Zouhaïr Ben Amor: L’Ortie en Tunisie: cette plante que nous avons méprisée et que nous devrions réapprendre à regarder
Par Zouhaïr Ben Amor. Universitaire
La mauvaise herbe n’existe peut-être que dans notre regard
Il suffit parfois de changer de regard pour qu’une mauvaise herbe devienne une richesse. L’ortie en est probablement l’un des meilleurs exemples. Nous la connaissons sans réellement la connaître.
Nous savons qu’elle pique. Nous savons qu’il vaut mieux ne pas la toucher à mains nues.
Nous savons aussi qu’elle apparaît volontiers dans les endroits humides, au bord des chemins, près des habitations rurales, des fossés, des jardins et des terrains riches en matière organique.
Et souvent, notre connaissance s’arrête là. L’ortie appartient à cette catégorie étrange du vivant que l’être humain a condamnée avant même de chercher à la comprendre.
En Tunisie, cette manière de regarder les plantes spontanées mérite réflexion. Nous vivons dans un pays où la végétation a toujours entretenu une relation intime avec la rareté de l’eau, la diversité des sols, les saisons et les activités humaines.
Pourtant, notre imaginaire agricole contemporain s’est progressivement rétréci autour des plantes que nous semons, irriguons, récoltons et commercialisons.
Ce qui pousse spontanément devient facilement suspect. Nous parlons de «mauvaises herbes», comme si la nature elle-même pouvait se tromper en faisant pousser une espèce au mauvais endroit.
L’ortie, notamment Urtica dioica L., appartient à la famille des Urticaceae. C’est une plante vivace largement distribuée dans plusieurs régions du monde, y compris l’Afrique du Nord.
Elle affectionne particulièrement les milieux relativement humides et les sols
riches en azote. Ses feuilles et ses tiges portent des poils urticants responsables de la réaction désagréable que chacun associe immédiatement à son nom.
Mais derrière cette défense végétale se trouve une plante dont les feuilles renferment des fibres, des minéraux, des vitamines et différents composés bioactifs, notamment des polyphénols et des caroténoïdes (Bhusal et al., 2022).
Nous découvrons alors un paradoxe: la plante que nous évitons possède précisément certaines des qualités que nous recherchons aujourd’hui dans les aliments naturels, les plantes fonctionnelles et les ressources végétales susceptibles d’être valorisées.
Il faudrait peut-être commencer notre réflexion à cet endroit. Non pas en demandant immédiatement ce que l’ortie peut rapporter, mais en nous demandant pourquoi nous avons cessé de la regarder.
Lorsque la campagne était aussi une école
Il fut un temps où connaître une plante ne signifiait pas nécessairement connaître son nom scientifique.
Nos grands-parents pouvaient ignorer les mots Urtica dioica, mais savaient
parfois parfaitement où poussait une plante, à quelle saison elle apparaissait,
comment la récolter et à quoi elle pouvait servir.
Cette connaissance n’était pas écrite.
Elle circulait entre les générations. Elle passait par les gestes, les conversations, les promenades, les travaux des champs et l’observation répétée des saisons.
La campagne tunisienne constituait ainsi une sorte d’université sans murs.
On y apprenait la météo en observant le ciel, la qualité d’un sol en regardant les plantes qui y poussaient, la saison en suivant les floraisons. Certaines herbes étaient consommées, d’autres utilisées pour les animaux, d’autres encore entraient dans des pratiques médicinales populaires.
Ce savoir comportait évidemment ses approximations. Tout usage traditionnel n’est pas automatiquement scientifiquement valable, et il serait dangereux de transformer la nostalgie en méthode thérapeutique.
Mais l’erreur inverse serait tout aussi regrettable: considérer que tout ce qui n’a pas été produit par la science moderne serait dépourvu de valeur.
L’ethnobotanique nous apprend justement à prendre ces savoirs au sérieux sans renoncer à l’esprit critique. La tradition fournit des observations, des hypothèses et des usages; la recherche scientifique doit ensuite déterminer ce qui est reproductible, efficace, inutile ou éventuellement dangereux.
