Passer au contenu principal

Agrohealth Tunisie

La dinde en Tunisie, une filière discrète devenue incontournable

Élevage La dinde en Tunisie, une filière discrète devenue incontournable Par AgroHealth –Longtemps restée moins visible que le poulet dans l’univers de l’aviculture tunisienne, la dinde occupe aujourd’hui une place importante dans la production nationale de viande. Derrière une escalope ou une cuisse vendue chez le boucher se trouve en réalité une filière structurée, qui relie élevage, alimentation animale, couvoirs, abattage, découpe, transformation et distribution. En Tunisie, cette évolution s’est construite progressivement au fil des années. L’élevage de la dinde s’est développé autour d’une chaîne de production de plus en plus structurée, réunissant l’élevage, l’abattage, la découpe et la transformation. Cette organisation a permis à la filière de passer d’une activité essentiellement liée à l’élevage à un véritable secteur agroalimentaire, où plusieurs métiers interviennent successivement avant que le produit n’arrive sur le marché. Une production qui a fortement progressé La production tunisienne de viande de dinde a connu une progression importante au cours des dernières années. Elle est passée de 42,3 mille tonnes en 2010 à 78 mille tonnes en 2024, soit une hausse de près de 85 % en quatorze ans. Cette évolution n’a toutefois pas été régulière. Après avoir atteint 75,4 mille tonnes en 2022, la production a reculé à 69,7 mille tonnes en 2023, avant de retrouver une nette progression en 2024. Au-delà des variations annuelles, cette évolution traduit l’importance progressivement prise par la dinde dans l’aviculture tunisienne. La production mobilise aujourd’hui une chaîne qui s’étend de l’élevage et de l’alimentation animale jusqu’à l’abattage, à la découpe, à la transformation et à la distribution. La dinde est ainsi devenue bien plus qu’un simple produit disponible sur le marché. Elle représente désormais une activité agricole et économique qui fait intervenir de nombreux acteurs et différents métiers tout au long de la chaîne. Du couvoir à l’assiette La chaîne de production de la dinde commence bien avant l’élevage. Elle repose notamment sur la disponibilité des reproducteurs et des dindonneaux, sur l’alimentation animale ainsi que sur les infrastructures nécessaires à l’élevage. L’éleveur constitue ensuite un maillon essentiel de cette chaîne. En Tunisie, la production est particulièrement présente dans plusieurs régions, notamment dans le Sahel, à Sfax et au Cap Bon. Selon le mode d’organisation adopté, les éleveurs peuvent commercialiser directement leur production ou travailler dans le cadre de systèmes d’intégration qui les relient aux entreprises chargées des étapes suivantes. Après l’élevage viennent l’abattage, la découpe et, selon les circuits, la transformation en différents produits. Chaque étape intervient dans la construction de la valeur du produit final et relie progressivement le monde de l’élevage à celui de l’agroalimentaire. Quand la dinde devient un produit transformé La transformation a joué un rôle important dans le développement de la dinde sur le marché tunisien. L’escalope, la cuisse et les produits de charcuterie permettent de valoriser différentes parties de la carcasse tout en diversifiant l’offre proposée aux consommateurs. Cette évolution industrielle a progressivement intégré la dinde aux habitudes de consommation des familles tunisiennes, notamment à travers les produits découpés et conditionnés. Une filière sensible aux coûts de production Comme l’ensemble des élevages avicoles, la production de dinde dépend de plusieurs facteurs qui influencent directement son coût. L’alimentation animale occupe une place importante, mais elle n’est pas le seul élément à prendre en compte. L’énergie, les équipements, les soins vétérinaires, le transport et les conditions d’élevage participent également aux charges supportées par les producteurs. Ces différents coûts se répercutent tout au long de la chaîne, de l’élevage jusqu’à l’abattage, à la découpe et à la commercialisation. Les variations du prix des matières premières destinées à l’alimentation animale peuvent ainsi avoir des conséquences sur l’équilibre économique de toute la filière. Pour les producteurs tunisiens, l’enjeu consiste donc à maintenir une production régulière tout en maîtrisant les charges et en préservant la qualité. Cette équation devient d’autant plus importante dans un secteur où les conditions d’élevage, l’approvisionnement et les fluctuations des coûts peuvent rapidement modifier les équilibres économiques. La question sanitaire et la qualité Le développement d’une filière animale ne se mesure pas uniquement en tonnes produites. Il dépend également de la qualité des élevages, de la biosécurité, du contrôle vétérinaire, de l’hygiène lors de l’abattage et de la chaîne du froid. La traçabilité devient ainsi un élément essentiel. Elle permet de mieux suivre le produit depuis son origine jusqu’à sa commercialisation et contribue à renforcer la confiance entre producteurs, transformateurs et consommateurs. Dans ce domaine, l’objectif ne devrait pas être de présenter la viande de dinde comme un aliment parfait ou, à l’inverse, de susciter une inquiétude générale autour de la production. L’enjeu est plutôt de comprendre comment une filière peut garantir une production régulière, sûre et correctement contrôlée. Et demain, quelle place pour la dinde tunisienne? Avec une production qui a atteint 78 mille tonnes en 2024, la dinde représente désormais un maillon important de l’aviculture tunisienne. Son avenir dépendra cependant de plusieurs facteurs. La maîtrise des coûts de production, la disponibilité des aliments, la modernisation des élevages, la biosécurité, la valorisation des sous-produits et la réduction de l’impact environnemental seront autant de questions à suivre. L’économie circulaire pourrait notamment offrir de nouvelles pistes autour de la valorisation des déchets organiques issus de l’élevage et de la transformation. La gestion de l’eau, de l’énergie et des effluents mérite également davantage d’attention à mesure que la filière se développe. La dinde tunisienne raconte finalement une histoire assez particulière. Partie d’un élevage longtemps moins visible que celui du poulet, elle est devenue une véritable filière agricole et industrielle. Derrière un produit aujourd’hui familier se trouve tout un monde de producteurs, de techniciens, de vétérinaires, d’entreprises et de travailleurs. C’est précisément là que se situe l’intérêt d’une approche AgroHealth. Comprendre ce que nous mangeons commence souvent par comprendre comment cela est produit. AgroHealth Sources Office de l’Élevage et des Pâturages — évolution de la production de viande GIPAC — secteur avicole et filière dinde Portail national des données ouvertes — données GIPAC ROSE BLANCHE Group — SOPAT / MLIHA Lire également Élevage de poules en Tunisie: une

