La damassa de Kerkennah: quand la mémoire de la mer devient un patrimoine vivant (Vidéo et album photos)

Actuagro La damassa de Kerkennah: quand la mémoire de la mer devient un patrimoine vivant (Vidéo et album photos) Dossier préparer par AgroHealth et Najwa Chelli(*) . Vidéo Houcem Boudaya et photos festival Damassa – À l’occasion de la 6ᵉ édition du Festival de la Damassa, qui se tiendra du 21 au 24 août à Al Attaya, à Kerkennah, cette pratique ancestrale revient au cœur de l’attention. À Kerkennah, la mer n’est pas seulement un espace de pêche. Elle est une mémoire,un territoire de savoirs et un élément essentiel de l’identité des insulaires.Depuis des générations, les Kerkenniens ont développé des techniques de pêcheadaptées à leur environnement marin, fondées sur une connaissance fine despoissons, des courants, des saisons et des fonds marins. Télécharger le document en arabe https://www.agrohealth-tn.com/wp-content/uploads/2026/08/Damassa.mp4 Parmi ces pratiques ancestrales figure la damassa, une technique de pêche traditionnelle intimement liée à l’histoire et au mode de vie des habitants de l’archipel. Aujourd’hui, alors que les méthodes modernes de pêche et les transformations environnementales bouleversent progressivement les équilibres anciens, la damassa apparaît comme bien plus qu’une ancienne technique: elle constitue un patrimoine vivant à préserver, à valoriser et à transmettre. Une technique née de la rencontre entre l’homme et la mer D’où vient la damassa? À quand remontent ses premières pratiques? Peut-on en déterminer avec précision les origines historiques? Ces questions restent essentielles pour comprendre la place qu’occupe aujourd’hui cette technique dans la mémoire collective de Kerkennah. Comme beaucoup de pratiques traditionnelles insulaires, la damassa s’est construite au fil du temps à partir de l’observation du milieu marin et de l’adaptation des populations aux ressources disponibles. Son histoire est ainsi indissociable de celle des Kerkenniens eux-mêmes. Dans un environnement où la terre agricole est limitée et où la mer constitue depuis toujours une source majeure de nourriture et de revenus, les habitants ont développé une véritable culture maritime. La damassa témoigne de cette capacité à lire la mer, à comprendre ses rythmes et à exploiter ses ressources grâce à un savoir empirique transmis de génération en génération. Pourquoi Al Attaya? La persistance de cette pratique à Al Attaya n’est certainement pas le fruit du hasard. La configuration particulière des côtes de Kerkennah, la faible profondeur de certaines zones marines et les caractéristiques du milieu ont favorisé le développement de techniques de pêche adaptées à cet environnement. La damassa est pratiquée dans des zones où le niveau de l’eau permet aux pêcheurs de se tenir debout et de se déplacer à pied. Cette caractéristique est essentielle au déroulement de la technique, qui repose largement sur l’intervention directe des pêcheurs dans l’eau. Pendant des décennies, voire des siècles, les pêcheurs ont accumulé des connaissances empiriques concernant les lieux de passage des poissons, les périodes favorables à la pêche, les mouvements de l’eau et les conditions du milieu. Ce savoir n’était pas consigné dans des manuels. Il se transmettait par l’observation, l’expérience et la pratique. C’est précisément ce qui donne à la damassa une valeur particulière: derrière une technique de pêche se cache tout un système de connaissances sur le fonctionnement du milieu marin. Une technique fondée sur la discipline et le travail collectif La damassa repose avant tout sur une organisation collective particulièrement rigoureuse. Chaque embarcation, ou felouque, joue un rôle précis dans l’opération de pêche, tandis que la coordination entre les différents groupes sont placés sous l’autorité de responsables chargés de diriger les opérations. Le babour, terme local désignant la grande embarcation de pêche, intervient également dans cette organisation, aux côtés des différentes felouques utilisées au cours de l’opération. La technique exige une parfaite coordination: lorsqu’un membre du groupe commet une erreur, celle-ci peut avoir des conséquences sur l’ensemble de l’opération. Les pêcheurs insistent ainsi sur l’importance de la discipline, du respect des consignes et de la hiérarchie entre les membres du groupe. Cette organisation fait de la damassa une véritable «école de la mer». Les jeunes y apprennent non seulement les gestes techniques, mais également les règles du métier, le respect des aînés, la solidarité et le travail collectif. Comment se pratique la damassa? La technique consiste notamment à installer la damassa et le mur (السور), puis à faire intervenir les khabbata, les pêcheurs chargés de frapper la surface de l’eau à l’aide de bâtons selon un rythme et une organisation précis. Ces mouvements ont pour objectif de pousser les poissons vers le dispositif de capture. La technique cible notamment les poissons dits «sauteurs», comme le mulet et la mila, dont les comportements permettent aux pêcheurs de les orienter vers la zone de capture. L’efficacité de la damassa repose donc moins sur la puissance des moyens utilisés que sur la précision des gestes, le respect du rythme et la coordination entre les différents participants. La pratique est également réalisée de nuit. La damassa nocturne repose alors davantage encore sur le calme, la patience et l’observation. Les pêcheurs installent leurs filets de pêche et restent dans une relative tranquillité, à l’écoute des signes de la mer. Le passage d’un banc de poissons peut être repéré grâce à un mouvement ou à un saut à la surface de l’eau, signal qui indique aux pêcheurs le moment où l’opération doit commencer. Cette capacité à interpréter les moindres signes de la mer constitue l’un des aspects les plus remarquables de ce savoir traditionnel. Une activité économique, mais aussi un mode de vie À Kerkennah, la pêche traditionnelle n’a jamais été une simple activité économique. Elle a façonné les modes de vie, l’organisation sociale et même les relations entre les générations. La damassa participait à cette économie locale fondée sur les ressources de la mer. Le poisson représentait une source de nourriture et de revenus pour les familles, tandis que les activités liées à la pêche faisaient vivre tout un réseau de personnes. Mais son importance dépassait largement sa dimension économique. Elle appartenait au quotidien des communautés locales et contribuait à une identité
Nizar Aloui: Pourquoi la collecte des céréales diffère-t-elle de la production estimée à 20 millions de quintaux

