avec AgroHealth, elle revient sur son parcours, les défis auxquels l’agriculture tunisienne est confrontée et les solutions que la science et les nouvelles technologies peuvent apporter. Elle évoque également la place des femmes dans la recherche et appelle à rapprocher davantage la science des agriculteurs et des décideurs. Vous venez de recevoir le prix de la meilleure recherche scientifique féminine en Tunisie. Que représente cette distinction pour vous, personnellement et professionnellement?    Cette distinction représente pour moi une immense fierté, mais aussi une responsabilité. Elle constitue une reconnaissance de plusieurs années de recherche consacrées aux enjeux de l’eau, de l’agriculture et du changement climatique en Tunisie. C’est également un encouragement à poursuivre mes travaux et à faire de la science un véritable outil au service de notre pays, notamment pour renforcer sa souveraineté hydrique et alimentaire.   Votre parcours vous a conduite du génie hydraulique vers la modélisation, la télédétection et l’intelligence artificielle. Comment cette évolution s’est-elle construite?  Cette évolution s’est construite naturellement autour d’une même question : comment mieux comprendre et gérer nos ressources en eau face au changement climatique et aux activités humaines? Ma formation en Génie Hydraulique m’a donné les bases, puis la modélisation, la télédétection et aujourd’hui l’intelligence artificielle m’ont permis d’aller plus loin dans l’analyse et la prédiction. Pour moi, ces technologies sont avant tout des outils complémentaires au service d’une meilleure gestion de l’eau et de l’agriculture.    Vos travaux montrent que les ressources en eau tunisiennes sont soumises à une double pression: le changement climatique et les activités humaines. Quelle est aujourd’hui la situation la plus préoccupante?  La situation la plus préoccupante est la combinaison des deux pressions. Le changement climatique réduit la disponibilité et la régularité de l’eau, tandis que les prélèvements, notamment pour l’agriculture, accentuent cette tension. Aujourd’hui, le véritable défi est donc de préserver l’eau disponible tout en maintenant une agriculture productive et durable.    Peut-on encore parler d’une agriculture durable en Tunisie sans revoir profondément notre manière de gérer l’eau?  La durabilité de l’agriculture tunisienne doit passer par une meilleure gestion de l’eau. Il faut passer d’une logique de mobilisation toujours plus importante de la ressource à une logique d’optimisation, d’économie et de valorisation de chaque mètre cube. Cela implique aussi de mieux adapter les cultures aux disponibilités en eau et d’utiliser davantage la science et les nouvelles technologies pour éclairer les décisions.    La recharge artificielle des nappes peut-elle constituer une partie de la réponse au problème du déficit hydrique en Tunisie?  Oui, la recharge artificielle des nappes peut constituer une partie de la réponse, notamment en valorisant les eaux excédentaires lors des épisodes pluvieux. Mais elle ne doit pas être considérée comme une solution isolée. Elle doit s’inscrire dans une stratégie globale combinant économie de l’eau, meilleure gestion des barrages, recharge naturelle et artificielle, et adaptation de l’agriculture aux ressources disponibles.    Vous utilisez aujourd’hui l’intelligence artificielle et le machine learning dans vos travaux. Qu’est-ce que ces technologies apportent concrètement à la gestion de l’eau et à l’agriculture?  L’intelligence artificielle permet surtout de mieux détecter, prédire et décider. Elle nous aide à analyser de grandes quantités de données, à mieux prévoir les ressources en eau, à anticiper les effets du changement climatique et à identifier les périodes ou les conditions critiques pour l’agriculture. L’objectif n’est pas de remplacer l’expertise humaine, mais de transformer les données scientifiques en outils d’aide à la décision, pour utiliser chaque ressource en eau de manière plus efficace.    Le changement climatique est-il déjà en train de modifier profondément la géographie agricole de la Tunisie?  Oui, progressivement. Le changement climatique modifie les conditions dans lesquelles l’agriculture tunisienne peut se développer, avec une hausse des températures, une plus grande irrégularité des pluies et une disponibilité en eau de plus en plus limitée. Certaines cultures et certains territoires deviennent donc plus vulnérables. L’enjeu sera de repenser la répartition des cultures en fonction des ressources en eau et des conditions climatiques futures, plutôt que de maintenir les mêmes modèles partout.    Vous recevez aujourd’hui une distinction qui met en lumière la recherche scientifique féminine. Quelle est encore la place des femmes dans la recherche en Tunisie?  Les femmes occupent aujourd’hui une place de plus en plus importante dans la recherche scientifique en Tunisie, et leur contribution est pleinement reconnue dans de nombreux domaines. Mais il reste encore des défis, notamment pour accéder aux postes de responsabilité et faire davantage entendre leur expertise. Je pense que cette distinction est aussi un encouragement à donner plus de visibilité aux chercheuses tunisiennes et à inspirer les jeunes femmes à faire de la science un espace où elles peuvent pleinement s’épanouir et contribuer au développement du pays.    Votre recherche produit beaucoup de connaissances et de données. Comment faire pour que ces résultats soient réellement utilisés par les agriculteurs et les décideurs?  C’est justement l’un des grands défis de la recherche : transformer la connaissance en action. Il faut rapprocher davantage les chercheurs, les agriculteurs et les décideurs, en traduisant les résultats scientifiques en outils simples, indicateurs et recommandations concrètes. La recherche doit sortir des laboratoires pour répondre directement aux besoins du terrain et accompagner la prise de décision.   La Tunisie parle beaucoup de souveraineté alimentaire, mais peut-elle réellement atteindre cet objectif sans souveraineté hydrique?  À mon sens, non. La souveraineté alimentaire ne peut pas être durable sans souveraineté hydrique, car l’agriculture dépend directement de la disponibilité et de la qualité de l’eau. Nous devons donc penser les deux ensembles : produire notre alimentation tout en préservant la ressource qui permet