Qui est Salwa Ben Youssef, Assistante en Chef à l’Université de Jendouba

Biographies Qui est Salwa Ben Youssef, Assistante en Chef à l’Université de Jendouba Salwa Ben Youssef est Assistante en Chef à l’Application et à la Recherche à l’Université de Jendouba, rattachée à l’Institut Supérieur de Biotechnologie de Béja. Active depuis vingt ans dans les laboratoires de recherche et d’enseignement universitaires, elle s’intéresse particulièrement à la culture du laboratoire et à sa diffusion au-delà de l’espace académique. À travers son expérience, elle œuvre à rapprocher le monde des laboratoires de la société, en considérant le laboratoire non seulement comme un lieu de production de connaissances, mais aussi comme un levier de construction d’une société du savoir, capable de renforcer les liens entre science, société et innovation. Son parcours est également marqué par sa contribution à plusieurs initiatives et démarches de certification des laboratoires, témoignant de son engagement en faveur de la qualité, de la structuration et de la valorisation de l’activité scientifique universitaire. Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Dr Fatma Rebai: Le menu enfant a-t-il oublié le goût? septembre 25, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Déclinaison régionale : Méditerranée, Afrique du Nord, Tunisie – (Partie II) septembre 16, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Diagnostic ENSO global (bulletins CCSR/IRI du 19 août et OMM du 1ᵉʳ-3 septembre 2026) – (Partie… septembre 16, 2026/Agrohealth Quand les marchés se vident, faut-il réapprendre l’art de l’âoula? septembre 11, 2026/Agrohealth Actuhealth Salwa Ben Youssef – Le laboratoire à l’heure de One Health : Quand la qualité éclaire la décision septembre 23, 2026 La chriha tunisienne: ce que la figue séchée apporte réellement à notre santé septembre 21, 2026 Yaourt nature ou yaourt grec: entre douceur, nutrition et équilibre digestif septembre 14, 2026 Load More Élevage La dinde en Tunisie, une filière discrète devenue incontournable septembre 24, 2026 Le dromadaire tunisien: le sage du désert septembre 5, 2026 Élevage équin: le cheval tunisien peut-il enfin devenir une véritable filière agricole? août 30, 2026 Load More

Salwa Ben Youssef – Le laboratoire à l’heure de One Health : Quand la qualité éclaire la décision

Actuhealth Salwa Ben Youssef – Le laboratoire à l’heure de One Health : Quand la qualité éclaire la décision Par Salwa Ben Youssef. Assistante en Chef à l’Application et à la Recherche- Un résultat de laboratoire peut orienter un diagnostic médical, déterminer la sécurité d’un aliment, révéler une contamination de l’eau ou du sol, ou encore guider une décision en agriculture. Mais derrière chaque analyse se pose une question essentielle: qui garantit que le résultat mérite notre confiance? À l’heure où les santés humaine, animale, végétale et environnementale sont étroitement liées, la fiabilité des données analytiques devient un enjeu stratégique. Normes, traçabilité et accréditation constituent l’infrastructure invisible de cette confiance scientifique, sur laquelle repose désormais une véritable approche One Health.   La confiance se mesure Dans le monde de la santé, de l’agriculture et de l’agroalimentaire, le laboratoire n’est plus un simple lieu où l’on réalise des analyses. Il est devenu un maillon essentiel de la décision. Diagnostic médical, contrôle microbiologique d’un aliment, analyse d’un sol, identification d’un agent pathogène en santé humaine, animale ou végétale, ou évaluation de la qualité d’une production agricole: derrière chacune de ces situations se trouve une donnée analytique appelée à orienter une décision, parfois avec des conséquences sanitaires, économiques ou environnementales importantes. Or, un laboratoire moderne doit pouvoir démontrer la fiabilité de ce qu’il produit. C’est précisément ici qu’interviennent les normes de compétence et de qualité : elles ne créent pas la science, elles en garantissent la lisibilité, la reproductibilité et la comparabilité. Les normes de qualité ont précisément pour fonction de rendre maîtrisée, documentée et vérifiable la chaîne qui conduit à la production d’un résultat. Elles établissent un cadre exigeant dans lequel la fiabilité des résultats repose sur des méthodes appropriées, des compétences démontrées, des équipements maîtrisés et des processus reproductibles. Malgré une grande diversité de normes, toutes répondent à une même exigence : transformer un résultat analytique issu d’un laboratoire en une donnée sur laquelle on peut raisonnablement fonder une décision. C’est là que commence véritablement la confiance dans le laboratoire. Les normes de compétence analytique: garantir la fiabilité du résultat Au-delà de la diversité des laboratoires et de leurs domaines d’activité, se dessine une architecture normative commune. Les référentiels diffèrent selon les secteurs, mais ils répondent à une même exigence: établir que le résultat produit par un laboratoire repose sur une compétence démontrée, des méthodes maîtrisées, des équipements appropriés et une chaîne analytique traçable. C’est cette dimension de compétence analytique qui nous intéresse ici : celle qui conditionne directement la fiabilité de l’information sur laquelle s’appuiera le décideur. ISO 15189: la compétence au service de la décision clinique La norme ISO 15189 constitue le référentiel spécifique des laboratoires de biologie médicale. Elle couvre l’ensemble du parcours du résultat, du prélèvement à sa validation et à sa communication, avec une exigence essentielle: la finalité clinique. Un résultat biologique peut contribuer à établir un diagnostic, à orienter un traitement ou à adapter la prise en charge d’un patient. La compétence du laboratoire ne repose donc pas uniquement sur la qualité de l’analyse. Elle implique également la maîtrise des étapes préanalytiques et postanalytiques, ainsi qu’une communication fiable et pertinente du résultat. ISO/IEC 17025: la compétence au service de la fiabilité analytique La norme ISO/IEC 17025 constitue la référence internationale pour les laboratoires d’essais et d’étalonnage. Son champ d’application est beaucoup plus transversal et concerne notamment les laboratoires intervenant dans les domaines agricole, alimentaire et environnemental. L’enjeu est de pouvoir démontrer que le laboratoire est techniquement capable de produire des résultats valides et fiables. La norme encadre notamment la compétence du personnel, la pertinence et la validation des méthodes, la maîtrise des équipements, la traçabilité métrologique et l’évaluation des performances analytiques. Ces exigences prennent une portée particulière lorsque le résultat produit par l’analyse de laboratoire déclenche une décision: détection d’un agent pathogène en santé animale ou végétale, libération ou retrait d’un lot alimentaire, contrôle de la conformité d’un intrant agricole, décision concernant la sécurité d’un aliment pour animaux, qualification d’une eau ou surveillance d’un milieu contaminé. Dans tous ces cas, la décision repose sur la fiabilité du résultat. ISO/IEC 17043 et ISO 17034: l’infrastructure qui rend la compétence vérifiable Mais cette confiance ne se construit pas entièrement à l’intérieur du laboratoire. Elle repose également sur une infrastructure métrologique qui permet de confronter, de vérifier et de consolider ses performances. C’est notamment le rôle de la norme ISO/IEC 17043, qui encadre les essais d’aptitude destinés à évaluer les performances des laboratoires. Plusieurs laboratoires analysent un même échantillon selon un protocole défini, puis leurs résultats sont comparés. Cette évaluation externe permet à chaque laboratoire de vérifier la fiabilité de ses performances, d’identifier d’éventuels écarts et de renforcer ainsi la confiance dans ses résultats. Elle complète l’évaluation de la compétence requise dans le cadre de l’accréditation ISO/IEC 17025. À un autre niveau intervient la norme ISO 17034, qui établit les exigences relatives à la compétence des producteurs de matériaux de référence. Ces matériaux jouent un rôle important dans l’assurance de la qualité analytique en fournissant aux laboratoires des références adaptées à leurs mesures et à leurs méthodes.   De la qualité d’un laboratoire à la santé d’un territoire Cette architecture prend une dimension nouvelle lorsqu’on la regarde à travers le prisme de One Health. L’approche «Une seule santé» repose sur une idée devenue incontournable: la santé humaine, la santé animale, la santé des plantes et la santé environnementale sont profondément interconnectées. Les risques qui affectent l’un de ces compartiments peuvent se répercuter sur les autres et nécessitent, par conséquent, des réponses coordonnées. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) ont fait de cette approche un cadre commun pour renforcer l’action en faveur de la santé humaine, animale et environnementale. Dans cette perspective, le laboratoire ne doit plus être considéré comme une structure isolée. Il devient l’un des points d’appui d’un système de surveillance