Actuagro Nizar Aloui: Pourquoi la collecte des céréales diffère-t-elle de la production estimée à 20 millions de quintaux Par Nizar Aloui. Expert en politique agricole – La production céréalière et la collecte réalisée constituent deux indicateurs statistiques distincts, bien que fortement corrélés. En effet, le volume collecté demeure tributaire du niveau de la production réalisée sur exploitation. La collecte représente l’indicateur le plus facilement mesurable, dans la mesure où elle résulte de l’agrégation quotidienne des quantités réceptionnées au sein des centres de collecte de céréales répartis sur l’ensemble du territoire tunisien (environ 200 centres agrées d’une capacité de stockage de 8 millions quintaux (ONAGRI)). Le cumul des volumes enregistrés entre le début de la campagne de collecte, généralement situé au début du mois de juin, et la clôture de la campagne permet ainsi d’établir cet indicateur avec une fiabilité très importante, dans la mesure où il repose sur un dénombrement physique et non sur une estimation. Elle constitue, par ailleurs, la fraction commercialisable et effectivement mobilisable de la production, celle qui transite par les circuits officiels et alimente directement ou après une courte période de stockage les minoteries. La production, en revanche, est un indicateur évalué avant la récolte, au niveau des parcelles ensemencées, par le recours à des techniques de télédétection, notamment l’estimation de l’indice de végétation NDVI, combinées à des enquêtes statistiques de terrain visant à caractériser les superficies emblavées par type de culture ainsi que le rendement en grain prévisionnel. Il s’agit d’un indicateur dont l’élaboration s’avère nettement plus complexe, mobilisant des moyens humains, techniques et financiers conséquents, et dont l’estimation demeure, comme toute mesure statistique indirecte, affectée par une marge d’erreur inhérente à la méthode et l’’approche utilisée. Pourquoi est-il nécessaire d’estimer la production? L’estimation précoce de la production constitue une étape essentielle à l’entame de chaque campagne agricole. Elle fournit aux décideurs des informations actualisées et à temps opportun permettant d’anticiper les besoins, de planifier les interventions et d’assurer une gestion efficace de la filière céréalière. En effet, cette estimation permet de: · Planifier les opérations de collecte en adaptant les moyens logistiques au volume de production attendu. Une production élevée nécessite la mobilisation des ressources importantes notamment en matière d’équipements, de centres de collecte, de capacités de stockage, de moyens de transport y compris le transport ferroviaire, ainsi que des ressources humaines nécessaires au bon déroulement de la campagne de collecte. · Programmer les importations en temps opportun, en fonction des disponibilités prévisionnelles de la production nationale et des volumes de collecte attendus, afin d’assurer un approvisionnement régulier du marché tout en optimisant les coûts d’importation. · Appuyer la prise de décision publique en fournissant des informations fiables pour l’élaboration et l’ajustement des politiques agricoles, notamment celles relatives aux filières céréalière et fourragère (paille et foin). Les estimations de production constituent ainsi un outil d’aide à la décision pour la gestion des stocks, la sécurité alimentaire et la mise en œuvre des dispositifs de soutien aux producteurs (ajustements des prix administré). Analyse de l’évolution de la production nationale et de la collecte des céréales sur la période 2015 – 2026 Quantités en millions de quintaux Source: Office des céréales, ONAGRI L’analyse du tableau met en évidence que le taux moyen de collecte des céréales au cours de la période 2015–2026 s’est établi à 52%. En d’autres termes, durant l’ensemble de la période étudiée, le taux de collecte est demeuré relativement stable, oscillant autour de 50 %. Cela signifie qu’en moyenne, les quantités collectées représentent environ la moitié de la production nationale estimée. Dans ce contexte, le taux de collecte enregistré au titre de la campagne en cours s’inscrit dans la continuité de cette tendance historique, bien qu’il affiche une baisse par rapport à la campagne précédente (55% contre 66% enregistré la campagne précédente). Cette diminution peut être attribuée à plusieurs facteurs, notamment: · Les fractions d’épandage d’ammonitrate non effectuées en début de campagne à cause des problèmes d’approvisionnement. · Un niveau plus élevé d’autoconsommation, en particulier pour la constitution des stocks de semences destinées à la campagne agricole suivante. Les déterminants économiques de l’écart entre la production estimée et la collecte N.B: Pour une compréhension approfondie de cette thématique, le lecteur est invité à consulter le site de l’ONAGRI, notamment l’article intitulé «Le bilan d’approvisionnement-utilisation des principales céréales produites en Tunisie», rédigé par Mme Nachaat Jaziri, Ingénieure générale. Cet article présente une analyse détaillée des différentes utilisations de la production céréalière et apporte des éléments d’explication sur les écarts observés entre la production estimée et les quantités collectées. Sur le plan économique, l’écart entre l’estimation de la production nationale de céréales (estimée sur champ avant récolte) et les quantités collectées est normal et bien expliqué puisque la récolte est impérativement inférieure à la production. La collecte ne représente que la part de la production qui transite par les circuits organisés de commercialisation. Plusieurs facteurs expliquent cet écart: 1. Les pertes pré-récolte, pertes à la récolte et post-récolte Des pertes peuvent intervenir avant, en cours et après la récolte en raison: · Des pertes liées aux opérations de récolte: elles constituent généralement la principale source de pertes et peuvent, dans certains cas, dépasser 15 % de la production. Leur ampleur dépend essentiellement de l’état, de la qualité et du réglage des équipements de récolte, ainsi que des conditions dans lesquelles les opérations de moisson sont réalisées. · Du transport. · Des attaques d’insectes, des oiseaux ou des rongeurs. · Etc. 2. L’autoconsommation Une partie importante de la production est conservée par les agriculteurs pour satisfaire les besoins de l’exploitation et du ménage. Cette autoconsommation comprend: · Les semences de ferme destinées à la campagne agricole suivante: une partie de la production est conservée par les agriculteurs pour constituer leurs propres réserves de semences.
Agriculture mondiale: et si l’avenir commençait par prendre soin de nos sols?

PUB Actuagro Agriculture mondiale: et si l’avenir commençait par prendre soin de nos sols? Le World Agriculture Forum place la santé des sols, l’innovation et la résilience au cœur de l’agriculture de demain. Pour la Tunisie, confrontée au stress hydrique et aux effets du changement climatique, ces orientations résonnent particulièrement. L’agriculture mondiale traverse une période où les défis ne se succèdent plus, mais se rencontrent. Le changement climatique avance, les ressources en eau se raréfient, les sols se dégradent, la biodiversité recule et les tensions géopolitiques fragilisent les échanges alimentaires. Dans le même temps, la population mondiale continue de croître et avec elle, la nécessité de produire suffisamment de nourriture. Mais derrière ces grands enjeux se trouve une réalité beaucoup plus simple et beaucoup plus humaine: celle de l’agriculteur qui doit, chaque saison, faire pousser, nourrir, vendre et recommencer, avec des ressources parfois de plus en plus limitées. C’est dans ce contexte que le World Agriculture Forum (WAF) a publié, le 22 juillet 2026, son Q2 Impact Report, consacré aux initiatives menées entre avril et juin 2026. Il ne s’agit pas d’un rapport statistique mondial comparable à ceux de la FAO ou de l’OCDE, mais plutôt d’un bilan des actions, des partenariats et des orientations que le Forum souhaite promouvoir pour accompagner la transformation des systèmes agroalimentaires. Les sols, une richesse que l’on ne peut plus considérer comme acquise Parmi les messages les plus importants du rapport figure la santé des sols. Une terre agricole fertile n’est pas simplement un support dans lequel on plante une graine. Elle constitue un écosystème vivant, capable de retenir l’eau, de stocker du carbone, de nourrir les plantes et de soutenir une partie essentielle de la biodiversité. Lorsque les sols s’appauvrissent, c’est toute la capacité de production agricole qui devient plus fragile. Le WAF appelle ainsi à renforcer la matière organique des