Figue de Barbarie en Tunisie: pourquoi le fruit emblématique de l’été se fait-il rare?

PUB Actuagro Figue de Barbarie en Tunisie: pourquoi le fruit emblématique de l’été se fait-il rare? Présente sur les étals tunisiens chaque été, la figue de Barbarie est bien plus qu’un simple fruit de saison. Symbole des régions arides, source de revenus pour des milliers d’agriculteurs et matière première à forte valeur ajoutée, elle traverse aujourd’hui une période difficile. L’été 2026 est marqué par une baisse inhabituelle de l’offre, conséquence d’une combinaison de facteurs sanitaires et climatiques qui fragilisent toute une filière. Une récolte en forte baisse Dans plusieurs régions du pays, les consommateurs ont constaté une disponibilité plus faible des figues de Barbarie et une hausse des prix. Selon les représentants de la profession agricole, les pertes atteignent jusqu’à 70% pour certaines variétés épineuses, tandis que les variétés sans épines enregistrent également une baisse de production estimée à environ 20%. Cette situation est d’autant plus préoccupante que la figue de Barbarie constitue une culture essentielle dans les zones semi-arides, où peu d’espèces fruitières sont capables de produire dans des conditions climatiques aussi contraignantes. La cochenille du cactus, un ravageur toujours présent L’un des principaux responsables de cette crise est la cochenille du cactus (Dactylopius opuntiae), un insecte invasif apparu en Tunisie en 2014. En se nourrissant de la sève des cladodes (raquettes), ce ravageur affaiblit progressivement la plante, réduit sa capacité de fructification et peut provoquer sa mort lorsque les infestations sont importantes. La lutte contre cet insecte repose sur une approche intégrée combinant l’arrachage des plants fortement infestés, les traitements adaptés, la lutte biologique à l’aide de coccinelles prédatrices et le développement de variétés plus résistantes. La FAO souligne que cette menace dépasse aujourd’hui les frontières nationales et concerne l’ensemble du Maghreb. La canicule a aggravé la situation À cette pression phytosanitaire s’est ajoutée une succession d’épisodes de chaleur intense durant l’été 2026. Les températures élevées, accompagnées du chergui et d’un déficit hydrique persistant, ont provoqué un stress physiologique important. Même si le figuier de Barbarie est reconnu pour sa grande résistance à la sécheresse grâce à son métabolisme de type CAM, cette adaptation possède des limites. Lorsque les températures restent durablement très élevées, la plante réduit davantage ses échanges gazeux afin de limiter les pertes en eau. Cette stratégie de survie ralentit également la croissance des fruits, favorise leur chute prématurée et diminue les rendements. Une culture stratégique pour les régions arides Le figuier de Barbarie représente aujourd’hui l’une des cultures les plus importantes des zones sèches tunisiennes. Selon la FAO, cette espèce couvre plus de 600 000 hectares en Tunisie, contribuant à la lutte contre l’érosion, à la préservation des sols, à l’alimentation animale et aux revenus de milliers de familles rurales. Au-delà de la consommation fraîche, la plante offre de nombreuses opportunités de valorisation: huile de pépins utilisée en cosmétique, vinaigre, poudre alimentaire, confitures, aliments pour bétail et produits nutraceutiques. Conscient de ce potentiel, le ministère de l’Agriculture encourage le développement de la filière à travers l’innovation, la transformation industrielle et la sélection de variétés résistantes à la cochenille. Préserver une culture d’avenir La raréfaction de la figue de Barbarie observée cet été rappelle que même les cultures réputées les plus résistantes restent vulnérables face à la combinaison des bioagresseurs et du changement climatique. Le renforcement de la surveillance phytosanitaire, la diffusion de matériel végétal résistant, la lutte biologique, l’accompagnement des producteurs et la valorisation économique de la filière apparaissent désormais comme des leviers essentiels pour préserver cette richesse agricole tunisienne. Le regard d’AgroHealth La figue de Barbarie est souvent considérée comme le fruit qui résiste à tout. Pourtant, l’été 2026 démontre qu’aucune culture n’est à l’abri lorsque les ravageurs émergents se conjuguent aux effets du changement climatique. Cette situation constitue un signal d’alerte pour l’agriculture tunisienne. Préserver le figuier de Barbarie, ce n’est pas seulement protéger un fruit emblématique de l’été, mais aussi défendre une filière à fort potentiel économique, environnemental et nutritionnel, particulièrement adaptée aux territoires arides qui seront de plus en plus confrontés aux extrêmes climatiques. Sources Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) – Atelier régional sur la lutte contre la cochenille du figuier de Barbarie (20 mai 2026). FAO Tunisie – Introduction de coccinelles prédatrices pour la lutte biologique contre la cochenille (2024). Déclarations de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) relayées par Mosaïque FM sur la campagne 2026. Informations de contexte sur la campagne estivale 2026. Lire également Été 2026 en Tunisie: les vagues de chaleur précoces inquiètent le monde agricole Mohamed Salah Glaied – L’eau en Tunisie: potentiels et défis Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Le caroubier: un arbre d’avenir pour les régions méditerranéennes juillet 29, 2026/Agrohealth Dr Fatma Rebai: Vieillissement ORL- pourquoi les aliments perdent leur goût juillet 27, 2026/Agrohealth Pr. Mohamed Ridha Kamoun: Le couple Soleil peau juillet 1, 2026/Agrohealth Dr Fatma Ben Atig: Quand la colonne vertébrale souffre aussi de nos habitudes alimentaires juin 27, 2026/Dr. Fatma Ben Atig PUB Actuhealth L’orge et l’eau d’orge: des alliées pour votre santé juillet 22, 2026 Nez et alimentation: cinq idées reçues passées au crible de la science juillet 18, 2026 Les eaux distillées, les trésors de l’été qui prennent soin de notre santé juillet 3, 2026 Load More Élevage Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Load More
Pommes de terre: la Tunisie ouvre un contingent tarifaire de 16 500 tonnes de semences pour la campagne 2026-2027