Quand le climat change, l’assiette tunisienne change aussi

Actuagro Quand le climat change, l’assiette tunisienne change aussi Par Agrohealth – En Tunisie, le changement climatique ne se mesure pas seulement en degrés supplémentaires ou en millimètres de pluie perdus. Il commence aussi à se lire dans les champs, dans les vergers, sur les côtes et, plus discrètement, dans les marchés et dans nos assiettes.   Certaines productions deviennent plus difficiles à maintenir dans leurs conditions traditionnelles. Les saisons agricoles se déplacent. La disponibilité de l’eau devient une contrainte centrale.   Dans le même temps, de nouvellescultures apparaissent dans les expériences agricoles tunisiennes et certaines espèces marines autrefois inhabituelles prennent une place croissante dans les activités de pêche.   La Tunisie semble ainsi entrer dans une période de transition alimentaire où la question ne sera plus seulement de savoir combien nous produirons, mais aussi ce que nous produirons, à quelle saison, dans quelles régions et avec quelles ressources. Le climat redessine progressivement les conditions de production Les projections officielles tunisiennes indiquent une hausse des températures moyennes de 1 à 1,8 °C à l’horizon 2050 selon le scénario RCP 4.5, et de 2 à 3 °C à la fin du siècle.   Les précipitations annuelles devraient également diminuer, avec une baisse estimée de 5 à 10 % à l’horizon 2050.   Pour l’agriculture, une telle évolution ne signifie pas simplement moins d’eau. Les plantes ont besoin d’un équilibre entre température, disponibilité hydrique, humidité, durée du froid hivernal et rythme des saisons.   En Tunisie, le ministère de l’Environnement identifie déjà parmi les principales vulnérabilités climatiques une baisse des rendements et une réduction des superficies de certaines cultures arboricoles, notamment l’olivier, ainsi qu’une diminution des rendements céréaliers, une dégradation des sols et une pression croissante sur les ressources en eau.   Le changement climatique peut donc modifier progressivement la carte des cultures. Le cas du pommier à Kasserine Kasserine offre un exemple particulièrement parlant.   La région reste l’un des grands territoires tunisiens de production de pommes.   Des variétés comme Golden et Richard dominent encore la production, tandis que Gala et Royal Gala ont connu une extension récente.   Mais les producteurs doivent désormais composer avec des conditions climatiques plus difficiles.   En septembre 2026, des responsables du secteur ont signalé que les effets du changement climatique et des vagues de chaleur avaient affecté les rendements et la coloration des fruits.   Des travaux scientifiques consacrés à la production de pommes à Kasserine soulignent également le rôle de la baisse des précipitations, des variations brutales de température et de la diminution des ressources hydriques.   Une étude publiée en 2025 rappelle que la production de pommes dans le gouvernorat serait passée d’environ 75 000 tonnes en 2020 à 60 000 tonnes en 2023, selon les données du CRDA de Kasserine citées par les chercheurs.   Plus largement, une étude consacrée aux vergers tunisiens a montré que le réchauffement pourrait réduire la disponibilité du froid hivernal nécessaire à plusieurs espèces fruitières et à certains fruits à coque.   Cette évolution pourrait affecter leur production à moyen et long terme. Le changement climatique touche donc parfois le fruit avant même qu’il n’arrive sur l’étal.   Il peut agir sur la quantité récoltée, mais aussi sur son développement, son calendrier et certaines caractéristiques de sa qualité. Toutes les cultures ne suivent pourtant pas la même trajectoire Il serait cependant trompeur de raconter une histoire dans laquelle toutes les cultures tunisiennes seraient en déclin.   Les données sur le maraîchage montrent justement une réalité plus complexe.   Entre 2010 et 2024, les superficies consacrées à plusieurs cultures maraîchères ont diminué, notamment celles de la tomate, alors que celle de l’artichaut a légèrement progressé.   D’après les données de l’ONAGRI rapportées par WMC, les changements climatiques font partie des facteurs expliquant les évolutions observées, aux côtés de la pression foncière, de la disponibilité limitée de l’eau et de l’augmentation des coûts de production.   C’est un point essentiel pour comprendre la transformation en cours.   Le climat ne produit pas partout le même effet et sur toutes les espèces de la même manière.   Certaines cultures peuvent reculer, d’autres résister, certaines s’adapter grâce à de nouvelles techniques et d’autres encore trouver de nouvelles opportunités.   Quand de nouveaux fruits entrent dans le paysage tunisien C’est peut-être l’un des signes les plus surprenants de cette transformation.   En 2025, à Grombalia, des agriculteurs et des professionnels présentaient le fruit du dragon, ou pitaya, comme une culture alternative face à la raréfaction de l’eau et aux difficultés rencontrées par les vergers d’agrumes.   Des expériences concernaient également la papaye.   Un an plus tard, en septembre 2026, la presse tunisienne rapportait également la production locale d’ananas ainsi que des expériences de culture de mangues et le développement du jojoba et de la papaye.   Ces exemples ne permettent pas de dire que le changement climatique est l’unique cause de l’introduction de ces cultures.   Les marchés, la recherche de nouvelles rentabilités, les techniques agricoles et la disponibilité de l’eau jouent également un rôle.   Mais ils témoignent d’une évolution intéressante.   Certaines productions autrefois associées principalement aux régions tropicales ou aux importations commencent à faire partie des expérimentations agricoles tunisiennes.   Selon l’analyse rapportée par La Presse, la hausse des températures et la réduction des périodes froides pourraient contribuer à modifier progressivement les cycles de développement des plantes et la composition des cultures disponibles.   La question devient alors presque culturelle.   Que considérera-t-on comme un fruit «tunisien» dans vingt ou trente ans ?   La mer n’échappe pas à cette transformation La même question se pose sous la surface de la Méditerranée.   Dans le golfe de Gabès, le ministère tunisien de l’Environnement indique une tendance historique à la hausse de la température de l’eau, estimée à environ 0,12 °C par décennie.   Le ministère précise cependant que le nombre de points de données disponibles reste limité et que cette valeur doit donc être considérée comme indicative d’une tendance à long terme.   Le réchauffement