L’ortie se trouve précisément au croisement de ces deux univers.
Elle possède une longue histoire d’utilisation comme plante alimentaire et traditionnelle dans différentes sociétés.
Les travaux de synthèse consacrés à l’espèce rapportent notamment des usages alimentaires des jeunes feuilles et divers usages traditionnels des feuilles et des racines (Devkota et al., 2022).
Il serait néanmoins imprudent de plaquer mécaniquement toutes les traditions étrangères sur la réalité tunisienne. La Tunisie doit documenter ses propres usages, ses populations végétales, leurs compositions et les pratiques réellement observées dans ses régions.
Voilà peut-être un véritable sujet de recherche: aller dans les campagnes avant que les derniers détenteurs de certaines connaissances ne disparaissent. Interroger les personnes âgées.
Recueillir les noms vernaculaires. Documenter les usages. Identifier précisément les espèces. Comparer ensuite le savoir transmis avec les résultats du laboratoire.
Nous avons parfois dépensé beaucoup d’énergie à chercher très loin ce que nos campagnes pouvaient encore nous apprendre.
Ce que la science découvre derrière les piqûres
L’ortie est aujourd’hui étudiée avec des instruments infiniment plus sophistiqués que ceux dont disposaient les générations précédentes.
Chromatographie, analyses phytochimiques et essais biologiques permettent de regarder la plante autrement.
Les travaux scientifiques décrivent une composition complexe. Urtica dioica contient notamment des composés phénoliques, flavonoïdes, acides gras, stérols et autres constituants dont les activités biologiques sont étudiées.
Les recherches expérimentales rapportent en particulier des activités antioxydantes et anti-inflammatoires, parmi de nombreux autres effets potentiels étudiés en laboratoire (Taheri et al., 2022).
Le mot «potentiel» doit ici conserver toute son importance.
Nous vivons une époque étrange où la redécouverte des plantes médicinales s’accompagne parfois d’un discours excessif.
Quelques résultats obtenus sur des cellules ou chez l’animal deviennent rapidement, sur Internet, la promesse d’un traitement universel. Ce glissement est regrettable parce qu’il finit par desservir les plantes elles-mêmes.
L’ortie n’a pas besoin d’être présentée comme une plante miracle pour être intéressante.
Elle est suffisamment remarquable par sa composition nutritionnelle, sa richesse en molécules végétales et la diversité de ses utilisations potentielles pour que nous évitions de lui inventer des vertus.
Les données expérimentales doivent conduire à davantage de recherche, notamment clinique, et non à l’automédication incontrôlée. Taheri et ses collaborateurs insistent d’ailleurs sur la nécessité de poursuivre l’évaluation de la valeur clinique et du profil de sécurité des produits dérivés de l’ortie (Taheri et al., 2022).
Cette prudence scientifique est particulièrement importante en Tunisie, où l’usage des plantes médicinales demeure culturellement présent.
«Naturel» ne signifie jamais automatiquement «sans danger».
La dose, la partie de la plante utilisée, la préparation, l’état de santé de la personne et les interactions avec des médicaments peuvent modifier les effets.
Valoriser l’ortie ne signifie donc pas encourager une pharmacopée improvisée. Cela signifie investir dans la connaissance.
Et si nous commencions par la remettre dans l’assiette?
Il existe une autre dimension de l’ortie qui mérite davantage d’attention : son potentiel alimentaire.
Dans différentes traditions culinaires, les jeunes feuilles sont consommées après une préparation appropriée.
La cuisson ou d’autres procédés permettent de neutraliser le caractère urticant. L’ortie peut alors entrer dans des soupes, préparations végétales, poudres alimentaires ou autres formulations.
La littérature décrit une plante présentant un intérêt nutritionnel par ses protéines, fibres, minéraux, vitamines et composés antioxydants (Bhusal et al., 2022 ; Devkota et al., 2022).