PUB Actuagro Pommes de terre : la Tunisie ouvre un contingent tarifaire de 16 500 tonnes de semences pour la campagne 2026-2027 Afin d’assurer le bon déroulement de la prochaine campagne de production de pommes de terre, le ministère du Commerce et du Développement des exportations a annoncé l’ouverture d’un contingent tarifaire portant sur 16 500 tonnes de semences de pommes de terre destinées à la saison agricole 2026-2027. Cette mesure permettra aux opérateurs agréés d’importer des semences dans le cadre d’un régime douanier préférentiel, contribuant ainsi à sécuriser l’approvisionnement des producteurs avant le début des plantations. Selon le communiqué officiel, la répartition des quantités sera effectuée selon le système des échanges traditionnels, tandis que le Groupement interprofessionnel des légumes sera chargé de recevoir et d’examiner les demandes d’attribution. Les importateurs devront répondre à plusieurs conditions administratives et financières, notamment être en règle avec leurs obligations fiscales et sociales, fournir les documents exigés ainsi qu’une garantie bancaire représentant 1% de la valeur de la quantité demandée. Les dossiers devront être déposés au plus tard le 27 août 2026 à 10 heures, date à laquelle les plis seront ouverts lors d’une séance publique au siège du Groupement interprofessionnel des légumes à Tunis. Cette décision intervient dans un contexte où la Tunisie continue de dépendre largement des importations pour ses semences de pommes de terre certifiées. Ces dernières constituent un élément essentiel de la réussite des cultures puisqu’elles influencent directement le rendement, la qualité sanitaire des récoltes et la productivité des exploitations. Pour les agriculteurs, la disponibilité des semences représente une étape déterminante dans la préparation de la campagne. Tout retard dans leur importation peut entraîner un décalage du calendrier de plantation et avoir des répercussions sur l’offre nationale ainsi que sur les prix du marché. Au-delà de la gestion de la prochaine saison agricole, cette annonce remet en lumière l’importance de développer une production locale de semences certifiées afin de renforcer la résilience de la filière face aux fluctuations du marché international. Le regard d’AgroHealth L’ouverture de ce contingent tarifaire constitue une mesure préventive importante pour sécuriser la prochaine campagne de pommes de terre. Néanmoins, cette actualité rappelle que la souveraineté alimentaire ne dépend pas uniquement de la production agricole, mais aussi de la maîtrise des intrants stratégiques. Investir dans une filière tunisienne de production de semences certifiées, soutenue par la recherche agronomique et l’innovation variétale, représenterait un levier majeur pour réduire la dépendance extérieure et renforcer durablement la compétitivité de la filière pomme de terre. Sources Ministère du Commerce et du Développement des exportations (communiqué officiel, juillet 2026). Groupement interprofessionnel des légumes (GIL). Lire également Les cultures estivales en Tunisie: une saison décisive pour les producteurs Nizar Aloui – Sécurité et souveraineté alimentaires: clarifier les concepts pour mieux orienter les politiques agricoles Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Le caroubier: un arbre d’avenir pour les régions méditerranéennes juillet 29, 2026/Agrohealth Dr Fatma Rebai: Vieillissement ORL- pourquoi les aliments perdent leur goût juillet 27, 2026/Agrohealth Pr. Mohamed Ridha Kamoun: Le couple Soleil peau juillet 1, 2026/Agrohealth Dr Fatma Ben Atig: Quand la colonne vertébrale souffre aussi de nos habitudes alimentaires juin 27, 2026/Dr. Fatma Ben Atig PUB Actuhealth L’orge et l’eau d’orge: des alliées pour votre santé juillet 22, 2026 Nez et alimentation: cinq idées reçues passées au crible de la science juillet 18, 2026 Les eaux distillées, les trésors de l’été qui prennent soin de notre santé juillet 3, 2026 Load More Élevage Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Load More
Majel Bel Abbès, un terroir qui mise sur la pistache et l’amande

PUB Actuagro Majel Bel Abbès, un terroir qui mise sur la pistache et l’amande Dans les paysages semi-arides du gouvernorat de Kasserine, la délégation de Majel Bel Abbès confirme son statut de terre d’excellence pour les fruits secs. Portées par une pluviométrie favorable et par l’engagement croissant des agriculteurs, les cultures de pistaches et d’amandes enregistrent une progression remarquable au cours de la campagne agricole 2025-2026. À Majel Bel Abbès, les vergers de pistachiers et d’amandiers gagnent chaque année du terrain. Cette région du gouvernorat de Kasserine s’impose désormais comme le principal bassin de production de ces deux cultures, dont une partie est conduite selon les normes de l’agriculture biologique et destinée aux marchés d’exportation. Cette saison, les producteurs récoltent les fruits d’une campagne particulièrement favorable. Les pluies enregistrées durant l’hiver ont permis aux arbres de mieux se développer, améliorant à la fois les rendements et la qualité des récoltes. La production de pistaches est ainsi estimée à près de 2 000 tonnes, contre 1 500 tonnes lors de la campagne précédente, tandis que celle des amandes atteint environ 7 000 tonnes. Cette dynamique repose aussi sur un choix agricole adapté aux réalités climatiques de la région. Le pistachier et l’amandier figurent parmi les espèces les mieux adaptées aux zones semi-arides. Leur résistance à la sécheresse et leur capacité à valoriser des terres parfois peu fertiles en font des cultures particulièrement prometteuses dans un contexte marqué par le changement climatique. Les superficies cultivées témoignent de cet essor. Les plantations de pistachiers couvrent aujourd’hui près de 6 000 hectares, contre environ 7 000 hectares pour les amandiers. Chaque année, de nouveaux vergers voient le jour, portés notamment par de jeunes agriculteurs qui misent sur ces productions à forte valeur ajoutée. Au-delà de la production, ces fruits secs représentent également une véritable opportunité économique. Très recherchées sur les marchés internationaux, notamment lorsqu’elles sont certifiées biologiques, les pistaches et les amandes offrent de nouvelles perspectives de valorisation à travers la transformation agroalimentaire, la pâtisserie, les huiles végétales ou encore les produits destinés à l’industrie cosmétique. Le regard d’AgroHealth L’essor des cultures de pistaches et d’amandes à Majel Bel Abbès illustre le potentiel des filières arboricoles dans les régions intérieures de la Tunisie. En conciliant adaptation au climat, création de valeur et ouverture vers les marchés d’exportation, ces cultures constituent un modèle de développement durable. Accompagner cette dynamique par davantage d’investissements dans la transformation, la certification biologique et l’encadrement technique permettra de renforcer encore la compétitivité de cette filière d’avenir. Sources Agence TAP Union régionale de l’agriculture et de la pêche de Kasserine Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes Lire également Récolte des amandes en Tunisie en 2026: une saison qui mobilise les producteurs Tunisie: la filière pistache confirme son potentiel Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Le caroubier: un arbre d’avenir pour les régions méditerranéennes juillet 29, 2026/Agrohealth Dr Fatma Rebai: Vieillissement ORL- pourquoi les aliments perdent leur goût juillet 27, 2026/Agrohealth Pr. Mohamed Ridha Kamoun: Le couple Soleil peau juillet 1, 2026/Agrohealth Dr Fatma Ben Atig: Quand la colonne vertébrale souffre aussi de nos habitudes alimentaires juin 27, 2026/Dr. Fatma Ben Atig PUB Actuhealth L’orge et l’eau d’orge: des alliées pour votre santé juillet 22, 2026 Nez et alimentation: cinq idées reçues passées au crible de la science juillet 18, 2026 Les eaux distillées, les trésors de l’été qui prennent soin de notre santé juillet 3, 2026 Load More Élevage Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Load More