Pomme tunisienne 2026: une récolte en hausse, mais un fruit confronté aux nouvelles contraintes du climat

Actuagro Pomme tunisienne 2026: une récolte en hausse, mais un fruit confronté aux nouvelles contraintes du climat Par Agrohealth – À l’arrivée de l’automne, les pommes tunisiennes retrouvent progressivement les étals et les marchés. Pourtant, cette année, certains consommateurs remarquent des fruits dont l’aspect, la fermeté ou la peau semblent parfois différents des années précédentes. Derrière cette impression se trouve une réalité agricole plus complexe: en 2026, la filière pomme affiche une production importante, particulièrement à Kasserine, mais elle évolue dans un contexte marqué par les fortes chaleurs, les variations de l’humidité, les épisodes pluvieux et les difficultés de conservation.   La pomme tunisienne a donc beaucoup à raconter cette année. Elle raconte d’abord une récolte qui progresse, mais aussi les nouvelles contraintes auxquelles doivent faire face les producteurs. Kasserine, cœur de la pomme tunisienne Lorsqu’on parle de pomme en Tunisie, le regard se tourne naturellement vers le gouvernorat de Kasserine. La région occupe depuis plusieurs années la première place nationale pour cette production, avec des vergers particulièrement importants dans les délégations de Sbiba et Foussana.   Pour la campagne 2026, la récolte de Kasserine est estimée à environ 75 000 tonnes, contre 62 000 tonnes lors de la campagne précédente, soit une progression d’environ 13 000 tonnes.   Selon les données communiquées par la Direction régionale du développement agricole, cette évolution s’explique notamment par l’entrée en production de jeunes plantations.   Le potentiel de la région est considérable : environ 10 400 hectares de vergers et 4,8 millions de pommiers sont recensés à Kasserine.   Les variétés Golden et Richard occupent une place importante, tandis que Gala et Royal Gala se développent progressivement afin de diversifier l’offre et de répondre à l’évolution de la demande.   Cette progression n’est donc pas seulement le résultat d’une bonne année ponctuelle. Elle traduit également l’arrivée à maturité de plantations plus récentes et l’évolution progressive du verger tunisien. Une production en hausse, mais une campagne loin d’être simple Derrière ces chiffres encourageants, les producteurs doivent toutefois composer avec des conditions de production de plus en plus difficiles.   La campagne 2026 a été marquée par des épisodes de chaleur et par des conditions climatiques qui peuvent agir directement sur le développement, le rendement et surtout la qualité commerciale des fruits.   À Kasserine, les autorités agricoles ont également signalé des problèmes liés aux ravageurs et aux maladies ainsi que des difficultés de stockage frigorifique, de commercialisation et d’organisation de la filière.   L’Institut national de la météorologie avait, pour l’été 2026, annoncé des températures supérieures aux normales saisonnières, particulièrement dans le Centre et le Sud, avec des précipitations estivales restant irrégulières.   Pour l’automne, l’INM prévoit encore des températures supérieures aux normales et une reprise des précipitations, notamment avec des épisodes orageux de fin d’été.   Pour un pommier, ces changements ne sont pas anodins. Le fruit se développe pendant plusieurs mois dans un environnement où température, disponibilité de l’eau, humidité de l’air, nutrition minérale et rayonnement solaire évoluent constamment.   Lorsque ces paramètres deviennent plus irréguliers, le résultat peut être visible directement sur la pomme. Pourquoi certaines pommes semblent-elles différentes après les pluies? C’est probablement l’une des questions les plus intéressantes de cette saison.   Une pluie après une période chaude et sèche ne signifie pas automatiquement que la pomme va se détériorer. Cependant, lorsque le fruit est proche de la maturité, une variation brutale de la disponibilité de l’eau et de l’humidité peut favoriser certains désordres physiologiques.   L’un des phénomènes connus chez le pommier est le craquelage du fruit. Il peut commencer par de minuscules fissures de la cuticule, cette fine couche protectrice qui recouvre la peau de la pomme.   Lorsque les tissus internes du fruit se développent ou absorbent de l’eau plus rapidement que la peau ne peut s’adapter, la tension mécanique augmente et des microfissures peuvent apparaître.   Le phénomène peut être particulièrement favorisé par une succession de conditions sèches, suivies d’une augmentation rapide de l’humidité ou de pluies.   La pomme absorbe alors davantage d’eau tandis que les tissus de la peau peuvent avoir perdu une partie de leur élasticité sous l’effet des conditions chaudes et sèches.   Certaines variétés sont par ailleurs plus sensibles que d’autres. La sensibilité au craquelage dépend notamment de la génétique de la variété, de l’état de la cuticule, du stade de maturité et des conditions climatiques précédant la récolte.   Des variétés telles que Gala, Fuji, Golden Delicious ou Pink Lady figurent parmi celles pour lesquelles une sensibilité au craquelage est documentée.   Ainsi, lorsqu’un consommateur remarque cette année une pomme présentant une peau moins régulière, de petites fissures ou certaines marques superficielles, il ne faut pas immédiatement conclure à un problème de sécurité alimentaire.   Il peut s’agir d’un désordre physiologique lié aux conditions de croissance. En revanche, une fissure profonde peut devenir une porte d’entrée pour des agents pathogènes et favoriser ensuite le développement de pourritures. C’est pourquoi l’état de la peau et les conditions de conservation restent importants après la récolte.  De la pluie à la qualité: tout dépend aussi de la variété et du verger Il serait toutefois trop simple d’attribuer les différences observées cette année aux seules pluies.   La qualité d’une pomme dépend d’un ensemble de facteurs: variété, porte-greffe, âge de l’arbre, charge en fruits, irrigation, fertilisation, température, ensoleillement, date de récolte et conditions de conservation.   La nutrition minérale intervient également dans la résistance des tissus. Le calcium, par exemple, joue un rôle important dans la structure des tissus végétaux et a été étudié pour son influence sur la résistance de la peau et la qualité post-récolte.   Cependant, les effets des applications de calcium sur le craquelage ne sont pas systématiquement identiques et dépendent des conditions et du contexte de production.   C’est donc l’interaction entre tous ces éléments qui permet de comprendre pourquoi deux pommes provenant de deux parcelles voisines peuvent présenter des différences d’aspect ou de conservation. Une différence visible ne signifie pas forcément une seule cause Les pommes observées