Pour la Tunisie, cette piste est particulièrement stimulante.
Notre cuisine traditionnelle est déjà une cuisine intelligente de la diversité végétale. Elle a appris à utiliser les céréales, les légumineuses, les feuilles, les graines, les herbes aromatiques et les plantes saisonnières.
Elle est née en grande partie d’une nécessité: ne pas gaspiller ce que la terre pouvait offrir.
La modernité alimentaire a cependant changé notre relation à cette diversité. Nous mangeons toute l’année des produits autrefois saisonniers, tandis que certaines plantes disponibles gratuitement autour de nous ont quitté notre alimentation.
Réintroduire l’ortie ne signifie évidemment pas demander aux Tunisiens de remplacer les épinards ou les blettes par des orties. L’intérêt réside plutôt dans l’élargissement de notre patrimoine alimentaire.
Pourquoi ne pas imaginer des recherches tunisiennes sur des soupes à base d’ortie, des pâtes enrichies, des produits séchés ou des mélanges avec des céréales locales? Pourquoi ne pas étudier leur acceptabilité sensorielle, leur conservation et leur valeur nutritionnelle?
Une plante sauvage devient une ressource économique lorsqu’une chaîne de connaissances se construit autour d’elle: identification, culture ou collecte durable, contrôle sanitaire, transformation, emballage et commercialisation.
C’est précisément cette chaîne qui manque souvent lorsque nous parlons de valorisation des ressources naturelles.
L’ortie, l’agriculteur et une autre idée de l’agriculture
L’intérêt de l’ortie ne s’arrête pas à l’alimentation humaine. Elle nous conduit vers une réflexion plus vaste sur notre modèle agricole.
L’agriculture moderne a réalisé des progrès considérables.
Elle a augmenté les rendements, mécanisé le travail et permis de nourrir des populations croissantes. Mais elle a également créé des dépendances: engrais, pesticides, semences, énergie, irrigation et produits importés.
Dans un pays comme la Tunisie, où l’eau constitue une contrainte structurelle et où le coût des intrants pèse lourdement sur les exploitations, chaque ressource locale susceptible de réduire certaines dépendances mérite d’être étudiée.
Des usages agricoles de l’ortie comme matière végétale destinée à des préparations fertilisantes ou phytoprotectrices sont décrits dans la littérature.
Les synthèses consacrées à la plante évoquent ainsi son potentiel pour des fertilisants et certains usages de protection végétale (Bhusal et al., 2022).
Mais, là encore, la prudence est nécessaire. Une recette artisanale n’est pas automatiquement un produit agronomique validé. Les concentrations, modes de préparation, cultures ciblées et conditions d’application doivent être évalués expérimentalement.
C’est justement là que la recherche agronomique tunisienne pourrait intervenir.
Au lieu d’opposer agriculture traditionnelle et agriculture scientifique, nous pourrions construire une agriculture où l’une nourrit les questions de l’autre.
Le pays dispose d’universités, d’instituts agronomiques, de laboratoires, d’ingénieurs et d’agriculteurs expérimentés. Pourquoi ne pas organiser davantage de programmes autour des ressources végétales spontanées locales?
L’ortie pourrait devenir un cas d’école.
Une petite plante pour une économie locale
Nous parlons beaucoup en Tunisie d’entrepreneuriat rural. Le terme revient dans les programmes de développement, les conférences et les discours institutionnels.
Mais l’entrepreneuriat rural ne peut pas se limiter à reproduire à petite échelle les mêmes productions que tout le monde.
Il suppose aussi de découvrir des niches.
L’ortie pourrait en constituer une, à condition d’éviter deux erreurs: la surexploitation de populations sauvages et la commercialisation sans contrôle.
On pourrait imaginer de petites cultures maîtrisées dans les zones adaptées, des unités de séchage, des poudres végétales standardisées, des produits alimentaires, des extraits destinés à la recherche ou encore certaines applications cosmétiques après validation.
La valeur économique ne résiderait alors plus dans la plante brute, mais dans le savoir ajouté à la plante.