La Posidonie, la mémoire verte de la Méditerranée: un trésor sous-marin que la Tunisie doit protéger

PUB Actuagro La Posidonie, la mémoire verte de la Méditerranée: un trésor sous-marin que la Tunisie doit protéger Par Zouhaïr Ben Amor. Dr en Biologie Marine – Il existe, sous la surface calme de la Méditerranée, un monde discret qui échappe souvent au regard des hommes. Nous admirons les plages dorées, les falaises sculptées par les vagues, les ports animés et les paysages côtiers qui façonnent l’identité des pays méditerranéens. Pourtant, une grande partie de la richesse de cette mer se cache ailleurs, dans le silence des profondeurs, là où poussent de véritables forêts sous-marines: les prairies de posidonie. La posidonie, et plus précisément Posidonia oceanica, n’est pas une simple plante marine comme beaucoup pourraient le croire. Elle est une plante à fleurs qui a évolué pour vivre dans le milieu marin et qui constitue l’un des écosystèmes les plus importants de la Méditerranée. Ses longues feuilles vertes ondulent au rythme des courants et forment des paysages sous-marins d’une étonnante beauté. Mais derrière cette apparente fragilité se cache un organisme d’une extraordinaire résistance, capable de construire au fil des siècles de véritables architectures écologiques. La disparition progressive de ces herbiers représente aujourd’hui l’une des grandes préoccupations environnementales du bassin méditerranéen. Leur destruction n’est pas seulement une perte biologique, elle constitue une atteinte profonde à l’équilibre de la mer, à la protection des côtes et à l’avenir des générations qui dépendront encore de ces espaces naturels. La Tunisie, avec plus de 1300 kilomètres de côtes, possède un patrimoine marin exceptionnel où les prairies de posidonie occupent une place essentielle. Des eaux du nord jusqu’aux vastes espaces du golfe de Gabès, en passant par les îles de Kerkennah et les zones côtières du Sahel, ces herbiers constituent une richesse naturelle qui mérite une attention particulière. Pourtant, comme dans de nombreuses régions méditerranéennes, ils subissent des pressions croissantes liées aux activités humaines. La forêt invisible de la Méditerranée Pendant longtemps, la mer a été perçue essentiellement comme un espace de production: un lieu de pêche, de transport, de tourisme ou d’exploitation économique. Cette vision utilitaire a souvent conduit l’être humain à oublier que les océans et les mers possèdent leurs propres équilibres, leurs propres rythmes et leurs propres formes de vie. La posidonie incarne parfaitement cette dimension oubliée de la nature. Une prairie de posidonie est un véritable refuge biologique. Elle accueille une multitude d’espèces animales et végétales: poissons juvéniles, crustacés, mollusques, éponges et microorganismes qui trouvent dans cet habitat nourriture, protection et lieu de reproduction. Ces herbiers jouent ainsi un rôle comparable à celui des forêts terrestres, en offrant un espace de vie indispensable à de nombreuses espèces. Selon Boudouresque et Meinesz (1982), la posidonie représente l’un des écosystèmes les plus complexes et les plus productifs de Méditerranée. Son importance ne réside pas seulement dans le nombre d’espèces qu’elle abrite, mais aussi dans les multiples fonctions écologiques qu’elle assure. La posidonie participe également à la régulation du climat grâce à sa capacité à stocker du carbone. À travers ce que les scientifiques appellent le «carbone bleu», les écosystèmes marins végétalisés jouent un rôle majeur dans la capture et la conservation du dioxyde de carbone atmosphérique. Les herbiers de posidonie accumulent de grandes quantités de matière organique dans leurs sols marins, où le carbone peut rester stocké pendant des siècles. Dans un contexte marqué par l’accélération du changement climatique, protéger ces espaces devient donc une nécessité qui dépasse largement la simple conservation de la biodiversité. Préserver la posidonie, c’est aussi participer à la lutte contre le dérèglement climatique. Mais la posidonie possède une autre fonction fondamentale, souvent méconnue du grand public: elle protège les côtes contre l’érosion. Ses racines et ses rhizomes forment un réseau dense qui stabilise les fonds marins. Les feuilles mortes qui s’accumulent sur les plages, appelées «banquettes de posidonie», sont parfois considérées comme des déchets gênants par les visiteurs. Pourtant, elles constituent une protection naturelle contre les vagues et contribuent au maintien du sable sur les plages. Ce paradoxe révèle une difficulté profonde dans notre relation avec la nature: nous apprécions souvent les paysages naturels uniquement lorsqu’ils correspondent à notre vision esthétique immédiate. Une plage totalement nettoyée peut sembler plus agréable à court terme, mais la disparition des protections naturelles qu’offrent les banquettes de posidonie peut accélérer la dégradation du littoral. La Tunisie face à un patrimoine marin fragile La Tunisie occupe une position particulière au cœur de la Méditerranée. Son histoire, sa culture et son économie sont intimement liées à la mer. Depuis l’Antiquité, les civilisations qui se sont succédé sur son territoire ont développé une relation étroite avec cet espace maritime. Aujourd’hui encore, la pêche, le tourisme côtier et les activités portuaires jouent un rôle important dans la vie économique du pays. Dans ce contexte, les prairies de posidonie représentent un capital naturel majeur. Elles contribuent directement au maintien des ressources halieutiques en fournissant des zones de reproduction et de croissance pour de nombreuses espèces exploitées par les pêcheurs. Les régions insulaires tunisiennes, notamment Kerkennah et Djerba, illustrent parfaitement cette relation entre les sociétés humaines et les écosystèmes marins. Les populations locales ont développé au fil du temps des pratiques adaptées à leur environnement marin, en utilisant les ressources disponibles tout en maintenant un équilibre fragile avec la nature. Cependant, cet équilibre est aujourd’hui soumis à de nombreuses perturbations. L’expansion urbaine sur le littoral, l’augmentation des rejets polluants, certaines pratiques de pêche destructrices et l’intensification du trafic maritime constituent autant de menaces pour les herbiers. Le golfe de Gabès représente à cet égard un exemple particulièrement intéressant. Cette région, autrefois considérée comme l’une des zones les plus riches de Méditerranée en termes de biodiversité marine, a subi d’importantes transformations liées aux activités industrielles et aux modifications des usages côtiers. Les pressions exercées sur les habitats marins ont entraîné une dégradation progressive de certains écosystèmes. Comme le soulignent Pergent et al. (2012), les herbiers de posidonie