La chriha tunisienne: ce que la figue séchée apporte réellement à notre santé

Actuhealth La chriha tunisienne: ce que la figue séchée apporte réellement à notre santé Par Agrohealth – Il suffit parfois d’un fruit séché pour faire revenir toute une saison à la mémoire. Dans les maisons tunisiennes, la chriha, préparée à partir de figues séchées, appartient à cette tradition ancienne de la mouna, où l’on cherchait à conserver les produits de l’été pour les retrouver plusieurs mois plus tard.   Mais derrière ce geste traditionnel se cache aussi un aliment particulièrement intéressant sur le plan nutritionnel.   La figue, une fois séchée, perd une grande partie de son eau et concentre ainsi plusieurs de ses constituants, notamment les sucres, les fibres et certains minéraux. Elle contient également différents composés bioactifs, parmi lesquels des composés phénoliques et des flavonoïdes étudiés pour leur activité antioxydante.   La question mérite donc d’être posée: que se passe-t-il réellement lorsque la figue devient chriha, et quelle place peut-elle avoir dans une alimentation favorable à la santé ? Une petite portion, mais une alimentation concentrée La première particularité de la chriha vient de son mode de préparation. Le séchage élimine une grande partie de l’eau présente dans le fruit frais. Le résultat est un aliment plus petit, plus dense et naturellement plus sucré au même poids.   Des travaux expérimentaux comparant les figues fraîches et séchées montrent effectivement que le séchage modifie de manière importante leur composition en sucres, en acides organiques et en composés phénoliques.   Le procédé utilisé, qu’il soit solaire ou thermique, peut également influencer la concentration de certains composés.   Cette concentration explique à la fois l’intérêt et la prudence nécessaires avec la chriha.   Elle peut apporter une quantité appréciable de nutriments dans une petite portion, mais elle représente également une source d’énergie et de sucres plus concentrée que la figue fraîche.   Autrement dit, quelques morceaux de chriha peuvent être intéressants dans une alimentation équilibrée, mais le fait qu’il s’agisse d’un fruit ne signifie pas qu’il faut en consommer sans tenir compte des quantités. Les fibres, un atout pour l’alimentation quotidienne La figue fait partie des fruits qui apportent des fibres alimentaires.   Ces dernières jouent un rôle important dans le fonctionnement normal du système digestif et participent également à la sensation de satiété.   Les recherches consacrées aux figues fraîches et séchées soulignent leur intérêt comme source de fibres et de plusieurs micronutriments.   Cependant, les chercheurs insistent aussi sur une limite importante: les données disponibles sur les effets spécifiques de la consommation de figues chez l’être humain restent moins nombreuses que les données portant sur leur composition ou leurs effets observés en laboratoire.   Il est donc plus juste de dire que la chriha contribue aux apports alimentaires en fibres, plutôt que de lui attribuer un effet thérapeutique précis. Des composés antioxydants qui attirent l’attention La figue contient différents composés phénoliques et flavonoïdes. Leur concentration varie selon la variété, la couleur du fruit, son degré de maturité, la partie analysée et le procédé de transformation.   Une revue scientifique consacrée aux figues fraîches et séchées rapporte notamment la présence d’acides phénoliques et de flavonoïdes tels que l’acide gallique, l’acide chlorogénique, la rutine et certains dérivés de la quercétine.   Elle souligne également que la peau contribue fortement à la teneur totale en composés phénoliques.   Ces substances sont étudiées pour leur activité antioxydante.   Mais là encore, il faut garder une distinction essentielle: une activité antioxydante mesurée dans un aliment ou en laboratoire ne signifie pas automatiquement qu’un aliment prévient ou traite une maladie chez l’être humain.   C’est précisément pour cette raison que les revues scientifiques récentes appellent à davantage d’études cliniques bien contrôlées portant directement sur la consommation de figues. Le séchage change-t-il la valeur nutritionnelle? Oui, et c’est l’un des aspects les plus intéressants de la chriha.   Le séchage ne fait pas simplement «disparaître l’eau». Il modifie la composition du fruit. Une étude expérimentale publiée dans le Journal of Agricultural and Food Chemistry a montré que le séchage pouvait augmenter la concentration de certains composés phénoliques et l’activité antioxydante mesurée, tout en modifiant fortement la teneur en sucres et en acides organiques. Les résultats variaient également selon la méthode de séchage.   Une étude publiée en 2025 sur différentes variétés de figues fraîches et séchées a également observé, après séchage solaire, une augmentation de certains constituants mesurés, notamment les composés phénoliques et certains minéraux, tandis que d’autres paramètres, comme la vitamine C et certains flavonoïdes, diminuaient.   La leçon est donc simple: le séchage permet de conserver le fruit, mais il transforme aussi son profil nutritionnel. Et pour les personnes qui surveillent leur glycémie? C’est probablement l’une des questions les plus importantes lorsqu’on parle de fruits séchés.   La chriha reste un fruit, mais sa déshydratation concentre les sucres. Une portion relativement petite peut donc représenter une quantité non négligeable de glucides.   Cela ne signifie pas qu’une personne qui surveille sa glycémie doit nécessairement supprimer tous les fruits séchés de son alimentation. En revanche, la portion et le contexte du repas deviennent particulièrement importants.   Il est donc préférable d’éviter de présenter la chriha comme un aliment «antidiabétique».   Les recherches sur les figues suggèrent certaines pistes intéressantes concernant le métabolisme et la santé cardiovasculaire, mais les auteurs des revues scientifiques soulignent que les preuves humaines restent encore insuffisantes pour attribuer à la figue des effets thérapeutiques établis. Une bonne idée pour une collation? Dans certaines circonstances, oui. La chriha peut constituer une petite source d’énergie intéressante, notamment lorsqu’elle est consommée en quantité raisonnable et intégrée dans une alimentation diversifiée.   Pour rendre la collation plus équilibrée, elle peut par exemple être associée à un aliment apportant des protéines ou des lipides de bonne qualité, comme un yaourt nature ou quelques fruits à coque non salés.   L’idée n’est donc pas de multiplier les portions, mais de retrouver la logique alimentaire traditionnelle: un produit simple, consommé avec mesure et dans le cadre d’une alimentation variée. Une tradition ancienne qui retrouve un sens moderne La

Grenade tunisienne: une saison 2026 entre récolte, terroir et nouvelles ambitions pour la filière