Un kilogramme de végétation sauvage récolté sans contrôle possède peu de valeur. Une matière première identifiée botaniquement, cultivée selon un itinéraire maîtrisé, analysée, séchée correctement, standardisée et transformée devient un produit entièrement différent.
C’est probablement l’un des grands défis de l’économie tunisienne des plantes aromatiques et médicinales: cesser de penser uniquement en tonnes récoltées et commencer à penser en connaissances incorporées.
Nous exportons trop souvent la matière et importons la valeur ajoutée.
L’ortie pourrait symboliquement nous apprendre l’inverse.
Préserver avant de vouloir exploiter
Toute redécouverte économique possède néanmoins son danger.
Une plante ignorée peut devenir soudainement à la mode.
Dès qu’un marché apparaît, la cueillette augmente. Si elle n’est pas encadrée, la ressource peut être fragilisée et les habitats perturbés.
La valorisation de l’ortie doit donc être pensée avec une logique de durabilité. Il faudrait d’abord mieux connaître sa distribution en Tunisie, identifier les espèces et populations présentes, étudier leur diversité et déterminer les zones où une éventuelle production pourrait être envisagée.
La domestication partielle ou la culture contrôlée seraient probablement préférables à une pression incontrôlée sur les peuplements naturels dès lors qu’une filière commerciale importante se développerait.
Il faut également considérer l’écosystème qui entoure la plante. Une espèce végétale n’est jamais seule. Elle interagit avec des insectes, des microorganismes, le sol et les autres végétaux.
Supprimer une plante parce qu’elle nous dérange ou, inversement, la récolter massivement parce qu’elle devient rentable procède finalement de la même erreur: considérer la nature comme un catalogue d’objets indépendants.
L’écologie nous oblige à penser les relations.
Ce que l’ortie dit de notre rapport au progrès
Au fond, l’ortie m’intéresse peut-être moins pour ce qu’elle contient que pour ce qu’elle révèle de nous-mêmes.
Nous avons associé le progrès à l’éloignement de la nature.
Une maison moderne devait être débarrassée des herbes sauvages.
Un champ moderne devait être propre. Une alimentation moderne devait être emballée. Un médicament moderne devait sortir d’une usine.
Puis, après plusieurs décennies, nous recommençons à rechercher le local, le biologique, le naturel, les circuits courts et les molécules issues des plantes.
Il y a là une ironie remarquable.
Nous avons parfois détruit ce que nous cherchons aujourd’hui à reconstruire sous un nouveau nom.
Nos grands-parents parlaient de ne pas gaspiller; nous parlons d’économie circulaire. Ils adaptaient leur alimentation aux saisons; nous parlons de consommation durable.
Ils réutilisaient la matière organique; nous parlons de valorisation des biodéchets. Ils connaissaient certaines plantes spontanées; nous redécouvrons l’ethnobotanique.
Il ne s’agit pas d’idéaliser le passé. La vie rurale ancienne était souvent difficile, et les progrès de la médecine, de l’hygiène et de l’agriculture ont sauvé d’innombrables vies.
Il s’agit plutôt de reconnaître que le progrès véritable n’exige pas nécessairement l’effacement de tout savoir ancien.
La modernité intelligente trie, vérifie et conserve.
Une recherche tunisienne à construire
L’ortie pourrait ainsi devenir un petit programme scientifique national presque exemplaire.
Il faudrait commencer par la botanique : où se trouve-t-elle exactement? Quelles populations rencontre-t-on ? Dans quelles conditions écologiques?
Puis viendrait la chimie: existe-t-il des différences de composition entre régions, saisons, stades de développement ou méthodes de séchage?
Ensuite, la nutrition et la technologie alimentaire pourraient examiner les possibilités d’intégration dans des aliments adaptés aux habitudes tunisiennes.
L’agronomie pourrait tester des méthodes de culture, les besoins hydriques, la fertilisation et les usages agricoles des extraits.