L’huile d’olive tunisienne triomphe aux États-Unis et confirme son statut d’excellence mondiale

PUB Actuagro L’huile d’olive tunisienne triomphe aux États-Unis et confirme son statut d’excellence mondiale Une nouvelle distinction internationale vient conforter la réputation de l’huile d’olive tunisienne. Lors de la dernière édition de la compétition américaine internationale consacrée à l’huile d’olive, la Tunisie s’est illustrée en décrochant la première place parmi des producteurs issus de quatorze pays. Au-delà des récompenses, ce succès confirme la montée en puissance d’une filière qui mise désormais sur la qualité, l’innovation et la valorisation de son savoir-faire. Une moisson de récompenses qui consacre le savoir-faire tunisien La Tunisie a brillé lors de cette prestigieuse compétition organisée aux États-Unis, où près de 150 huiles d’olive ont été évaluées par un jury international. Les producteurs tunisiens ont remporté trois distinctions «Double Gold Best in Class», quarante-cinq médailles d’or et quatre médailles d’argent, plaçant le pays au sommet du classement. Ces résultats témoignent de l’excellence des huiles d’olive vierges extra tunisiennes et de leur capacité à rivaliser avec les meilleures productions mondiales. Ils récompensent également le travail réalisé tout au long de la chaîne de production, depuis les pratiques culturales jusqu’à la récolte au moment optimal, en passant par une extraction rapide et une maîtrise rigoureuse des procédés de transformation. Une reconnaissance stratégique sur le marché américain Cette consécration revêt une importance particulière, car les États-Unis figurent parmi les plus grands marchés consommateurs d’huile d’olive au monde. Les consommateurs américains accordent une attention croissante aux produits naturels, à la qualité nutritionnelle et à l’origine des aliments, faisant de l’huile d’olive vierge extra un produit particulièrement recherché. Une telle reconnaissance constitue un véritable levier commercial pour les exportateurs tunisiens. Elle renforce la confiance des importateurs et des distributeurs tout en améliorant la visibilité des marques tunisiennes sur un marché à fort potentiel. La qualité, un atout pour créer davantage de valeur Au-delà des récompenses, cette performance rappelle que la compétitivité de la filière tunisienne ne repose plus uniquement sur les volumes produits. Avec près de 100 millions d’oliviers couvrant environ 1,9 million d’hectares, la Tunisie fait partie des principaux producteurs mondiaux d’huile d’olive. L’enjeu est désormais de transformer cette richesse agricole en une valeur économique plus importante. Une part significative de l’huile d’olive tunisienne continue en effet d’être exportée en vrac avant d’être conditionnée sous des marques étrangères. Les distinctions internationales démontrent pourtant que les huiles tunisiennes disposent de tous les atouts pour être commercialisées sous des marques nationales reconnues, capables de séduire les consommateurs les plus exigeants. Le développement du conditionnement local, de la traçabilité, des indications géographiques, de la certification de qualité et de la promotion des marques tunisiennes apparaît aujourd’hui comme un levier essentiel pour accroître les revenus de l’ensemble de la filière. Un secteur stratégique pour l’agriculture tunisienne L’oléiculture constitue l’un des piliers de l’agriculture tunisienne. Des centaines de milliers d’agriculteurs vivent directement ou indirectement de cette filière, qui représente également une source majeure de devises grâce aux exportations. Les distinctions obtenues à l’international illustrent les progrès réalisés par les producteurs, les huileries et les exportateurs en matière de qualité. Elles montrent également que les investissements dans les bonnes pratiques agricoles, les technologies d’extraction et les systèmes de contrôle portent leurs fruits. Dans un contexte où les consommateurs recherchent davantage de transparence, de durabilité et d’authenticité, l’huile d’olive tunisienne dispose aujourd’hui de solides arguments pour renforcer durablement sa position sur les marchés internationaux. Le regard d’AgroHealth Cette distinction internationale dépasse largement le cadre d’un concours. Elle confirme que la véritable richesse de l’oléiculture tunisienne réside dans sa capacité à produire une huile d’olive vierge extra de très haute qualité, reconnue par les experts du monde entier. Le prochain défi consiste désormais à transformer cette reconnaissance en valeur économique durable, en développant davantage les marques tunisiennes, le conditionnement local et la promotion de l’origine «Tunisie». Plus qu’un produit agricole, l’huile d’olive devient un véritable ambassadeur du savoir-faire tunisien, de son patrimoine agricole et de son engagement en faveur de l’excellence. Sources Ambassade des États-Unis en Tunisie – Publication officielle annonçant les résultats de la compétition américaine internationale de l’huile d’olive (juillet 2026). Conseil oléicole international – Données sur la production mondiale et les standards de qualité. Office National de l’Huile – Informations sur la filière oléicole tunisienne. Ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche – Données sur le secteur oléicole et les exportations. Lire également La Tunisie, n°1 mondial de l’huile d’olive à Miami Filière oléicole en Tunisie: Analyse des prix et des flux d’exportation durant la campagne 2024-2025 Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Le caroubier: un arbre d’avenir pour les régions méditerranéennes juillet 29, 2026/Agrohealth Dr Fatma Rebai: Vieillissement ORL- pourquoi les aliments perdent leur goût juillet 27, 2026/Agrohealth Pr. Mohamed Ridha Kamoun: Le couple Soleil peau juillet 1, 2026/Agrohealth Dr Fatma Ben Atig: Quand la colonne vertébrale souffre aussi de nos habitudes alimentaires juin 27, 2026/Dr. Fatma Ben Atig PUB Actuhealth L’orge et l’eau d’orge: des alliées pour votre santé juillet 22, 2026 Nez et alimentation: cinq idées reçues passées au crible de la science juillet 18, 2026 Les eaux distillées, les trésors de l’été qui prennent soin de notre santé juillet 3, 2026 Load More Élevage Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Load More
Le caroubier: un arbre d’avenir pour les régions méditerranéennes