Actuagro Grenade tunisienne: une saison 2026 entre récolte, terroir et nouvelles ambitions pour la filière Par Agrohealth –À l’arrivée de l’automne, les grenadiers commencent à offrir leurs fruits. Dans les vergers du Nord comme dans les oasis du Sud, la grenade accompagne une nouvelle fois le rythme des saisons tunisiennes. Derrière son écorce rouge et ses grains brillants se trouve pourtant toute une filière agricole, économique et culturelle, qui fait vivre des producteurs, des artisans et des territoires.   La saison 2026 s’ouvre ainsi avec une question importante : comment mieux valoriser une grenade tunisienne déjà reconnue pour sa qualité, alors que les données nationales définitives de production de cette campagne ne sont pas encore consolidées? Une filière qui compte des milliers d’hectares La grenade occupe aujourd’hui une place importante dans l’arboriculture tunisienne. Pour la campagne 2025, les superficies consacrées au grenadier étaient estimées à 12 300 hectares, regroupant près de 5,6 millions d’arbres.   La production était alors estimée à environ 91 000 tonnes, contre 102 900 tonnes lors de la campagne précédente et une moyenne de 92 400 tonnes sur la période 2015-2024.   Ces chiffres montrent une réalité importante: la production tunisienne de grenade peut varier sensiblement d’une campagne à l’autre.   Il serait donc prématuré de présenter un chiffre national définitif pour 2026 alors que la récolte et la commercialisation de la nouvelle campagne sont encore en cours de mise en place.   Le ministère de l’Agriculture dispose d’ailleurs d’un jeu de données consacré au suivi de la culture du grenadier, portant notamment sur l’évolution des superficies et de la production.   Cette base a fait l’objet d’une mise à jour en août 2026, ce qui constitue une source institutionnelle importante pour le suivi statistique de la filière. Gabès, Béja, Nabeul et Kairouan: les grands territoires de la grenade La production tunisienne est concentrée dans plusieurs grands bassins agricoles.   Pour la campagne 2025, Gabès arrivait en tête avec environ 19 500 tonnes, soit 21,5 % de la production nationale. Suivaient Béja avec 15 000 tonnes, Nabeul avec environ 14 000 tonnes et Kairouan avec environ 13 400 tonnes.   À eux quatre, ces principaux pôles représentaient environ 68 % de la production nationale annoncée cette année-là.   Une autre publication consacrée à la répartition territoriale indique également que Gabès comptait environ 2 800 hectares de grenadiers, devant Kairouan avec 1 850 hectares, Béja avec 1 620 hectares, Nabeul avec 1 419 hectares et la Manouba avec environ 600 hectares.   Ces chiffres racontent quelque chose de plus profond que la seule importance économique du fruit.   La grenade appartient à des territoires qui ont construit autour d’elle des savoir-faire, des habitudes alimentaires et parfois même une identité locale.   À Gabès, une grenade liée au patrimoine des oasis Dans le Sud tunisien, la grenade est intimement associée aux oasis de Gabès. La région constitue depuis longtemps l’un des principaux bassins de production du pays.   La Grenade de Gabès bénéficie par ailleurs d’une Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) obtenue en 2022. Cette reconnaissance vise à protéger et à valoriser l’identité du produit et son lien avec son territoire.   La variété Gabsi occupe une place particulière dans cette histoire.   Plus largement, les ressources consacrées à la filière soulignent l’ancienneté de la culture du grenadier en Tunisie et l’importance de la grenade dans le patrimoine agricole et gastronomique national. À Testour, la grenade devient aussi une histoire de territoire Dans le Nord-Ouest, la grenade de Testour illustre une autre manière de valoriser un produit agricole.   En février 2026, une journée promotionnelle consacrée au projet «Romena Tour à Testour», également appelé «La Route de la grenade», a été organisée à Testour. Le projet associe agriculture, transformation agroalimentaire, artisanat, gastronomie et tourisme autour de la grenade.   L’initiative, lancée en 2020 dans le cadre du programme PAMPAT 2, dispose d’un budget de 300 000 dinars financé par le Secrétariat d’État à l’Économie de la Confédération suisse. Elle a permis la mise en place de huit points de regroupement associant notamment vergers, artisans et restaurants.   Autre élément intéressant: environ 50 artisanes de Testour valorisent aujourd’hui des produits dérivés de la grenade.   Le projet a également accompagné la préparation d’un dossier de demande d’Indication Géographique Protégée (IGP) pour la grenade de Testour, déposé auprès du ministère de l’Agriculture en 2024.   Ainsi, à Testour, la grenade ne se limite plus à ce qui sort du verger. Elle devient aussi une porte d’entrée vers l’artisanat, la gastronomie, le tourisme rural et la création de revenus locaux.   Une production importante, mais encore largement consommée en Tunisie La grenade tunisienne possède également un potentiel à l’exportation. Pourtant, une grande partie de la production reste destinée au marché intérieur.   Une étude du projet PAMPAT, fondée notamment sur les données de l’Institut national de la statistique, indique qu’en 2018, la Tunisie avait produit 74 400 tonnes de grenades et exporté 6 282 tonnes, soit environ 8 % de la production.   La Libye absorbait alors environ 87 % des exportations tunisiennes de grenade fraîche.   Les exportations ont cependant montré une dynamique intéressante au début de la campagne 2025.   Au 8 octobre 2025, elles atteignaient déjà 1 619 tonnes, pour une valeur d’environ 5,1 millions de dinars, contre 670 tonnes et 1,7 million de dinars à la même période de la campagne précédente.   Ces chiffres montrent à la fois le potentiel commercial du fruit et la nécessité de continuer à diversifier les marchés. Du fruit frais au jus, à la confiture et à la gelée La véritable question pour la filière tunisienne n’est donc pas seulement de produire davantage. Elle est aussi de savoir comment créer davantage de valeur à partir de chaque grenade récoltée.   La transformation représente à ce titre une piste importante : jus, sirops, confitures, gelées et autres produits alimentaires peuvent permettre de mieux valoriser le fruit et de réduire la dépendance au seul marché de la grenade fraîche.   Le programme PAMPAT

Recensement général de l’agriculture : la Tunisie à la recherche d’une cartographie précise de son agriculture