sols, limiter l’érosion, améliorer la gestion des fertilisants et développer davantage de pratiques agricoles régénératrices. Cette question est particulièrement importante dans les régions méditerranéennes, où la sécheresse, l’érosion et la pression exercée sur les terres agricoles peuvent accélérer leur dégradation. Pour la Tunisie, prendre soin du sol signifie donc aussi protéger une partie de son avenir agricole. Produire mieux sans demander toujours plus à la nature L’un des autres axes majeurs du rapport concerne la technologie. Intelligence artificielle, drones, capteurs connectés, télédétection et agriculture de précision sont appelés à prendre une place croissante dans les exploitations. L’objectif n’est toutefois pas de remplacer l’agriculteur par la technologie. Il s’agit plutôt de lui donner de meilleurs outils pour décider. Un capteur peut aider à déterminer si une parcelle a réellement besoin d’eau. Une image satellite peut permettre de détecter plus rapidement une anomalie dans une culture. Une plateforme numérique peut fournir des informations météorologiques plus précises. L’intelligence artificielle peut, elle aussi, contribuer à analyser des données que l’agriculteur ne pourrait pas traiter seul. L’enjeu est donc de produire davantage avec moins d’eau, moins d’énergie et moins d’intrants, tout en préservant la qualité des ressources naturelles. Mais cette transition ne pourra être réellement efficace que si les technologies deviennent accessibles aux agriculteurs, y compris dans les petites exploitations et les zones rurales. La sécurité alimentaire ne commence pas seulement dans le champ Le WAF élargit également la réflexion sur la sécurité alimentaire. Produire davantage ne suffit pas si une partie de la récolte est ensuite perdue, mal conservée ou difficile à commercialiser. La réduction des pertes après récolte, l’amélioration des chaînes logistiques et le développement des capacités locales de transformation apparaissent donc comme des leviers essentiels. Cette approche rappelle une évidence souvent oubliée: la sécurité alimentaire est une chaîne. Elle commence avec la terre et la semence, mais se poursuit avec l’eau, la production, la récolte, le stockage, le transport, la transformation et enfin l’accès du consommateur à une alimentation sûre et de qualité. Cinq dialogues et une nouvelle génération à former Au cours du deuxième trimestre 2026, le WAF indique avoir organisé cinq dialogues internationaux, réunissant différents acteurs autour des enjeux agricoles. Le Forum a également lancé une Global Soil Health Coalition, consacrée à la santé et à la restauration des sols, ainsi qu’un Global Doctoral Internship Program, destiné à contribuer à la formation d’une nouvelle génération de spécialistes de l’agriculture durable. Ce dernier volet mérite une attention particulière. L’agriculture de demain ne sera pas uniquement une affaire de machines, de satellites ou d’intelligence artificielle. Elle aura besoin de chercheurs, d’ingénieurs, d’agronomes, d’entrepreneurs et surtout de jeunes capables de comprendre simultanément les dimensions scientifiques, économiques, environnementales et humaines de l’agriculture. Investir dans les jeunes, c’est donc investir dans la capacité d’un pays à construire son propre modèle agricole. Et la Tunisie dans tout cela? Pour la Tunisie, plusieurs orientations du rapport font directement écho aux défis actuels. Le premier est évidemment l’eau. Dans un pays où le stress hydrique pèse de plus en plus sur l’agriculture, l’irrigation intelligente, les technologies d’économie d’eau et la réutilisation des eaux traitées peuvent constituer des pistes importantes. La deuxième priorité concerne la numérisation. Des services météorologiques de précision, des plateformes d’information agricole, la télédétection et des outils d’intelligence artificielle pourraient progressivement aider les agriculteurs à mieux anticiper les risques et à utiliser leurs ressources avec davantage de précision. La troisième concerne les sols. La lutte contre la désertification, la protection de la matière organique, les cultures de couverture et les pratiques agricoles régénératrices peuvent contribuer à restaurer progressivement la fertilité des terres. Enfin, aucune transformation ne pourra être durable sans financement. L’accès au crédit agricole, aux investissements privés et aux financements internationaux liés au climat reste déterminant pour permettre aux exploitations d’adopter de nouvelles technologies et de s’adapter aux changements environnementaux. L’agriculture de demain devra rester humaine Le message qui se dégage du rapport du World Agriculture Forum dépasse finalement la technologie ou les politiques agricoles. Il rappelle que l’agriculture ne peut pas être pensée
Après l’incendie, faut-il replanter immédiatement la forêt?

PUB Actuagro Après l’incendie, faut-il replanter immédiatement la forêt? Un paysage noirci après un incendie donne souvent l’impression qu’il faut agir au plus vite et replanter les arbres disparus. Pourtant, restaurer une forêt ne consiste pas simplement à remettre des plants en terre. Avant de planter, il faut d’abord comprendre ce que le feu a laissé derrière lui et observer ce que la nature est encore capable de reconstruire. Lorsqu’un incendie s’éteint, la forêt entre dans une autre phase, moins spectaculaire mais tout aussi importante. Sous les arbres calcinés, dans le sol et autour des souches, une partie de la vie peut encore être présente. Des graines peuvent germer, certaines espèces peuvent repartir depuis leurs racines et de jeunes pousses peuvent apparaître après les premières pluies. C’est pourquoi la première étape n’est pas forcément la plantation. Elle consiste à protéger le site et à évaluer sa capacité de régénération naturelle. La première année, protéger avant de planter Après un incendie, le sol est particulièrement fragile. La disparition du couvert végétal le rend plus exposé au ruissellement et à l’érosion, surtout sur les terrains en pente. Des mesures de protection peuvent donc être nécessaires pour limiter la perte de terre lors des premières pluies. La limitation du pâturage constitue également une mesure essentielle. Les jeunes pousses qui apparaissent après le feu sont vulnérables au piétinement et à la consommation par les animaux. Protéger temporairement la zone permet à la végétation de reprendre progressivement. La question du bois brûlé doit, elle aussi, être traitée avec prudence. Son enlèvement peut être nécessaire dans certains secteurs pour des raisons de sécurité, de gestion forestière ou de prévention de certains risques, mais il ne devrait pas être systématique. Une partie du bois mort peut participer au fonctionnement écologique du milieu et offrir des conditions favorables au retour de la végétation. La forêt peut parfois commencer à se reconstruire seule Dans les écosystèmes méditerranéens, plusieurs espèces possèdent des mécanismes leur permettant de résister aux perturbations et de recoloniser les espaces brûlés. Le pin d’Alep, par exemple, peut présenter une régénération naturelle importante lorsque les conditions sont favorables. Certaines espèces, notamment plusieurs feuillus méditerranéens, peuvent également produire de nouvelles pousses à partir des souches ou des systèmes racinaires. Mais cette capacité n’est jamais garantie. Un feu très intense, répété ou survenu dans des conditions de sécheresse extrême peut fortement réduire le potentiel de régénération. L’état du sol, la disponibilité des graines, la proximité de végétation survivante, les précipitations et la pression du pâturage jouent également un