PUB Chronique Le caroubier: un arbre d’avenir pour les régions méditerranéennes Longtemps considéré comme un arbre secondaire, le caroubier retrouve aujourd’hui une place de choix dans les stratégies agricoles des pays méditerranéens. Résistant à la sécheresse, peu exigeant en eau et doté de multiples débouchés alimentaires et industriels, il répond aux enjeux actuels de l’agriculture durable. Entre patrimoine, innovation et adaptation au changement climatique, cet arbre ancestral pourrait bien devenir l’une des cultures d’avenir de la région. Discret mais remarquable, le caroubier (Ceratonia siliqua L.) fait partie du patrimoine végétal du bassin méditerranéen depuis des millénaires. Connu pour ses longues gousses brunes et sa grande résistance à la sécheresse, cet arbre suscite aujourd’hui un intérêt renouvelé à l’heure du changement climatique et de la recherche de cultures plus adaptées aux conditions arides. Le caroubier appartient à la famille des Fabacées. C’est un arbre persistant pouvant vivre plusieurs centaines d’années et atteindre une hauteur de 6 à 15 mètres. Il se distingue par son feuillage dense, sa croissance relativement lente et sa capacité à se développer sur des sols pauvres, calcaires ou pierreux. Grâce à son système racinaire profond, il valorise des terres marginales où d’autres espèces agricoles rencontrent des difficultés. Particulièrement bien adapté au climat méditerranéen, le caroubier supporte les longues périodes de sécheresse et nécessite peu d’entretien une fois installé. Ces caractéristiques en font une espèce prometteuse pour les régions confrontées à la raréfaction des ressources en eau. Le fruit du caroubier, la caroube, est une gousse riche en sucres naturels, en fibres, en minéraux et en composés antioxydants. Sa pulpe est utilisée dans l’alimentation humaine sous forme de poudre, de farine, de sirop ou encore comme substitut naturel du cacao. Les graines, quant à elles, permettent d’obtenir la gomme de caroube (E410), un épaississant naturel largement utilisé dans l’industrie agroalimentaire pour la fabrication des glaces, des produits laitiers, des sauces et de nombreuses préparations alimentaires. Le caroubier présente également un intérêt pour l’alimentation animale. La pulpe des gousses constitue une source d’énergie appréciée dans les rations destinées aux ruminants. Plusieurs travaux de recherche étudient également le potentiel de ses sous-produits dans les systèmes d’élevage durables. Au-delà de ses usages alimentaires, le caroubier joue un rôle environnemental important. Il contribue à la lutte contre l’érosion des sols, participe au stockage du carbone et favorise la biodiversité. Sa culture peut également s’intégrer dans des systèmes agroforestiers, associant production agricole et préservation des écosystèmes. Face aux défis climatiques et à la nécessité de développer une agriculture plus résiliente, le caroubier apparaît comme une culture d’avenir pour de nombreux pays méditerranéens, dont la Tunisie. Arbre de tradition, mais aussi d’innovation, il pourrait jouer un rôle croissant dans la valorisation des territoires secs et dans la diversification des filières agricoles et agroalimentaires. Sources · Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) – https://www.fao.org · Centre International de Hautes Études Agronomiques Méditerranéennes (CIHEAM) – https://www.ciheam.org · CABI – Ceratonia siliqua Datasheet – https://www.cabi.org · Royal Botanic Gardens, Kew – Plants of the World Online – https://powo.science.kew.org · Guide de multiplication et de reproduction du caroubier en Tunisie – CAPTE – https://capte.tn Lire également Été 2026 en Tunisie: les vagues de chaleur précoces inquiètent le monde agricole Produire davantage ou consommer plus intelligemment? La voie vers une alimentation durable en Tunisie Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Le caroubier: un arbre d’avenir pour les régions méditerranéennes juillet 29, 2026/Agrohealth Dr Fatma Rebai: Vieillissement ORL- pourquoi les aliments perdent leur goût juillet 27, 2026/Agrohealth Pr. Mohamed Ridha Kamoun: Le couple Soleil peau juillet 1, 2026/Agrohealth Dr Fatma Ben Atig: Quand la colonne vertébrale souffre aussi de nos habitudes alimentaires juin 27, 2026/Dr. Fatma Ben Atig PUB Actuhealth L’orge et l’eau d’orge: des alliées pour votre santé juillet 22, 2026 Nez et alimentation: cinq idées reçues passées au crible de la science juillet 18, 2026 Les eaux distillées, les trésors de l’été qui prennent soin de notre santé juillet 3, 2026 Load More Élevage Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Load More
Moringa: l’arbre miracle qui pourrait transformer l’agriculture de demain

PUB Actuagro Moringa: l’arbre miracle qui pourrait transformer l’agriculture de demain Longtemps méconnu en Tunisie, le moringa attire aujourd’hui l’attention des chercheurs, des agriculteurs et des nutritionnistes. Résistant à la sécheresse, riche en nutriments et doté de multiples usages agricoles, alimentaires et environnementaux, cet arbre suscite un intérêt croissant dans un contexte où le changement climatique oblige à repenser les systèmes de production. Mais derrière son surnom d’« arbre miracle », que révèle réellement la science? Par une matinée chaude dans une région semi-aride, un jeune arbre aux feuilles d’un vert éclatant continue de pousser alors que les cultures voisines montrent déjà les premiers signes du stress hydrique. Là où d’autres espèces ralentissent leur croissance faute d’eau, lui poursuit son développement avec une étonnante vigueur. Cette scène, observée dans plusieurs régions tropicales et subtropicales, illustre parfaitement le potentiel du moringa (Moringa oleifera), une espèce qui attire aujourd’hui l’attention bien au-delà de son aire d’origine. Depuis quelques années, le moringa connaît un véritable essor à l’échelle mondiale. Jadis cultivé principalement en Inde pour l’alimentation familiale et la médecine traditionnelle, il est désormais présent dans de nombreux pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et même dans certaines régions méditerranéennes. Son succès repose sur une combinaison rare de qualités: une croissance rapide, une remarquable résistance aux conditions climatiques difficiles et une capacité à produire une biomasse importante tout en nécessitant relativement peu de ressources. À mesure que les épisodes de sécheresse deviennent plus fréquents et que les terres agricoles subissent les effets du changement climatique, de nombreux spécialistes considèrent le moringa comme une plante pouvant contribuer à renforcer la résilience des exploitations agricoles. Sans constituer une solution miracle, il représente une piste sérieuse pour diversifier les productions et valoriser des zones où les cultures classiques deviennent plus difficiles. Une histoire vieille de plusieurs millénaires Bien avant de devenir un produit recherché sur les marchés internationaux des aliments fonctionnels, le moringa faisait déjà partie du quotidien des populations du nord de l’Inde. Les premières traces de son utilisation remontent à plusieurs milliers d’années, où ses feuilles, ses gousses et ses graines étaient consommées aussi bien comme aliments que comme ingrédients de la pharmacopée traditionnelle. Le nom Moringa proviendrait du mot tamoul murungai, utilisé dans le sud de l’Inde pour désigner cet