Actuagro Recensement général de l’agriculture : la Tunisie à la recherche d’une cartographie précise de son agriculture Par Agrohealth – Après plusieurs années de préparation, le projet entre dans une phase plus avancée. Près de 831 000 exploitations agricoles sont au cœur de l’opération.   Combien la Tunisie compte-t-elle réellement d’exploitations agricoles? Où se concentrent les cultures? Combien sont les agriculteurs? Quelle est l’importance du cheptel? Quelles surfaces sont irriguées? Où se trouvent les petites exploitations et les zones où l’activité agricole est la plus intense?   Ces questions peuvent sembler simples. Pourtant, pendant des années, les réponses sont restées dispersées entre différentes enquêtes, estimations et données sectorielles.   La Tunisie prépare aujourd’hui le premier recensement général de l’agriculture de son histoire, une opération qui doit permettre de mieux connaître la réalité du secteur et de disposer d’une base statistique plus complète, actualisée et numérisée.   En septembre 2026, le dossier est revenu au premier plan. Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a présenté au Conseil national de la statistique un état d’avancement des travaux et des différentes étapes du recensement.   Le 17 septembre, une formation destinée aux journalistes sur la couverture médiatique du recensement a également été annoncée pour la période du 12 au 14 octobre 2026.   Ces développements montrent que le projet est entré dans une nouvelle phase de préparation et d’organisation. Mais, au 20 septembre 2026, le ministère n’a pas encore publié un calendrier détaillé et définitif de l’ensemble du recensement sur le terrain. Un projet qui remonte à 2018 Le cadre juridique du recensement remonte au décret gouvernemental n°953 du 16 novembre 2018. Les travaux préparatoires ont commencé en 2019. Le chemin parcouru depuis n’a pas été court.   La phase dite de pré-dénombrement a démarré le 6 février 2019 et s’est poursuivie jusqu’en septembre 2022. Son objectif était notamment de constituer une première base de données des exploitations agricoles, dans un contexte où la Tunisie ne disposait pas d’une liste nominative et exhaustive des agriculteurs et des exploitants.   Cette première étape a permis de mettre en évidence l’un des principaux défis de l’opération: identifier les exploitations, les localiser et mieux connaître leurs caractéristiques, plutôt que de s’appuyer uniquement sur des estimations globales.   C’est dans ce contexte que la transformation numérique a pris une place centrale dans le projet. 831 000 exploitations au cœur de l’opération Selon un document officiel présenté dans le cadre des travaux de l’Assemblée des représentants du peuple, le nombre des exploitations agricoles à couvrir par le dénombrement a été estimé à environ 831 000 exploitations.   Ce chiffre ne concerne pas uniquement les grandes exploitations. Le recensement doit également prendre en compte les petites exploitations, les exploitations familiales et les unités agricoles situées dans les zones rurales les plus éloignées.   Ce point est essentiel pour comprendre la réalité de l’agriculture tunisienne. Le paysage agricole du pays ne se limite pas aux grandes fermes ou aux entreprises agricoles. Il repose également sur un tissu très diversifié de petites et moyennes exploitations.   La qualité du recensement dépendra donc aussi de sa capacité à atteindre l’ensemble de ces acteurs. 560 tablettes et 82 moyens de transport Dès la phase préparatoire, le projet a été doté de moyens techniques et logistiques spécifiques.   Les documents officiels font état de l’acquisition de 560 tablettes numériques et de 82 moyens de transport, destinés à accompagner le travail sur le terrain.   Au cours de la phase de pré-dénombrement, 161 tablettes ont déjà été utilisées.   Le recours à ces équipements montre que le futur recensement ne sera pas une simple opération statistique sur papier. Il repose sur une approche numérique intégrant notamment les systèmes d’information géographique (SIG).   L’objectif est de ne pas réduire chaque exploitation à un simple chiffre dans un tableau. Les données doivent pouvoir être associées à sa localisation géographique et à ses principales caractéristiques.   À terme, la Tunisie pourrait ainsi disposer d’une véritable cartographie numérique de son agriculture. Pourquoi la Tunisie a-t-elle besoin de ce recensement? La véritable valeur du recensement ne réside pas seulement dans le nombre d’exploitations agricoles qu’il permettra de compter.   Il doit surtout permettre de répondre à des questions essentielles : où se trouvent les terres agricoles? Que produit-on? Qui produit? Avec quels moyens? Quelle est la répartition du cheptel? Où se trouvent les zones irriguées? Comment les exploitations sont-elles réparties selon leur taille et leur région?   Le gouvernement considère que le recensement doit fournir une base de données de référence et des indicateurs actualisés sur le secteur agricole, avec un niveau de détail pouvant aller jusqu’à la délégation ou à la zone agricole.   Cette base pourrait devenir un outil important pour la planification agricole et le développement régional. De la sécurité alimentaire à l’investissement: la donnée au cœur de la décision Dans un pays confronté à des défis croissants liés à l’eau, au changement climatique, à la production agricole, aux importations et aux prix, les statistiques agricoles ne sont plus une simple question technique.   Décider de soutenir une filière, d’encourager une culture, de développer un investissement dans une région ou de réorienter une politique agricole suppose de connaître avec précision la réalité du terrain.   Le recensement doit ainsi contribuer à améliorer: • l’orientation des investissements agricoles; • l’accompagnement des petites et moyennes exploitations; • la valorisation du patrimoine foncier agricole; • l’élaboration des stratégies sectorielles; • les statistiques agricoles; • la numérisation du secteur; • et la planification du développement régional et local. L’un des enjeux majeurs sera également de faire de cette base de données un outil durable, capable de servir de référence pour les années à venir. 3,5 millions de dollars pour soutenir le projet Les documents officiels indiquent également qu’une enveloppe de 3,5 millions de dollars a été mobilisée en 2023 pour soutenir la réalisation du recensement, dans le cadre d’une composante d’un projet financé par la Banque mondiale.   Cette enveloppe illustre l’ampleur technique et logistique

Qui est  Mohamed Salah Glaïed, ingénieur et expert des ressources en eau

Biographies Qui est  Mohamed Salah Glaïed, ingénieur et expert des ressources en eau Mohamed Salah Glaïed est un ingénieur tunisien spécialisé dans les ressources hydriques, l’eau potable et l’irrigation. Il a notamment exercé les fonctions d’ingénieur en chef et de chef d’arrondissement chargé de l’eau potable et de l’irrigation au Commissariat régional de développement agricole (CRDA) de Nabeul. Au cours de sa carrière, il a également participé à des opérations de recensement et d’étude des points d’eau et des puits, notamment dans la région de Sousse. Son expérience de terrain lui a permis de développer une connaissance particulière des problématiques liées à la gestion de l’eau, notamment dans les zones rurales. Après sa carrière administrative, Mohamed Salah Glaïed poursuit son engagement dans le domaine de l’eau en tant qu’expert et acteur de sensibilisation.  Il a notamment été vice-président de la Future & Civic Engagement Organization (OAEC), participant à plusieurs rencontres, séminaires et initiatives consacrés à la préservation des ressources hydriques, à l’irrigation et à la gestion de l’eau en milieu rural. Depuis plusieurs années, il intervient également dans les médias pour analyser les enjeux liés au stress hydrique, à la surexploitation des nappes souterraines, à l’eau potable et à l’adaptation du secteur de l’eau aux nouvelles conditions climatiques. Ses interventions récentes témoignent de la continuité de son engagement en faveur d’une gestion plus durable et plus rationnelle des ressources en eau en Tunisie. Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique El Niño 2026 – Déclinaison régionale : Méditerranée, Afrique du Nord, Tunisie – (Partie II) septembre 16, 2026/Agrohealth El Niño 2026 – Diagnostic ENSO global (bulletins CCSR/IRI du 19 août et OMM du 1ᵉʳ-3 septembre 2026) – (Partie… septembre 16, 2026/Agrohealth Quand les marchés se vident, faut-il réapprendre l’art de l’âoula? septembre 11, 2026/Agrohealth Vitamine D, bêta-carotène et protection solaire : démêler le vrai du faux août 28, 2026/Agrohealth PUB Actuhealth Yaourt nature ou yaourt grec: entre douceur, nutrition et équilibre digestif septembre 14, 2026 Dans l’assiette du Tunisien, le pouvoir d’achat fait-il désormais la loi? septembre 3, 2026 Graines de chia: de la graine tendance à une nouvelle culture en Tunisie? septembre 3, 2026 Load More Élevage Le dromadaire tunisien: le sage du désert septembre 5, 2026 Élevage équin: le cheval tunisien peut-il enfin devenir une véritable filière agricole? août 30, 2026 Élevage en Tunisie: reconstruire le cheptel, mais avec quel modèle? août 23, 2026 Load More