rôle déterminant. C’est donc le terrain qui doit décider de la suite, et non un calendrier identique appliqué à toutes les forêts. Quand la plantation devient-elle nécessaire? Lorsque la régénération naturelle est insuffisante, irrégulière ou absente, une intervention humaine peut devenir nécessaire. Il peut alors s’agir d’une régénération naturelle assistée, d’un enrichissement du peuplement ou d’une plantation dans les secteurs les plus dégradés. Le choix des espèces doit privilégier les essences locales et adaptées aux conditions écologiques du site. Dans les régions méditerranéennes, le caroubier, l’oléastre, le chêne ou certaines espèces de pins peuvent avoir leur place selon le milieu, mais aucune essence ne devrait être choisie uniquement parce qu’elle est considérée comme «résistante au feu». La diversité doit également rester au cœur de la restauration. Remplacer une forêt naturelle diversifiée par une plantation uniforme ne constitue pas nécessairement une restauration écologique. Une forêt restaurée doit aussi retrouver progressivement sa capacité à abriter la biodiversité, protéger les sols, retenir l’eau et résister aux futures perturbations. Restaurer une forêt, ce n’est pas seulement planter des arbres Le véritable défi commence après la plantation. Les jeunes plants doivent être suivis, protégés contre le pâturage, entretenus et surveillés pendant plusieurs années. Les zones régénérées naturellement doivent également faire l’objet d’un suivi afin de mesurer leur évolution et d’intervenir uniquement lorsque cela est nécessaire. La restauration forestière est donc un processus beaucoup plus long qu’une simple campagne de plantation. Elle demande de l’observation, de la patience et une connaissance précise du territoire. Le regard d’AgroHealth Après un incendie, planter n’est pas toujours la première réponse. Parfois, la forêt a déjà commencé à se reconstruire, discrètement, sous les cendres et les troncs brûlés. L’enjeu n’est donc pas seulement de remettre des arbres là où ils ont disparu. Il s’agit de restaurer un écosystème vivant, avec son sol, sa biodiversité, ses espèces locales et sa capacité à résister aux sécheresses et aux futurs incendies. La meilleure restauration est ainsi celle qui sait quand intervenir… et quand laisser la nature reprendre sa place. Sources FAO – Forest restoration FAO – Assisted natural regeneration FAO – Forest and landscape restoration Étude récente sur la régénération post-incendie du pin d’Alep Lire également Sahbi Boudhiaf: La majorité des incendies de forêt sont d’origine humaine, aggravés par des conditions climatiques extrêmes Incendies de forêt: une menace pour l’agriculture Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Le caroubier: un arbre d’avenir pour les régions méditerranéennes juillet 29, 2026/Agrohealth Dr Fatma Rebai: Vieillissement ORL- pourquoi les aliments perdent leur goût juillet 27, 2026/Agrohealth Pr. Mohamed Ridha Kamoun: Le couple Soleil peau juillet 1, 2026/Agrohealth Dr Fatma Ben Atig: Quand la colonne vertébrale souffre aussi de nos habitudes alimentaires juin 27, 2026/Dr. Fatma Ben Atig PUB Actuhealth L’orge et l’eau d’orge: des alliées pour votre santé juillet 22, 2026 Nez et alimentation: cinq idées reçues passées au crible de la science juillet 18, 2026 Les eaux distillées, les trésors de l’été qui prennent soin de notre santé juillet 3, 2026 Load More Élevage Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Load More
Figue de Barbarie en Tunisie: pourquoi le fruit emblématique de l’été se fait-il rare?

PUB Actuagro Figue de Barbarie en Tunisie: pourquoi le fruit emblématique de l’été se fait-il rare? Présente sur les étals tunisiens chaque été, la figue de Barbarie est bien plus qu’un simple fruit de saison. Symbole des régions arides, source de revenus pour des milliers d’agriculteurs et matière première à forte valeur ajoutée, elle traverse aujourd’hui une période difficile. L’été 2026 est marqué par une baisse inhabituelle de l’offre, conséquence d’une combinaison de facteurs sanitaires et climatiques qui fragilisent toute une filière. Une récolte en forte baisse Dans plusieurs régions du pays, les consommateurs ont constaté une disponibilité plus faible des figues de Barbarie et une hausse des prix. Selon les représentants de la profession agricole, les pertes atteignent jusqu’à 70% pour certaines variétés épineuses, tandis que les variétés sans épines enregistrent également une baisse de production estimée à environ 20%. Cette situation est d’autant plus préoccupante que la figue de Barbarie constitue une culture essentielle dans les zones semi-arides, où peu d’espèces fruitières sont capables de produire dans des conditions climatiques aussi contraignantes. La cochenille du cactus, un ravageur toujours présent L’un des principaux responsables de cette crise est la cochenille du cactus (Dactylopius opuntiae), un insecte invasif apparu en Tunisie en 2014. En se nourrissant de la sève des cladodes (raquettes), ce ravageur affaiblit progressivement la plante, réduit sa capacité de fructification et peut provoquer sa mort lorsque les infestations sont importantes. La lutte contre cet insecte repose sur une approche intégrée combinant l’arrachage des plants fortement infestés, les traitements adaptés, la lutte biologique à l’aide de coccinelles prédatrices et le développement de variétés plus résistantes. La FAO souligne que cette menace dépasse aujourd’hui les frontières nationales et concerne l’ensemble du Maghreb. La canicule a aggravé la situation À cette pression phytosanitaire s’est ajoutée une succession d’épisodes de chaleur intense durant l’été 2026. Les températures élevées, accompagnées du chergui et d’un déficit hydrique persistant, ont provoqué un stress physiologique important. Même si le figuier de Barbarie est reconnu pour sa grande résistance à la sécheresse grâce à son métabolisme de type CAM, cette adaptation possède des limites. Lorsque les températures restent durablement très élevées, la plante réduit davantage ses échanges gazeux afin de limiter les pertes en eau. Cette stratégie de survie ralentit également la croissance des fruits, favorise leur chute prématurée et diminue les rendements. Une culture stratégique pour les régions arides Le figuier de Barbarie représente aujourd’hui l’une des cultures les plus importantes des zones sèches tunisiennes. Selon la FAO, cette espèce couvre plus de 600 000 hectares en Tunisie, contribuant à la lutte contre l’érosion, à la préservation des sols, à l’alimentation animale et aux revenus de milliers de familles rurales. Au-delà de la consommation fraîche, la plante offre de nombreuses opportunités de valorisation: huile de pépins utilisée en cosmétique, vinaigre, poudre alimentaire, confitures, aliments pour bétail et produits nutraceutiques. Conscient de ce potentiel, le ministère de l’Agriculture encourage le développement de la filière à travers l’innovation, la transformation industrielle et la sélection de variétés résistantes à la cochenille. Préserver une culture d’avenir La raréfaction de la figue de Barbarie observée cet été rappelle que même les cultures réputées les plus résistantes restent vulnérables face à la combinaison des bioagresseurs et du changement climatique. Le renforcement de la surveillance phytosanitaire, la diffusion de matériel végétal résistant, la lutte biologique, l’accompagnement des producteurs et la valorisation économique de la filière apparaissent désormais comme des leviers essentiels pour préserver cette richesse agricole tunisienne. Le regard d’AgroHealth La figue de Barbarie est souvent considérée comme le fruit qui résiste à tout. Pourtant, l’été 2026 démontre qu’aucune culture n’est à l’abri lorsque les ravageurs émergents se conjuguent aux effets du changement climatique. Cette situation constitue un signal d’alerte pour l’agriculture tunisienne. Préserver le figuier de Barbarie, ce n’est pas seulement protéger un fruit emblématique de l’été, mais aussi défendre une filière à fort potentiel économique, environnemental et nutritionnel, particulièrement adaptée aux territoires arides qui seront de plus en plus confrontés aux extrêmes climatiques. Sources Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) – Atelier régional sur la lutte contre la cochenille du figuier de Barbarie (20 mai 2026). FAO Tunisie – Introduction de coccinelles prédatrices pour la lutte biologique contre la cochenille (2024). Déclarations de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) relayées par Mosaïque FM sur la campagne 2026. Informations de contexte sur la campagne estivale 2026. Lire également Été 2026 en Tunisie: les vagues de chaleur précoces inquiètent le monde agricole Mohamed Salah Glaied – L’eau en Tunisie: potentiels et défis Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Le caroubier: un arbre d’avenir pour les régions méditerranéennes juillet 29, 2026/Agrohealth Dr Fatma Rebai: Vieillissement ORL- pourquoi les aliments perdent leur goût juillet 27, 2026/Agrohealth Pr. Mohamed Ridha Kamoun: Le couple Soleil peau juillet 1, 2026/Agrohealth Dr Fatma Ben Atig: Quand la colonne vertébrale souffre aussi de nos habitudes alimentaires juin 27, 2026/Dr. Fatma Ben Atig PUB Actuhealth L’orge et l’eau d’orge: des alliées pour votre santé juillet 22, 2026 Nez et alimentation: cinq idées reçues passées au crible de la science juillet 18, 2026 Les eaux distillées, les trésors de l’été qui prennent soin de notre santé juillet 3, 2026 Load More Élevage Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Load More
Pommes de terre: la Tunisie ouvre un contingent tarifaire de 16 500 tonnes de semences pour la campagne 2026-2027

PUB Actuagro Pommes de terre : la Tunisie ouvre un contingent tarifaire de 16 500 tonnes de semences pour la campagne 2026-2027 Afin d’assurer le bon déroulement de la prochaine campagne de production de pommes de terre, le ministère du Commerce et du Développement des exportations a annoncé l’ouverture d’un contingent tarifaire portant sur 16 500 tonnes de semences de pommes de terre destinées à la saison agricole 2026-2027. Cette mesure permettra aux opérateurs agréés d’importer des semences dans le cadre d’un régime douanier préférentiel, contribuant ainsi à sécuriser l’approvisionnement des producteurs avant le début des plantations. Selon le communiqué officiel, la répartition des quantités sera effectuée selon le système des échanges traditionnels, tandis que le Groupement interprofessionnel des légumes sera chargé de recevoir et d’examiner les demandes d’attribution. Les importateurs devront répondre à plusieurs conditions administratives et financières, notamment être en règle avec leurs obligations fiscales et sociales, fournir les documents exigés ainsi qu’une garantie bancaire représentant 1% de la valeur de la quantité demandée. Les dossiers devront être déposés au plus tard le 27 août 2026 à 10 heures, date à laquelle les plis seront ouverts lors d’une séance publique au siège du Groupement interprofessionnel des légumes à Tunis. Cette décision intervient dans un contexte où la Tunisie continue de dépendre largement des importations pour ses semences de pommes de terre certifiées. Ces dernières constituent un élément essentiel de la réussite des cultures puisqu’elles influencent directement le rendement, la qualité sanitaire des récoltes et la productivité des exploitations. Pour les agriculteurs, la disponibilité des semences représente une étape déterminante dans la préparation de la campagne. Tout retard dans leur importation peut entraîner un décalage du calendrier de plantation et avoir des répercussions sur l’offre nationale ainsi que sur les prix du marché. Au-delà de la gestion de la prochaine saison agricole, cette annonce remet en lumière l’importance de développer une production locale de semences certifiées afin de renforcer la résilience de la filière face aux fluctuations du marché international. Le regard d’AgroHealth L’ouverture de ce contingent tarifaire constitue une mesure préventive importante pour sécuriser la prochaine campagne de pommes de terre. Néanmoins, cette actualité rappelle que la souveraineté alimentaire ne dépend pas uniquement de la production agricole, mais aussi de la maîtrise des intrants stratégiques. Investir dans une filière tunisienne de production de semences certifiées, soutenue par la recherche agronomique et l’innovation variétale, représenterait un levier majeur pour réduire la dépendance extérieure et renforcer durablement la compétitivité de la filière pomme de terre. Sources Ministère du Commerce et du Développement des exportations (communiqué officiel, juillet 2026). Groupement interprofessionnel des légumes (GIL). Lire également Les cultures estivales en Tunisie: une saison décisive pour les producteurs Nizar Aloui – Sécurité et souveraineté alimentaires: clarifier les concepts pour mieux orienter les politiques agricoles Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Le caroubier: un arbre d’avenir pour les régions méditerranéennes juillet 29, 2026/Agrohealth Dr Fatma Rebai: Vieillissement ORL- pourquoi les aliments perdent leur goût juillet 27, 2026/Agrohealth Pr. Mohamed Ridha Kamoun: Le couple Soleil peau juillet 1, 2026/Agrohealth Dr Fatma Ben Atig: Quand la colonne vertébrale souffre aussi de nos habitudes alimentaires juin 27, 2026/Dr. Fatma Ben Atig PUB Actuhealth L’orge et l’eau d’orge: des alliées pour votre santé juillet 22, 2026 Nez et alimentation: cinq idées reçues passées au crible de la science juillet 18, 2026 Les eaux distillées, les trésors de l’été qui prennent soin de notre santé juillet 3, 2026 Load More Élevage Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Load More
Majel Bel Abbès, un terroir qui mise sur la pistache et l’amande

PUB Actuagro Majel Bel Abbès, un terroir qui mise sur la pistache et l’amande Dans les paysages semi-arides du gouvernorat de Kasserine, la délégation de Majel Bel Abbès confirme son statut de terre d’excellence pour les fruits secs. Portées par une pluviométrie favorable et par l’engagement croissant des agriculteurs, les cultures de pistaches et d’amandes enregistrent une progression remarquable au cours de la campagne agricole 2025-2026. À Majel Bel Abbès, les vergers de pistachiers et d’amandiers gagnent chaque année du terrain. Cette région du gouvernorat de Kasserine s’impose désormais comme le principal bassin de production de ces deux cultures, dont une partie est conduite selon les normes de l’agriculture biologique et destinée aux marchés d’exportation. Cette saison, les producteurs récoltent les fruits d’une campagne particulièrement favorable. Les pluies enregistrées durant l’hiver ont permis aux arbres de mieux se développer, améliorant à la fois les rendements et la qualité des récoltes. La production de pistaches est ainsi estimée à près de 2 000 tonnes, contre 1 500 tonnes lors de la campagne précédente, tandis que celle des amandes atteint environ 7 000 tonnes. Cette dynamique repose aussi sur un choix agricole adapté aux réalités climatiques de la région. Le pistachier et l’amandier figurent parmi les espèces les mieux adaptées aux zones semi-arides. Leur résistance à la sécheresse et leur capacité à valoriser des terres parfois peu fertiles en font des cultures particulièrement prometteuses dans un contexte marqué par le changement climatique. Les superficies cultivées témoignent de cet essor. Les plantations de pistachiers couvrent aujourd’hui près de 6 000 hectares, contre environ 7 000 hectares pour les amandiers. Chaque année, de nouveaux vergers voient le jour, portés notamment par de jeunes agriculteurs qui misent sur ces productions à forte valeur ajoutée. Au-delà de la production, ces fruits secs représentent également une véritable opportunité économique. Très recherchées sur les marchés internationaux, notamment lorsqu’elles sont certifiées biologiques, les pistaches et les amandes offrent de nouvelles perspectives de valorisation à travers la transformation agroalimentaire, la pâtisserie, les huiles végétales ou encore les produits destinés à l’industrie cosmétique. Le regard d’AgroHealth L’essor des cultures de pistaches et d’amandes à Majel Bel Abbès illustre le potentiel des filières arboricoles dans les régions intérieures de la Tunisie. En conciliant adaptation au climat, création de valeur et ouverture vers les marchés d’exportation, ces cultures constituent un modèle de développement durable. Accompagner cette dynamique par davantage d’investissements dans la transformation, la certification biologique et l’encadrement technique permettra de renforcer encore la compétitivité de cette filière d’avenir. Sources Agence TAP Union régionale de l’agriculture et de la pêche de Kasserine Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes Lire également Récolte des amandes en Tunisie en 2026: une saison qui mobilise les producteurs Tunisie: la filière pistache confirme son potentiel Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Le caroubier: un arbre d’avenir pour les régions méditerranéennes juillet 29, 2026/Agrohealth Dr Fatma Rebai: Vieillissement ORL- pourquoi les aliments perdent leur goût juillet 27, 2026/Agrohealth Pr. Mohamed Ridha Kamoun: Le couple Soleil peau juillet 1, 2026/Agrohealth Dr Fatma Ben Atig: Quand la colonne vertébrale souffre aussi de nos habitudes alimentaires juin 27, 2026/Dr. Fatma Ben Atig PUB Actuhealth L’orge et l’eau d’orge: des alliées pour votre santé juillet 22, 2026 Nez et alimentation: cinq idées reçues passées au crible de la science juillet 18, 2026 Les eaux distillées, les trésors de l’été qui prennent soin de notre santé juillet 3, 2026 Load More Élevage Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Load More
La Posidonie, la mémoire verte de la Méditerranée: un trésor sous-marin que la Tunisie doit protéger

PUB Actuagro La Posidonie, la mémoire verte de la Méditerranée: un trésor sous-marin que la Tunisie doit protéger Par Zouhaïr Ben Amor. Dr en Biologie Marine – Il existe, sous la surface calme de la Méditerranée, un monde discret qui échappe souvent au regard des hommes. Nous admirons les plages dorées, les falaises sculptées par les vagues, les ports animés et les paysages côtiers qui façonnent l’identité des pays méditerranéens. Pourtant, une grande partie de la richesse de cette mer se cache ailleurs, dans le silence des profondeurs, là où poussent de véritables forêts sous-marines: les prairies de posidonie. La posidonie, et plus précisément Posidonia oceanica, n’est pas une simple plante marine comme beaucoup pourraient le croire. Elle est une plante à fleurs qui a évolué pour vivre dans le milieu marin et qui constitue l’un des écosystèmes les plus importants de la Méditerranée. Ses longues feuilles vertes ondulent au rythme des courants et forment des paysages sous-marins d’une étonnante beauté. Mais derrière cette apparente fragilité se cache un organisme d’une extraordinaire résistance, capable de construire au fil des siècles de véritables architectures écologiques. La disparition progressive de ces herbiers représente aujourd’hui l’une des grandes préoccupations environnementales du bassin méditerranéen. Leur destruction n’est pas seulement une perte biologique, elle constitue une atteinte profonde à l’équilibre de la mer, à la protection des côtes et à l’avenir des générations qui dépendront encore de ces espaces naturels. La Tunisie, avec plus de 1300 kilomètres de côtes, possède un patrimoine marin exceptionnel où les prairies de posidonie occupent une place essentielle. Des eaux du nord jusqu’aux vastes espaces du golfe de Gabès, en passant par les îles de Kerkennah et les zones côtières du Sahel, ces herbiers constituent une richesse naturelle qui mérite une attention particulière. Pourtant, comme dans de nombreuses régions méditerranéennes, ils subissent des pressions croissantes liées aux activités humaines. La forêt invisible de la Méditerranée Pendant longtemps, la mer a été perçue essentiellement comme un espace de production: un lieu de pêche, de transport, de tourisme ou d’exploitation économique. Cette vision utilitaire a souvent conduit l’être humain à oublier que les océans et les mers possèdent leurs propres équilibres, leurs propres rythmes et leurs propres formes de vie. La posidonie incarne parfaitement cette dimension oubliée de la nature. Une prairie de posidonie est un véritable refuge biologique. Elle accueille une multitude d’espèces animales et végétales: poissons juvéniles, crustacés, mollusques, éponges et microorganismes qui trouvent dans cet habitat nourriture, protection et lieu de reproduction. Ces herbiers jouent ainsi un rôle comparable à celui des forêts terrestres, en offrant un espace de vie indispensable à de nombreuses espèces. Selon Boudouresque et Meinesz (1982), la posidonie représente l’un des écosystèmes les plus complexes et les plus productifs de Méditerranée. Son importance ne réside pas seulement dans le nombre d’espèces qu’elle abrite, mais aussi dans les multiples fonctions écologiques qu’elle assure. La posidonie participe également à la régulation du climat grâce à sa capacité à stocker du carbone. À travers ce que les scientifiques appellent le «carbone bleu», les écosystèmes marins végétalisés jouent un rôle majeur dans la capture et la conservation du dioxyde de carbone atmosphérique. Les herbiers de posidonie accumulent de grandes quantités de matière organique dans leurs sols marins, où le carbone peut rester stocké pendant des siècles. Dans un contexte marqué par l’accélération du changement climatique, protéger ces espaces devient donc une nécessité qui dépasse largement la simple conservation de la biodiversité. Préserver la posidonie, c’est aussi participer à la lutte contre le dérèglement climatique. Mais la posidonie possède une autre fonction fondamentale, souvent méconnue du grand public: elle protège les côtes contre l’érosion. Ses racines et ses rhizomes forment un réseau dense qui stabilise les fonds marins. Les feuilles mortes qui s’accumulent sur les plages, appelées «banquettes de posidonie», sont parfois considérées comme des déchets gênants par les visiteurs. Pourtant, elles constituent une protection naturelle contre les vagues et contribuent au maintien du sable sur les plages. Ce paradoxe révèle une difficulté profonde dans notre relation avec la nature: nous apprécions souvent les paysages naturels uniquement lorsqu’ils correspondent à notre vision esthétique immédiate. Une plage totalement nettoyée peut sembler plus agréable à court terme, mais la disparition des protections naturelles qu’offrent les banquettes de posidonie peut accélérer la dégradation du littoral. La Tunisie face à un patrimoine marin fragile La Tunisie occupe une position particulière au cœur de la Méditerranée. Son histoire, sa culture et son économie sont intimement liées à la mer. Depuis l’Antiquité, les civilisations qui se sont succédé sur son territoire ont développé une relation étroite avec cet espace maritime. Aujourd’hui encore, la pêche, le tourisme côtier et les activités portuaires jouent un rôle important dans la vie économique du pays. Dans ce contexte, les prairies de posidonie représentent un capital naturel majeur. Elles contribuent directement au maintien des ressources halieutiques en fournissant des zones de reproduction et de croissance pour de nombreuses espèces exploitées par les pêcheurs. Les régions insulaires tunisiennes, notamment Kerkennah et Djerba, illustrent parfaitement cette relation entre les sociétés humaines et les écosystèmes marins. Les populations locales ont développé au fil du temps des pratiques adaptées à leur environnement marin, en utilisant les ressources disponibles tout en maintenant un équilibre fragile avec la nature. Cependant, cet équilibre est aujourd’hui soumis à de nombreuses perturbations. L’expansion urbaine sur le littoral, l’augmentation des rejets polluants, certaines pratiques de pêche destructrices et l’intensification du trafic maritime constituent autant de menaces pour les herbiers. Le golfe de Gabès représente à cet égard un exemple particulièrement intéressant. Cette région, autrefois considérée comme l’une des zones les plus riches de Méditerranée en termes de biodiversité marine, a subi d’importantes transformations liées aux activités industrielles et aux modifications des usages côtiers. Les pressions exercées sur les habitats marins ont entraîné une dégradation progressive de certains écosystèmes. Comme le soulignent Pergent et al. (2012), les herbiers de posidonie
L’huile d’olive tunisienne triomphe aux États-Unis et confirme son statut d’excellence mondiale

PUB Actuagro L’huile d’olive tunisienne triomphe aux États-Unis et confirme son statut d’excellence mondiale Une nouvelle distinction internationale vient conforter la réputation de l’huile d’olive tunisienne. Lors de la dernière édition de la compétition américaine internationale consacrée à l’huile d’olive, la Tunisie s’est illustrée en décrochant la première place parmi des producteurs issus de quatorze pays. Au-delà des récompenses, ce succès confirme la montée en puissance d’une filière qui mise désormais sur la qualité, l’innovation et la valorisation de son savoir-faire. Une moisson de récompenses qui consacre le savoir-faire tunisien La Tunisie a brillé lors de cette prestigieuse compétition organisée aux États-Unis, où près de 150 huiles d’olive ont été évaluées par un jury international. Les producteurs tunisiens ont remporté trois distinctions «Double Gold Best in Class», quarante-cinq médailles d’or et quatre médailles d’argent, plaçant le pays au sommet du classement. Ces résultats témoignent de l’excellence des huiles d’olive vierges extra tunisiennes et de leur capacité à rivaliser avec les meilleures productions mondiales. Ils récompensent également le travail réalisé tout au long de la chaîne de production, depuis les pratiques culturales jusqu’à la récolte au moment optimal, en passant par une extraction rapide et une maîtrise rigoureuse des procédés de transformation. Une reconnaissance stratégique sur le marché américain Cette consécration revêt une importance particulière, car les États-Unis figurent parmi les plus grands marchés consommateurs d’huile d’olive au monde. Les consommateurs américains accordent une attention croissante aux produits naturels, à la qualité nutritionnelle et à l’origine des aliments, faisant de l’huile d’olive vierge extra un produit particulièrement recherché. Une telle reconnaissance constitue un véritable levier commercial pour les exportateurs tunisiens. Elle renforce la confiance des importateurs et des distributeurs tout en améliorant la visibilité des marques tunisiennes sur un marché à fort potentiel. La qualité, un atout pour créer davantage de valeur Au-delà des récompenses, cette performance rappelle que la compétitivité de la filière tunisienne ne repose plus uniquement sur les volumes produits. Avec près de 100 millions d’oliviers couvrant environ 1,9 million d’hectares, la Tunisie fait partie des principaux producteurs mondiaux d’huile d’olive. L’enjeu est désormais de transformer cette richesse agricole en une valeur économique plus importante. Une part significative de l’huile d’olive tunisienne continue en effet d’être exportée en vrac avant d’être conditionnée sous des marques étrangères. Les distinctions internationales démontrent pourtant que les huiles tunisiennes disposent de tous les atouts pour être commercialisées sous des marques nationales reconnues, capables de séduire les consommateurs les plus exigeants. Le développement du conditionnement local, de la traçabilité, des indications géographiques, de la certification de qualité et de la promotion des marques tunisiennes apparaît aujourd’hui comme un levier essentiel pour accroître les revenus de l’ensemble de la filière. Un secteur stratégique pour l’agriculture tunisienne L’oléiculture constitue l’un des piliers de l’agriculture tunisienne. Des centaines de milliers d’agriculteurs vivent directement ou indirectement de cette filière, qui représente également une source majeure de devises grâce aux exportations. Les distinctions obtenues à l’international illustrent les progrès réalisés par les producteurs, les huileries et les exportateurs en matière de qualité. Elles montrent également que les investissements dans les bonnes pratiques agricoles, les technologies d’extraction et les systèmes de contrôle portent leurs fruits. Dans un contexte où les consommateurs recherchent davantage de transparence, de durabilité et d’authenticité, l’huile d’olive tunisienne dispose aujourd’hui de solides arguments pour renforcer durablement sa position sur les marchés internationaux. Le regard d’AgroHealth Cette distinction internationale dépasse largement le cadre d’un concours. Elle confirme que la véritable richesse de l’oléiculture tunisienne réside dans sa capacité à produire une huile d’olive vierge extra de très haute qualité, reconnue par les experts du monde entier. Le prochain défi consiste désormais à transformer cette reconnaissance en valeur économique durable, en développant davantage les marques tunisiennes, le conditionnement local et la promotion de l’origine «Tunisie». Plus qu’un produit agricole, l’huile d’olive devient un véritable ambassadeur du savoir-faire tunisien, de son patrimoine agricole et de son engagement en faveur de l’excellence. Sources Ambassade des États-Unis en Tunisie – Publication officielle annonçant les résultats de la compétition américaine internationale de l’huile d’olive (juillet 2026). Conseil oléicole international – Données sur la production mondiale et les standards de qualité. Office National de l’Huile – Informations sur la filière oléicole tunisienne. Ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche – Données sur le secteur oléicole et les exportations. Lire également La Tunisie, n°1 mondial de l’huile d’olive à Miami Filière oléicole en Tunisie: Analyse des prix et des flux d’exportation durant la campagne 2024-2025 Laissez un commentaire Annuler la réponse Connexion en tant que Agrohealth. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Chronique All Posts Chronique Le caroubier: un arbre d’avenir pour les régions méditerranéennes juillet 29, 2026/Agrohealth Dr Fatma Rebai: Vieillissement ORL- pourquoi les aliments perdent leur goût juillet 27, 2026/Agrohealth Pr. Mohamed Ridha Kamoun: Le couple Soleil peau juillet 1, 2026/Agrohealth Dr Fatma Ben Atig: Quand la colonne vertébrale souffre aussi de nos habitudes alimentaires juin 27, 2026/Dr. Fatma Ben Atig PUB Actuhealth L’orge et l’eau d’orge: des alliées pour votre santé juillet 22, 2026 Nez et alimentation: cinq idées reçues passées au crible de la science juillet 18, 2026 Les eaux distillées, les trésors de l’été qui prennent soin de notre santé juillet 3, 2026 Load More Élevage Aquaculture en Tunisie: quand la mer devient un nouveau champ de production juin 25, 2026 Élevage de poules en Tunisie: une filière essentielle sous pression juin 5, 2026 L’élevage en Tunisie : des éleveurs sous pression, un secteur essentiel à préserver juin 1, 2026 Load More