arbre. Au fil des siècles, sa culture s’est progressivement diffusée vers le Moyen-Orient, l’Afrique orientale puis l’ensemble des régions tropicales grâce aux échanges commerciaux et aux déplacements des populations. Aujourd’hui, le genre Moringa comprend treize espèces botaniques, mais Moringa oleifera est de loin la plus connue et la plus cultivée. Cette espèce réunit plusieurs qualités recherchées par les agriculteurs: une croissance très rapide, une production abondante de feuilles et une grande facilité de culture. L’Inde demeure aujourd’hui le premier producteur mondial de moringa, notamment pour la production de gousses destinées à l’alimentation. Le développement de cette culture s’est ensuite accéléré dans des pays comme les Philippines, le Pakistan, le Kenya, le Nigéria, le Sénégal ou encore le Mexique, où elle répond à des besoins variés allant de la sécurité alimentaire à la valorisation économique des zones rurales. Un arbre qui s’adapte là où beaucoup d’autres renoncent Si le moringa suscite autant d’intérêt, c’est avant tout grâce à son exceptionnelle capacité d’adaptation. Contrairement à de nombreuses espèces fruitières ou forestières, il supporte des températures élevées, résiste à des périodes prolongées de sécheresse et peut se développer sur des sols relativement pauvres, à condition qu’ils soient bien drainés. Son système racinaire joue un rôle déterminant dans cette résistance. La plante développe rapidement une racine pivot profonde capable d’explorer les couches inférieures du sol à la recherche d’humidité. Cette caractéristique lui permet de maintenir sa croissance même lorsque les précipitations deviennent irrégulières. Cette rusticité intéresse particulièrement les régions confrontées à la désertification. Plusieurs programmes internationaux expérimentent aujourd’hui le moringa dans des projets de restauration des terres dégradées, de lutte contre l’érosion et d’agroforesterie. En plus de protéger les sols grâce à son système racinaire, l’arbre produit une importante quantité de matière organique qui contribue progressivement à améliorer leur fertilité. Cette capacité à associer production agricole et restauration des écosystèmes explique pourquoi certains chercheurs considèrent le moringa comme un allié potentiel de l’agriculture durable dans les régions sèches. Une culture aux multiples usages Le moringa présente une particularité rare: presque toutes les parties de la plante trouvent une utilisation. Ses jeunes feuilles sont consommées fraîches ou cuites dans plusieurs pays, tandis qu’une fois séchées elles sont réduites en poudre pour enrichir différents aliments. Les jeunes gousses sont appréciées comme légumes dans plusieurs cuisines asiatiques, alors que les graines fournissent une huile végétale de grande qualité utilisée aussi bien dans l’industrie cosmétique que dans certaines préparations alimentaires. L’intérêt du moringa dépasse cependant largement le domaine alimentaire. Les tourteaux obtenus après extraction de l’huile possèdent des propriétés coagulantes naturelles permettant de clarifier certaines eaux chargées en particules. Cette utilisation fait actuellement l’objet de nombreuses recherches dans les régions où l’accès à l’eau potable reste limité. En agriculture, les feuilles riches en azote peuvent également être valorisées sous forme de matière organique, tandis que les fleurs représentent une ressource mellifère intéressante pour les abeilles, favorisant ainsi la pollinisation et la biodiversité locale. Enfin, plusieurs études récentes s’intéressent au potentiel des extraits de feuilles comme biostimulants naturels. Utilisés sous forme de pulvérisation foliaire, ces extraits pourraient favoriser la croissance de certaines cultures, améliorer leur tolérance au stress hydrique et contribuer à augmenter les rendements. Si ces résultats restent variables selon les espèces cultivées et les conditions de production, ils ouvrent des perspectives prometteuses pour une agriculture plus respectueuse de l’environnement. Une opportunité pour une agriculture plus résiliente L’intérêt croissant porté au moringa ne tient pas uniquement à ses qualités biologiques. Il s’explique aussi par les profondes mutations que connaît aujourd’hui l’agriculture mondiale. Hausse des températures, raréfaction des ressources en eau, dégradation des sols et baisse
Sahbi Boudhiaf: La majorité des incendies de forêt sont d’origine humaine, aggravés par des conditions climatiques extrêmes

PUB Actuagro Sahbi Boudhiaf: La majorité des incendies de forêt sont d’origine humaine, aggravés par des conditions climatiques extrêmes Propos recueillis par Agrohealth – Alors que la Tunisie fait face à une recrudescence des incendies de forêt en pleine période de canicule, Sahbi Boudhiaf, directeur de la Conservation des forêts à la Direction générale des forêts (DGF), décrypte les facteurs à l’origine de ces sinistres, leurs lourdes conséquences sur les écosystèmes et les activités agricoles, ainsi que les stratégies mises en œuvre pour restaurer les espaces détruits et renforcer la protection du patrimoine forestier national. Interview 1. Comment expliquer la multiplication et la quasi-simultanéité des incendies ? La multiplication des incendies s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs. La vague de chaleur exceptionnelle, avec des températures dépassant parfois 45 °C, le sirocco et l’extrême dessèchement de la végétation ont fortement favorisé la propagation du feu. Toutefois, la chaleur ne constitue pas à elle seule une cause d’incendie: les premiers éléments disponibles indiquent une prédominance des facteurs humains, notamment la négligence et, dans certains cas, des actes volontaires. La simultanéité des départs de feu peut donc être liée à la conjonction de ces conditions climatiques extrêmement favorables à la propagation et de plusieurs facteurs humains. 2. Quelles conséquences sur l’agriculture, la production et les écosystèmes ? Les incendies entraînent des pertes directes pour l’agriculture et les populations rurales, notamment par la destruction des cultures, des parcours, des pâturages et des ressourcesforestières dont dépendent de nombreuses communautés. Sur le plan écologique, ils provoquent la destruction de la végétation, l’érosion des sols, la perte d’habitats et une diminution de la biodiversité. Les fortes chaleurs et les incendies répétés peuvent également fragiliser les peuplements forestiers et réduire leur capacité de régénération. Toutefois, il faut distinguer les espèces: certaines, comme le pin d’Alep, peuvent se régénérer naturellement dans certaines conditions, tandis que d’autres nécessitent des opérations de reboisement. La restauration complète de l’équilibre d’un écosystème forestier reste néanmoins un processus de très longue durée, pouvant s’étendre sur plusieurs décennies. 