Qui est Dr Zouhaïr Ben Amor, docteur en biologie marine

Biographies Qui est Dr Zouhaïr Ben Amor, docteur en biologie marine Zouhaïr Ben Amor – Docteur en Biologie Marine- Spécialiste des Annélides Polychètes Enseignant-chercheur – Faculté des Sciences de Tunis Date de naissance : 24 juillet 1955Domaine scientifique : Biologie marine, taxonomie, biodiversité marine, écologie des organismes benthiques Profil scientifique Docteur en Biologie marine, spécialiste des vers marins appartenant au groupe des Polychètes, Zouhaïr Ben Amor a consacré plus de trente-cinq années à l’enseignement universitaire et à la recherche scientifique au sein de la Faculté des Sciences de Tunis. Son parcours scientifique s’est construit autour de l’étude de la biodiversité marine, de l’exploration du littoral tunisien et de la compréhension des organismes vivants dans leurs relations avec leur environnement. Ses travaux s’inscrivent dans une démarche associant recherche fondamentale, transmission du savoir et réflexion sur les sciences du vivant. Formation et spécialisation scientifique Doctorat en Biologie MarineSpécialité : Annélides Polychètes marins Axes principaux de recherche : Taxonomie et systématique des Polychètes. Inventaire de la biodiversité marine tunisienne. Étude des peuplements benthiques littoraux. Description et identification de nouvelles espèces. Relations entre biodiversité marine et évolution du vivant. Contribution majeure à la connaissance scientifique Découverte d’une nouvelle espèce pour la science (1980) En 1980, lors de recherches menées sur le littoral de l’île de Zembra (Tunisie), Zouhaïr Ben Amor a identifié une nouvelle espèce de Polychète marin : Unanereis zghalii Cette découverte constitue une contribution originale à la connaissance de la biodiversité marine tunisienne et enrichit l’inventaire mondial des Annélides Polychètes. Carrière universitaire et enseignement Durant trente-cinq années d’activité académique à la Faculté des Sciences de Tunis, Zouhaïr Ben Amor a assuré des enseignements dans différents domaines de la biologie. Ses activités pédagogiques ont notamment porté sur : Biologie générale. Biologie marine. Biodiversité et évolution. Histoire des sciences. Épistémologie scientifique. Il a participé activement à la formation de plusieurs générations d’étudiants en biologie et a assuré l’encadrement d’étudiants dans leurs travaux de recherche : Mémoires de DEA. Travaux de recherche universitaires. Thèses de doctorat. Responsabilités pédagogiques et innovation scientifique Parmi ses projets pédagogiques majeurs figure l’élaboration d’un cours synthétique de Biologie en langue arabe. Ce travail d’arabisation scientifique, réalisé pendant près de quinze années, représentait une véritable entreprise intellectuelle visant à rendre accessibles les concepts fondamentaux de la biologie dans un langage scientifique arabe adapté à l’enseignement universitaire. Histoire des sciences et épistémologie Dans les années 1990, Zouhaïr Ben Amor a élargi son champ d’enseignement vers : L’histoire des sciences. L’épistémologie. Les relations entre sciences, sociétés et cultures. En tant que coordinateur pédagogique, il a dirigé une équipe d’enseignants issus de différentes disciplines scientifiques afin de construire un enseignement transversal destiné aux étudiants de première année de la Faculté des Sciences. Cette expérience a profondément marqué son approche de la science, en développant une vision où la connaissance scientifique dialogue avec la philosophie, l’histoire et la culture. Un ouvrage consacré à la biologie et à la réflexion scientifique est actuellement en cours d’élaboration. Activités culturelles et interdisciplinaires Théâtre : écriture et mise en scène Parallèlement à son parcours scientifique, Zouhaïr Ben Amor a développé une importante activité artistique dans le domaine théâtral. Pendant sept années, il a écrit et mis en scène six pièces de théâtre, développant une réflexion sur : L’écriture dramatique. La construction des personnages. La puissance du dialogue. L’expression collective. Cette expérience artistique a nourri son intérêt pour la narration, la communication et les liens entre science et humanité. Photographie artistique La photographie constitue un autre axe majeur de son parcours. Depuis sa première rétrospective photographique en 1976, Zouhaïr Ben Amor explore l’image comme moyen d’expression artistique et de réflexion. Ses principales expositions personnelles : « Houmti » « Big Bang » « Dazibaw.com » Il a également participé à plusieurs expositions collectives. Une vingtaine de ses œuvres photographiques appartiennent aujourd’hui à des collections nationales. Un livre consacré à son parcours photographique est actuellement en préparation. Activité d’écriture et publications L’écriture accompagne son parcours depuis son adolescence. À partir de 1972, il commence à publier des articles en arabe et en français dans différents journaux. À la fin des années 1970, il fonde le journal local : « El Hadath » consacré à la vie sociale et culturelle de son village natal, Ez-Zahra. Aujourd’hui, il poursuit une activité régulière d’écriture et de réflexion à travers plusieurs médias : Leaders AgroHealth Kapitalis Nawaat Le Temps Ses contributions portent notamment sur : La science. La culture. La mémoire collective. L’histoire. Les transformations de la société tunisienne. La philosophie Publications littéraires et ouvrages Échos à travers les âges, Dialogues imaginaires avec Les Esprits Pionniers Éditeur : Contraste Edition   Roman La Maison qui parle (2026) Éditeur : Contraste Edition Dernier ouvrage publié, ce roman témoigne de son intérêt pour : La mémoire. Les lieux chargés d’histoire. Les relations entre individus et patrimoine. La dimension humaine des espaces vécus. Ouvrage de réflexion en cours Un livre issu de plus d’une décennie de recherches, lectures et réflexions est actuellement en préparation. Cet ouvrage propose une rencontre entre plusieurs grandes figures pionnières issues de : La science. La littérature. La philosophie. Les arts. Il constitue un hommage à la curiosité intellectuelle, à la créativité humaine et à la quête permanente du savoir. Compétences et domaines d’expertise Recherche scientifique Biologie marine. Taxonomie des Polychètes. Biodiversité marine. Exploration du vivant. Enseignement universitaire Formation en biologie. Encadrement scientifique. Histoire des sciences. Épistémologie. Communication scientifique Vulgarisation scientifique. Écriture scientifique et culturelle. Transmission des connaissances. Création artistique Écriture théâtrale. Mise en scène. Photographie. Écriture littéraire. Synthèse Le parcours de Zouhaïr Ben Amor se caractérise par une double identité : celle d’un scientifique du vivant et celle d’un humaniste attaché aux formes multiples de la connaissance. De l’étude des organismes marins microscopiques à la réflexion sur l’histoire des sciences, de l’enseignement universitaire à la photographie et à l’écriture, son itinéraire témoigne d’une même quête : comprendre le monde vivant et transmettre cette compréhension par la science, la culture et la création. Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier