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Chronique
Tomate séchée: le potentiel encore sous-exploité de la Tunisie
Alors que le concentré de tomate occupe depuis longtemps une place de choix dans l’industrie agroalimentaire tunisienne, un autre produit dérivé attire de plus en plus l’attention des professionnels: la tomate séchée.
Appréciée pour sa saveur intense, sa longue durée de conservation et sa forte valeur ajoutée, elle constitue aujourd’hui un marché de niche à fort potentiel, tant pour l’exportation que pour la valorisation des productions agricoles nationales.
La Tunisie dispose de nombreux atouts pour développer cette activité.
Producteur historique de tomates industrielles, le pays bénéficie d’un climat favorable au séchage naturel, d’un savoir-faire agricole reconnu et d’une matière première abondante durant la saison estivale.
Ces conditions permettent d’obtenir un produit recherché sur les marchés
internationaux, notamment en Europe où la tomate séchée est largement utilisée dans la restauration, les plats préparés et l’industrie alimentaire.
Depuis plusieurs années, des entreprises tunisiennes se sont spécialisées dans la transformation et l’exportation de tomates séchées.
Selon les données du secteur, la Tunisie exporte environ 6000 tonnes de tomates séchées par an, générant près de 15 millions de dollars de recettes.
Ces volumes restent modestes comparés à ceux du concentré de tomate, mais ils témoignent d’un marché en croissance où la valeur ajoutée est nettement supérieure à celle des produits bruts.
L’intérêt de la tomate séchée réside également dans sa capacité à valoriser les excédents de production.
Lors des campagnes abondantes, une partie des récoltes peut être orientée vers le séchage, réduisant ainsi les pertes post-récolte tout en créant de nouvelles sources de revenus pour les producteurs et les transformateurs.
Cette approche s’inscrit pleinement dans les principes de l’économie circulaire et de la lutte contre le gaspillage alimentaire.
Malgré ces avantages, la filière demeure encore peu développée à l’échelle nationale.
Les volumes transformés restent limités et la consommation locale demeure
relativement faible.
La tomate séchée est encore perçue comme un produit destiné principalement à l’exportation ou à une clientèle spécialisée, alors qu’elle pourrait trouver sa place dans de nombreuses préparations culinaires tunisiennes.
Le développement de cette activité nécessite toutefois des investissements dans les équipements de transformation, le conditionnement, la certification de qualité et la promotion commerciale.
L’accès à de nouveaux marchés internationaux, notamment dans le segment des produits biologiques et à haute valeur ajoutée, pourrait également offrir des perspectives prometteuses aux entreprises tunisiennes.
Dans un contexte où l’agriculture tunisienne cherche à produire davantage de valeur avec des ressources limitées, la tomate séchée apparaît comme une piste particulièrement intéressante.
Elle illustre la capacité de la filière tomate à se diversifier au-delà du concentré traditionnel et à répondre aux nouvelles attentes des consommateurs en matière de produits naturels, pratiques et durables.
Longtemps considérée comme un produit secondaire, la tomate séchée pourrait ainsi devenir l’un des symboles d’une agriculture tunisienne plus innovante, mieux valorisée et davantage tournée vers les marchés à forte valeur ajoutée.
Derrière ces petits morceaux de tomate gorgés de soleil se cache peut-être l’une des opportunités les plus prometteuses de la filière pour les années à venir.
Le saviez-vous?
Il faut généralement entre 8 et 12 kg de tomates fraîches pour obtenir 1 kg de tomates séchées, ce qui explique leur forte concentration en saveurs et leur valeur commerciale élevée.
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