3. Quelles solutions pour restaurer les zones détruites et mieux protéger les forêts? La restauration doit être adaptée à chaque site et à chaque essence. Dans certaines zones, la priorité sera donnée à la régénération naturelle, avec un suivi et une protection des jeunes peuplements. Dans d’autres, notamment lorsque la régénération naturelle est insuffisante, le reboisement sera nécessaire après l’évaluation et la préparation des terrains. La prévention doit également être renforcée par l’entretien des pistes et des tranchées pare-feu, l’amélioration de la surveillance et de l’alerte précoce, la modernisation des moyens d’intervention et une plus forte implication des citoyens. La reconstitution des espaces détruits est donc possible, mais elle doit être progressive, scientifiquement planifiée et accompagnée d’une protection durable contre les incendies et le pâturage excessif. Lire également Incendies de forêt: une menace pour l’agriculture Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Dr Fatma Rebai: Vieillissement ORL- pourquoi les aliments perdent leur goût juillet 27, 2026/Agrohealth Pr. Mohamed Ridha Kamoun: Le couple Soleil peau juillet 1, 2026/Agrohealth Dr Fatma Ben Atig: Quand la colonne vertébrale souffre aussi de nos habitudes alimentaires juin 27, 2026/Dr. Fatma Ben Atig Tomate séchée: le potentiel encore sous-exploité de la Tunisie juin 25, 2026/Agrohealth PUB Actuhealth L’orge et l’eau d’orge: des alliées pour votre santé juillet 22, 2026 Nez et alimentation: cinq idées reçues passées au crible de la science juillet 18, 2026 Les eaux distillées, les trésors de l’été qui prennent soin de notre santé juillet 3, 2026 Load More Élevage Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Load More
Dr Fatma Rebai: Vieillissement ORL- pourquoi les aliments perdent leur goût

PUB Chronique Dr Fatma Rebai: Vieillissement ORL- pourquoi les aliments perdent leur goût Par Dr Fatma Rebai. Médecin ORL – «Docteur, je ne retrouve plus le goût des aliments». Cette phrase est l’une des plaintes les plus fréquentes chez les personnes âgées. Beaucoup pensent qu’il s’agit simplement d’une conséquence inévitable du vieillissement, sans véritable impact sur la santé. Pourtant, cette sensation de ne plus rien goûter est loin d’être anodine. Elle peut modifier les habitudes alimentaires, favoriser la dénutrition, diminuer le plaisir de manger et, à terme, altérer la qualité de vie. À l’heure où le vieillissement de la population s’accélère, cette problématique représente également un défi majeur pour l’industrie agroalimentaire, appelée à développer des aliments mieux adaptés aux capacités sensorielles des seniors. En tant que médecin ORL, il est important de rappeler une notion souvent méconnue: ce que nous appelons communément le goût, dépend en réalité principalement de notre odorat. La langue est capable de reconnaître cinq saveurs fondamentales: le sucré, le salé, l’acide, l’amer et l’umami. En revanche, toutes les nuances aromatiques qui distinguent une fraise d’une framboise, un café d’un chocolat ou un fromage d’un autre sont perçues grâce aux récepteurs olfactifs situés au sommet des fosses nasales. Lors de la mastication, les molécules odorantes remontent vers ces récepteurs par voie rétro-nasale, permettant au cerveau de reconstruire la saveur complète d’un aliment. C’est la raison pour laquelle un simple rhume donne souvent l’impression que les aliments n’ont plus de goût. Avec l’âge, cette fonction olfactive diminue progressivement. Les spécialistes parlent de presbyosmie, c’est-à-dire du vieillissement physiologique de l’odorat. Les études montrent qu’environ une personne sur deux de plus de 65 ans présente une diminution objectivable de ses capacités olfactives, et cette proportion augmente encore après 80 ans. Plusieurs mécanismes expliquent cette évolution. Le nombre de cellules olfactives diminue progressivement, leur capacité de renouvellement devient moins efficace et les modifications anatomiques des fosses nasales réduisent le passage des molécules odorantes vers la région olfactive. À cela s’ajoutent les effets cumulés des infections virales, de l’exposition à la pollution atmosphérique, du tabagisme ou encore des maladies inflammatoires chroniques du nez et des sinus. Le cerveau lui-même, qui interprète les informations olfactives, subit les effets du vieillissement, ce qui contribue également à cette perte sensorielle (Olofsson et al., i-Perception, 2021). Le goût, à proprement parler, évolue lui aussi avec l’âge, mais de façon plus discrète. Cette diminution est appelée presbygueusie. Pendant longtemps, les chercheurs ont pensé que les bourgeons du goût étaient peu affectés par le vieillissement. Les travaux les plus récents montrent cependant qu’il existe bien une diminution progressive de la sensibilité gustative chez de nombreuses personnes âgées. Cette évolution résulte d’une combinaison de facteurs: une diminution de la production de salive, essentielle à la dissolution des molécules sapides, des modifications du microbiote buccal, une altération des récepteurs gustatifs et des changements dans le traitement cérébral des informations sensorielles. Les médicaments, très fréquents chez les seniors, jouent également un rôle important. Certains antihypertenseurs, antidépresseurs, traitements contre les maladies neurologiques ou encore certains antibiotiques peuvent modifier la perception des saveurs ou provoquer une sécheresse buccale qui accentue les difficultés (Bo et al., Aging Clinical and Experimental Research, 2024). Les conséquences de cette perte sensorielle dépassent largement le simple plaisir de manger. Lorsqu’une personne ne retrouve plus les saveurs qu’elle appréciait, son appétit diminue souvent. Les repas deviennent moins attrayants, les portions se réduisent et le risque de dénutrition augmente progressivement. Selon la Haute Autorité de Santé, la dénutrition touche une proportion importante des personnes âgées vivant à domicile et devient encore plus fréquente en institution. À l’inverse, certaines personnes cherchent à compenser cette perte sensorielle en ajoutant davantage de sel, de sucre ou d’épices dans leurs préparations. Cette adaptation peut contribuer à déséquilibrer certaines pathologies chroniques comme l’hypertension artérielle, le diabète ou l’insuffisance cardiaque. La diminution de l’odorat expose également à des risques souvent sous-estimés. Une personne qui sent moins bien peut avoir des difficultés à détecter une fuite de gaz, de la fumée ou un aliment avarié. L’odorat constitue en effet un véritable système d’alerte, indispensable à notre sécurité quotidienne. Plusieurs études montrent également qu’une perte importante de l’odorat peut être l’un des premiers signes de certaines maladies neurodégénératives, notamment la maladie de Parkinson ou la maladie d’Alzheimer, parfois plusieurs années avant l’apparition des premiers symptômes neurologiques. Chez une personne âgée, une baisse récente de l’odorat mérite donc toujours une évaluation médicale et ne doit pas être considérée comme une