Moringa: l’arbre miracle qui pourrait transformer l’agriculture de demain

PUB Actuagro Moringa: l’arbre miracle qui pourrait transformer l’agriculture de demain Longtemps méconnu en Tunisie, le moringa attire aujourd’hui l’attention des chercheurs, des agriculteurs et des nutritionnistes. Résistant à la sécheresse, riche en nutriments et doté de multiples usages agricoles, alimentaires et environnementaux, cet arbre suscite un intérêt croissant dans un contexte où le changement climatique oblige à repenser les systèmes de production. Mais derrière son surnom d’« arbre miracle », que révèle réellement la science? Par une matinée chaude dans une région semi-aride, un jeune arbre aux feuilles d’un vert éclatant continue de pousser alors que les cultures voisines montrent déjà les premiers signes du stress hydrique. Là où d’autres espèces ralentissent leur croissance faute d’eau, lui poursuit son développement avec une étonnante vigueur. Cette scène, observée dans plusieurs régions tropicales et subtropicales, illustre parfaitement le potentiel du moringa (Moringa oleifera), une espèce qui attire aujourd’hui l’attention bien au-delà de son aire d’origine. Depuis quelques années, le moringa connaît un véritable essor à l’échelle mondiale. Jadis cultivé principalement en Inde pour l’alimentation familiale et la médecine traditionnelle, il est désormais présent dans de nombreux pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et même dans certaines régions méditerranéennes. Son succès repose sur une combinaison rare de qualités: une croissance rapide, une remarquable résistance aux conditions climatiques difficiles et une capacité à produire une biomasse importante tout en nécessitant relativement peu de ressources. À mesure que les épisodes de sécheresse deviennent plus fréquents et que les terres agricoles subissent les effets du changement climatique, de nombreux spécialistes considèrent le moringa comme une plante pouvant contribuer à renforcer la résilience des exploitations agricoles. Sans constituer une solution miracle, il représente une piste sérieuse pour diversifier les productions et valoriser des zones où les cultures classiques deviennent plus difficiles. Une histoire vieille de plusieurs millénaires Bien avant de devenir un produit recherché sur les marchés internationaux des aliments fonctionnels, le moringa faisait déjà partie du quotidien des populations du nord de l’Inde. Les premières traces de son utilisation remontent à plusieurs milliers d’années, où ses feuilles, ses gousses et ses graines étaient consommées aussi bien comme aliments que comme ingrédients de la pharmacopée traditionnelle. Le nom Moringa proviendrait du mot tamoul murungai, utilisé dans le sud de l’Inde pour désigner cet arbre. Au fil des siècles, sa culture s’est progressivement diffusée vers le Moyen-Orient, l’Afrique orientale puis l’ensemble des régions tropicales grâce aux échanges commerciaux et aux déplacements des populations. Aujourd’hui, le genre Moringa comprend treize espèces botaniques, mais Moringa oleifera est de loin la plus connue et la plus cultivée. Cette espèce réunit plusieurs qualités recherchées par les agriculteurs: une croissance très rapide, une production abondante de feuilles et une grande facilité de culture. L’Inde demeure aujourd’hui le premier producteur mondial de moringa, notamment pour la production de gousses destinées à l’alimentation. Le développement de cette culture s’est ensuite accéléré dans des pays comme les Philippines, le Pakistan, le Kenya, le Nigéria, le Sénégal ou encore le Mexique, où elle répond à des besoins variés allant de la sécurité alimentaire à la valorisation économique des zones rurales. Un arbre qui s’adapte là où beaucoup d’autres renoncent Si le moringa suscite autant d’intérêt, c’est avant tout grâce à son exceptionnelle capacité d’adaptation. Contrairement à de nombreuses espèces fruitières ou forestières, il supporte des températures élevées, résiste à des périodes prolongées de sécheresse et peut se développer sur des sols relativement pauvres, à condition qu’ils soient bien drainés. Son système racinaire joue un rôle déterminant dans cette résistance. La plante développe rapidement une racine pivot profonde capable d’explorer les couches inférieures du sol à la recherche d’humidité. Cette caractéristique lui permet de maintenir sa croissance même lorsque les précipitations deviennent irrégulières. Cette rusticité intéresse particulièrement les régions confrontées à la désertification. Plusieurs programmes internationaux expérimentent aujourd’hui le moringa dans des projets de restauration des terres dégradées, de lutte contre l’érosion et d’agroforesterie. En plus de protéger les sols grâce à son système racinaire, l’arbre produit une importante quantité de matière organique qui contribue progressivement à améliorer leur fertilité. Cette capacité à associer production agricole et restauration des écosystèmes explique pourquoi certains chercheurs considèrent le moringa comme un allié potentiel de l’agriculture durable dans les régions sèches. Une culture aux multiples usages Le moringa présente une particularité rare: presque toutes les parties de la plante trouvent une utilisation. Ses jeunes feuilles sont consommées fraîches ou cuites dans plusieurs pays, tandis qu’une fois séchées elles sont réduites en poudre pour enrichir différents aliments. Les jeunes gousses sont appréciées comme légumes dans plusieurs cuisines asiatiques, alors que les graines fournissent une huile végétale de grande qualité utilisée aussi bien dans l’industrie cosmétique que dans certaines préparations alimentaires. L’intérêt du moringa dépasse cependant largement le domaine alimentaire. Les tourteaux obtenus après extraction de l’huile possèdent des propriétés coagulantes naturelles permettant de clarifier certaines eaux chargées en particules. Cette utilisation fait actuellement l’objet de nombreuses recherches dans les régions où l’accès à l’eau potable reste limité. En agriculture, les feuilles riches en azote peuvent également être valorisées sous forme de matière organique, tandis que les fleurs représentent une ressource mellifère intéressante pour les abeilles, favorisant ainsi la pollinisation et la biodiversité locale. Enfin, plusieurs études récentes s’intéressent au potentiel des extraits de feuilles comme biostimulants naturels. Utilisés sous forme de pulvérisation foliaire, ces extraits pourraient favoriser la croissance de certaines cultures, améliorer leur tolérance au stress hydrique et contribuer à augmenter les rendements. Si ces résultats restent variables selon les espèces cultivées et les conditions de production, ils ouvrent des perspectives prometteuses pour une agriculture plus respectueuse de l’environnement. Une opportunité pour une agriculture plus résiliente L’intérêt croissant porté au moringa ne tient pas uniquement à ses qualités biologiques. Il s’explique aussi par les profondes mutations que connaît aujourd’hui l’agriculture mondiale. Hausse des températures, raréfaction des ressources en eau, dégradation des sols et baisse