Les sciences économiques pourraient évaluer les marchés potentiels et la rentabilité d’une petite filière.
Et les sciences humaines auraient également leur place : quels souvenirs les habitants possèdent-ils de cette plante? Quels usages existaient réellement? Quels noms lui donnaient-ils? Pourquoi ces pratiques ont-elles disparu?
Nous aurions alors quelque chose de beaucoup plus précieux qu’un simple produit: nous aurions transformé une plante ordinaire en objet de connaissance multidisciplinaire.
LRéapprendre à regarder ce qui pousse à nos pieds
Je reviens finalement à l’image la plus simple: une ortie au bord d’un chemin.
Pendant des années, quelqu’un peut passer devant elle sans lui accorder la moindre importance.
Un enfant apprend rapidement qu’elle pique et s’en éloigne.
L’agriculteur peut vouloir l’éliminer. Le promeneur la contourne.
Puis arrive le botaniste et il voit une espèce.
Le chimiste voit des molécules.
Le nutritionniste voit des nutriments.
L’agronome voit peut-être une ressource.
L’historien voit un usage oublié.
L’économiste voit éventuellement une filière.
Et le philosophe, s’il accepte de ralentir quelques secondes, y verra peut-être une leçon de modestie.
Car l’ortie était là avant que nous décidions qu’elle était inutile.
La Tunisie de demain devra probablement apprendre à produire autrement, économiser davantage son eau, protéger ses sols, valoriser ses ressources locales et créer de la richesse avec moins de dépendance extérieure.
Aucun végétal ne résoudra seul ces problèmes.
Certainement pas l’ortie.
Mais elle peut participer à une autre manière de penser.
Elle nous rappelle qu’une ressource n’est pas toujours quelque chose que l’on doit importer, inventer ou construire.
Une ressource peut être quelque chose qui existe déjà mais que notre regard n’a pas encore appris à valoriser.
Voilà pourquoi l’ortie tunisienne mérite mieux que notre indifférence.
Non parce qu’elle serait miraculeuse.
Non parce qu’elle pourrait remplacer les médicaments, les cultures agricoles ou les solutions technologiques.
Mais précisément parce qu’elle est ordinaire.
Elle pousse discrètement. Elle résiste. Elle occupe les marges. Elle dérange celui qui la touche sans précaution.
Et pourtant, lorsque la science prend le temps de l’étudier, elle révèle une composition nutritionnelle et phytochimique suffisamment riche pour susciter un véritable intérêt scientifique (Bhusal et al., 2022 ; Taheri et al., 2022).
Peut-être est-ce finalement cela, la véritable leçon de l’ortie : ce que nous appelons «mauvaise herbe» parle souvent davantage de notre ignorance que de la plante elle-même.
Dans un pays qui cherche de nouvelles voies pour son agriculture, son alimentation, ses territoires ruraux et sa transition écologique, nous devrions retrouver cette curiosité élémentaire: regarder ce qui pousse spontanément autour de nous avant de décider que cela ne vaut rien.
L’avenir ne se trouve pas toujours devant nous.
Il arrive qu’il pousse silencieusement à nos pieds.
Bibliographie
- Bhusal, K. K., Magar, S. K., Thapa, R., Lamsal, A., Bhandari, S., Maharjan, R., Shrestha, S. & Shrestha, J. (2022). Nutritional and pharmacological importance of stinging nettle (Urtica dioica L.): A review. Heliyon, 8(6), e09717.
- Devkota, H. P., Paudel, K. R., Khanal, S. et al. (2022). Stinging Nettle (Urtica dioica L.): Nutritional Composition, Bioactive Compounds, and Food Functional Properties. Molecules, 27, 5219.
- Taheri, Y., Quispe, C., Herrera-Bravo, J. et al. (2022). Urtica dioica-Derived Phytochemicals for Pharmacological and Therapeutic Applications. Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine, 2022, 4024331.
- Pottier-Alapetite, G. (1979). Flore de la Tunisie : Angiospermes-Dicotylédones. Tunis : Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
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