simple conséquence de l’âge. Ces connaissances ouvrent aujourd’hui de nouvelles perspectives pour l’industrie agroalimentaire. Face au vieillissement de la population, les chercheurs travaillent sur des stratégies permettant de restaurer le plaisir alimentaire sans augmenter excessivement les quantités de sucre, de sel ou de matières grasses. L’une des pistes les plus prometteuses consiste à stimuler simultanément plusieurs sens. La texture des aliments, leur température, leur couleur, leur présentation visuelle ou encore les sensations trigéminales, comme la fraîcheur de la menthe ou le léger piquant de certaines épices, peuvent renforcer la perception globale des saveurs. Les travaux en sciences sensorielles montrent que cette approche multisensorielle permet d’améliorer l’appréciation des repas chez les personnes âgées tout en préservant leur équilibre nutritionnel. L’innovation alimentaire s’oriente également vers le développement de produits spécifiquement conçus pour les seniors. Les industriels cherchent à élaborer des aliments plus riches en protéines afin de prévenir la perte musculaire liée à l’âge, tout en améliorant leur intensité aromatique et leur facilité de mastication. L’objectif n’est plus seulement de nourrir, mais aussi de maintenir le plaisir de manger, facteur essentiel du bien-être et de la qualité de vie. Le rôle du médecin ORL reste fondamental dans cette prise en charge. Avant d’attribuer une perte du goût ou de l’odorat au vieillissement, il est indispensable de rechercher une cause potentiellement réversible. Une obstruction nasale chronique,
Canicule de juillet 2026: pourquoi la chaleur va encore durer quelques jours

Actuagro Canicule de juillet 2026: pourquoi la chaleur va encore durer quelques jours Par Moncef Rajhi. Expert en météorologie – Il est encore trop tôt pour parler de températures clémentes. Il faudra patienter encore quelques jours — à condition qu’aucun nouveau blocage atmosphérique ne se mette en place entre-temps. La raison est simple: la chaleur accumulée dans le système sol-atmosphère est considérable, et il faut au moins une semaine pour qu’elle se dissipe. Les nuits tropicales, un signal qui ne trompe pas Pour comprendre pourquoi une canicule s’installe dans la durée, un indicateur est essentiel: les «nuits tropicales», c’est-à-dire des nuits où la température ne descend pas sous lesn20°C. Elles révèlent que l’atmosphère perd, la nuit, moins de chaleur qu’elle n’en a gagné le jour. C’est l’enchaînement de ces nuits trop chaudes qui permet au stock de chaleur d’augmenter, jour après jour. C’est ce que les spécialistes appellent l’Indice de Chaleur Cumulée (ICC) : plus les nuits tropicales s’accumulent, plus le réservoir de chaleur se remplit, et plus les températures extrêmes durent — parfois plusieurs jours d’affilée sous un même «dôme de chaleur». Canicule et changement climatique: deux choses à ne pas confondre Un point mérite d’être clarifié, car il est souvent source de confusion dans le débat public: le changement climatique ne crée pas les blocages atmosphériques et les dômes de chaleur. Ces phénomènes relèvent de la variabilité naturelle du temps et du climat — ce sont des mécanismes météorologiques classiques, connus bien avant que l’on parle de réchauffement global. En revanche, le changement climatique n’est pas pour autant hors-jeu: il agit en arrière-plan. En élevant la température de fond de l’atmosphère, il fait que ces épisodes, une fois enclenchés par la dynamique atmosphérique, atteignent des pics plus élevés, durent plus longtemps et se reproduisent plus souvent. En clair: le changement climatique n’allume pas l’incendie, mais il l’attise. Le cas concret de Béja La station météorologique de Béja, représentative à l’échelle synoptique de toute la zone environnante, illustre parfaitement ce mécanisme. Voici les températures relevées à 06h UTC — c’est-à-dire tôt le matin, au moment le plus frais de la journée: Date Température à 06h UTC 18 juillet 23,9 °C 19 juillet 26,1 °C 20 juillet 25,9 °C 21 juillet 26,6 °C 22 juillet 25,2 °C Toutes ces valeurs sont largement supérieures à 20°C: Béja a donc connu cinq nuits tropicales consécutives. Conséquence directe: chaque nouvelle journée de réchauffement démarre déjà à partir d’une température élevée, ce qui favorise des maxima toujours plus importants. Un air brûlant qui s’assèche lui-même L’exemple de Béja montre aussi qu’une canicule n’est pas seulement une affaire de dôme de chaleur: elle est amplifiée par un mécanisme physique mesurable, bien connu des physiciens de l’atmosphère sous le nom d’équation de Clausius-Clapeyron. Plus l’air est chaud, plus il peut «demander» de vapeur d’eau — sauf que les sols, asséchés, n’ont plus assez d’eau à lui fournir. Cet écart entre la demande et l’offre en humidité porte un nom: le déficit de pression de vapeur (VPD). À Béja, il a atteint une valeur exceptionnelle, de l’ordre de 90 hPa. Cette situation déclenche une véritable réaction en chaîne: • l’air « veut » énormément d’humidité, mais les sols n’en ont plus à offrir • l’évaporation, qui normalement rafraîchit l’air, tombe au plus bas • l’énergie solaire, au lieu de servir à évaporer de l’eau, sert presque entièrement à chauffer l’air directement • cette énergie s’accumule dans le système sol-atmosphère, alimentant l’Indice de Chaleur Cumulée (ICC) Cette chaîne de causes à effets donne une explication physique cohérente des températures extrêmes observées à Béja durant la vague de chaleur de juillet 2026, et elle peut servir de base pour calculer l’ICC d’autres stations. Pourquoi la chaleur met-elle autant de temps à partir? Évacuer une telle quantité de chaleur accumulée demande la remise en place de véritables «couloirs d’échange» entre l’air chaud des basses couches et l’air froid des hautes altitudes. Cela suppose plusieurs conditions, qui prennent du temps à se réunir : • la reconstruction progressive du vortex polaire, affaibli depuis plus de deux semaines • le repositionnement du courant-jet (jet stream), véritable chef d’orchestre de la circulation atmosphérique • le retour des ondes de Rossby à des amplitudes normales • le déblocage progressif des grands centres d’action barométriques • la dissipation des dômes de chaleur actuellement installés sur l’Afrique du Nord, le bassin occidental de la Méditerranée et l’Europe de l’Ouest Ces processus, à la fois dynamiques et thermodynamiques, demandent du temps — c’est physiquement incompressible. Patience, donc : le couplage entre le sol, l’atmosphère et l’océan n’a livré qu’une infime partie de ses secrets. Lire également Été 2026 en Tunisie: les vagues de chaleur précoces inquiètent le monde agricole La Tunisie teste une technologie innovante pour réduire l’évaporation de l’eau Moncef Rajhi Ingénieur Général Hors Classe,expert en météorologie,climatologie et ressources en eau Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Pr. 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